Affichage des articles dont le libellé est Giscard d'Estaing. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Giscard d'Estaing. Afficher tous les articles

vendredi 2 avril 2021

Cercle vicieux français

"nos entreprises subventionnent leurs concurrentes étrangères. Les conséquences industrielles sont catastrophiques : sous-investissement, repli vers le milieu et le bas de gamme. Ou tout simplement, pour les entreprises assez puissantes, délocalisation de la production" (Article.)

Cette politique aurait été lancée par le couple Giscard / Chirac, en 74, et poursuivie ensuite. Son idée étant d'acheter l'électeur en essorant l'entreprise. Aurait-elle tué la poule aux oeufs d'or ?

(Mais le mal français viendrait de loin : "faiblesse déjà ancienne des entreprises françaises en matière de fonds propres, leurs médiocres performance en termes d’excédent brut d’exploitation, les choix industriels « faciles » de productions taylorisées sans grande valeur ajoutée, le déficit commercial récurrent et la pratique non moins régulière des dévaluations".)

samedi 20 février 2021

Qu'est ce que le libéralisme ?

Que signifie libéralisme ? D'ordinaire, je dis que son principe est qu'il n'y a que des individus, et pas de liens sociaux entre eux. Donc pas de "société" au sens des sciences humaines. (cf. "la société n'existe pas", de Madame Thatcher.) Mais cette définition semble trop abstraite pour mes interlocuteurs. 

Aujourd'hui, on en découvre une autre. Le président Giscard d'Estaing a été le pionnier du "néo libéralisme" à la française. Cela signifie "laisser faire". Et cela a eu une conséquence amusante. Auparavant la France cultivait des "champions nationaux". Eh bien, le laisser faire a laissé passer ces champions sous contrôle étranger (Alcatel, Arcelor, Pechiney, Sanofi, Lafarge...). Ils sont partis avec un savoir qui était quasi centenaire. Ils n'ont pas exercé leur rôle d'entraînement de l'économie nationale, dos disparition de PME et d'ETI. Et l'investissement du contribuable a été perdu. 

Le libéralisme semble avoir une seconde conséquence moins évidente. C'est un changement des principes de la politique. Au lieu qu'elle assure la régulation du "bien commun", par exemple en faisant que les trains arrivent à l'heure, elle ne suit que ses propres intérêts. La gauche soutient ses affidés, par exemple en encourageant les grèves syndicales, la droite riposte en mettant en pièces les bastions de la gauche. Malheureusement, ces bastions sont, justement, le "bien commun" (ou "république"). 

Toutes les phases libérales qu'a connues la France ont eu les mêmes résultats. A chaque fois elle a constaté que seuls les forts peuvent être libéraux, et qu'elle est faible. Le libéralisme, la némésis, de l'hybris français, notre mal endémique ? 

mercredi 9 décembre 2020

Le siècle de Valéry Giscard d'Estaing

L'erreur de l'histoire c'est de sortir les faits de leur contexte. Bach, Mozart, Beethoven, par exemple, sont indissociables de leur temps. Je me suis demandé ce qu'il en était de M. Giscard d'Estaing. J'ai repris mes souvenirs lointains. 

Il me semble qu'il a d'abord représenté, avec Jacques Chirac, le renouveau. Ils étaient jeunes. Ils s'opposaient aux vieilles barbes du gaullisme, que la mort du général avaient révélées. En cela, il ne faisait peut-être que prolonger le parricide entamé par le président Pompidou. 

Ce qui marquait ce temps, et que l'on a totalement oublié, c'était une bataille idéologique. La gauche était à la fois un communisme puissant, avec la connotation URSS et Goulag que cela impliquait, et un parti socialiste révolutionnaire. De l'autre côté, il y avait les valeurs de la classe moyenne. Progrès et bon sens. "Le changement dans la continuité", comme le disait M.Giscard d'Estaing. 

Au début, il fut l'homme des réformes. Réformes que personne ne demandait, dont personne ne prévoyait les conséquences, et qui paraissaient abstraites. Mais, tout est permis en période de prospérité. Puis, il y a eu la crise, que l'on a aussi oubliée aujourd'hui. La France était aux prises avec l'inflation. Pendant des décennies, cela a été le grand mal mondial. Le chômage, qui était inconnu !, n'a pu être maitrisé. M. Barre, nouveau premier ministre, présenté comme le "meilleur économiste de France", a décrété "la rigueur". On nous a dit que "nous n'avions pas de pétrole mais des idées", notamment celle d'imposer une heure d'été et une heure d'hiver. Dans cette grisaille, M.Giscard d'Estaing a changé d'aspect. Il n'était plus du tout libéral. Les enfants racontaient des histoires dans lesquelles "l'homme le plus intelligent du monde" prenait un sac à dos pour un parachute. Le canard enchainé le décrivait comme un "viandard" (il adorait chasser en Afrique et y abattait beaucoup d'animaux), et parlait des "diamants de Bocasa". Des électeurs viscéralement anti-gauche ont changé de camp. Le mouvement a été emmené par M.Chirac, qui, a toujours eu beaucoup de flair. Mais aussi par M.Marchais, qui n'a pas répondu, comme certains l'auraient espéré, aux provocations qu'on lui lançait.

M.Giscard d'Estaing était-il incompétent, ou a-t-il été victime de la crise ? Comme il l'avait dit, l'avenir était aux jeunes et aux femmes. Il a aussi été le précurseur du libéralisme. Seulement, il ne suffit pas de vouloir être Kennedy pour le devenir. Il n'a pas compris, peut-être, quel était son électorat. C'était une classe modeste, de "self made men", aux valeurs fortes. Comme M.Pompidou, qui aimait le bling bling, comme "l'élite" moderne, il a dû la trouver ennuyeuse. Comme M.Trump l'a fait avec Mme Clinton, la gauche, moins idéologique qu'on ne le disait, a mieux saisi les aspirations de cet électorat que lui. Le gouvernement qu'elle a installé était en grande partie à l'image de ce dernier : composé d'autodidactes.

Ensuite, elle a tenté de faire ce qu'elle disait. Une relance keynésienne a enfoncé le pays dans les dettes. Il ne s'en est pas relevé. A la fin des années 80, on a cru au miracle. Des entreprises que l'on pensait condamnées, comme Renault, se sont redressées, grâce à une innovation organisationnelle à la façon de Michel Crozier. Paradoxalement, la France n'a jamais été aussi forte qu'en période de cohabitation. Coeur à gauche, portefeuille à droite ? Et surtout anti dirigisme ?

Mais, la chute de l'URSS a réveillé les USA, que l'on raillait. Car on les croyait finis, ridiculisés par les Japonais et la nouvelle Europe. L'Amérique a décidé de convertir l'humanité à la vraie foi. Ce qu'elle nommait "la nouvelle économie". D'où la vague libérale que nous connaissons depuis. Elle vise à faire du monde une "société d'individus". Et elle produit des bulles spéculatives et des crises de plus en plus violentes. 

Aujourd'hui, la croisade est finie. Les Anglo-saxons se replient sur leurs îles. Une nouvelle ère commence ?

dimanche 6 décembre 2020

Kennedy français

Valéry Giscard d'Estaing se voyait en "Kennedy français", attirant l'électorat jeune et féminin. 

L'émission qui diffusait ces paroles, rappelait qu'il a fait la fortune des humoristes. 

"Le rire est avant tout une correction (...) La société se venge, par lui, des libertés que l'on a prises avec elle." dit Bergson. C'est un sain avertissement ?

vendredi 4 décembre 2020

Valéry Giscard d'Estaing

Le président Giscard d'Estaing aurait sûrement dû être un sujet pour ce blog. 

En fin de mandat, il suscitait une haine sans précédent. Mais il n'a pas perdu de beaucoup. De même qu'il n'avait pas gagné de beaucoup. Comme quoi, c'est peut être le mouvement d'une toute petite minorité qui fait les élections. 

C'était un paradoxe vivant. Il se présentait comme un président de la modernité, tout en se comportant en monarque fier de son ancêtre présumé, Louis XV. Il semble qu'on lui doive une vague de réformes "libérales" qui a changé radicalement le pays. Mais, si j'en crois ce que j'ai compris de certaines d'entre elles, elles ont fait beaucoup de dégâts faute d'avoir été correctement préparées. Gouverner ce n'est pas avoir seulement de brillantes idées, c'est prévoir. En cela, M Giscard d'Estaing était très français. 

mardi 3 novembre 2020

Curieux président

Il y a quelques temps, France Culture évoquait le président Giscard d'Estaing. Le sociologue Pierre Birnbaum rappelait qu'on lui devait une avalanche de réformes libérales. Une émission revenait sur la vie de Bocasa, empereur de Centre-Afrique, que V.Giscard d'Estaing appelait "cher parent", mais qu'il a fait renverser. (Une coutume familiale : Bocasa avait lui même renversé un de ses parents.) Ce dont Bocasa s'est vengé par "l'affaire des diamants", qui a fait le bonheur du Canard Enchaîné, et de ses lecteurs, qu'exaspérait M.Giscard d'Estaing. 

Je me souviens aussi que l'on disait que M.Giscard d'Estaing était très fier de descendre de Louis XV (ce qui, apparemment, était faux), et qu'il avait une attitude que la Reine d'Angleterre trouvait déplaisante.

Pour le libéralisme, M.Giscard d'Estaing a été un homme de son temps, pour le reste, aurait-il été victime d'une forme "d'hybris" ? 

mercredi 8 mars 2017

Valéry Giscard d'Estaing

J'entendais dire que le collège unique a produit l'opposé de ce qui en était attendu. Cela m'a fait penser à "la misère de la petite bourgeoisie" de Bourdieu : le gouvernement de Valéry Giscard d'Estaing avait pour objet de faire du Français un petit propriétaire. Du coup nos concitoyens s'étaient trouvés dans des cages à lapin, et couverts de dettes. Il les avait transformés en forçats !

Valéry Giscard d'Estaing avait-il un plan machiavélique ? Ce que j'ai trouvé sur lui ne semble pas le prouver. Il paraît avoir voulu mettre la France à la page. Ce qui est surprenant, lorsque l'on considère l'image de grand seigneur d'un autre siècle que l'on a souvent de lui. Il a été probablement le plus grand réformateur de la 5ème République. Quant au collège unique, il dit avoir voulu donner au Français quelque chose qu'il désirait ardemment. Seulement, il a été trahi par la mise en oeuvre de la mesure. Car il voulait un enseignement de haut niveau.

Il oublie surtout que si le Français désirait que ses enfants fassent des études, ce n'était pas pour elles-mêmes, mais pour leurs débouchés. Or, le collège unique, puis l'enseignement supérieur pour tous, ne pouvaient que produire un excès d'offre pour certains postes et une insuffisance pour d'autres. C'était la certitude du chômage, et du déclassement.

Aucun changement n'est définitivement raté. Cependant, il serait tout de même bien que nos gouvernants envisagent de temps à autres les conséquences de leurs actes. Et mettent en place un processus de "mise en oeuvre du changement", du type de celui utilisé pour l'euro.

samedi 7 mars 2015

Quelle est la fonction de l'Académie française ?

​"On ne guérit pas les plaies en les léchant avec une langue de bois." Une citation de Valérie Giscard d'Estaing, que je dois à Jean-Jacques Auffrère.

Dire que cet homme (VGE) est académicien !, ai-je pensé. Mais l'Académie n'a-t-elle pas toujours été composée de beaucoup de gens qui avaient peu de rapport avec la langue française ? Voici ce que dit wikipedia :
L'Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, hommes de théâtre, critiques, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.
Seulement, l'Académie sert-elle à quelque-chose sinon à flatter l'amour propre d'esprits de second ordre ? (Parmi lesquels une masse d'ex soixanthuitards.)
La mission qui lui est assignée dès l’origine , et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l'Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d'élaboration.

vendredi 2 novembre 2012

Pour qui voter : Obama ou Romney ?

Dans quelques jours l’Amérique vote. Quel est le bon choix, dirait VGE ?
Obama, c’est la continuité. Un président froid, hautain, méprisant, dont les belles intentions ont lâché à la première escarmouche. Et qui a jugé indigne de lui de se salir pour les défendre.
Quant au programme de Romney, c’est le retour, sans complexe, à Thatcher et Reagan. En mieux. Si le libéralisme a connu la crise, c’est parce qu’il n’a pas été assez loin.
Mais ce n’est qu’un programme. Car « la fin justifie les moyens » définit Romney. Toute sa carrière d’investisseur, que l’honnêteté n’étouffe pas, puis de candidat président, qui renie son passé de gouverneur, le répète. Est-ce pour cela qu’il se préoccupe peu de connaître ses dossiers ? Le moyen étant secondaire, son étude l’est aussi ?
Mais quelle fin poursuit-il ? Son intellect apparemment approximatif lui fera-t-il prendre des décisions dangereuses pour la planète ? Romney, c’est l’incertitude.
Pourtant, il a un atout. Le grand problème actuel de l’Amérique, c’est la paralysie de son système politique. Démocrates et Républicains se haïssent. Or sans accord, il y a Armageddon fiscal. Et si le pragmatique Romney pouvait amener son camp, celui des faucons, à transiger ?
Mais, cela est-il dans notre intérêt ? Ne serait-il pas bon pour notre santé que l’Amérique et ses idéologies prennent un bouillon ?
Comme le dit Max Weber (Le savant et le politique), la science est incapable de nous dicter nos décisions (mais elle peut dire comment les réaliser). L’avenir est imprévisible. Il appartient à ceux qui ont un projet. L’art du politique est l’éthique de la responsabilité, qui justifie le moyen par la fin (Romney), plus que l’éthique de la conviction, l’éthique des valeurs (Obama). 

mercredi 27 juin 2012

Aimons les animaux comme nous-mêmes

Apparemment notre opinion des hommes est la même que celle que nous avons des animaux.
Quand on n’aime pas les animaux, on n’aime pas non plus les immigrés, par exemple. (Seeing Others as Less-than-Human | Psychology Today). Deux applications me viennent en tête :
  • Dans ma jeunesse, Le Canard Enchainé appelait Valéry Giscard d’Estaing un « viandard », un chasseur qui tue pour tuer. Quelle opinion a-t-on de l’homme quand on est un viandard ? La même que celle qu'avaient les rois, eux aussi de grands chasseurs ?
  • J’ai toujours pensé qu’il y avait une place pour les animaux, et une place pour les hommes. Je ne suis pas pour la fraternisation… 

lundi 7 mai 2012

M.Hollande aussi dangereux que M.Mitterrand ?

Il est curieux que les sondages aient finalement si bien prévu les résultats de la présidentielle. De mon temps, on disait que l’intervalle de confiance d’un sondage était de 3,2% pour 1000 interviewés (et en plus avec 95% de probabilité, si mes souvenirs sont bons). De plus la méthode des quotas devrait introduire une incertitude supplémentaire. On aurait pu s’attendre à des fluctuations. Mais la tendance a été nette.

Ce qui est aussi curieux est la similitude des scores entre MM.Hollande et Mitterrand.

M.Giscard d’Estaing avait suscité une énorme haine, que l’on a probablement oubliée aujourd’hui. Mais M.Mitterrand représentait la certitude des chars soviétiques sur les Champs Élysées.

Aujourd’hui aussi, beaucoup de gens haïssent M.Sarkozy, à commencer par son propre camp. Du coup, il est tentant de penser que M.Hollande suscite les mêmes peurs que M.Mitterrand. Finalement, les temps changent peu, la plupart des opinions sont figées, seule une fraction de l’électorat fluctue ?

Compléments :
  • Dernier point intrigant concernant M.Sarkozy, ceux qui se reconnaissaient comme de son bord formulent des critiques effroyablement assassines à son endroit, tout en disant que l’on ne peut que voter pour lui : L’exemple suisse.

dimanche 11 mars 2012

Campagne présidentielle : drame shakespearien ?

Et si les prochains débats politiques devenaient un combat à mort ? Un après l’autre, chaque candidat disjoncte. Mme Le Pen refuse de répondre à M.Mélenchon, qui refuse de voir des journalistes. Quant à M.Sarkozy, ses rencontres avec le peuple finissent souvent mal.

La force de M.Sarkozy est, pourtant, de chercher à détruire l’adversaire. Pour cela il attaque là où on ne l’attend pas, c'est-à-dire là où il est faible. Tout ce qui devrait être un handicap : bilan, rigueur intellectuelle, affaires qui s’empilent, faiblesse face à l’Allemagne… sont oubliées, et, d’une certaine façon, reprochées à l’adversaire. Même les règles sociales fondamentales (ne pas faire perdre la face à l’autre) sont prises à contre.

Mais il a une réelle faille. Il a une revanche à prendre sur la vie. Il rejoue sans cesse son Vietnam de Neuilly. Le replacer dans la situation qui l’a marqué et qu’il n’arrive pas à dépasser, le regarder de haut comme un inconvenant ?, lui ferait perdre tout contrôle de soi.

Pourquoi en arriver à de telles extrémités ? Faut-il tirer sur une ambulance ? Comme à l’époque de M.Giscard d’Estaing, même son camp le joue perdant, et le lâche.

Mais la pièce aurait-elle la fin qu’elle mérite sans un dernier acte sanglant? Le ressort du drame shakespearien est l’individu qui se révolte contre l’ordre social. Et finit broyé. N’y a-t-il pas quelque-chose de cela ici ?

Compléments :

mardi 17 janvier 2012

Le changement comme discours politique

J’entendais la radio dire ce matin que parler de changement en politique était une banalité. (M.Hollande serait-il banal ?) La mode aurait été lancée par M.Giscard d’Estaing, en 1974.

Faut-il s’en réjouir ?
  • Édouard Balladur. Il veut créer une économie sur le modèle allemand. C'est-à-dire avec des interrelations capitalistiques entre entreprises, qui empêchent toute prise de participation inamicale (étrangère). Malheureusement l’entreprise française manque de fonds, et ce système de « noyaux durs » l’assèche un peu plus. Elle saisira la première occasion pour se libérer de ses liens et s’ouvrir en grand aux capitaux étrangers, sur le modèle américain. (Transformation de l'entreprise française)
  • Martine Aubry. Pour éliminer le chômage, elle veut faire travailler le Français 35h, 10% de moins qu’auparavant. Pour la mise au point du dispositif, elle compte sur une négociation entre acteurs locaux. Malheureusement, ils n’y sont pas préparés. Les acteurs les plus puissants impriment leur marque à la mise en œuvre de la loi. (Le changement de l'économie française)
  • Nicolas Sarkozy. 18 premiers mois de réformes. Nicolas Sarkozy attaque des « intérêts spéciaux » (grandes surfaces, taxis, syndicats, universités…). Tactique : les prendre de vitesse, et lâcher, en dernière minute, une concession qui leur permette de sauver la face. Résultat ? Ils résistent. Les délais donnés par notre président deviennent un piège. Les services de l’État, pour les tenir, cèdent aux exigences de ceux qu’ils devaient réformer. Mais ils leur demandent une concession, afin de sauver la face. (Les réformes ratées du président Sarkozy)

mardi 5 octobre 2010

Déficit public et 3%

Un article de la Tribune raconte comment est née une loi de la nature. Celle qui veut qu’un déficit national n'excède pas 3% du PIB.

En 81, le président Mitterrand est assailli de demandes d’investissements. Il veut leur résister : le déficit de l’État augmente rapidement. Il demande à ce que des experts donnent un indicateur économique à ne pas enfreindre, qui lui permette de refuser les sollicitations. On confie la tâche à deux jeunes membres de l'administration. Ils finissent par choisir le rapport déficit / PIB, pour sa force marketing. Ils lui fixent 3%, un chiffre rond facile à respecter pour la France de l’époque. Les politiques s’emparent du chiffre, et du ratio. Ils contamineront ensuite l’Europe. Peut-être un jour le monde.

Cette histoire illustre, je crois, une théorie de l’économiste Thomas Schelling (Strategy of conflict) : celle des « points d’ancrage ». Deux personnes qui se cherchent ont de bonnes chances d’aller vers le même lieu. Notre culture nous fournit des points de repère communs. Peut-être que beaucoup de gens dans le monde voulaient un indicateur de vertu économique, que le rapport déficit / PIB allait de soi, et que les 3% correspondaient à un objectif en deçà duquel on pouvait se situer ?

Remarque : chaque ère a son point d’ancrage, sous V.Giscard d’Estaing le déficit devait ne pas dépasser 30mdF. 

samedi 11 septembre 2010

Sarkozy rétrécit

Couverture de The Economist : Carla Bruni suivie par le bicorne de Napoléon sur deux jambes minuscules. Titre : « le président qui rétrécit ».

Notre président avait de grands projets, un moment il a beaucoup fait, aujourd’hui il demeure dans un mouvement frénétique, mais il n’en sort plus rien. Conclusion « Il ne se fera probablement beaucoup d’amis en étant ferme sur la réforme des retraites. Mais il perdra ceux qu’il a s’il échoue ». (Je t'aime, moi non plus.)

Compléments :
  • Quelques données sur les enjeux de la réforme des retraites : La France serait le pays où l’on reste le plus longtemps à la retraite. Le coût du système pour l’État serait aussi particulièrement élevé (mais nous sommes battus par les Italiens) : 12,5% du PIB contre 10,7% pour l’Allemagne. Mais les comparaisons sont difficiles : aux USA (6%) et en Angleterre (5,4%), les retraites plombent les comptes des entreprises (cf. GM, Royal Mail), et les économies des particuliers. Est-ce réellement efficace ? D'ailleurs, hors retraites, les Etats américains et anglais sont plus lourds que le nôtre. Inattendu. 
  • L'article développe un parallèle intriguant avec Valéry Giscard d'Estaing. Initialement populaire et réformateur, sa fin de mandat fut calamiteuse. Elle fut aussi marquée par une scission de son camp qui a précipité la victoire de l'opposition. Ce scénario pourrait-il se répéter ?

mardi 2 février 2010

5ème République et partis politiques

L’histoire de la 5ème République est bâtie sur un conflit : de Gaulle voulait un régime présidentiel qui mettrait un terme définitif au « régime des partis », alors que la constitution est parlementaire. Marier la carpe et le lapin a été un changement de plusieurs décennies :
  • Les partisans d’un système exclusivement parlementaire ou exclusivement présidentiel sont successivement éliminés (les partisans du parlement en 62, de Gaulle en 69).
  • Pompidou et Mitterrand voient une solution au dilemme : un affrontement droite / gauche conduit par de grands partis de gouvernement, dirigés par un présidentiable, qui briguent la majorité à l’assemblée.
  • L’émergence de ces partis se fait d’abord par un rassemblement en deux camps, puis par une sorte de sélection naturelle pour la domination de son camp, dont les manœuvres principales consistent à le faire perdre (les Communistes trahissent les Socialistes en 78, J.Chirac fait de même avec V.Giscard d’Estaing en 81).
Aujourd’hui, ce système est menacé par un émiettement de l’opinion, une multitude de partis se spécialisant dans des thèmes fortement mobilisateurs pour certains citoyens (environnement…), les principes fondateurs des grands partis ne leur permettent pas de traiter correctement ces sujets, qui, d’ailleurs, les divisent.

Compléments :
  • GRUNBERG, Gérard, L’adaptation du système des partis (1965 – 2006) (in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006).
  • Sur cette cohésion française qui a pour conséquence paradoxale de produire l’éparpillement des voix : France : crise de gouvernance ?