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mardi 6 septembre 2022

Grève et individualisme

La grève semble être une maladie de la raison. Particulièrement quand elle touche la SNCF. Car le discours, pseudo marxiste, du syndicat tourne à vide : c'est un service public. A croire qu'il veut que les chemins de fer soient privatisés, afin de se retrouver dans une lutte des classes consubstantielle. 

En fait, c'est probablement une maladie de notre structure sociale. Les dirigeants de la SNCF et du reste du pays, sont construits sur le modèle de l'ancien régime. Ils dirigent par la seule vertu de leur naissance, certifiée, désormais, par l'Education nationale. Etant incapables de comprendre quoi que ce soit à ce qu'ils font, la désorganisation et le conflit sont inévitables. Les syndicats sont les maîtres de la SNCF.

L'Allemagne a, depuis longtemps, modélisé la question : nous sommes une "société d'individus" (ce qui est un oxymore). Chez elle, syndicat et patronat sont dans le même bateau. De même, d'ailleurs, que tous les Allemands. 

C'est en écoutant la BBC que je pense à cela. L'Angleterre s'affiche beaucoup plus ouvertement que la France comme une société de classes. Il y a, d'un côté, une élite assez large, qui est très habile à maintenir ses privilèges et ses institutions (en particulier ses grandes écoles), et de l'autre, une masse animale. Cette dernière est maintenue dans l'ignorance, ce qui la rend facile à gouverner. En revanche, lorsque sa situation s'aggrave, ses pulsions sont incontrôlables. 

Curieusement, le meilleur de l'intellect français a travaillé à cette question, au début du siècle dernier, mais sa pensée a été totalement oubliée. 

lundi 27 juin 2022

Grève des trains

Les chemins de fer britanniques sont en grève. Paradoxe. Ce sont des compagnies privées. Et la grève semble une répétition de celle des temps héroïques. Paralysie quasi complète, et, probablement, pour longtemps. On se croirait dans une grève de mineurs !

On devrait connaître bientôt la même chose en France ? La stratégie de M.Mélenchon est certainement la révolution, et le mot "inflation" est extraordinairement efficace pour fédérer les syndicats ? D'ailleurs, sans même en arriver là, ma ligne de train est déjà en grève. (Motif inconnu.) 

Enseignement ? Ce qui fait fonctionner les transports en commun ne tient pas à ce qu'ils soient publics ou privés, mais à l'état d'esprit de leurs employés ? Et, plus généralement, de la société ? 

samedi 22 février 2020

Il n'y a pas que la grève dans la vie

En France la grève semble un "fait social". Services publics, bien sûr, mais aussi avocats, urgences, laboratoires d'analyse... Si l'on a un pouvoir de nuisance, on en profite pour paralyser la société.

N'y a-t-il pas d'autres moyens de conduire le changement ?

Les Chinois parlent de "wu wei", non agir. La société est réglée par des forces internes, en jouant sur ces forces, on peut la faire changer. C'est comme cela que les modes nous changent, sans grèves.

Mais peut-être que le changement que demande ce changement est douloureux ? Car il signifie mettre en marche son cerveau.

lundi 27 janvier 2020

Long comme une grève sans fin

J'avais prévu que la "grève de la retraite" ne s'achèverait pas, eh bien, j'avais vu juste. Ce n'était pas difficile à prévoir, puisque c'est toujours pareil.

La question qui se pose est : pourquoi est-ce comme cela ? Certains diront que nos syndicats n'ont d'autre programme que d'abattre le gouvernement. Avec aussi peu de subtilité, on ne peut pas faire grand chose.

Mais on peut aussi se demander pourquoi on a de tels syndicats. Ce blog cite une "sociologie des syndicats" qui explique que, longtemps, ils ont, simplement, défendu les intérêts de leurs adhérents, dans des "conflits" locaux. Puis ils ont été réformés, sur le modèle de l'Etat, et financés par l'entreprise et l'Etat. Ce qui leur a fait perdre leurs adhérents, devenus inutiles à leur économie (et le contact avec la réalité ?).

A qui a profité le crime ?

lundi 20 janvier 2020

Le libéralisme a vaincu ?

L'enlisement de la grève des retraites, n'est-ce pas la victoire définitive du libéralisme ?

L'erreur des syndicats a été de défendre des intérêts catégoriels, et pas un modèle de société. A partir du moment où le privé s'est mis à licencier, et s'est ouvert à la concurrence, le sort du modèle de l'Etat providence bureaucratique, et de ses syndicats, était scellé.

N'ont-ils pas été les "idiots utiles" du changement ? Car, justement, l'esprit du libéralisme, c'est l'intérêt particulier, et celui du syndicalisme, l'intérêt général.

Voilà qui est digne de Sun Zu. Pour perdre votre adversaire, il suffit de faire entrer dans son cerveau une idée qui va le faire aller, de bonne foi, contre ses intérêts ? On appelle cela "l'aliénation".

mardi 31 décembre 2019

2019 ou la République en marche ?

M.Macron a tenu parole. La République est en marche. Quand il n'y a pas de transports en commun, il n'y a plus que cela à faire.

Ce que la grève nous a rappelé, c'est un aspect de la France que personne ne nous envie : notre façon d'être mécontents. Spontanément, le Français adopte une "tête d'abruti", lorsqu'il veut se faire respecter. (Celle du leader syndicaliste, ou de l'homme politique qui veut ressembler à un leader syndicaliste.) Il devient impoli et irrespectueux. A côté de lui, M.Trump est un modèle de bonne éducation. Est-ce une façon de "faire peuple" ? 

Dans mon métier, j'ai rencontré beaucoup de gens qui avaient adopté cette position. Ils devenaient charmants lorsque l'on avait le temps de les connaître. D'autant plus charmants qu'ils avaient l'impression de ne pas s'être bien conduits. 

Les grandes douleurs sont muettes, dit-on. Il est possible qu'une désapprobation glacée serait bien plus efficace que des grossiers braillements. Et si la France apprenait la force de la politesse ? La République en marche comme révolution culturelle ?

mercredi 25 décembre 2019

SNCF et résilience

Comment augmente-t-on la résilience d'une société ?

Platon en parlait déjà, il y a deux mille cinq-cents ans. Selon lui, ce qui faisait la force d'Athènes était d'avoir abattu ses fortifications.

Les théories modernes disent la même chose. Si une société est soumise à d'incessants incidents, elle se renforce. Et, le jour où elle fait face à une véritable crise, elle sait y répondre. Elle s'est immunisée.

Depuis que je suis en banlieue, je constate que la SNCF est en grève permanente. On n'est jamais sûr que le train annoncé va arriver. C'est ainsi que la SNCF aide notre société à devenir résiliente.

lundi 23 décembre 2019

Grèves et mécontentement

Curieux, les gens qui sont autour de moi, en particulier dans les trains, sont à bouts de nerfs, et, pourtant, on lit dans  les journaux que les Français soutiennent la grève. (Ce que certains titres étrangers interprètent comme un trait français : la propension génétique au tir au flanc. Sanctifiée par la loi.)

Un ami me disait que l'explication tiendrait à ce qu'il y a deux France. Les grèves ne touchent que la région parisienne. En conséquence, le gros de la France n'est pas affecté et trouve très bien de se méfier d'un texte de loi peu compréhensible.

Le fait n'est pas nouveau, mais a toujours été oublié. La France, essentiellement campagnarde, était opposée à la Commune, parisienne. A l'inverse, les théories marxistes ignoraient les campagnes, majoritaires.

jeudi 19 décembre 2019

Aristide Briand et les grèves de la SNCF

Que fit Aristide Briand face aux grèves des employés du chemin de fer ? Il mobilisa ceux de ses employés qui n'avaient pas fait leur service militaire. Si bien qu'il n'eut pas à faire intervenir la troupe. Ce qui lui fit dire "qu'il n'avait pas de sang sur les mains".

Voici ce que j'ai entendu dans "Concordance des temps", une émission de France Culture, qui avait échappé à la grève de l'audiovisuel public. Dans ce cas, au moins, les temps ne concordaient pas.

Retraites : problème de méthode ?

La Croix semble penser que, en ce qui concerne la réforme des retraites, le gouvernement s'y est pris, à nouveau, comme un pied. Il a été incapable d'expliquer clairement ce qu'il voulait faire.

La Croix fait la liste des inquiétudes du pays. Voilà sur quoi bâtir une saine négociation ?

Est-ce aussi simple que cela ? Dans cette affaire, on a l'impression que, quoi qu'ait fait le gouvernement, il y aurait, de toute manière, eu des grèves violentes. On a parfois l'impression que certains syndicats luttent toujours pour le renversement du capitalisme. Ensuite, pourquoi serait-ce au gouvernement d'être intelligent ? Veut-on en rester à un Etat paternaliste ? Pourquoi quelqu'un d'autre ne lui porterait-il pas un diagnostic du type de celui de La Croix ?

lundi 16 décembre 2019

Retraites : affrontements tactiques ?

Ce qui est surprenant dans la grève moderne est la faiblesse du nombre de grévistes, et leur pouvoir de nuisance. La grève est devenue tactique.

Le gouvernement n'est-il pas, lui-même, dans cette logique d'affrontement tactique ?

A-t-il été maladroit lorsqu'il a annoncé un "âge pivot" qui lui a "aliéné" le dernier syndicat qui aurait pu être de son côté, ou a-t-il choisi la confrontation ? Le bon négociateur ne cède pas, au contraire, il augmente ses demandes à mesure qu'on les refuse. Cela montre à son adversaire que l'affrontement ne joue pas en sa faveur.

Très peu de grévistes sont concernés par la réforme des retraites, qui touche les jeunes générations. Cela ne va-t-il pas, aussi, finir par fissurer leurs rangs ?

Il se trouve, enfin, que, depuis Nicolas Sarkozy, les gouvernements sont fermes face aux grèves. Ils les usent. Qu'Emmanuel Macron ait cédé aux Gilets jaunes était un changement de tactique. Et il n'a pas été payant.

lundi 2 décembre 2019

Grève moderne

Radio France est en grève. Les perturbations sont considérables, mais, d'après le Parisien, seulement 7,88% des personnels seraient en grève ! Car ce serait une "tournante", on fait le maximum de dégâts pour un minimum de désagrément pour le gréviste.

Jadis, ceux qui faisaient grève étaient des miséreux, et ils mettaient toutes leurs ressources dans le combat. Maintenant, on s'économise. L'article dit que le gouvernement veut faire croire à une grève de privilégiés. Mais ces petits calculs ne lui donnent-ils pas raison ?

vendredi 27 septembre 2019

Laboratoire en grève

Je me casse le nez sur la porte du laboratoire d'analyse. En grève ! Décidément, la grève est le mal de ce pays.

C'est peut être le mal de l'individualisme. Quand le lien social est inexistant, et que l'autre ne compte pas, le seul langage est la violence ?

(Paradoxalement, quand une société est parasitée par l'égoïsme, c'est l'individu isolé qui est écrasé. Il est en grève permanente.)

samedi 14 septembre 2019

Grève à la RATP

Comment trouver des solutions de contournement à la grève de la RATP ? se demandait un article. Restez chez vous...

Eh bien, j'avais rendez-vous à Paris. Heureusement, la ligne 14 est automatique. Contrairement à ce que j'avais lu, elle était presque vide. Et c'était la ligne de mes rendez-vous. Seule surprise : je devais passer par la maison de la RATP ; j'y ai vu un grand nombre de CRS. Les employés de la RATP seraient-ils des voyous ?

N'y a-t-il pas quelque-chose d'anormal dans la capacité de certaines personnes à arrêter tout un pays ? C'est un artefact culturel, selon moi. La RATP, comme tout service public, n'est pas dirigée. Elle est une émanation de l'Ancien régime. Il y a des nobles, d'un côté, et la plèbe de l'autre. Elle est en grande partie laissée à elle-même.

Ne serait-il pas temps de changer ?

samedi 6 juillet 2019

Notes du bac

Certains correcteurs ont décidé de ne pas rendre les copies du bac. C'est cela la grève à la française. Ses victimes sont toujours les faibles. On dit que nous sommes le pays de la "logique de l'honneur", mais y a-t-il le moindre honneur à profiter de la veuve et de l'orphelin ?

Cela devrait nous amener à nous interroger sur la culture de notre pays. Car, contrairement à d'autres nations, nous n'avons pas de culture de compromis. Nos gouvernements ne croient qu'à la force, ou, plutôt, à la dissimulation. Car, si la résistance est assez forte, ils reculent. Ce qui justifie les grèves les plus abjectes.

vendredi 10 août 2018

La fin des grèves ?

L'Etat voudrait vendre sa participation dans Air France. La très faible valeur de la société serait un obstacle.

Après l'échec des grèves de la SNCF, l'Etat a-t-il décidé de mettre un terme à l'ère des syndicats ? Dans une économie dont la règle est le marché et la concurrence, le syndicalisme des entreprises publiques et para publiques représente un coût excessif ? Nouveau modèle de société ? Le conflit social allait avec l'emploi à vie. L'individu va-t-il devoir se considérer comme un entrepreneur ? Ira-t-il d'entreprise en entreprise pour acquérir un savoir-faire, puis s'établira comme indépendant ? Modèle de l'artisan ? Les entreprises deviendront-elles des coalitions de libertaires qui se feront et se déferont au gré des projets communs ? Comment se financera la recherche, dans ces conditions ?...

mardi 10 avril 2018

Gallieni

Taxis de la Marne. Il nous faut un Gallieni. Pour éviter que la grève de la SNCF ne paralyse la France, il faut organiser un transport par bus et taxis. Voici ce que l'on m'écrivait.

Mais je crois que le gouvernement est plus Pétain (version 14 18) que Gallieni. Ne compte-t-il pas sur l'épuisement de la grève ? Et, plus elle aura été longue et coûteuse, moins elle aura de chances de se reproduire. Qu'est-ce qui fait, d'ailleurs, que cette grève semble pouvoir être moins efficace que les précédentes ? Peut-être le non paiement des jours de grève ? L'affaire aurait été préparée de longue date ? La caractéristique de nos gouvernements ce n'est pas le courage de Gallieni, c'est le vice de Talleyrand ?

Forme d'art de la guerre. Ce n'est peut-être pas ce que l'on attendrait d'un régime démocratique.

mardi 5 avril 2016

Grèves et enjeux

Ce blog avait suivi les dernières grèves. C'était l'époque Sarkozy. L'impression que j'avais alors était que l'on rejouait Thatcher contre Skargill, c'est à dire que l'on cherchait à tuer la grève par KO. Eh bien, la grève a redressé la tête. Et elle serait relativement populaire (curieusement plutôt chez les jeunes intellos). 

A tort peut-être, il me semble qu'il se joue beaucoup plus que le sort de la réforme. La grève n'a, sauf violente exception, rien de spontané. La mobilisation d'une partie de la population demande des structures, une organisation. Il faut du temps pour les construire. Une fois détruites, la grève devient impossible. Il y a perte de pouvoir de ceux qui manœuvrent ces structures collectives. 

Ce qui est encore plus étonnant est que la grève renaisse sous un gouvernement socialiste, supposé anesthésier tout mouvement social.

mardi 15 septembre 2015

Vive les grèves !

Les grèves peuvent être bénéfiques. Une grève du métro anglais a permis à une fraction de ses usagers de trouver des routes plus courtes que celles qu'ils utilisaient jusque-là. Le gain qu'ils ont fait a suffi à contrebalancer les pertes occasionnées par la grève. Contrairement à ce que dit l'économie, l'homme n'optimise pas. Il est coincé dans ses habitudes. C'est l'imprévu qui met en branle son génie. 

Je peux produire des exemples de ce phénomène. Ils ne viennent pas du métro, certes. Mais des commerces des environs. Plusieurs fois, un mécontentement m'a fait modifier mes habitudes. Et j'y ai souvent beaucoup gagné. Il me semble surtout que subir souvent des imprévus est un entraînement qui permet de se préparer au pire... Et si la grève faisait partie de la mission du service public" ?

lundi 6 avril 2015

La radio est-elle utile ?

Serais-je informé de la fin de la grève de Radio France ? Je n'écoute plus la radio.

J'y cherchais surtout des idées nouvelles. La radio privée ne me va donc pas. Pas plus que la musique sans fin, et les annonces sinistres, des radios de radio France. Du coup, alors que j'avais pris l'habitude de mettre en marche la radio à chaque fois que j'avais un moment libre, j'écoute le silence. 

Un journaliste de France Info disait que la grève se justifiait par la défense de la radio que "l'on aimait". Qui est "on" ? Lui ? Je me demande maintenant si l'on a besoin d'une radio publique. Que nous apporte-t-elle que nous ne trouverions pas ailleurs ? D'ailleurs, ne serait-il pas mieux d'aller regarder ailleurs si elle y est ? Nous y rencontrerions peut être d'intéressants êtres humains ?

Je me demande si "l'on" ne traverse pas une période de remise en cause de nos certitudes.