mardi 3 avril 2012

M.Mélenchon et la systémique

Le programme de M.Mélenchon embauche des fonctionnaires en masse, augmente le SMIC, les soins médicaux sont gratuits… si j'ai bien compris les informations de France Culture, hier matin.

Il semble avoir lu ce blog et entendu le conseil des spécialistes de la systémique : le problème est la solution. On nous dit moins d'Etat? Il en faut plus! On nous dit que du fait de la contrainte de l'euro nos coûts salariaux ne sont pas compétitifs? Il faut les augmenter! Toutes les nations cherchent à réduire leurs dettes ? Il faut les accroître, massivement. Après tout n’est-ce pas ce qu’ont fait les entreprises ? D'ailleurs, ça n'a pas été mauvais pour elles. Lorsqu'elles se sont trouvées en faillite on a découvert qu’elles étaient « too big to fail », et qu’il fallait les sauver.

Une France en difficulté entraînerait le monde avec elle. Cela ne le forcerait-il pas à affronter ses démons ? Ce serait peut être le Grand soir et la fin du capitalisme ? L’aube de 1000 ans de bonheur ? Mélenchon plus fort que Marx et Lénine, voire Jésus ? 

Avez-vous un cerveau à vous faire des amis ?

La taille de votre cerveau détermine vos compétences sociales et ce sont elles qui vous permettent d’avoir beaucoup d’amis.
La partie du cerveau concernée serait le lobe préfrontal (juste au dessus des yeux). Par contre une petite tête ne serait pas un handicap pour pratiquer les réseaux sociaux : les « amis » que l’on s’y fait ne demandent pas de compétences particulières.

Comment enseigner la science ?

Je retrouve dans un article (What Science Wants to Know: Scientific American) une idée qui me tient à cœur : ce qui compte dans la science n’est pas la réponse, mais la question.

À mon avis, c’est comme cela que l’on apprend les sciences le plus facilement : en cherchant à comprendre à quelle question celui qui a fait une découverte voulait répondre. Alors, son ingéniosité étonne et retenir la solution qu’il a trouvée devient simple.

Pourquoi notre enseignement ne procède-t-il pas ainsi ? Pourquoi laisse-t-on entendre au bambin qu’une connaissance qui a mis des siècles à être acquise est « évidente » ? Qu’il est idiot s’il ne l’emmagasine pas immédiatement ? Pourquoi le dégoûte-t-on de la science alors que l’on pourrait l’émerveiller ?

Je me demande s’il n’y a pas un peu du mythe de la caverne de Platon là dedans : l’a priori que la connaissance doit être cherchée en nous ?

lundi 2 avril 2012

Foxconn et Sharp

Foxconn, la société taïwanaise de sinistre réputation qui fabrique les produits d’Apple, achète une part de Sharp. The Economist se demande si elle ne cherche pas ainsi à acquérir un savoir-faire dans les écrans LCD, pour le jour où Apple voudra s’y intéresser. (Crystal vision)

Les Chinois achètent des sociétés japonaises ?  Étrange revirement du sort pour un Japon au nationalisme jadis expansionniste, et toujours férocement xénophobe : que lui arrive-t-il ? 

Comment éviter la grande dépression ?

Les fondamentaux de l’économie mondiale semblent dans un état vraiment préoccupant. Que faire pour assainir la situation sans déflagration ? Suite du billet précédent.

Quelle est la cause du problème ? Il faut que les grandes entreprises, pour être durables et pour que l'économie dans son ensemble le soit, se remettent à investir et à embaucher. Si j’en crois l’article auquel j’ai réagi, il est vital qu’elles sortent de l’obsession du court terme et du cours de bourse. Le mal de la grande entreprise serait donc une obsession de l’enrichissement immédiat.

Comment faire revenir le long terme dans la culture d'entreprise ?
  • S’en prendre au bonus, le réduire ou l’éliminer afin que le dirigeant n’ait plus pour seul stimulant l’argent ? Supprimer l’obligation de publier des résultats trimestriels ? Utiliser les taxes pour rendre l’investissement plus attractif que le dividende, ou l’endettement ?
  • Sur le long terme, les entreprises qui investissent ont un avantage sur les autres. Trouver le moyen d’encourager un ou deux bons exemples pourrait entraîner le reste du troupeau ?
  • Faire entrer dans le capital de l'entreprise des investisseurs qui ont un intérêt à ce qu’elle dure et à ce qu’elle embauche ? Les États, comme en Allemagne ? 

Au bord de la grande dépression ?

Nouvelle conséquence de la culture court-termiste du bonus :

Les bénéfices des grandes entreprises (occidentales ?) ne feraient que grimper. Mais cet argent ne servirait ni à embaucher, ni à investir. Ce serait malsain, et les actions seraient survalorisées. D’autant que ces bénéfices seraient la contrepartie des déficits des États, ceux-ci compensant ceux-là.  (Buttonwood: Marginal improvement | The Economist)

Situation explosive ? Si les Etats éliminent leurs déficits, les bénéfices des entreprises vont se réduire, les amenant à comprimer un peu plus leurs effectifs ? La recette de la grande dépression ? Décidément, on n’est pas sorti de la mouise ?

Campagne présidentielle : guerre de titans ?

J’en suis arrivé à voir la stratégie des principaux candidats à l’élection présidentielle ainsi :
  • Nicolas Sarkozy a compris que sa force était une forme d’agitation irrationnelle.
  • François Hollande sait que le seul ennemi de M.Sarkozy est M.Sarkozy. Il attend donc la faute. Mais ce n’est pas une absence de tactique : tout son effort vise à ne pas entrer dans le jeu de son adversaire.
Que risque-t-il ? Que M.Sarkozy finisse par trouver un angle d’attaque qui déclenche une vague d’enthousiasme dans l’opinion et prenne ses adversaires de cours, par son irrationalité. Cependant, plus la campagne avance, plus notre président doit augmenter risques et outrance du propos, avec le danger corrélatif d’un KO.

Combat formidable entre deux « champions » aux capacités hors du commun ?

Étrangement, il n’illustre en rien les principes auxquels notre République a tant cru : ceux de la raison. Il s’adresse aux moteurs de l’inconscient collectif. Les plus dangereux ?

dimanche 1 avril 2012

Les réformes de Mario Monti

Mario Monti veut rendre flexible l’emploi italien, comme je le disais dans un précédent billet. Pour cela il aurait recours à la flexisécurité, ce ne serait donc pas une mesure purement libérale. C’est du moins ce que dit la Rumeur du Monde de France Culture, samedi.

J’apprends aussi que M.Monti a appartenu à la Commission Attali, et qu’il applique ses recommandations.

C’est certainement fort bien. Mais ce qui les rend compliquées à mettre en oeuvre, c’est leur aspect pratique. En particulier la flexisécurité demande un dispositif remarquablement sophistiqué pour former les personnes licenciées et leur trouver un emploi. Sinon, on crée une classe d’exclus qui deviennent très rapidement inemployables.

L’Italie en sera-t-elle capable ? En tout cas, N.Sarkozy, lui, semble avoir jugé que la tâche était au dessus de ses forces.

Compléments :

LA RSE, nuisible à l’entreprise ?

Voici une nouvelle qui va attrister Dominique Delmas et Cécile Renouard : The Economist donne l’exemple d’un producteur de bananes qui n’a rien gagné, sinon des ennuis, à adopter une attitude impeccablement responsable (Going bananas).

Pour ma part, je crois que la RSE est une contrainte qui doit rendre créatif, mais la mission principale de l’entreprise demeure économique. Il ne faut pas confondre RSE et père Noël.  

La taupe

Film de Tomas Alfredson, 2011.

Ce film a au moins deux intérêts : un voyage dans la très dépaysante classe dirigeante anglaise et une intrigue beaucoup plus compréhensible que celle du roman initial.

Mais, c’était peut-être sa complexité qui était l’intérêt du roman. J’en ai gardé le souvenir d’une sorte de jeu aux règles infiniment subtiles entre intelligences exceptionnelles. La satisfaction de se savoir un champion à ce jeu, au fond, rendait secondaires les problèmes de la vie.