lundi 3 juin 2013
Tapie et le fonctionnement de l'Etat
Bernard Tapie est-il un révélateur des fonctionnements de notre élite gouvernante ? Bon plaisir du prince, d'abord, qui ignore les lois et crée celles qui lui conviennent ? Curieux sentiment d'impunité, comme si il pouvait faire ce qui lui convenait sans jamais devoir être inquiété ? Héritage d'un passé où l'élite était coupée de la réalité ou phénomène récent ? Et que dire de ceux qui entourent le prince et qui lui concoctent des dispositifs aussi bancals ? Et si leur ardeur à vouloir aller au devant de ses plaisirs couplée à leur incompétence était une forme de justice immanente ?
mercredi 16 janvier 2013
Changer la France, sans effort
samedi 22 septembre 2012
Systémique : un cours
Une particularité des systèmes est qu'ils changent à « effet de levier ». Appliqué au bon endroit, un effort infime les transforme du tout au tout. Vous pensiez avoir un royaume ou une dictature communiste, et vous vous retrouvez, sans coup férir, avec une République ou une anarchie libérale.
Chapitre 7 : conduite du changement
mardi 22 mai 2012
La France est-elle incapable de changer ?
Ces gens sont éminents. Mais ils ont tort. La France a changé ces dernières décennies. Elle est même méconnaissable. Et sans bain de sang.
mardi 17 janvier 2012
Le changement comme discours politique
- Édouard Balladur. Il veut créer une économie sur le modèle allemand. C'est-à-dire avec des interrelations capitalistiques entre entreprises, qui empêchent toute prise de participation inamicale (étrangère). Malheureusement l’entreprise française manque de fonds, et ce système de « noyaux durs » l’assèche un peu plus. Elle saisira la première occasion pour se libérer de ses liens et s’ouvrir en grand aux capitaux étrangers, sur le modèle américain. (Transformation de l'entreprise française)
- Martine Aubry. Pour éliminer le chômage, elle veut faire travailler le Français 35h, 10% de moins qu’auparavant. Pour la mise au point du dispositif, elle compte sur une négociation entre acteurs locaux. Malheureusement, ils n’y sont pas préparés. Les acteurs les plus puissants impriment leur marque à la mise en œuvre de la loi. (Le changement de l'économie française)
- Nicolas Sarkozy. 18 premiers mois de réformes. Nicolas Sarkozy attaque des « intérêts spéciaux » (grandes surfaces, taxis, syndicats, universités…). Tactique : les prendre de vitesse, et lâcher, en dernière minute, une concession qui leur permette de sauver la face. Résultat ? Ils résistent. Les délais donnés par notre président deviennent un piège. Les services de l’État, pour les tenir, cèdent aux exigences de ceux qu’ils devaient réformer. Mais ils leur demandent une concession, afin de sauver la face. (Les réformes ratées du président Sarkozy)
mardi 2 mars 2010
Thomas Legrand
Avant-hier, Thomas Legrand, chroniqueur de France Inter, parlait de son dernier livre. Selon lui N.Sarkozy serait un « Chirac en sueur » : un président qui s’agite mais fait peu.
C’est ce que disait déjà Les réformes ratées du président Sarkozy. Ce qui ne signifie pas d’ailleurs une totale innocuité de l’effort : Édouard Balladur observait dimanche sur France Culture que les déficits structurels de la France avaient une tendance naturelle, indépendante de la couleur du gouvernement, à empirer. (Voir aussi : L'étrange changement de M.Sarkozy.)
Le plus curieux peut-être est que l’image d’un Sarkozy efficace serait poussée par l’opposition, qui l’utiliserait pour faire peur à l’opinion publique.
Si c’est le cas, c’est franchement affligeant. À quand une opposition qui s’intéresse à nos problèmes et nous explique que nous devons voter pour elle parce qu’elle sait les résoudre mieux que le gouvernement ?
Compléments :
- Un peu plus sur le livre en question.
jeudi 2 juillet 2009
Emprunt national : le naufrage ?
Enfin un avocat de l’emprunt présidentiel. Édouard Balladur :
L’emprunt a de multiples dangers mais un atout : M.Balladur, lui-même, a fait un tel emprunt il y a 15 ans. Il a été massivement souscrit. C’était donc un succès. CQFD.
Or le problème est justement là : ce dont on a peur est que l'emprunt soit une excellente affaire, et qu'il appauvrisse le contribuable et la nation au profit d'une minorité de souscripteurs.
Recette balladurienne : je brade la propriété de la nation, on se l’arrache, c’est un succès ?
Attentat de Karachi
De la "fable" de l'attentat de Karachi, par Eva Joly s’interroge sur la logique des réformes gouvernementales à la lumière de l’enquête sur l’attentat de Karachi. Je vois à cet attentat un autre intérêt pédagogique :
Une thèse possible est qu’il a résulté du mécanisme suivant :
- Jacques Chirac coupe les versements de commissions occultes au gouvernement pakistanais, contreparties d’un contrat militaire. Ces commissions donnent lieu à des rétro commissions qui alimentent la campagne d’Edouard Balladur. Subtil.
- Conséquence imprévue, les militaires pakistanais rappellent la France à ses devoirs par un attentat « terroriste ».
Cette histoire mériterait d’être vraie. Parce qu’elle illustrerait un trait aussi caractéristique de la France que la perfidie est propre à l’Angleterre. Une manœuvre élégamment traitresse, un évident échec et mat, conçue par une élite pétrie de sa supériorité intellectuelle, pour servir ce qu’elle croit l’intérêt supérieur (le sien), et qui nous explose à la figure. Par la faute d’une incompréhensible omission du dit esprit supérieur.
C’est de là que nous tenons l’image d’un peuple arrogant et stupide.
dimanche 1 mars 2009
Grand Paris
Cette semaine, j’ai entendu parler des difficultés d’un projet visant à rationaliser le fonctionnement de la Région Parisienne.
Les réformes semblent suivre un mécanisme invariable (voir par exemple l'analyse du début de Réforme de la recherche (suite)). Une analyse partagée d’abord :
Le diagnostic général ne soulève pas de controverses majeures. Chacun admet que Paris étouffe dans des frontières inchangées depuis un siècle et demi. Chacun reconnaît que la coupure trop longtemps marquée entre la capitale et sa région de quelque 9 millions d'habitants n'a pas permis de traiter à la bonne échelle des problèmes aussi cruciaux que le logement (insuffisant), les transports (surchargés), la crise des banlieues "sensibles" (qui se sont embrasées en 2005) ou encore les enjeux écologiques et de compétitivité internationale. Chacun, enfin, préconise, d'une manière ou d'une autre, l'émergence d'un mode de gouvernance de cette métropole moins fragmenté, plus collectif et global.
Puis proposition d’un plan gouvernemental (ici, par Édouard Balladur), qui fait hurler les responsables concernés.
Je crois reconnaître ce que je vois dans les entreprises. Ce qui pêche dans les nouvelles stratégies ce ne sont pas leurs orientations, mais leur mise en œuvre. Elle reflète la vision biaisée de celui qui les a conçues. La « résistance au changement » est l’expression de l’oubli de la réalité.
Malheureusement, cette expression est trop rare ou trop maladroite, si bien que la mise en œuvre se fait. Incorrectement donc. Beaucoup plus tard des dysfonctionnements se manifestent, et on accuse alors ceux qui les subissent d’en être responsables. (Indépendance des Antilles.)
Compléments :
- Du Grand Paris : Le Paris d'aujourd'hui ne s'est pas fait en un jour, par Thierry Coudert, Quel Paris ?
- Il est assez facile de rattraper un changement mal parti (Michel Berger sur Les gestes qui sauvent) parce que, justement, la stratégie qui est à son origine est juste. Il suffit simplement de consulter ceux qui doivent le mettre en œuvre pour savoir les quelques ajustements qui lui sont nécessaires. C’est la technique dite du « tir au journal » (présentée au début de Entreprise auto adaptable).