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dimanche 4 avril 2021

Evaluation des politiques publiques

La France fait penser à un asile de fou. Chaque nouvel homme politique démolit ce que le précédent a fait. Ce pourrait être amusant, s'il n'y avait pas, au bas de la pyramide, des gens qui essaient de servir l'intérêt général, dont le travail est ruiné par cette inconstance. Incurie dont le citoyen paie les conséquences au prix fort.

Je découvre, grâce à France Stratégie, qu'il y aurait des dispositifs très sérieux, très scientifiques, d'évaluation des politiques publiques ; qu'ils semblent obligatoires (une loi de 2009) ; qu'ils doivent être prévus avant toute décision, et même que l'on suggère à l'auteur de la dite décision de faire une étude préliminaire afin de savoir si l'on n'a pas déjà une idée des résultats qu'il va obtenir. En outre tout cela serait accompagné par des services (par exemple "l'agence d'innovation comportementale") capables d'analyser le changement sous l'angle du comportement humain. C'est ainsi que l'on a découvert que si l'on voulait éviter que la population se chauffe au bois (un tiers des émissions de particules fines), à seul but récréatif, il suffit de lui montrer que cela nuit à sa santé, en installant des analyseurs locaux. 

Décidément, nous sommes un drôle de pays. Il y a chez nous des tas de gens qui font des tas de choses remarquables, mais rien n'est coordonné ! 

mardi 16 mars 2021

Médecine de marché

France Culture n'arrête pas de s'interroger sur la déroute de la recherche médicale française. Mais, est-elle surprenante ? C'est le privé qui produit le médicament et il recherche ce qui rapporte le plus, apparemment des traitements de certains cancers, dans le cadre d'une médecine individualisée. Le vaccin intéresse peu, en conséquence.

Les vaccins viennent en grande partie de start up, mais c'est une gigantesque injection de fonds publics qui leur a permis d'accélérer mise au point et production. D'ailleurs, ces start up aussi semblaient avoir pour cible initiale le cancer !

On a dit un temps que le marché était la rationalité ultime. Mais, la recherche en "économie comportementale" observe le contraire : il y a même quelque-chose d'aléatoire dans les choix du marché. 

Certes, il est manipulable, par la spéculation, comme on le voit actuellement avec GameStop, mais la spéculation n'est pas un art exact, et elle donne rarement ce que l'on en attend (GameStop est une spéculation contre des spéculateurs, qui eux-mêmes trouvent qu'il y a quelque-chose de malsain dans un cours boursier !). 

Cette envie permanente de le manipuler, et le profit que l'on peut en tirer, serait-il ce qui le rend imprévisible et extraordinairement dangereux, en particulier pour des nations de second ordre comme la nôtre, dirigées par des apprentis sorciers ?

samedi 4 mai 2019

La société de la post vérité

Que M.Trump ait inventé la post vérité est une post vérité.

Car la post vérité est partout, depuis longtemps. Elle n'a pas attendu M.Trump. L'Eglise a-t-elle dit tout ce qu'elle savait sur ce que l'homosexualité provoquait chez elle ? Dites vous toute la vérité à vos enfants ? Le gouvernement nous dit-il toute la vérité ? Si vous apprenez quelque-chose qui peut nuire à l'entreprise qui vous emploie, le direz-vous ? "Vous avez le droit de garder le silence" répète le feuilleton américain. La post vérité est faite de pieuses, et parfois légales, omissions.

Elle a une explication : on estime qu'il y a des "valeurs", qui méritent qu'on leur sacrifie la vérité. A commencer par soi. La vérité pourrait nous nuire définitivement, alors que nous avons beaucoup de choses à apporter à la société.

Mais il n'est pas certain que ce soit la meilleure façon de servir les dites valeurs. En  effet, la post vérité génère la "vérité alternative". A partir du moment où la vérité n'en est plus une, on peut en inventer une autre. Et elle pourra d'autant moins être contredite que, pour ce faire, il faut dire la vérité, donc révéler ses omissions. Et une affirmation qui n'est pas contredite, n'est-ce pas une vérité ?

mardi 5 février 2019

Aide à la personne et aide à la pierre

La spéculation immobilière est un mal mondial. Elle éjecte les pauvres des bassins d'emploi, elle les appauvrit, voire en fait des chômeurs. Mais le pauvre n'en a pas conscience.

Le problème vient de ce que l'on a transformé l'aide à la pierre, en aide à la personne, entend-on dire. Dans le premier cas, la collectivité construit des habitations et les loue. Dans le second, on donne de l'argent à une personne pour qu'elle finance un achat. Dans le premier cas, les loyers sont bas ; le second produit une bulle spéculative qui a pour effet pervers un appauvrissement de celui qui est aidé. Le phénomène que l'on observe aujourd'hui. Seulement, personne ne veut de la première solution. Je désire avoir ma maison, à moi.

Le gouvernement semble vouloir supprimer l'aide à la personne. Seulement, ce n'est pas le seul facteur spéculatif. Et il y a peut être des gens qui ont besoin d'aide.

Bonne solution ? Un mélange des deux ? Des zones hors marché, où certains sont subventionnés pour construire leur habitat. C'est, plus ou moins, la solution qu'avait trouvée le capitalisme paternaliste. Ainsi, il avait un personnel fidèle, et pas cher. Et ce serait encore le cas : les entreprises ont tout à gagner à ces mesures. Comme quoi, l'interventionnisme peut-être bon pour l'économie ?

(Ce que j'affirme concernant la capitalisme paternaliste est partiellement faux : il faisait de l'aide à la pierre, il construisait les maisons de ses ouvriers et de ses cadres. Mais il leur laissait des jardins, et possédait des maraichers, par exemple, ce qui faisait que l'employé jouissait d'une forme de liberté de choix et de droit de propriété. C'est, du moins, la pratique de la famille Lafarge, qui habitait près de chez moi.)

dimanche 3 février 2019

Location d'appartement et économie comportementale

AirBnB chasse le pauvre des villes, entend-on dire. Il se trouve que j'ai fait une mission dans le monde de la location d'appartements, il y a quelques années, et que j'en ai tiré une vision de la question un peu plus nuancée.

En lisant une revue de mon assureur, je vois que dans un cas sur deux, un propriétaire a des difficultés avec son locataire (assurez-vous !) : diantre. Effectivement, dans mon cercle étroit, j'entends des histoires horribles de dégradation d'appartements, et même d'escroquerie organisée, et même d'agent immobilier ne reversant plus les loyers qu'il perçoit (on gère mal son argent dans ce métier ?). Il y a des gens qui s'en sortent très bien, parmi ceux que je côtoie. Mais ils ont fait de la location un métier, quasiment.

En fait, il n'y a pas de bons propriétaires et de mauvais locataires. Les locataires souffrent aussi, sérieusement. J'en déduis qu'il y a une culture de la location, et qu'elle est sauvage. Je m'y ferais plumer.

Si l'on déduit les impôts et les coûts de remise en état des appartements des loyers, le rendement du capital investi est très faible. Eh oui, ce qui détermine le prix du loyer, ce n'est pas tant AirBnB que la spéculation immobilière, qui augmente le prix des biens. Dans ces conditions, mieux vaut ne pas louer ? C'est là où la location de courte durée (AirBnB n'est qu'une des solutions possibles) entre en jeu. Car, non seulement elle peut rapporter plus qu'une location normale, mais elle est associée à une remise en état permanente des locaux.

Apparemment, la mairie de Paris s'en est pris aux loueurs de courte durée (hors AirBnB). Je doute que ce soit la bonne façon de faire pour réduire le prix de la location à Paris.

samedi 2 février 2019

Les critères psychologiques de la stagnation économique

Je fais un tour des clubs de dirigeants. Eh bien, si le gouvernement s'attend à ce qu'ils embauchent, il en sera pour ses frais.

Le dirigeant français, quand il n'est pas en difficulté, est très satisfait de soi. Il a bon coeur généralement. Il s'intéresse à l'entreprise libérée. Il entend par là une entreprise "à taille humaine", où tous se connaissent. La croissance pour la croissance, ce n'est pas pour lui.

Cela me surprend d'autant plus que des patrons chrétiens me tiennent ces propos. (Mais il n'y a que les athées qui croient aux valeurs chrétiennes.) Car cela, c'est de l'égoïsme pur et simple.

Car, le patron à des responsabilités vis-à-vis de la société. Si le patron de PME embauchait, il n'y aurait plus de Gilets jaunes et de Jihadistes, de peur de l'IA, et de dette de la France... Et il libérerait son entreprise, sans pour autant vendre son âme au capitalisme. En effet, l'entreprise libérée, c'est un projet qui met en mouvement un groupe humain. C'est la parabole du talent en action.

lundi 31 décembre 2018

Suivez votre intérêt, vous ferez le mien

Comment se fait-il que l'on se fasse aussi facilement manipuler ? se demandait un ami.

Le sujet est étudié par l'économie comportementale. Si quelqu'un en appelle à votre raison, c'est qu'il veut vous arnaquer. L'homme est "irrationnel". Pour en faire ce que vous voulez, il faut habilement lui présenter les choses. C'est le "nudge" (donner un coup de pouce) des sciences économiques.

Un exemple ? "L'effet Kant". Prenons des décisions que nous aimerions universelles, suggère Kant. A l'envers, ce qui nous est individuellement favorable, généralisé ne l'est pas toujours. Ainsi, le Français est attaché à l'héritage, seulement si l'Etat prenait tout à tout le monde et le redistribuait, l'immensité de la population s'en porterait bien mieux ; 68 : le renard libre dans un poulailler libre ; Goldman Sachs a expliqué que s'il vendait des produits financiers nocifs, c'est que le marché voulait en acheter ; et les réformes de l'Education nationale ?... Bref, suivez votre intérêt, vous ferez le mien.

La main invisible de Kant se cacherait-elle derrière des décennies de réformes, l'amour de notre société pour le "marché" et la démocratie, et, en résultat, les "0,1%" ? Si tu écrivais un livre sur le sujet, je l'achèterai, m'a dit mon ami.

mardi 20 février 2018

Nudge

Je disais à une juriste que la législation peut être contre productive. Elle s'en étonnait.

C’est le problème de la France, depuis toujours. Particulièrement en ce moment. Le gouvernement essaie de simplifier la législation parce qu’elle étrangle la nation (le code du travail, par exemple, est devenu monstrueux). On a parlé de « choc de simplification ». En France on « gouverne par ordonnance ». Déjà Aristote en parlait dans ses « Politiques » : il vaut mieux une législation imparfaite comprise et appliquée qu’une législation parfaite que personne ne suit.

Il y a eu prise de conscience mondiale à ce sujet. L’économie comportementale en est peut être le nom. En s’intéressant à la mise en oeuvre des idées politiques, par exemple, on a découvert qu’elles ne marchaient pas (cf. mon billet sur Poor Economics). Commençons par comprendre les réflexes collectifs (la « culture » des anthropologues), et, ensuite, formulons la mesure d’une façon à avoir l'effet voulu. Voilà ce que l'on appelle « nudge » en anglais (« donner un coup de pouce », probablement).

Un exemple ? J'ai mené une étude de marché pour un financeur d’acquisitions de poids lourds. J’ai remarqué que si je disais qu’il vendait des « crédits avec assurance » personne n’était intéressé, « parce qu’il n’était pas un assureur » ; alors que si je disais « il vend des prêts coup dur », j’avais 100% d’intérêt : « vous êtes du métier ». Or, ce sont deux formulations de la même chose.

(En ces temps, cela me paraissait évident. Je n'avais pas compris que j'aurais pu gagner le prix Nobel. Défaut de rationalité.)

vendredi 26 janvier 2018

Prix Nobel

Il y a quelques temps Richard Thaler a obtenu le prix Nobel. Il est l'inventeur de l'économie comportementale. En gros, il explique que l'économie qui vaut des prix Nobel est fondée sur des bases fausses, et que l'expérience quotidienne a raison. La société a des raisons que la raison ne comprend pas.

Les Lumières ont pensé que la raison pouvait diriger le monde. Il en a résulté des désastres. En fait, la raison n'est qu'un outil. Il faut apprendre à la piloter. Le prix Nobel ne dit peut-être pas qu'une personne est intelligente, mais qu'elle a fait un pas pour adapter la raison à la réalité ?

samedi 8 avril 2017

Subvention

Il y a sept ou huit ans, j'ai rencontré une entreprise en difficulté. Depuis qu'elle n'était plus éligible au JEI (avantages accordés aux "Jeunes Entreprises Innovantes"). En essayant de comprendre ce qui n'allait pas, j'ai eu une surprise. Elle avait de très beaux clients, qui l'adoraient. Mais elle ne répondait pas aux appels d'offres ! Son dirigeant n'en avait pas le temps. Pourquoi n'avait-il pas délégué ce travail à ses responsables d'unité ?  Tout était en place pour. On n'était pas passé à l'action. Il suffisait d'une décision, rien de plus. Aujourd'hui la valeur de l'entreprise est multipliée par 5, eau moins. 

Je constate que le crédit impôt apporte beaucoup d'argent à beaucoup d'entreprises. Souvent, il n'alimente pas la recherche, mais la trésorerie. Je soupçonne que le gouvernement le sait. Cet argent sert à payer des salaires, et réduit le nombre de chômeurs. Mais n'est-ce pas contreproductif ? L'entreprise n'embaucherait-elle pas plus, si elle n'était pas subventionnée ?

L'efficacité de la subvention est une question d'esprit national, me semble-t-il. Aux USA, où chacun rêve de son instant de gloire et de fortune, la subvention est un accélérateur. En France, où l'on n'est bon que dans l'adversité, la subvention est un anesthésiant ?

dimanche 4 octobre 2015

Drahi ou la roche tarpéienne ?

Trente milliards de dettes. C'est ce qu'avait, il y a quelques temps, M.Drahi. (On en serait maintenant à 42 milliards.) On approche le niveau qui fait s'inquiéter l'investisseur, me suis-je dit. Et, effectivement, peu de temps après je lisais que cela semblait le cas

Alors, M.Drahi, la roche tarpéienne est proche du Capitole ? Morale simpliste. Le plus intéressant dans cette histoire est ce que cela révèle de la nature humaine. Le bon investisseur sent quand il ne faut pas aller trop loin, me disait un trader. Quand la bulle spéculative est sur le point d'éclater, c'est là que le métier devient excitant !

Pourquoi les bulles éclatent-elles ? Un phénomène mystérieux, irrationnel, "la représentation collective", fait que, brutalement, l'investisseur prend peur. Le bon trader est un fin psychologue. 

(Quant à M.Drahi, les gens qui lui ressemblent pensent la plupart du temps pouvoir marcher sur l'eau. Ils croient à ce qu'ils disent. C'est ce qui les rend convaincants. Au moins pour le menu fretin de la spéculation. Sont-ils les idiots utiles des grands requins ?)

dimanche 26 juillet 2015

Représentation collective et changement

La "représentation collective" est la grande découverte de l'économie. C'est la "capacité à imputer des croyances et des représentations à des entités", comme "le marché", par exemple. (Voir aussi, ici.)

C'est ainsi que tout trader peut penser que l'euro doit grimper, mais être convaincu que "le marché" en a décidé autrement, et donc agir en fonction. Ce qui produit une prédiction auto-réalisatrice. 

Le phénomène me semble lié au changement. J'ai observé que le changement se fait lorsque chaque membre d'un groupe découvre que "les autres" (entité collective souvent malveillante !), contrairement à ce qu'il croyait, pensent comme lui.

Ce qui m'a fait m'interroger :
  1. Votons nous en fonction de nos choix, ou en fonction de celui "des autres" ? (Pas forcément pour faire comme eux, mais pour obtenir ce que nous voulons, compte-tenu de leur choix ?)
  2. Tout le travail des lobbys, n'est-il pas de nous faire croire que "les autres" pensent quelque-chose ? 
  3. Ce phénomène de croyance collective n'est-il pas amplifié par l'individualisme, "l'économie de marché", qui fait que l'influence de la société est réduite... ? Le marché aurait-il l'effet inverse de celui qu'annoncent ses théoriciens : loin de créer les conditions de la liberté individuelle, il encouragerait le panurgisme ? 
(1 ou / et 2 expliqueraient-ils le fait que les sondages annoncent, partout en Europe, la victoire d'un extrémisme qui ne se manifeste pas le jour du vote ?)

dimanche 10 mai 2015

L’intelligence artificielle va-t-elle remplacer l’homme ?

L’Intelligence artificielle était à la mode au début des années 80. Apparemment, elle reviendrait en force, et ferait peur à des penseurs éminents. Va-t-on remplacer l’homme par la machine ? « Ignorez la menace d’une prise de pouvoir des ordinateurs sur le monde, et vérifiez qu’ils ne sont pas en train de prendre votre emploi. » Il se trouve, justement, que le numérique s’en prend à la banque. C’est Fintech. Curieusement, c’est le régulateur qui est le meilleur allié de l’innovateur. En effet, il considère qu’il n’est pas porteur de risque systémique. S’il y a problème, c’est le prêteur qui paie les pots cassés. Du coup, l’innovateur peut espérer dépecer la banque par appartement. Et ne lui laisser que sa partie réglementée, devenue non rentable. D’où la question : que se passera-t-il en cas de crise ? Si Fintech survit, il aura un avenir. Peut-être au sein d’une banque. (En tout cas, cela semble signifier que le système financier devient beaucoup plus risqué. Ce qui pourrait l’amener à se contracter ?)

La France regroupe ses régions. Cela correspondrait plus à une rationalité stratégique qu’économique (la fusion n’entraînera pas de synergies mais probablement de gros surcoûts). M.Renzi réforme. Il va de succès en succès. Mais, serait-il en train de construire une dictature ? La doctrine économique allemande est l’ordolibéralisme. Le marché doit être encadré par des lois morales, inspirées de la gestion vertueuse d’un foyer. Dangereux ? « Presque partout, Syriza a obtenu le contraire de ce qu’il a promis. Il a juré de mettre un terme à la dépression grecque. La croissance s’est arrêtée. Il a promis d’arrêter les politiques d’austérité en Europe. Il a servi la cause des avocats de la rigueur au-delà des espoirs les plus fous de l’Allemagne. Il a promis de se débarrasser des mauvaises habitudes des partis traditionnels, il semble en fait, s’en être emparé. » Changements au Moyen-Orient. La levée de l’embargo américain sur l’Iran bouscule l’équilibre local. Les pays du Golfe demandent l’aide des USA. Aux USA, ceux qui refusent le mariage pour tous pour raison religieuse font l’objet de mesures de rétorsion de la part de la justice.

Numérique : les gros vont probablement manger les (relativement) petits. L’industrie américaine est touchée par la baisse du dollar. Elle pourrait devoir délocaliser. L’Europe essaie de construire un marché unique du numérique, mais ses dysfonctionnements endémiques devraient tuer ses velléités. Y compris celles qui consistent à s’en prendre aux entreprises américaines. 

Désormais, c’est le client pauvre qui fait, gratuitement, le travail de l’entreprise. Elle a peut-être poussé le bouchon un peu loin. Cela supprime des emplois, et cela la coupe du contact avec le marché qui est nécessaire pour le connaître. L’économie comportementale gagne du terrain. On a trouvé des applications à la manipulation des comportements humains en micro économie. Mais pas encore en macroéconomie. Le rendement des obligations européennes augmente. Ça ne devrait pas durer. Le vieillissement ne produit pas nécessairement la déflation.

On arrive à raccrocher le changement climatique à la météo. Il provoquerait une très nette probabilité d’augmentation « d’événements extrêmes », comme les vagues de chaleur, mais pas les tempêtes. Les canons électriques gagnent la marine : maintenant que le navire est électrifié, on a un moyen économique de bombarder. 

mercredi 10 décembre 2014

Economie comportementale au secours du pauvre

The Economist parle de l'économie comportementale. Son objet est de comprendre "comment on prend des décisions et comment elles peuvent être améliorées". 

Elle est parvenue à adopter une démarche scientifique (quantifiée) pour mesurer les effets de ce que l'économie classique appelle "irrationalité" et dit ne pas pouvoir exister. Non seulement elle existe, mais elle conduit à des résultats contre-intuitifs pour un économiste. (Et à la faillite de ses théories.)

En particulier, la pauvreté ne rendrait pas intelligent comme il le dit. Elle ne forcerait pas le pauvre à devenir un entrepreneur pour sauver sa peau. Les pauvres qui restent pauvres ne sont pas des paresseux. "Le pauvre a plus de chances que quelqu'un d'autre de prendre de mauvaises décisions économiques." La raison en est "que tout est contre lui". Il a si peu, qu'il ne peut pas se permettre l'erreur, elle le condamnerait définitivement. "Surtout, le pauvre manque de l'infrastructure institutionnelle qui, à l'Ouest, améliore les décisions."

En lisant ce texte, je me suis demandé si la précarité n'était pas la mère de toutes les crises. Plus l'homme a peur, moins il parvient à penser, et moins il est innovant.

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La Silicon Valley n'a pas commencé comme cela
"DorotheaLangeMigrantWorkersChildren" by Dorothea Lange - Farm Security Administration - Office of War Information Photograph Collection Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, DC LC-USF34- 016828-C. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons.