Quels mots cherchent-on le plus souvent dans le dictionnaire ?
Les plus compliqués !
Non. On n'emploie pas les mots compliqués, donc on ne cherche pas leur signification. Les définitions les plus consultées sont celles des mots modérément complexes, que l'on utilise un peu mais pas suffisamment pour être sûr de leur sens.
Cela illustre un de mes grands théorèmes : la vérité est évidente a posteriori.
Ce qui explique que nous trouvions les autres idiots. Soit ils en sont restés à la vérité a priori, soit c'est notre cas.
Ce qui explique aussi pourquoi, plus on est certifié intelligent, plus on a de chances d'être idiot : on se croit si fort, que l'on en reste à la vérité a priori.
mardi 5 février 2019
Aide à la personne et aide à la pierre
La spéculation immobilière est un mal mondial. Elle éjecte les pauvres des bassins d'emploi, elle les appauvrit, voire en fait des chômeurs. Mais le pauvre n'en a pas conscience.
Le problème vient de ce que l'on a transformé l'aide à la pierre, en aide à la personne, entend-on dire. Dans le premier cas, la collectivité construit des habitations et les loue. Dans le second, on donne de l'argent à une personne pour qu'elle finance un achat. Dans le premier cas, les loyers sont bas ; le second produit une bulle spéculative qui a pour effet pervers un appauvrissement de celui qui est aidé. Le phénomène que l'on observe aujourd'hui. Seulement, personne ne veut de la première solution. Je désire avoir ma maison, à moi.
Le gouvernement semble vouloir supprimer l'aide à la personne. Seulement, ce n'est pas le seul facteur spéculatif. Et il y a peut être des gens qui ont besoin d'aide.
Bonne solution ? Un mélange des deux ? Des zones hors marché, où certains sont subventionnés pour construire leur habitat. C'est, plus ou moins, la solution qu'avait trouvée le capitalisme paternaliste. Ainsi, il avait un personnel fidèle, et pas cher. Et ce serait encore le cas : les entreprises ont tout à gagner à ces mesures. Comme quoi, l'interventionnisme peut-être bon pour l'économie ?
(Ce que j'affirme concernant la capitalisme paternaliste est partiellement faux : il faisait de l'aide à la pierre, il construisait les maisons de ses ouvriers et de ses cadres. Mais il leur laissait des jardins, et possédait des maraichers, par exemple, ce qui faisait que l'employé jouissait d'une forme de liberté de choix et de droit de propriété. C'est, du moins, la pratique de la famille Lafarge, qui habitait près de chez moi.)
Le problème vient de ce que l'on a transformé l'aide à la pierre, en aide à la personne, entend-on dire. Dans le premier cas, la collectivité construit des habitations et les loue. Dans le second, on donne de l'argent à une personne pour qu'elle finance un achat. Dans le premier cas, les loyers sont bas ; le second produit une bulle spéculative qui a pour effet pervers un appauvrissement de celui qui est aidé. Le phénomène que l'on observe aujourd'hui. Seulement, personne ne veut de la première solution. Je désire avoir ma maison, à moi.
Le gouvernement semble vouloir supprimer l'aide à la personne. Seulement, ce n'est pas le seul facteur spéculatif. Et il y a peut être des gens qui ont besoin d'aide.
Bonne solution ? Un mélange des deux ? Des zones hors marché, où certains sont subventionnés pour construire leur habitat. C'est, plus ou moins, la solution qu'avait trouvée le capitalisme paternaliste. Ainsi, il avait un personnel fidèle, et pas cher. Et ce serait encore le cas : les entreprises ont tout à gagner à ces mesures. Comme quoi, l'interventionnisme peut-être bon pour l'économie ?
(Ce que j'affirme concernant la capitalisme paternaliste est partiellement faux : il faisait de l'aide à la pierre, il construisait les maisons de ses ouvriers et de ses cadres. Mais il leur laissait des jardins, et possédait des maraichers, par exemple, ce qui faisait que l'employé jouissait d'une forme de liberté de choix et de droit de propriété. C'est, du moins, la pratique de la famille Lafarge, qui habitait près de chez moi.)
lundi 4 février 2019
Affaire Benalla
Paresse intellectuelle. Je n'avais pas envie de m'intéresser à l'affaire Benalla. Pour moi cela allait de soi : la presse et l'opposition montent en épingle une affaire banale, dans leurs milieux.
J'ai fini par lire ce que l'on en disait. Ce qui confirme en partie ce que je pensais. Alexandre Benalla a par beaucoup de côtés un profil idéal. Certes, il a des parents enseignants, et possède une licence de droit, mais, pour le reste, c'est le type même d'homme qui réussit sans diplôme. L'entrepreneur. Alors qu'il n'a pas vingt ans, il est déjà aux côtés de Martine Aubry, dans son service d'ordre. Une fois que l'on a de telles relations, les biens de l'Etat sont à vous. Il a atteint le sommet sans avoir eu besoin de faire les grandes écoles et les cabinets ministériels. Et on en voit l'intérêt : il a été bombardé lieutenant-colonel de la gendarmerie alors qu'il n'a pas 27 ans ! Cet homme, c'est un Julien Sorel qui ferait aussi bien que Napoléon.
Pourquoi a-t-il matraqué du manifestant, alors qu'il aurait pu s'enrichir tranquillement ? M.Macron doit être triste. Il va devoir vivre entouré d'énarques. Ils sont mortels, mais, au moins, ils savent se tenir.
J'ai fini par lire ce que l'on en disait. Ce qui confirme en partie ce que je pensais. Alexandre Benalla a par beaucoup de côtés un profil idéal. Certes, il a des parents enseignants, et possède une licence de droit, mais, pour le reste, c'est le type même d'homme qui réussit sans diplôme. L'entrepreneur. Alors qu'il n'a pas vingt ans, il est déjà aux côtés de Martine Aubry, dans son service d'ordre. Une fois que l'on a de telles relations, les biens de l'Etat sont à vous. Il a atteint le sommet sans avoir eu besoin de faire les grandes écoles et les cabinets ministériels. Et on en voit l'intérêt : il a été bombardé lieutenant-colonel de la gendarmerie alors qu'il n'a pas 27 ans ! Cet homme, c'est un Julien Sorel qui ferait aussi bien que Napoléon.
Pourquoi a-t-il matraqué du manifestant, alors qu'il aurait pu s'enrichir tranquillement ? M.Macron doit être triste. Il va devoir vivre entouré d'énarques. Ils sont mortels, mais, au moins, ils savent se tenir.
L'âge du cuistre
Scott Fitzgerald avait appelé son époque "Jazz age". La nôtre ne serait-elle pas l'âge du cuistre ?
"Genré", "travailleur du sexe", "dictionnaire amoureux", "pages arrachées", "regards croisés", "sous les doigts de" (pour parler d'un pianiste)...
Je pense que les "à très vite", "belle année", "chef étoilé" appartiennent à une autre catégorie. La première liste est produite par la classe des intellectuels patentés, la seconde par celle de ceux qui veulent passer pour tels ?
La France s'est enorgueillie de ses hommes de lettres. Etrangement, elle semble avoir formé une élite inculte.
"Genré", "travailleur du sexe", "dictionnaire amoureux", "pages arrachées", "regards croisés", "sous les doigts de" (pour parler d'un pianiste)...
Je pense que les "à très vite", "belle année", "chef étoilé" appartiennent à une autre catégorie. La première liste est produite par la classe des intellectuels patentés, la seconde par celle de ceux qui veulent passer pour tels ?
La France s'est enorgueillie de ses hommes de lettres. Etrangement, elle semble avoir formé une élite inculte.
dimanche 3 février 2019
Location d'appartement et économie comportementale
AirBnB chasse le pauvre des villes, entend-on dire. Il se trouve que j'ai fait une mission dans le monde de la location d'appartements, il y a quelques années, et que j'en ai tiré une vision de la question un peu plus nuancée.
En lisant une revue de mon assureur, je vois que dans un cas sur deux, un propriétaire a des difficultés avec son locataire (assurez-vous !) : diantre. Effectivement, dans mon cercle étroit, j'entends des histoires horribles de dégradation d'appartements, et même d'escroquerie organisée, et même d'agent immobilier ne reversant plus les loyers qu'il perçoit (on gère mal son argent dans ce métier ?). Il y a des gens qui s'en sortent très bien, parmi ceux que je côtoie. Mais ils ont fait de la location un métier, quasiment.
En fait, il n'y a pas de bons propriétaires et de mauvais locataires. Les locataires souffrent aussi, sérieusement. J'en déduis qu'il y a une culture de la location, et qu'elle est sauvage. Je m'y ferais plumer.
Si l'on déduit les impôts et les coûts de remise en état des appartements des loyers, le rendement du capital investi est très faible. Eh oui, ce qui détermine le prix du loyer, ce n'est pas tant AirBnB que la spéculation immobilière, qui augmente le prix des biens. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas louer ? C'est là où la location de courte durée (AirBnB n'est qu'une des solutions possibles) entre en jeu. Car, non seulement elle peut rapporter plus qu'une location normale, mais elle est associée à une remise en état permanente des locaux.
Apparemment, la mairie de Paris s'en est pris aux loueurs de courte durée (hors AirBnB). Je doute que ce soit la bonne façon de faire pour réduire le prix de la location à Paris.
En lisant une revue de mon assureur, je vois que dans un cas sur deux, un propriétaire a des difficultés avec son locataire (assurez-vous !) : diantre. Effectivement, dans mon cercle étroit, j'entends des histoires horribles de dégradation d'appartements, et même d'escroquerie organisée, et même d'agent immobilier ne reversant plus les loyers qu'il perçoit (on gère mal son argent dans ce métier ?). Il y a des gens qui s'en sortent très bien, parmi ceux que je côtoie. Mais ils ont fait de la location un métier, quasiment.
En fait, il n'y a pas de bons propriétaires et de mauvais locataires. Les locataires souffrent aussi, sérieusement. J'en déduis qu'il y a une culture de la location, et qu'elle est sauvage. Je m'y ferais plumer.
Si l'on déduit les impôts et les coûts de remise en état des appartements des loyers, le rendement du capital investi est très faible. Eh oui, ce qui détermine le prix du loyer, ce n'est pas tant AirBnB que la spéculation immobilière, qui augmente le prix des biens. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas louer ? C'est là où la location de courte durée (AirBnB n'est qu'une des solutions possibles) entre en jeu. Car, non seulement elle peut rapporter plus qu'une location normale, mais elle est associée à une remise en état permanente des locaux.
Apparemment, la mairie de Paris s'en est pris aux loueurs de courte durée (hors AirBnB). Je doute que ce soit la bonne façon de faire pour réduire le prix de la location à Paris.
Le Talisman ou le changement en peinture
| https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Serusier_-_the_talisman.JPG |
J'ai l'impression qu'il y a eu un moment où le changement est entré dans l'art. Ce n'était plus ce qui était représenté qui comptait, mais la façon de le représenter. Je ne sais pas ce que cherchaient les artistes, mais ils semblent s'être épuisés, sans le trouver. Au moins, aurons-nous eu droit à un feu d'artifice ?
samedi 2 février 2019
Les critères psychologiques de la stagnation économique
Je fais un tour des clubs de dirigeants. Eh bien, si le gouvernement s'attend à ce qu'ils embauchent, il en sera pour ses frais.
Le dirigeant français, quand il n'est pas en difficulté, est très satisfait de soi. Il a bon coeur généralement. Il s'intéresse à l'entreprise libérée. Il entend par là une entreprise "à taille humaine", où tous se connaissent. La croissance pour la croissance, ce n'est pas pour lui.
Cela me surprend d'autant plus que des patrons chrétiens me tiennent ces propos. (Mais il n'y a que les athées qui croient aux valeurs chrétiennes.) Car cela, c'est de l'égoïsme pur et simple.
Car, le patron à des responsabilités vis-à-vis de la société. Si le patron de PME embauchait, il n'y aurait plus de Gilets jaunes et de Jihadistes, de peur de l'IA, et de dette de la France... Et il libérerait son entreprise, sans pour autant vendre son âme au capitalisme. En effet, l'entreprise libérée, c'est un projet qui met en mouvement un groupe humain. C'est la parabole du talent en action.
Le dirigeant français, quand il n'est pas en difficulté, est très satisfait de soi. Il a bon coeur généralement. Il s'intéresse à l'entreprise libérée. Il entend par là une entreprise "à taille humaine", où tous se connaissent. La croissance pour la croissance, ce n'est pas pour lui.
Cela me surprend d'autant plus que des patrons chrétiens me tiennent ces propos. (Mais il n'y a que les athées qui croient aux valeurs chrétiennes.) Car cela, c'est de l'égoïsme pur et simple.
Car, le patron à des responsabilités vis-à-vis de la société. Si le patron de PME embauchait, il n'y aurait plus de Gilets jaunes et de Jihadistes, de peur de l'IA, et de dette de la France... Et il libérerait son entreprise, sans pour autant vendre son âme au capitalisme. En effet, l'entreprise libérée, c'est un projet qui met en mouvement un groupe humain. C'est la parabole du talent en action.
Respect et société
Un importun sonne à votre porte. Il vous propose des services dont vous ne voulez pas. Vous faites une triste mine, mais vous le traitez avec urbanité. Vous le remerciez même. Lois de la politesse obligent. Vous êtes gêné, et lui vexé, car il sent que vous le considérez en sous-homme. Il en profite pour vous faire entrer dans une discussion compliquée, dont vous ne pouvez pas vous tirer, sans être impoli. Cercle vicieux.
Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous ne le traitez pas comme il le mérite, comme un être humain, avec respect. La politesse, c'est mécanique, cela ne fait pas fonctionner le libre arbitre. Considérer quelqu'un avec respect, demande de l'écouter et de lui expliquer pourquoi vous ne retenez pas sa proposition. Et que vous n'allez pas lui prendre plus de temps.
Il y a deux intérêts à rencontrer quelqu'un. Cela nous force à réfléchir à ce que nous devons lui dire, et à ses raisons. Cela nous permet de nous découvrir. Aussi, cela permet de le découvrir, et peut-être de réaliser quelque chose que l'on ne pouvait faire seul.
Curieusement, la société fait de nous des robots. Elle nous donne des règles de comportement. Elle nous rend paresseux du cerveau. Le psychologue Robert Cialdini en fait le principe de toute manipulation. On est toujours puni par là où on a pêché ?
Qu'est-ce qui ne va pas ? Vous ne le traitez pas comme il le mérite, comme un être humain, avec respect. La politesse, c'est mécanique, cela ne fait pas fonctionner le libre arbitre. Considérer quelqu'un avec respect, demande de l'écouter et de lui expliquer pourquoi vous ne retenez pas sa proposition. Et que vous n'allez pas lui prendre plus de temps.
Il y a deux intérêts à rencontrer quelqu'un. Cela nous force à réfléchir à ce que nous devons lui dire, et à ses raisons. Cela nous permet de nous découvrir. Aussi, cela permet de le découvrir, et peut-être de réaliser quelque chose que l'on ne pouvait faire seul.
Curieusement, la société fait de nous des robots. Elle nous donne des règles de comportement. Elle nous rend paresseux du cerveau. Le psychologue Robert Cialdini en fait le principe de toute manipulation. On est toujours puni par là où on a pêché ?
vendredi 1 février 2019
L'Allemagne exploite la misère du monde ?
L'Allemagne telle qu'on ne la connaît pas. Son miracle semble menacé. Menacé parce qu'il est fondé sur la misère du monde ? Elle a besoin d'une immigration massive extra européenne, donc des malheurs de la Syrie notamment, elle profite à fond des bas salaires des pays est européens, et "1 actif sur 8 - soit 4 millions de personnes - vivent dans la précarité des petits boulots depuis des années et manquent de protection sociale".
La menace vient de la croissance explosive des prix de l'immobilier, non compensée par l'augmentation des salaires, du tournant anti-démocratique de l'Europe de l'Est combiné à l'influence chinoise grandissante, et du rejet croissant des immigrés par les natifs. (Article.)
Faillite d'une politique que l'on nous donne en exemple ?
La menace vient de la croissance explosive des prix de l'immobilier, non compensée par l'augmentation des salaires, du tournant anti-démocratique de l'Europe de l'Est combiné à l'influence chinoise grandissante, et du rejet croissant des immigrés par les natifs. (Article.)
Faillite d'une politique que l'on nous donne en exemple ?
Libre circulation, principes, effets pervers et pragmatisme
France Culture discutait de libre circulation, au sein de l'UE. Est-elle menacée ? Je n'avais jamais réfléchi au sujet. Je l'associais aux échanges d'étudiants et à l'accueil par les USA des victimes du nazisme. Mais j'ai toujours tort.
La libre circulation : une question de droits de l'homme ?
Derrière la libre circulation "moderne" se cache la main invisible de l'économie. En effet, la libre circulation fluidifie l'offre et la demande d'emplois. C'est peut-être cela qui est la raison numéro un de cette mesure. Pas du tout une question de droits de l'homme.
Mais, cela n'a-t-il pas des conséquences imprévues ? Un interviewé se félicitait de ce que cela avait permis aux Espagnols, en particulier, de trouver facilement du travail hors de chez eux. Mais, me suis-je demandé, cela ne tend-il pas à dégager la responsabilité des gouvernements en termes de chômage et de saine gestion de l'économie ? Une amie espagnole me disait que les Espagnols n'étaient guère heureux de devoir quitter leur pays, du fait du scandale spéculatif espagnol. (Ceux qui en ont été responsables on-ils été inquiétés ?) J'ai entendu la même chose au sujet de l'Irlande.
Autre effet pervers : les médecins roumains remplissent le "désert médical français", qui me semble lié à une limitation artificielle introduite par la profession. Les pays pauvres se font déposséder de compétences qui leur sont nécessaires. (Mais dans certains cas, il y aurait des effets positifs, disait l'émission. Je n'ai pas saisi l'argument, qui semblait compliqué.)
L'immigration : raisons et rites
L'émigration n'a apparemment pas que des raisons économiques. Mais l'émission n'a pas précisé lesquelles. Peut-être cela vient-il de ce que, pour certains, l'émigration est un rite culturel. En effet, contrairement à ce que prétendent les théories économiques, l'émigration emprunte des voies préalablement tracées. Par exemple, un pays va émigrer toujours vers le même pays. La circulation se fait généralement par étapes. Les nations hors UE émigrent vers les pays les plus accueillants (Portugal et Espagne), avant d'aller vers l'Angleterre, l'Allemagne et la France, les destinations préférées. Cela produit de curieux flux. Les Polonais sont partis, en masse, en Angleterre. Ils auraient été remplacés par des Ukrainiens...
De l'art de bien légiférer ?
Finalement, l'UE mettrait au point un système qui permettrait de maintenir le principe de libre circulation, en atténuant ses effets pervers : une sorte de système de réassurance des systèmes d'indemnisation du chômage locaux. Cela pourrait éviter des mouvements migratoires trop violents. Sans un peu de pragmatisme, les plus beaux principes se retournent contre leurs intentions ?
La libre circulation : une question de droits de l'homme ?
Derrière la libre circulation "moderne" se cache la main invisible de l'économie. En effet, la libre circulation fluidifie l'offre et la demande d'emplois. C'est peut-être cela qui est la raison numéro un de cette mesure. Pas du tout une question de droits de l'homme.
Mais, cela n'a-t-il pas des conséquences imprévues ? Un interviewé se félicitait de ce que cela avait permis aux Espagnols, en particulier, de trouver facilement du travail hors de chez eux. Mais, me suis-je demandé, cela ne tend-il pas à dégager la responsabilité des gouvernements en termes de chômage et de saine gestion de l'économie ? Une amie espagnole me disait que les Espagnols n'étaient guère heureux de devoir quitter leur pays, du fait du scandale spéculatif espagnol. (Ceux qui en ont été responsables on-ils été inquiétés ?) J'ai entendu la même chose au sujet de l'Irlande.
Autre effet pervers : les médecins roumains remplissent le "désert médical français", qui me semble lié à une limitation artificielle introduite par la profession. Les pays pauvres se font déposséder de compétences qui leur sont nécessaires. (Mais dans certains cas, il y aurait des effets positifs, disait l'émission. Je n'ai pas saisi l'argument, qui semblait compliqué.)
L'immigration : raisons et rites
L'émigration n'a apparemment pas que des raisons économiques. Mais l'émission n'a pas précisé lesquelles. Peut-être cela vient-il de ce que, pour certains, l'émigration est un rite culturel. En effet, contrairement à ce que prétendent les théories économiques, l'émigration emprunte des voies préalablement tracées. Par exemple, un pays va émigrer toujours vers le même pays. La circulation se fait généralement par étapes. Les nations hors UE émigrent vers les pays les plus accueillants (Portugal et Espagne), avant d'aller vers l'Angleterre, l'Allemagne et la France, les destinations préférées. Cela produit de curieux flux. Les Polonais sont partis, en masse, en Angleterre. Ils auraient été remplacés par des Ukrainiens...
De l'art de bien légiférer ?
Finalement, l'UE mettrait au point un système qui permettrait de maintenir le principe de libre circulation, en atténuant ses effets pervers : une sorte de système de réassurance des systèmes d'indemnisation du chômage locaux. Cela pourrait éviter des mouvements migratoires trop violents. Sans un peu de pragmatisme, les plus beaux principes se retournent contre leurs intentions ?
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