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jeudi 28 janvier 2021

France Culture, le renouveau du journalisme ?


France Culture aurait 12% de part d'audience à Paris. Ce qui en ferait la 3ème radio la plus écoutée. Surprenant ? Cela peut s'expliquer par la sociologie de la capitale, ville de Bobos. Mais il me semble aussi que France Culture a réussi là où la presse, Le Monde en particulier, a échoué :

  • Je soupçonne qu'il s'y est passé un phénomène qui ressemble à la révolte des médecins contre l'ARS. J'entends souvent que, devant les incohérences de l'ARS, les médecins ont été rappelés à l'ordre par le fait qu'ils avaient prêté le serment d'Hippocrate. Eh bien, les journalistes de France Culture me semblent s'être souvenus qu'un intellectuel cela pensait. 
  • Ils ont interrogé les théories toutes cuites qu'il était bon de croire dans leur milieu. Ils enquêtent, ce que ne font pas les journaux, dont le "fact checking" ne consiste qu'à contester les opinions qui ne sont pas les leurs. Or, enquêter, pas une opinion, c'est ce que l'on demande à un média. 
  • France Culture est "dans le coup". C'est gratuit, il n'y a pas de pub (sauf sur le site web), et numérique (le podcast, mais aussi des vidéos), comme le GAFA. 
France Culture : la presse de demain ?

lundi 30 novembre 2020

Les Papous et le changement

Faites vous attention à la première et à la dernière phrase d'un roman ? Ce sont des phrases qui comptent disaient Les Papous dans la tête, une émission de France Culture.

Le jeu des Papous consistait à inventer le début et la fin d'oeuvres célèbres. 

Cette émission illustre peut-être ce qu'est le changement dans l'audiovisuel public. Mon interprétation d'auditeur. La directrice de la chaîne, après avoir modifié, autoritairement, la programmation de l'émission, a voulu, probablement, imposer un nouveau changement. La productrice refuse. Plus de Papous. On est toujours trahi par les siens ? Emmenée par une des dernière recrutées, pas la plus talentueuse ?, un groupe de séditieux pactise avec l'ennemi. Qui peut résister à une heure de publicité gratuite, chaque semaine ? Le public.

Dans cette histoire, qui a eu le dernier mot ?

jeudi 9 janvier 2020

Les vertus de l'intellectuel

A l'occasion des soixante ans de la mort de Camus (le 4 janvier dernier), il était loué par France Culture. On disait aussi beaucoup de mal de Sartre, résistant de la vingt cinquième heure, et auteur d'une oeuvre qui ne lui a pas survécu. La clique de Sartre a qualifié Camus de "philosophe pour classes terminales", parce qu'il n'était pas agrégé de philosophie. Alors que la pensée philosophique de Camus, qui cherche à mêler les deux aspirations historiques de la philosophie, était certainement bien plus profonde que celle de Sartre.

En 2013, le centenaire de Camus est passé inaperçu. Peut-être n'était-il pas encore bien de dire du bien de Camus ? Car longtemps l'opinion a été dominée par celle des "intellectuels", dont Sartre était le premier représentant, et à laquelle s'opposait Camus.

L'évolution de France Culture, radio d'intellectuels, montre qu'une des qualités de l'intellectuel est de pouvoir changer d'opinion. Au fond, ce n'est pas un doctrinaire. Peut-être est-il en train de découvrir que penser n'est pas croire et que sa formation, qu'il a fort peu utilisée, l'y préparait ? On ne naît pas intellectuel, on le devient ?

dimanche 7 juillet 2019

Les épinglés

France Culture remplace Les papous par Les épinglés. Formule similaire. Il semblerait que la productrice de l'émission l'avait arrêtée suite à un conflit avec la directrice de France Culture. Une partie de l'équipe des papous a repris l'affaire. Tu quoque mi fili ?

Ce n'est pas la première fois que cette histoire se produit chez France Culture. Ce qui est curieux car, ne s'attendrait-on pas à ce que la loi de la culture s'y applique ? C'est à dire le copyright ? Le droit du créateur ?

Mais, il y a aussi des enjeux financiers : les participants à ces jeux se font gratuitement de la publicité, et la chaîne a accès à un contenu populaire, qui ne lui coûte pas cher. Dans une société individualiste, le premier des droits est l'intérêt personnel ?

samedi 22 décembre 2018

Règlements de compte à France Culture ?

La consultation de Wikipedia m'amène à "Bertrand Jérôme", producteur d'émissions littéraires que j'ai longtemps écoutées. Wikipedia ne dit pas grand chose sur lui. Sinon que Laure Adler aurait mis un terme à son émission. Wikipedia écrit aussi que la dite Laure Adler, un moment directrice de France Culture, s'y serait livrée à des réformes, radicales ?, qui ont rencontré une violente résistance au changement des auditeurs. Ce qui doit être rare. Elle lui aurait été fatale, apparemment. Wikipedia dit aussi qu'elle est mariée à Alain Veinstein, producteur d'une émission diffusée la nuit. Celle-ci a disparu. L'intéressé à fait savoir son mécontentement.

Règlements de comptes entre factions rivales ? Ce qui est surprenant est que ce monde où l'on pense bien semble beaucoup plus violent que celui de l'entreprise. En outre, ce qu'il y a de curieux est l'âge avancé des producteurs dont il est question. Apparemment, à moins d'un coup de force, on meurt à son micro chez France Culture. Cette radio ne doit pas employer de partisans de Martine Aubry.

jeudi 4 octobre 2018

Les Papous et le changement

L'émission de France Culture, "Des papous dans la tête" s'est arrêtée en août dernier. Je l'ai écoutée par intermittence, quasiment depuis ses débuts, il y a 33 ans, puis presque systématiquement ces dernières années. Je n'en étais pas un inconditionnel, mais, elle avait le mérite de la légèreté. Ce qui n'est pas la caractéristique principale des émissions que France Culture place aux moments de grande écoute. (J'ai de plus en plus recours au podcast.)

Si j'en crois ce qui s'écrit, les Papous ont été victimes de l'acte d'autorité d'un petit chef. Décidément, la démocratie n'est pas une valeur de gauche ?

lundi 30 juillet 2018

Violenter

Les nouvelles de France Culture disent, depuis quelques temps, que M.Benalla a "violenté un manifestant". Pour moi "violenter" veut dire violer. Et le Robert confirme que c'est bien le sens moderne du terme.

Pourquoi France Culture n'utilise-t-elle pas "brutaliser" ? Ignorance ? Volonté de manipulation ? autre ?

mercredi 25 avril 2018

Information

Je vais des informations de France Culture à celles de France Info, à la recherche de la météo. Au passage je capte une même information et deux interprétations différentes. Dans les deux cas, il s'agit du gouvernement. Pour France Culture, M.Macron fait des concessions à M.Trump, dans l'affaire iranienne, et le premier ministre va recevoir les syndicats de la SNCF, ce qui montre qu'il recule, commente un syndicaliste. France Info interroge un chercheur. Il explique avoir lu la presse américaine, qui parle de discussions complexes entre MM.Macron et Trump. Il n'est pas possible d'en tirer une conclusion à l'emporte pièce. Quant à la SNCF, le premier ministre reçoit les syndicats pour parler de la dette de leur société, pas de la grève en cours. Ce qui, à l'envers, peut faire penser que le syndicaliste de France Culture prend ses désirs pour des réalités, et que c'est lui qui est sur le point de craquer.

Qui croire ? En tout cas, cela montre à quel point il est facile de manipuler l'information.

vendredi 6 avril 2018

Indépendance de la justice

Lula, au Brésil, est condamné par un juge qui s'est affiché avec des personnalités de droite, disait France Culture, ce matin.

Cela discréditerait-il la justice ? Imaginons, qu'en France par exemple, la justice se dise de gauche, faudrait-il refuser son jugement ? D'ailleurs, pourquoi ce type d'information n'est-il pas donné par France Culture lorsque l'on fait un procès à un homme politique, chez nous ?

vendredi 5 janvier 2018

Céline

Doit-on publier les pamphlets anti-sémites écrits par Céline ? France Culture s'insurgeait contre cette idée. France Culture, probablement, veut protéger le public, incapable d'avoir un saint jugement. Tout le monde ne peut pas avoir l'intellect du journaliste de France Culture.

Pour ma part, je trouve bizarre cette censure. Car, amputé de son antisémitisme, Céline n'est pas Céline. Il pourrait presque être n'importe quel bien pensant moderne. Et même un bien pensant estimé pour la qualité de son oeuvre. Ce dont bien peu de bien pensants, y compris salariés par France Culture, sont capables.

mercredi 15 novembre 2017

Papous

Les Papous est une émission de France Culture. Je l'écoute depuis 1986. Je pensais qu'elle avait démarré bien avant. Mais wikipedia prétend le contraire. Les Papous ce sont des exercices sur les mots. J'ai besoin d'un bruit de fond. Et celui que me fournit les autres radios ne me va pas. Ce que j'apprécie, de plus en plus, dans cette émission, c'est son calme. On n'y parle pas des malheurs du monde. Et on n'y dénonce personne.

To be or not to be 68
Drôle de mélange. 68 et anti 68. C'est anti 68, parce que tout y est une question de contrainte. Les Papous viennent de l'Oulipo. C'est la contrainte qui rend créatif. C'est aussi anti 68, parce qu'on y parle en alexandrins et en sonnets et que l'on cite Victor Hugo ou Corneilles. La culture de l'école républicaine de mon père est le matériau de l'émission. C'est aussi anti 68 parce qu'on n'y est pas entre normaliens philosophes, détenteurs officiels de la culture. C'est anar, au sens Brassens, ou Canard enchaîné du terme.

Mais c'est aussi 68. On y veille à défendre les femmes, les jeunes et les immigrés. Le noyau dur du groupe est fait de "vieux blancs". Les fameux anars. La nouvelle génération est celle des jeunes femmes. (Pas de jeune homme parmi les recrues.) Mais leur intelligence ne compense pas leur (notre) manque de culture. C'est Eva Almassy qui est le cocktail gagnant. Hongroise qui a fui le colonialisme soviétique, elle a une grande culture et un accent attachant, ce qui est capital quand on parle à la radio. Comme il est dit dans "My fair lady", seule une étrangère peut maîtriser aussi bien une culture. J'aimais la voix de Vassilis Alexakis (Grec). Mais je suis réservé sur le cas de Ricardo Mosner (Argentin). Accent peu compréhensible et humour absurde facile, à mon avis.

Cela en dit long sur la société ? La culture des jeunes est faible : l'émission pourra-t-elle durer encore trente ans ? Surtout, ce qui reste de cette culture est désormais entre les mains de la femme. L'inégalité a changé de camp. Mais aussi, l'émission explique peut-être pourquoi les peuples tendent à haïr les "outsiders". Ces derniers sont meilleurs que les premiers à leurs propres jeux, à leur propre culture. Cela s'explique certainement parce qu'ils en ont une vue extérieure. Ils ne lui sont pas intimement attachés, ils gardent la tête froide. La culture n'est pas un constituant de leur être, elle est un moyen, un véhicule, un jeu ?

(On pourrait dire, aussi, qu'il n'y a pas de minorités chez les Papous : immigrés ou non, on est entre blancs.)

vendredi 22 septembre 2017

Idées noires

Humeur du matin, de Guillaume Erner (France Culture). Toujours (du moins à chaque fois que je l'écoute), des idées noires. De quoi vous mettre en train pour la journée. Comment un ultra privilégié, qui ne connaîtra jamais le chômage et le déclassement, et à qui la radio donne un capital de marque  et des relations d'une valeur considérable, peut-il être aussi déprimé ?

Peut-être parce qu'il ne le sait pas. Il est isolé. S'il était au contact du reste de la population, il devrait ajuster ses propos aux inquiétudes de son auditoire. Ce faisant, il lui apporterait un peu de joie. Et, lui-même, en serait heureux. Nous sommes malades d'un lien social distendu ?

samedi 9 septembre 2017

Discrimination positive ?

Nouvelle animatrice de France Culture, le matin. Accent étranger, et maîtrise du français qui ne semble pas parfaite. Etait-ce le meilleur candidat pour occuper ce poste ? France Culture ferait-il de la discrimination positive ? Ou ai-je un mauvais esprit ?

lundi 17 octobre 2016

Dépressif France Culture

France Culture, du moins ses informations, est une série incessante de nouvelles désastreuses. Des choses contre lesquelles on ne peut rien faire. Quel contraste avec France Info : on y invite beaucoup d'opinions contradictoires, mais tout se fait dans une combativité heureuse. 

France Culture est la voix de l'intellectuel. L'intellectuel pense que la parole et le bon sentiment sont tout puissants. Plus ça va mal, plus il parle, donc. C'est sa façon d'agir. Mais, aussi, il constate de plus en plus un réveil de la population : elle n'obéit plus aux belles paroles. Le pouvoir échappe à l'intellectuel. C'est la définition même de la dépression. Voilà ma théorie.

vendredi 5 février 2016

The Economist et France Culture

The Economist et France Culture furent les piliers de ce blog. Pourquoi ? Parce que la contradiction fait réagir, que la réaction nourrit le blog, et que ces deux médias me semblaient dogmatiques, un à droite, l'autre à gauche, et contraires à ma nature in quiète (en deux mots), autrement dit qui se méfie des certitudes. 

Eh bien, aujourd'hui, j'ai lâché The Economist et je trouve France Culture de mieux en mieux. Pourquoi ? Parce qu'ils ont évolué à l'inverse l'un de l'autre. Le premier en se solidifiant dans son idéologie, en lui sacrifiant une forme de rigueur intellectuelle et d'élégance britannique, le second en menant l'enquête, en s'interrogeant. Et si, finalement, la France avec quelques leçons à donner au monde ? 

samedi 17 mai 2014

France culture et la culpabilité de l'homme

Il y a quelques temps, France Culture parlait de "marchandisation du corps de la femme". La femme est le ciment de la société, et toutes les sociétés l'ont instrumentalisée, dit l'universitaire canadienne. L'animateur est audiblement rempli d'horreur devant la culpabilité du "masculin". Femme = bien, Homme = mal, semble-t-il penser.

Et il aurait dû être bien plus effrayé. Car, si c'est le propre de la société de manipuler la femme, la nôtre n'opère-t-elle pas sa propre forme de manipulation ? Et, n'y a-t-il pas bien plus coupable que le "masculin" ? Celle qui l'a élevé ? Et si la femme était la mère du mal ?

Pourquoi France Culture ne se pose-t-il pas ce genre de question ? Parce que France Culture ne pense pas ? Parce que France Culture ne fait que célébrer une religion ?

mercredi 31 juillet 2013

Le changement chez France Culture

Petit déjeuner. Une émission me tire de ma torpeur. France Culture parle de changement ! Et avec un vocabulaire qui m'est familier.

Le plus intéressant est que l'émission (S'il fallait changer quelque chose ?) n'est pas tombée dans le biais ordinaire du changement français. Celui qui veut que l'on condamne. Que l'on demande des coupables. Ou que l'on se fasse justice au mépris de la loi. Non. L'émission parle de gens qui prennent leur sort en main. Et qui changent le monde dans la légalité. Hier, c'était un avocat qui se bat apparemment avec succès contre les licenciements sauvages. Aujourd'hui, il était question d'une sorte de co développement de l'habitat social. 

mercredi 26 juin 2013

50 ans de France Culture

J'ai entendu dire que France Culture avait 50 ans. Je m'attendais à une série d'émissions, mais rien n'est venu. D'ailleurs, ce n'est pas très clair. D'après Wikipedia, France Culture aurait eu des ancêtres jusque en 46. Son nom actuel daterait du 8 décembre 63...

Je ne sais pas depuis quand j'écoute France Culture. J'ai dû commencer par les émissions matinales, peut être dans les années 80. Puis quelques émissions dans la journée. Notamment les jeux littéraires. Je dois à France Culture d'avoir découvert que je comprenais quelque chose à la philosophie. Tout s'est arrêté, je ne sais plus quand. J'ai le souvenir d'une prise de pouvoir par une équipe de gens insupportables. Qu'est-ce que je leur reprochais ? Peut-être d'avoir cédé au penchant naturel de la chaîne : son caractère anxiogène. Elle s'est fait une spécialité de la fiction misérabiliste atroce, et du sermon, que Bossuet n'aurait pas désavoué. Son nom la prête peut être à croire qu'il n'y a qu'une culture (au sens ethnologique du terme), la sienne. Danger : dérive totalitaire et impérialiste. Justement ce qu'elle dénonce chez les autres. En 2008, cherchant un stimulant pour ce blog, quelque chose qui me fasse réagir sans efforts, j'ai repris mon écoute. De même que je me suis réabonné à The Economist. Mais la chaîne avait changé. Les combattants de la vraie foi y sont moins nombreux. Ce qui demeure a quelque-chose de très français. Des moyens extraordinairement modestes, une forme d'amateurisme, mais aussi un grand sens du devoir. Cela me fait penser à la description de nos voitures par un ingénieur allemand : on ne comprend pas comment cela peut rouler. Mais ça roule, et plutôt bien.

mercredi 17 octobre 2012

Faut-il taxer l’art ?

Hier, j’entendais France Culture se réjouir que notre premier ministre falot ait enfin montré sa poigne. Il a refusé de taxer les œuvres d’art.
Bon sujet pour prouver sa virilité ? Peut-être. Ce soir, La dispute, autre émission de France Culture s’en prenait à l’ISF, qui allait faire partir l’art de France, ruiner les collectionneurs et les galeries.
Défenseur du Grand capital?
Curieux, on n’entend aucune voix pour défendre ceux qui auraient pu profiter de ces impôts. La France serait elle dirigée par quelques directeurs de musées et autres esthètes désargentés ? Auraient-ils noué une alliance qui ne dit pas son nom avec les puissances de l’argent ? La gauche aimerait-elle le riche, quand il la paie ? Salaud de pauvre et culture, opium du peuple ? 

dimanche 1 juillet 2012

Le travail de la culture

J’écoute régulièrement France Culture. On y parle beaucoup d’artistes. Tous font un « travail ». Un, par exemple, envoyait des fax un peu partout. C’était un « travail sur l’espace ». Tout ce que fait l’artiste devient « travail ». Molière s’en serait moqué.

Mais, à la réflexion, c’est peut-être une tentative pour prouver que l’artiste mérite le respect comme toute autre profession.

Pour cela les hommes de culture ont utilisé un procédé de manipulation : plutôt que de s’en remettre à notre jugement, ils ont associé ce qu’ils trouvent bien (leur art), à ce que la société pense bien (le travail). Cela servira-t-il leur cause ?