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mercredi 16 février 2022

Une page est tournée ?

Levelling up, le programme de M.Johnson, c'est l'enterrement de Mme Thatcher. Et Tony Blair est un gros mot en Angleterre. 

Je lisais qu'il en serait de même de Schröder, en Allemagne. Ses liens avec M.Poutine, en particulier, sont gênants. Or, M.Schröder nous a été donné en exemple, comme ayant été l'homme qui avait eu le courage de démonter le système de protection sociale de Bismarck, qui fut un modèle pour l'Europe. Combien d'hommes politiques français n'ont pas rêvé d'être notre Schröder ?

Décidément, la page du libéralisme est tournée ?

jeudi 9 mai 2013

L’échec de Schröder et de Thatcher ?

Je me demande si l’on ne se trompe pas sur Thatcher et Schröder. Selon le camp auquel on appartient, on les juge des vampires ou des combattants de la liberté. En fait, ils ne sont ni l’un ni l’autre. Les mesures radicales qu’ils ont voulues devaient, après une période d’ajustement difficile, profiter à tous. Or, ce n’est pas ce qui s’est passé. Leurs pays se sont redressés, certes, mais ils demeurent extraordinairement fragiles. Surtout, et c’est sur quoi, curieusement, on n’insiste pas, la pauvreté qu’ils ont créée à titre provisoire ne s’est pas résorbée comme ils s’y attendaient.

C’est parce que Schröder a échoué, et que l’Allemagne continue à souffrir, qu’elle n’a pas retrouvé sa générosité d’après guerre. C’est une hypothèse que je fais. 

lundi 6 mai 2013

Et si l’Allemagne avait un problème de compétitivité ?

Le Japon dévalue sa monnaie. Or, le Japon est un concurrent de l’Allemagne. L’Allemagne s’en porte mal.

Curieux. L’Allemagne dispose déjà, avec l’euro, d’une monnaie dévaluée. Et M.Schröder a sabré la protection sociale du commun des Allemands. Serait-ce le prix, et non plus l’innovation ou la qualité, qui font la force de l’Allemagne ? 

mercredi 17 avril 2013

Pourquoi les Allemands ne sont-ils pas prêteurs ?

Il semble bien qu’il y ait un problème de distribution de richesses en Allemagne.
  • Premièrement, la richesse en Allemagne est hautement concentrée dans la tranche supérieure de la distribution des revenus
  • Deuxièmement, une grande partie de la richesse allemande n’est pas détenue par les ménages, et donc doit être détenue par les entreprises ou le gouvernement.
(…) l’opposition de l’Allemagne aux transferts vers le sud trouve son origine non dans le richesse du pays. L’Allemagne est un des pays les plus riches de la zone euro. Le problème est que la richesse est distribuée de manière inégalitaire. (L’article.)
Cercle vertueux ? Les réformes Schröder déplacent la richesse des pauvres vers les riches, les entreprises et l’Etat. Les pauvres, qui contrôlent la démocratie allemande, ne veulent donc plus aider qui que ce soit. Pour cette raison, il faut appliquer partout les réformes Schröder.

On notera au passage que, de Schröder, à Blair, en passant par Clinton, la gauche aura été le fer de lance du démantèlement de la protection sociale en Occident. 

mercredi 26 septembre 2012

Le libéralisme triomphe en Europe

C’est curieux. Alors qu’il y a une sorte d’accord sur le fait que le libéralisme est à l’origine de notre crise, l’Europe subit une grande cure de libéralisme. Partout, on taille dans les dépenses publiques et les classes les moins riches trinquent. Le Portugal, par exemple, veut transférer une partie des prélèvements salariaux payés par les entreprises sur les salariés.

Magie de l’euro. En dégradant le système d’assurance sociale de son pays, M.Schröder a donné l’avantage à l’Allemagne. Pour « retrouver leur compétitivité » les pays de la zone euro doivent faire de même. Jusqu’à ce qu’ils aient dépassé l’Allemagne. Alors, elle devra utiliser à nouveau le napalm, et on sera reparti pour un tour. Les pays de la zone euro ressemblent à des bagnards enchaînés : quand l’un court, tous doivent le suivre.

Quant à la France, elle est a eu une idée caractéristique de la supériorité des intellects qui nous gouvernent : nous sommes contraints au libéralisme, mais une fois que la France sera prospère, vous verrez, nous ferons du socialisme. Ce sera le Grand soir. C’est probablement aussi ce qu’a dit M.Schröder, autre socialiste.

Où allons-nous finir ? La Catalogne en donne un aperçu. Parmi la série de réformes libérales du gouvernement Rajoy, il y a celle des régions. Comme en France, elles sont à la fois incontrôlables par un pouvoir central couard et fort dépensières, donc endettées. La crise est l’occasion de leur faire rendre gorge, et de les ramener à l’humilité. Mais la Catalogne a trouvé une parade imprévue : son déficit est causé par le système de solidarité nationale. Elle subventionne les régions paresseuses. Il faut détruire l’Etat, et chacun pour soi. Autrement dit, et en toute logique, le libéralisme engendre le libéralisme, le règne de l’individu roi (définition littérale du terme), l’homme contre l’homme.

Hier, j’étais en Allemagne. J’y ai vu une très belle unité industrielle. Ses clients, l’élite de l’industrie allemande, semblent l’adorer. Elle est dirigée par un Espagnol, le héros des projets impossibles est grec, et son directeur industriel est français… 


mardi 22 mai 2012

La France est-elle incapable de changer ?

Michel Crozier est allé jusqu’à dire que la France était « la Chine de l’Europe », un pays qui ne bouge pas, sauf lors de révolutions culturelles atroces. Et Michel Winock a attribué cette curieuse caractéristique à notre intolérant amour des principes transcendants, hérité de notre passé catholique, combiné à la structure féodale de notre société.

Ces gens sont éminents. Mais ils ont tort. La France a changé ces dernières décennies. Elle est même méconnaissable. Et sans bain de sang.

mercredi 22 février 2012

Coût du travail, France, Allemagne et TVA sociale

Étude sur le coût du travail en Europe. Je note que :
  • Le Danemark et la Suède on le même coût du travail alors que l’une finance la protection sociale par l’impôt, et l’autre par une cotisation salariale. La TVA sociale ne fera pas mécaniquement baisser le coût du travail ?
  • Les 35h auraient eu la conséquence inattendue de faire considérablement gagner en productivité les entreprises, autant que les mesures du Chancelier Schröder.
Une fois de plus, le succès du changement est dans sa mise en œuvre ? Malheureusement le point faible de nos gouvernements successifs…

dimanche 22 janvier 2012

Sarkozy et Schröder

Il semblerait, comme je le soupçonnais, que la TVA sociale soit une tentative de rendre la compétitivité à la France, à la manière Schröder. (Down a notch)

Depuis 2000, les salaires français ont crû d’environ 40% contre 10% seulement pour la productivité. Les chiffres allemands, eux, sont longtemps restés proches. (How to restore competitiveness in the EU | vox).

Intentions similaires, mises en œuvre du changement différentes. Il y avait une forme de consensus lorsque M.Schröder a décidé de ses réformes. Quant à M.Sarkozy, il agit dans la précipitation et il faut se casser la tête pour deviner ses intentions.

Décidément, il commet toujours les mêmes erreurs (cf. Les réformes ratées du président Sarkozy) ?

mardi 7 juin 2011

Énergie renouvelable et Allemagne

Il semblerait se confirmer que la décision fracassante de Mme Merkel ne soit que la mise en œuvre du plan énergie renouvelable du gouvernement Schröder. (Ce qu’en dit le Monde.)

L’industrie de l’énergie renouvelable pourrait atteindre 500.000 personnes d’ici 2020. Autant que celle de l’automobile.

Les zélotes du marché auraient-ils un peu vite enterré le colbertisme ?

Compléments :
  • Le plan allemand énergie renouvelable remonterait à 1991.

jeudi 10 mars 2011

Secrets de la réussite allemande

D’après des économistes, la réussite allemande aurait pour cause la réduction des salaires locaux par le chancelier Schröder. Ce dont il ne serait pas fier.

Je constate tout de même que ce n’est pas à de bas prix que l’on pense en premier lorsque l’on parle de produit allemand… En outre, les PME allemandes tendent à être en quasi monopole. 

Peut-être est-ce une partie moins glorieuse de l’économie qui a profité de la baisse des salaires, et qui est parvenue à gagner des parts de marché ? (Et, peut-être aussi que l’Allemand appauvri réduit ses achats, ce qui nuit aux intérêts des exportateurs étrangers ?)

En tout cas, cela signifie probablement que les pays européens sont étroitement liés les uns aux autres, et qu’ils ne peuvent pas laisser leurs voisins faire n’importe quoi sans s’en préoccuper. 

vendredi 20 août 2010

Histoire récente de l’Allemagne

A force d'accumuler des billets, j'en arrive à une idée curieuse : et si l’Allemagne avait joué un rôle dans l’histoire récente de l’Europe dont elle n'était pas consciente ? Mon analyse du moment :
  • Réunification. Le chancelier Kohl intègre l’Allemagne de l’Est à égalité avec l'Ouest. La population de l’Est (25% de celle de l’Ouest), se révèlera fort improductive : en dépit de mille milliards d'€ d'investissement le PIB de l'Est n'a pas bougé. Pour ne pas mécontenter l’opinion, M.Kohl emprunte plutôt que de lever l’impôt. La dette de l’Allemagne rejoint le niveau de celle des USA. 
  • Pour permettre cette politique il a besoin de ne plus respecter les critères de Maastricht. Du coup toute l’Europe s’en affranchit. Ce manque de rigueur est à l’origine des problèmes actuels de la Grèce, et de l’Europe en général. Ensuite, l’économie allemande pompe énormément de capitaux (dette), le mark augmente et déstabilise la politique des changes européenne (qui tente de réaliser l’euro), d’où une série de crises, ailleurs en Europe.
  • J’imagine, à ce point, qu’il prélève tout de même sur son économie ce dont il a besoin pour payer ses dettes. Ce qui la plombe. Pour rectifier la situation, le chancelier Schröder adopte une politique libérale qui comprime le système de protection sociale, et réduit de 20% le coût du travail. D’où nouveau déséquilibre européen, et incitation à imiter les réformes allemandes. Or, l’économie de l’Allemagne était naturellement bien placée pour tirer parti de la fortune des pays émergents. (Germany's economy: Back above the bar again.)
Contrairement à ce que pensent les Allemands, ils n’ont pas été les seuls à faire des sacrifices. Il est même possible que nous en ayons fait avant eux : la crise des années 90 n’a-t-elle pas suscité un fort chômage en France, par exemple ?

Même si l’on se place sur le plan économique, on peut s’interroger sur la vertu des uns et des autres. Les réformes allemandes, qui maintenant sont le lot de l’Europe, semblent en grande partie due à une unification faite selon des critères politiques et non économiques : l’Europe a intégré d’autres pays de l’est, sans que cela lui fasse aussi mal.

Compléments :

samedi 14 août 2010

Performance économique de l’Allemagne

On entend partout parler de la performance économique exceptionnelle de l’Allemagne. Il semblerait qu’elle en ait déduit qu’elle avait eu raison contre l’avis du reste du monde, et qu’il serait bien qu’elle s’en détache, à commencer par les tires-au-flanc européens.

Ce qui est curieux est que l’on oublie que l’Allemagne a connu une grosse récession. Et si l’un était lié à l’autre ? L’Allemagne a structuré son économie pour qu’elle exporte : elle navigue donc avec celle des pays étrangers ?

Mais ce n’est pas la raison qui ramènera l’Allemagne sur terre, comme le dit le billet précédent. The Economist se demande si la mauvaise santé des USA ne pourrait pas lui rappeler plus vite que prévu qu’elle n’est pas un extraterrestre.

Compléments :
  • Le premier article que cite ce billet explique pourquoi les Allemands sont devenus brutalement aussi peu généreux. Plus que l’oubli de la honte hitlérienne la raison en serait le traitement libéral que leur a fait subir G. Schröder. Pour rendre l’économie allemande compétitive, il a fort affaibli son système de protection sociale. L’Allemand étant conscient désormais de la précarité de son sort est devenu mesquin.