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dimanche 30 mars 2014

Les robots arrivent…

Les robots vont-ils envahir le monde ? L’invasion serait plus une question de robotisation que de robots. L’avenir serait à des robots bêtes et pas chers ; des robots partiellement dépendants de l’homme ; une « robotisation » accrue de parties mais pas du tout. Selon The Economist, ce serait suffisant pour liquider un grand nombre d’emplois.

Ukraine. M.Poutine désirerait étendre l’empire russe. En commençant par l’Ukraine de l’Est. Les russophones du monde entier s’en réjouissent. Les pays baltes craignent d’être les prochains sur sa liste. Et, grâce à lui, les USA et l’Europe se rapprochent et l’OTAN a retrouvé une raison d’être.

Explosive Irlande du Nord : « Les principales raisons qui expliquent l’échec de l’Ouest à remodeler les sociétés en Irak, en Afghanistan et ailleurs étaient visibles depuis toujours dans ce coin de Grande Bretagne : l’histoire et la culture, les orphelins d’une politique néoconservatrice, ont presque toujours le dessus sur ses favoris, la démocratie et la prospérité. »

Raidissement du pouvoir en Turquie, prise de pouvoir de l’armée en Egypte et Obamacare dysfonctionnel, course en avant.

Amérique latine. Ralentissement en Chine. Fin de la croissance tirée par les matières premières. Heureusement, les pays de la région ont été un peu moins cigales que d’ordinaire. Mais, ils innovent peu, et leur infrastructure de transport est mauvaise. « Le risque que coure la région n’est pas, comme avant, une crise, mais un choc entre une croissance faible et le réveil des attentes d’une classe moyenne en pleine expansion. » Les entreprises africaines emploient peu. Taux de change surévalués, main d’œuvre exceptionnellement peu productive, gouvernements qui rançonnent les grandes entreprises et poids de l’agriculture, privée d'investissements.

Elections en Afghanistan. « Beaucoup d’Afghans ont peur de perdre dans le changement de gouvernement – une menace qui apparaît à certains plus grande que celle d’un retour des Talibans. » La Chine, curieux pays. Riche (collectivement) et pauvre (individuellement) à la fois, et qui s’endette pour pouvoir économiser…

Bataille contre les cartels. Ils s’établiraient dans des métiers dominés par 3 ou 4 entreprises. Le cartel serait une « réaction à une menace existentielle », des donneurs d’ordres exerçant une trop forte pression sur leurs fournisseurs. On les attaque en divisant pour régner. C'est-à-dire en promettant l’impunité à ceux qui balancent leurs comparses. Stress tests. Apparemment, les banques centrales cherchent à créer, par leurs tests, des crises fictives. Et ce afin que les banques ne puissent s’endormir. Immobilier d’entreprise : bulle ? Les bas taux d’intérêt font que l’on construit des immeubles, sans demande (notamment à la Défense). Les investisseurs forcent les entreprises à s’intéresser aux risques environnementaux (la législation en étant un). Toujours pas assez d’inflation. Les banques centrales doivent viser plus haut.

J’imagine que Mark Zuckerberg doit laisser des pourboires d’un m€. Il vient d’acheter 2md$ une nouvelle start up. Il obéirait, comme ses pairs, à deux modes. Celle de la plate-forme, et celle de la réalité virtuelle, la prochaine plate-forme. Uber, service de taxis en ligne, fixe ses prix selon l’offre et la demande. Si bien, qu’ils atteignent des sommets quand tout le monde a besoin de se déplacer. (Invention du taxi pour les riches ?) De grands journaux numériques apparaissent aux USA, capables de faire du vrai journalisme. Mais ça n’a pas profité à la presse locale. Et il y a de moins en moins de journalistes.

Bricolage génétique. On reconstruit les chromosomes de la levure, en éliminant ce qui ne semble pas utile, et en ajoutant ce qui pourrait l'être. Demain, c’est au tour de l’homme. On découvre que les confins du système solaire ne sont pas ce que l’on croyait. Par des exercices, ont parvient à éduquer le cerveau et à guérir des maladies (certaines dystonies).

Guerre de 14. Histoire d’un changement ? La guerre a été d’un degré de complexité sans précédent. Les armées ont dû s’adapter. La responsabilité de son déclenchement irait à l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et la Russie. 

samedi 8 mars 2014

Montesquieu est grand!

Voici ce que dit Montesquieu
C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser (...) Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.
La Guerre du Péloponnèse (billet précédent) me fait voir à quel point Montesquieu est grand.

Le drame de la démocratie, c'est la lutte entre les oligarques et le peuple. Les oligarques sont une menace pour la démocratie, parce que leur intérêt les pousse à la liquider. C'est exactement ce que dit Ayn Rand, dont l'oeuvre matérialise la pensée néoconservatrice américaine. Elle incite ce que l'on appellerait aujourd'hui les créateurs de valeur à faire crever de faim le peuple, pour lui montrer qui est le maître. Et voilà pourquoi la démocratie tend à tuer tous ceux qui sortent du lot.

La solution de Montesquieu permet de laisser se développer le talent sans bain de sang. Voilà pourquoi la société française a essayé de nous donner une forme d’égalité. Une égalité de pouvoirs, mais pas de talents. Justement, pour éviter d’utiliser sa force contre les autres, et que les autres ne soient tentés de prévenir un coup de force en liquidant l'homme d'exception.

(La solution, dans la mesure où elle est réalisable, n'est pas totalement parfaite. En effet, la société bouge si tous ses membres sont d'accord pour cela. Or, ils peuvent être victimes d'une illusion collective.)

mercredi 28 août 2013

Histoire et changement

Marx, Hegel et les néoconservateurs pensaient qu’il y aurait une fin de l’histoire (la Nouvelle économie des années 90, pour ces derniers). C’est une curieuse idée. Cela signifie en fait que l’homme est maître de son sort. Une fois qu’il aura adopté le « bon modèle », il vivra en paix, au paradis.

Or, ce n’est pas l’homme qui fait le monde. Il est façonné par des forces indépendantes de lui. D’ailleurs même lorsqu’il est en grande partie responsable de son sort, il transforme ce qui est nécessaire à la bonne marche de la société, de ce fait la société elle-même. Le paradis n’est pas une solution stable.

La destruction créatrice est probablement un meilleur modèle du sort de l’homme. Notre société est confrontée à des mécanismes qui menacent de la disloquer, mais qui, en même temps, lui permettent d'évoluer. Elle doit se réinventer en permanence. 

dimanche 21 avril 2013

Hannah Arendt ou la haine de l’humanité ?

C’est Alain Finkielkraut qui m’a fait lire Hannah Arendt (billet précédent). J’avais été frappé par une discussion qu’il a eue avec Michel Serres. Et, comme il ne peut pas faire une phrase sans citer Hannah Arendt, j’ai voulu connaître celle qui l’inspirait. Voici  des questions que je me suis posées en lisant Hannah Arendt. (PS. Une analyse complémentaire montre que je suis hors sujet, à 180°. La raison d'une erreur aussi complète est une question extrêmement intéressante...)

La philosophie comme rationalisation ?
Depuis que je m’intéresse à la philosophie, elle me paraît une rationalisation des conditions de vie de ceux qui la conçoivent. N’est-ce pas le cas pour Hannah Arendt ? Ne crée-t-elle pas une théorie à l’image de la communauté d’intellectuels dans laquelle elle a vécu en Allemagne ?

Héritage de la pensée allemande ?
L’Allemagne d’alors refuse le progrès et les Lumières. Et Heidegger, le maître d’Hannah Arendt, recherche l’âge d’or dans une Grèce fantasmée, dont l’Allemagne serait l’héritière.

Apologie d'une élite irresponsable ?
Si je lis correctement, seul un petit nombre peut porter le titre d’homme. Le reste n’est que bêtes de somme. Et cette élite me paraît avoir tendance à l’irresponsabilité. Les conséquences de son action ne sont-elles pas imprévisibles ? Face à cette imprévisibilité Hannah Arendt parle de « pardon » et de « promesse ». Le pardon (comme celui qu’elle a donné à Heidegger ?) casse apparemment la chaîne des conséquences que pourraient avoir, pour son auteur, un acte malencontreux. Quant à la promesse, il ne semble pas que ce soit un engagement de limiter les externalités négatives de ses actes, une forme de responsabilité, mais un pacte entre élus, qui les rendent solidaires. Ainsi, peut-être, ne peuvent-ils pas se plaindre de ce qu’engendrent leurs actes ? Quant au reste de l’humanité, bestiale, elle n’a rien à dire ?

Justification du néoconservatisme américain ?
J’ai lu que les élèves d’Heidegger, notamment Léo Strauss, ont été les maîtres à penser des neocon américains. L’œuvre d’Hannah Arendt dit effectivement, comme le neocon, qu’il faut croire en la vérité qui est en nous, qu’il faut nier le relativisme.
Je ne suis pas certain qu’elle ait prévu les conséquences de ses idées. Car ce que nous avons au fond de nous est différent d’une personne à l’autre (il est conditionné par notre environnement social). C’est donc la recette de l’intolérance et de l’affrontement. D’ailleurs, le Dieu du neocon n’était-il pas le marché, l’ennemi d’Hannah Arendt ?

Et si la condition de l’être humain était le progrès ?
Avant de lire Hannah Arendt, je n’étais pas loin d’être d’accord avec elle. L’espèce menaçait d’asservir l’homme. J’en suis moins sûr maintenant.
La Grèce à laquelle fait référence Hannah Arendt ne me semble pas avoir existé. Au mieux elle correspond à un bref épisode au temps de Périclès. Ce fut la victoire de l’individualisme et de la raison, le chaos, et l’amorce du déclin pour Athènes. D’où la réaction socialiste de Socrate et Platon. Je me demande, d’ailleurs, si notre histoire n’est pas là. Des moments de révolte individualiste, qui menace d’extinction le groupe. Puis la réaction de celui-ci, qui remet l’individu au pas.
Je me demande aussi si la pensée allemande d’avant guerre et celle d’Hannah Arendt n’expriment pas une forme de haine de l’humanité. En effet, il me semble, avec les Chinois, que ce que nous appelons « progrès » n’est autre qu’une évolution naturelle et inéluctable. Pour autant ce mouvement ne contredit pas ce qui fait l’originalité de l’homme selon Hannah Arendt. En effet, comme un nageur dans un courant, l’homme doit utiliser ses capacités « supérieures » pour se diriger, et tirer parti de la force qui l’entraîne. 

jeudi 7 février 2013

A qui appartient l’entreprise ?

Une théorie qui a eu beaucoup de succès dit que l’entreprise appartient à quelqu’un. Les communistes pensaient qu’elle appartenait aux travailleurs, les néoconservateurs aux propriétaires. Même démonstration dans les deux cas : si je pars, la société coule.

Ce qui ne prouve rien, sinon que tout le monde est utile.

Mais, si l’on veut à tout prix un critère de propriété, pourquoi ne pas adopter celui de Salomon, dans le jugement du même nom : l’entreprise appartient à celui qui se sacrifie pour elle ? Pas à celui qui menace de la quitter.

dimanche 16 décembre 2012

Neocon Depardieu ?

Gérard Depardieu semble illustrer une des grandes idées de ces dernières années. Il ne doit rien à la France. L’argent qu’il a gagné est à lui. L’impôt, c’est le vol. C’est le principe du néoconservatisme américain. 

Les valseuses, en anglais.
Question difficile à trancher : qu’est-ce qui est à lui, qu’est-ce qui est au pays ? Aurait-il réussi à l’étranger ? Avons-nous fait le succès d’un Depardieu milliardaire, ou d’un Depardieu libertaire ?

vendredi 5 octobre 2012

Le Pigeon est-il neocon ?

Le pigeon, traduction française des Voleurs inconnus
(venu du wikipedia italien)
Après le Tea Party et le printemps arabe, voici les Pigeons. Un ami, par ailleurs fondateur d'une start up, s’étonne de la proximité de leur message avec celui d’Ayn Rand, la papesse du mouvement néoconservateur américain.

Ayn Rand a un ascendant moral extraordinaire aux USA. Mes amis américains en parlent avec un grand respect. Serait-il déplacé de la comparer à de Gaulle ? Mais elle est inconnue en France. Preuve de notre inculture. Venue de Russie soviétique, elle avait eu l’idée d’appliquer la méthode bolchevique à la cause du capitalisme. Autrement dit, c’est le patron qui crée, et il crée tout, comme, pour Marx, l’ouvrier crée tout. La grève générale ouvrière est remplacée par la grève générale patronale, avec le même résultat. Mais la caractéristique la plus intéressante de sa doctrine est la manipulation du langage : ce qui est bon pour sa cause est associé à ce que la morale trouve bon. Par exemple : patron est traduit en « créateur de valeur » ; pauvre = « paresseux ». Plus exactement, le pauvre vole le riche. Ce monde est, aussi, anti social, et revendique son égoïsme.

Nos pigeons n’ont certainement pas lu Ayn Rand, mais les mêmes causes produisent les mêmes effets. L’entrepreneur se sent mal aimé. Comme tout homme dans ce cas, il en devient agressif. Ce qui le rend maladroit. Car, qu’il puisse ruiner l’économie ne signifie pas qu’il fasse l’économie. Sinon, que devrait dire Jérôme Kerviel ?

Les Pigeons ont une autre caractéristique intéressante : ils adoptent les méthodes de la contestation populaire. C’est une vieille tradition de droite. Ce qui est un peu curieux. Mais, peut-être que, que l’on soit né à Saint Denis ou à Neuilly, la manif de rue coule dans notre sang ?

Surtout, les Pigeons, comme les autres mouvements contestataires du moment, sont portés par Internet. Internet est-il en passe de devenir un moyen de manipulation des masses ? Sommes-nous revenus à l’ère des foules ? 

mardi 15 mai 2012

Filiation du néoconservatisme

Il y a quelques temps j’ai découvert que la France avait généré son propre courant néoconservateur, avec ses propres philosophes, dont MM. Finkielkraut et Manent. Des gens dont je trouve, par ailleurs, la pensée accessible bien que profonde.

Ce que j’ai compris du néoconservatisme se ramène a peu de choses : le droit naturel, et, plus exactement, le fait que les valeurs auxquelles tient le néoconservateur (d’où son nom) sont le bien absolu.

Aux USA, les philosophes de ce mouvement ont été Léo Strauss et Alan Bloom, un de ses élèves. Or, curieusement Léo Strauss et Hannah Arendt, un nom qui revient dans chaque phrase d’Alain Finkielkraut, ont eu pour professeur Martin Heidegger. Or, Heidegger enseignait effectivement le droit naturel, à savoir que la culture allemande était la culture d’origine, pure, de l’espèce humaine. Heidegger, et ses relents sulfureux, serait-il à l’origine du néoconservatisme ? 

Probablement pas, Ayn Rand, qui est une autre source du néoconservatisme, semble avoir atteint la même conclusion par ses propres moyens. D’ailleurs pas besoin d’être diplômé de Normale sup pour penser que l’on a raison et que les autres ont tort…

Compléments :

lundi 14 mai 2012

Et si la démographie expliquait le cours de l’histoire ?

J’ai été surpris par l’argument d’Olivier Ray, l’autre jour. Il reprenait en grande partie l’analyse de ce blog de l’aspect cyclique du libéralisme, mais en ajoutant un élément que je n’avais pas vu : la démographie. Le 19ème siècle comme notre époque ont été marqués par un afflux de main d’œuvre (notamment des pays émergents dans notre cas). 68, par ailleurs, a été le résultat du baby boom.

Il est possible, me suis-je dit, que les structures sociales explosent sous la pression. Du coup, la dimension individuelle de la société prend le dessus. Ce qui fournit un territoire favorable à la fois aux forces libérales (de droite), et libertaires (de gauche). En effet, paradoxalement, elles sont relativement plus solidaires et mieux organisées que la nuée d’individus qui résulte de la dislocation sociale. Et, surtout, elles sont monomaniaques. Il s’ensuit un cercle vicieux, le libéralisme appelant à de plus en plus de déréglementation, et les mouvements libertaires à détruire l’ordre social.

Les libéraux et les libertaires ne sont donc pas la cause de la dislocation sociale, mais une sorte de conséquence. Ce seraient la peste et le choléra, les pathologies opportunistes, d’une société dont le principe est individualiste (cf. « les droits de l’homme »). 

L'individualisme en lui-même n'a probablement rien de mauvais. Ce qui ne va pas est cette dislocation de la maison commune, par exploitation ou destruction. Pour éviter le chaos, il faut recréer l'édifice social, i.e. retendre des liens entre les individus : morale d’entraide, redistribution…

Compléments :

lundi 7 mai 2012

Élections présidentielles : le changement, vraiment ?

Dans mon billet de fin d’année, je disais que le Yin allait remplacer le Yang. C'est-à-dire la solidarité devait prendre le pas sur l’égoïsme. L’élection me donne-t-elle raison ?

Le Yang d’abord : Nicolas Sarkozy est un pur produit du néoconservatisme. Origines et rhétorique identiques à celles du mouvement américain. Seul le mot n’a pas été utilisé. Manque de courage à droite et de culture à gauche ?

Et le Yin ? Pas gagné. L’individualisme de droite pourrait être remplacé par un individualisme de gauche, de même que les Espagnols se sont jetés dans les bras des ultralibéraux. Explication :

Qu’est-ce que l’individualisme de gauche ? Le Trotskysme. Pourquoi est-il puissant ? D’abord, parce que la plupart des barons du PS sont d’anciens trotskystes et que même le PC a recruté un trotskyste, son ennemi mortel !, pour le représenter. Mais, surtout, parce que ce ne sont pas tant les trotskystes qui comptent que leurs idées. Car, s’ils n’ont jamais été plus qu’une poignée d’individus se haïssant les uns les autres, leurs thèses trouvent un écho chez les intellectuels, nos « leaders d’opinion ».

Qu’est-ce que le trotskysme signifie pour nous ? Le moyen-âge.

Pour l’intello de gauche, la France ressemble à ce qu’en dit le film OSS 117 : un pays de fachos antisémites. La mission du dit intello est de défendre les justes, les opprimés : les Roms, les colonisés d’avant la décolonisation, les sans papiers, les palestiniens… ce qui conduit à d’invraisemblables contradictions avec les droits de l’homme, sa religion (cf. le bon Juif et le mauvais Israélien). Mais cette irrationalité n’est peut-être qu’apparente. Car, la religion des droits de l’homme a, comme la religion catholique, la conséquence indirecte de permettre l’asservissement du grand nombre en le convainquant de sa faute originelle. Ainsi que l’écrit Michel Winock, « un des plus durables paradoxes du socialisme » est qu’il tend au totalitarisme (Le socialisme en France et en Europe, Points Histoire).

Bref, François Hollande est en face d’un grand changement : amener le principe de notre société de la haine de l’autre au respect de l’humanité. Notre élite, en particulier, doit cesser d’exploiter nos petits défauts pour ses médiocres intérêts. Elle doit s’atteler à mettre en valeur nos grandes qualités. Elle y gagnera notre affection admirative, et y perdra sa névrose d’Harpagon assiégé par les forces du mal.

Compléments :

mercredi 2 mai 2012

L’espèce humaine est-elle capable d’apprendre ?

Gustave Le Bon pensait que l’espèce humaine apprenait par l’expérience répétée de la catastrophe.

Cela semble s’appliquer aux idées du libéralisme. Elles reviennent régulièrement. Par exemple, au 19ème siècle, l’argumentation libérale était quasi identique à celle de notre temps. Mieux : les Grecs semblent avoir eu leur période « neocon » avec, par exemple, notre tendance à changer le sens des mots pour que ce qui était dans leur intérêt soit associé au bien. (Pour prendre des exemples modernes : « créateur de valeur » pour riche et « paresseux » pour pauvre.)

De même, le dirigiste d’État d’après guerre voyait en Platon un maître.

mercredi 25 avril 2012

L’erreur du neocon ?

Sigmund Warburg, fameux banquier, a une phrase qui me frappe : ce n’étaient pas les révolutionnaires de 17 qui étaient les vrais révolutionnaires, mais ceux qui ont défendu les valeurs de l’Ouest contre leur barbarie.

Tocqueville devait se sentir un révolutionnaire, lui aussi, lorsqu’il considérait les atrocités et l’irrationalité post 89. Idem pour le néoconservateur : il est une réaction à 68.

Ils ont tous eu raison de dénoncer ces crises de folie. Mais ils ont commis une erreur colossale : on n’oppose pas la barbarie à la barbarie. Il n’y a pas deux options : révolutionnaires et contre révolutionnaires. Il y a, au milieu, l’énorme majorité des gens honnêtes.

Un programme politique doit servir cette immense majorité, non être une réaction aux idées d'une poignée de fous-furieux, même s’ils ont le pouvoir.

Compléments :

dimanche 15 avril 2012

Trois techniques de conduite du changement

Le changement est aussi vieux que l’humanité. Quand elle a voulu le provoquer, elle a utilisé trois techniques seulement. Elles peuvent se combiner.

Le changement bureaucratique

Taylor disait qu’il y avait une « seule bonne façon de faire », c'est-à-dire d’organiser les entreprises. Cette idée, qui est partagée par tous les despotes éclairés, conduit à construire des bureaucraties. Elles dictent au citoyen, littéralement, comment il doit se comporter, les « procédures » qu’il doit suivre, selon l’expression de Taylor.

La bureaucratie est notre modèle d’organisation favori. Outre les Etats, toutes les entreprises sont des bureaucraties. D’ailleurs, les progiciels de gestion (SAP en tête), les consultants, contrôleurs de gestion, qualiticiens… descendent de Taylor.

Le changement bureaucratique est le changement par la force, de « haut en bas ». Il se heurte rapidement à « la résistance au changement », car les organisations humaines sont des systèmes qui combattent ce qui menace leurs principes constitutifs.

Divide and conquer

Diviser pour régner est sans doute la réelle devise de la perfide Albion. En tout cas, c’est comme cela qu’elle a constitué un empire mondial, fait de l’Europe un chaos, et vidé la Chine de sa substance, ce qui n’était pas un mince exploit.

Diviser pour régner dissout la résistance au changement sans effort.

Son arme principale demeure la cupidité. Dès que l’amour de l’argent pénètre un groupe humain, ses structures sociales explosent.

C’est le principe qu’exploite l’establishment financier pour s’enrichir. Les multinationales lui doivent, aussi, une augmentation massive de leur rentabilité : elles ont fait jouer la concurrence partout. Les néoconservateurs le proposent pour faire se disloquer l’État (« kill the beast »). Ils ont été entendus par la plupart des gouvernements européens.

Bien sûr, à long terme, on ne gagne que feux de paille. Et il en résulte un désert. Mais, à long terme, nous sommes tous morts, disait Keynes.

Wuwei

Fondement de la pensée chinoise, le wuwei est l’art du non agir. C’est tirer parti du mouvement des événements pour obtenir ce que l’on désire, comme le fait le nageur qui utilise la force d’un courant.

Comment y parvenir ? Adopter un point de vue systémique, et chercher à comprendre les lois de la société humaine (en particulier), pour l’amener là où il serait bien qu’elle aille.

Cette technique, comme la précédente, ne rencontre pas de résistance au changement. Par contre, elle demande une connaissance intime de l’organisation qu’elle veut faire changer. C’est un travail compliqué, subtil et qui exige du talent. Mais, les bénéfices en sont durables.

Pourquoi les Anglais ont-ils vaincu les Chinois, se demandera-t-on pour finir ? Parce que les Chinois ont trahi leurs principes. Lorsqu’ils ont rencontré les Occidentaux, ils les ont pris pour des sous-hommes. Complexe de supériorité qui leur a été fatal. 

mardi 20 mars 2012

Toulouse ou l’âge des ténèbres ?

Une personne, hier, me tient le même langage qu’un interviewé de France culture : la tuerie de Toulouse a suscité une grande émotion parce qu’elle a touché une école juive. Mais qu’aurait-on dit s’il s’était agi d’une école non confessionnelle ? me suis-je demandé.

Ce blog en est arrivé à supposer que l’esprit des Lumières était « l’Humanité ». L’Europe du 18ème, après la boucherie des guerres de religion, a cru que le seul moyen de ne plus s’entrégorger était de considérer que l’homme était premier et les idées (idéaux, idéologies…) secondes. Les Lumières ne voulaient plus que l’on puisse dire avec Bossuet : « J’ai le droit de vous persécuter parce que j’ai raison et que vous avez tort ». (Citation empruntée à Tzvetan Todorov, L’esprit des Lumières.)

Ces dernières décennies cette idée a été remise en cause. Le néoconservatisme, qui croît à un « droit naturel » (c'est-à-dire qu’il y a des gens qui ont raison et d’autres tort) en est un exemple.

Mais est-ce nouveau ? Avant lui le PC n’avait-il pas récupéré l’Humanité (le journal) de Jaurès pour en faire le fanion de la lutte des classes ?

Faire connaître les Lumières à l’humanité est un combat sans fin ?

Compléments :

samedi 10 mars 2012

Afghanistan : le succès du changement est dans sa mise en œuvre

Par mégarde, des soldats américains font brûler des corans. La population explose d'indignation. Dernier exemple de maladresse qui transforme l’Afghanistan en poudrière, et va faire du retrait de l’OTAN une débâcle honteuse. (Too dangerous to help)

Pourquoi une telle impréparation et de telles erreurs ? Probablement parce que les néoconservateurs américains se croyaient porteurs de valeurs universelles : ils ne pouvaient qu’être accueillis à bras ouverts ? 

mercredi 22 février 2012

Les illusions de Nicolas Sarkozy ?

Un dirigeant de la CIA explique pourquoi l’Iraq a été attaqué sans que les USA se préoccupent de, et préparent, ce qui surviendrait après l’invasion :
Si vous croyez vraiment au pouvoir de l’économie et de la politique libérales et à la séduction qu’elles exercent sur les populations du monde et à leur capacité à éliminer tous les maux, alors vous avez tendance à ne pas ne pas vous inquiéter de ces choses là.
Ce qui m'a frappé dans cette citation est son parallèle avec un ancien article du Monde qui parlait du désarroi de notre président devant le manque de résultat de sa politique. Il pensait qu’elle serait accueillie à bras ouverts par le peuple. Qu'elle ferait un miracle. N’avait-il pas les mêmes illusions que les Américains, persuadés d'être accueillis en sauveurs par les peuples du Moyen-orient ? me suis-je demandé. 

Comme le dit le livre dont j’ai tiré cette citation, les néoconservateurs ont-ils une capacité hors du commun à se convaincre de la justesse de leurs vues ? Sont-ils de grands croyants ?

Source : TRIVERS, Robert, The Folly of fools, Basic Books, 2011. (Un biologiste analyse les raisons que l'homme a de s'abuser lui-même.)

mardi 14 février 2012

Du néoconservateur et de la dialectique de Hegel

Le néoconservateur (cf. Neocon) rejette le relativisme de gauche, en affirmant qu’il existe des civilisations supérieures (la sienne).

Bizarrement, Kant et les Lumières semblent avoir donné une solution à cette question il y a deux siècles : le fédéralisme. Le monde doit être construit sur des cultures différentes, qui se stimulent mutuellement, du fait de leur différence. (Kant parle de « paix armée ».)

Et les USA montrent comment des religions naturellement en conflit peuvent cohabiter sans s’affronter. Le tout est de penser que l’union vaut mieux que la guerre, et que, pour le reste, il y a toujours un moyen de s’arranger.

Curieuse illustration de la dialectique de Hegel : thèse (relativisme), antithèse (supériorité des civilisations), synthèse (fédéralisme, il faut de tout pour faire un monde).

Compléments :

lundi 13 février 2012

Pourquoi Sarkozy divise-t-il ?

N.Sarkozy aurait fait l’erreur de penser qu’il a été élu avec les voix du FN, et non avec celles de M.Bayrou. C’est pour cela qu’il serait parti aussi à droite. Voici ce que disait un interviewé de France Culture ce matin.

Les « valeurs » grâce auxquelles M.Sarkozy pensait gagner les élections lui aliènent une partie de l’électorat. M.Chirac avait raison : M.Sarkozy « divise » la France.

Erreur de calcul ? Pas nécessairement. Ce blog a fini par penser que M.Sarkozy est néoconservateur. Il est parvenu à se faire élire parce qu’il a tenu un discours centriste qui masquait la réalité de ses convictions.

Compléments :
  • Début de la réflexion : Sarkozy divise ?
  • En outre M.Sarkozy appartient à l’UMP, ce qui lui apporte mécaniquement des voix, quel que soit son discours.
  • Le mouvement néoconservateur n’a rien de ridicule, c’est un mouvement ayant de solides convictions et qui s’est défini comme une réaction à 68 : La pensée anti 68. Sur le néoconservateur, Neocon, un billet écrit il y a 4 ans, à l’époque où je ne soupçonnais pas que le phénomène puisse être français. Un texte qui résonne curieusement avec les récentes déclarations de M.Guéant.

dimanche 12 février 2012

Y a-t-il des civilisations supérieures ?

M.Guéant affirme qu’il existe des civilisations supérieures. Question de « bon sens ». Le mien ne s’y retrouve pas. Qu’est-ce qu’une civilisation ? Comment classifier des civilisations ?

vendredi 10 février 2012

Sarkozy divise ?

Un universitaire américain juge que M.Sarkozy adopte les thèmes de la droite américaine.

Alors qu’il se donnait une apparence respectable, jusque-là, M.Sarkozy vient, de manière surprenante, de prendre une ligne identique à celle des (maintenant discrédités) néoconservateurs américains. Supériorité de notre civilisation, démontrée par le « bon sens », attaque contre les parasites (chômeurs, immigrés, pauvres…), les plaies de la société, qu’il s’agit de « punir »…

Dans le film La conquête le personnage de Jacques Chirac disait au personnage de Nicolas Sarkozy qu’il ne pourrait pas être élu parce qu’il « divisait ». Notre président en est-il revenu à sa nature ? A-t-il décidé de disparaître dans un feu d’artifice final ?

Compléments :