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vendredi 8 avril 2022

Frexit ?

Parfum de Brexit ? Le mécontentement est décomplexé. Et comme à la veille du Brexit, le "non" a le vent en poupe et est quasiment à égalité avec le oui.

Mais, la situation est moins claire qu'en Angleterre où le choix à faire était simple. Le front du mécontentement est certainement bien plus large qu'on ne le dit. Il y a les "Gilets jaunes" et ceux qui trouvent que les "Gilets jaunes" sont des paresseux, le militant de gauche qui ne voit pas de différence entre le président et Mme Le Pen, le rural victime de décennies de "désertification" centralisée, etc. Au fond, si l'on se donne la peine de tendre l'oreille, on se rend compte que, par ci ou par là, les thèses de Mme Le Pen ne sont pas loin de faire l'unanimité. S'il y a un peu de suspens encore cela tient probablement à son image.

Mark McCormack, gourou des techniques de vente disait que "ce qui rend fou un client est de ne pas comprendre ce qui le rend fou". 

C'est probablement ce qui se passe actuellement. Quelque chose "rend fou" le Français, mais il ne sait pas quoi. Ce qu'il attend de son président, c'est qu'il le lui dise. Malheureusement, comme M.Cameron avant lui, M.Macron manque gravement d'humilité ?

vendredi 18 mars 2022

Capitalisme anglais

Hier, une compagnie de ferrys anglaise a licencié son personnel sans préavis, avec effet immédiat. Pour faire des économies, elle veut les remplacer par des employés meilleur marché. Par ailleurs, elle a encaissé les aides de l'Etat, durant la pandémie, et elle distribue des dividendes généreux à ses actionnaires.

Cela indigne l'Angleterre. Mais cela rappelle aussi où allait notre société, pas seulement ce pays, avant le Brexit. 

lundi 14 février 2022

Chaos en Irlande

Dans l'affaire du Brexit, l'Irlande du Nord, en particulier les "unionistes", semble jouer un rôle extraordinairement nocif. 

Actuellement, le parti protestant mène une croisade contre les contrôles douaniers qui résultent des accords du Brexit. Il n'en veut plus. La parole de la Grande Bretagne ne l'engage pas. Il a démissionné du gouvernement, ce qui a entraîné sa dissolution. L'Irlande n'a plus de chef. 

Un parti de martyrs de leur foi en la Grande Bretagne ? Si je comprends bien, c'est une manoeuvre politique. Ils risquent fort de perdre la majorité aux prochaines élections. L'Irlande serait alors dirigée par le Sinn Fein. Inacceptable ? Tous les coups tordus sont possibles ?

Voilà un type de complication que n'avaient pas prévu les théoriciens des démocraties. Elles envoient au pouvoir des égoïstes qui loin de représenter l'intérêt général servent leur intérêt personnel, qui est, bien souvent, le pouvoir pour le pouvoir. 

Si elles fonctionnent, c'est grâce à la contrainte sociale, qui finit par remettre l'individualiste dans le rang ?

lundi 3 janvier 2022

Bilan Brexit

Las de la radio française, je me suis mis à écouter BBC4. J'y ai beaucoup entendu parler de Brexit. Voilà ce qu'il me semble avoir compris :

Première découverte : l'Angleterre était devenue totalement dépendante de l'immigration. C'est exactement la logique de la délocalisation. Ce type d'immigration permet de disposer de personnels dont l'avantage concurrentiel est qu'ils ne ressortissent pas aux droits de l'homme. J'ai entendu même dire qu'il y avait des milliers de personnes qui sont en situation d'esclavage, pour les mêmes raisons que l'on parle d'esclavage au moyen-orient. Grâce à cette immigration massive, prête à tout accepter, l'entrepreneur n'a plus besoin d'innover, et l'Etat d'investir. Le pays paraît dans un état désastreux.

Si le Brexit s'est fait au nom de l'UE, c'est parce que l'UE a été instrumentalisée par la classe dirigeante anglaise pour diffuser tous azimuts ses idées. (C'est ainsi que l'UE s'est élargie à des pays qui ne partageaient pas ses valeurs.) Sortir de l'UE était donc la condition nécessaire pour rappeler à l'ordre cette élite dirigeante. C'est ce qu'a compris Boris Johnson, qui, avec son programme "levelling up", enterre la politique menée depuis Mme Thatcher. Désormais, il promet à l'Angleterre de la productivité, donc des emplois bien payés et qualifiés.

J'explique souvent, ce qui surprend, que la résistance au changement est un suicide. En effet, être prêt à se suicider est la mesure la plus dissuasive que l'on puisse inventer. Il se trouve que, effectivement, le Brexit ressemble à un suicide. Samedi dernier, j'entendais parler de l'agriculture anglaise. Les éleveurs de porcs ont dû tuer leurs animaux, car les abattoirs ne peuvent plus le faire, faute de personnels immigrés ; il n'y a plus de subventions, de normes et de protections européennes ; le pays a signé un accord de libre échange avec l'Australie, qui, apparemment, a des exigences de qualité moindres que l'Angleterre... Et la puissance de la grande distribution anglaise n'a rien à envier à celle de son équivalent français. Au moment où l'on parle de circuits courts, on entend dire que l'agriculture britannique doit entrer dans la supply chain mondiale ! Et que, d'une manière générale, il faut attendre le fameux "levelling up" de l'investissement étranger ! Pays à vendre ? 

Ce qui ne tue pas renforce. Certes, mais la situation anglaise est extrêmement préoccupante. 

(PS. On traduit "levelling up" par "nivellement par le haut"...)

vendredi 17 décembre 2021

Immigration et changement

J'écoute ce qui se passe en Grande Bretagne, et je comprends que je n'avais rien compris à la question de l'immigration. Elle ne semblait pas sérieuse. La France, la Grande Bretagne et les États Unis ont des traditions de forte immigration, sans que cela ait posé de problème existentiel. Pourquoi tout ce bruit ?

A côté de cela, il y avait un autre discours, pas plus sérieux, parce qu'il nie tout ce qu'observe l'anthropologie. L'anthropologie (et l'expérience commune) constate que dès que des hommes forment un groupe, ils créent une "culture", des règles généralement implicites, qui dirigent leurs comportements collectifs. (cf. la politesse ou le code de la route.) C'est vrai aussi bien pour les entreprises que pour les nations. Cette notion de "culture" semblait rejetée au profit d'un concept mal défini, juxtaposition d'individus ou de communautés hétérogènes. 

Ce qui semble s'être passé, c'est une "désintégration" de la société, venant de deux bords :

  • Un bord gauche dénonçait la culture nationale comme oppressive, colonialiste, pire, l'incarnation du mal (car le colonialisme est propre à toute société humaine), et voulait la faire disparaître, peut être en la remplaçant par une sorte de fraternité humaine constituée de tout ce qui n'est pas occidental. 
  • Un bord droit, et c'est très clair en Grande Bretagne, a utilisé l'immigration comme équivalent à la délocalisation. En effet l'immigré, s'il est pauvre en Grande Bretagne, est riche dans son pays. Ce qui lui permet d'accepter des conditions inacceptables par la main d'oeuvre locale. L'immigration était une facilité qui a permis à l'Angleterre de s'endormir sur ses lauriers. De perdre massivement en productivité. Le réveil est extrêmement difficile. 

On entendait ces discours, mais on n'avait pas compris leurs conséquences. D'ailleurs le rôle du citoyen est de bien faire son travail, pas de se casser la tête à analyser des mécanismes aussi compliqués. 

Quant au Brexit, il semble irrationnel. Car au temps ou la Russie veut envahir l'Ukraine et la Chine Taiwan, jamais l'union n'a autant fait la force. Mais il s'explique par la frustration de la population soumise au changement ci-dessus, et qui a fini par en sentir les résultats. Se découvrant trahi, le peuple veut tout casser. Plus question de lui parler raison. Il a donné. 

Yin et Yang, dirait un Chinois. La société change en passant par des opposés. Mais, il est probable qu'à chaque changement il y ait embranchement. Comment prendre le bon ? Toute la difficulté est de retrouver un peu de raison, alors que l'on n'a aucune raison d'en avoir, et de pardonner. Mais, sans cela, les dommages seront définitifs. 

samedi 2 octobre 2021

Angleterre : mauvaise passe

Décidément, cela va mal en Angleterre. Après les augmentations du prix du gaz, les pompes sans essence, par manque de chauffeurs, maintenant, ce sont les éleveurs de porcs qui doivent tuer leurs bêtes, par ce que les abattoirs ne fonctionnent plus. Eux aussi étaient dépendants de la main d'oeuvre à bas coût d'Europe de l'Est. 

Cela fait penser à Michael Porter : la « bonne » logique de l’économie est le gain de productivité : on compense les hausses de salaire par des gains de productivité par innovation, et on augmente les salaires en échange d’une augmentation de qualification que demande l’innovation. Grâce à l’innovation, on produit de plus en plus, avec les mêmes, ce qui conduit à une augmentation du niveau de vie. 

 Les Anglais auraient-ils fait tout le contraire ? Au lieu d’innover, ils ont laissé se dégrader les conditions de travail et de compétitivité de leurs entreprises, en faisant appel à de la main d’oeuvre à bas coût, qui, nullement exploitée, jouait sur le différentiel de niveau de vie entre l’Angleterre et leur pays (une variante des délocalisations) ? Années folles ?

vendredi 1 octobre 2021

Brexit going badly ?

Hier, un sondage (cité par politico.eu) disait que plus de la moitié des Anglais estimaient que le Brexit se passait mal. 

Pour me changer les idées, j'écoute BBC4. L'Angleterre semble vivre un drame. Crise du gaz, des fournisseurs sont en faillite, ce qui force beaucoup d'Anglais (souvent pauvres) à accepter de nouveaux contrats beaucoup plus coûteux que les précédents ; manque de chauffeurs, qui fait qu'il n'y a plus d'essence dans les stations, et que les interviewés de la BBC semble au bord de la crise de nerf. Et incessantes escarmouches entre Boris Johnson et l'UE concernant le respect de ses engagements. 

La Grande Bretagne d'après Brexit donne l'impression d'un lendemain de fête : elle découvre les dégâts commis dans un moment de folie. Subit-elle le Brexit, ou les conséquences de ce qui l'a précédé ? Maintenant qu'elle n'est plus dans l'UE, elle n'a plus d'excuse pour ne pas regarder la réalité en face. 

mercredi 29 septembre 2021

Angleterre sans chauffeurs

Stations sans essence. La Grande Bretagne manque de conducteurs de poids lourds. Certaines stations, dans les zones densément peuplées, ne sont plus approvisionnées. Avec l'augmentation soudaine du prix du gaz, c'est le drame du moment, si j'en crois la BBC. Beaucoup de gens ne peuvent vivre sans voiture. 

Causes ?  Nombreuses, probablement. 

  • Brexit et dépendance vis-à-vis d'étrangers de l'UE, qui ne reviennent pas. 
  • Examens de permis de conduire qui n'ont pas pu se faire du fait du virus. 
  • Achats en panique. Certains accumuleraient les litres d'essence. On entend que des pompes ont vendu 5 fois les volumes habituels. 
  • Système de juste à temps, qui ne supporte pas le moindre aléa. 
  • Conditions de travail des chauffeurs qui se dégradent, depuis longtemps, sans que rien ne se fasse. (La raison d'être de l'appel massif aux immigrés ?)

Et il va bientôt y avoir Noël.

On parle de visas temporaires pour immigrés, d'augmentation du temps de travail des chauffeurs, d'appel à l'armée...

Recruter localement pourrait avoir un gros impact sur l'emploi : le manque est de plus de 100.000 conducteurs, dit-on... Mais aussi sur l'inflation : pour les attirer, il faut augmenter les salaires, et améliorer les conditions de travail, y compris l'infrastructure d'accueil. 

Au fond, le Brexit méritait bien son nom ? La Grande Bretagne a eu recours (comme beaucoup certainement), pendant fort longtemps, à des expédients. Ils l'ont amenée à la limite de la rupture ? 

dimanche 11 juillet 2021

La gloire d'Albion

Il est dit que Boris Johnson veut ramener l'Angleterre à l'ère victorienne, ère glorieuse. 

Je ne suis pas certain que ce fut le cas. Je pense même que c'est le contraire. Le travail sur Disraeli que je cite dans ce blog, laisse plutôt entendre que la puissance coloniale de l'Angleterre masquait le fait que l'avenir se jouait ailleurs, dans le progrès technique. L'Allemagne était en pleine ascension. Et l'Angleterre, déjà, devait aborder les conflits avec les nations européennes avec beaucoup de prudence. Et on a vu, en 14, qu'elle avait raison de le faire.

Les véritables moments de gloire anglaise, selon moi, ont été Elisabeth première et Napoléon. Dans les deux cas, le pays avait conscience d'être un outsider. Et sa classe dominante a fait bloc dans l'adversité, avec humilité. Elle a fait preuve de talent dans la perfidie. Gagner le match, par le penalty, comme au rugby. Utiliser les rigidités intellectuelles de l'adversaire, en particulier son sens de l'honneur. C'est ainsi qu'elle a défait Napoléon sans beaucoup payer de sa personne, sauf quand il y avait avantage évident (la marine). Son coup de génie a été d'accueillir en Angleterre des financiers du continent, qui ont inventé la finance moderne. Ils ont permis de financer les armées alliées par le déficit. 

L'histoire se répètera-t-elle ?

mardi 31 décembre 2019

Grande Bretagne : destination inconnue ?

Un pays est au bord de l'abîme : la Grande Bretagne. Que va-t-il lui arriver ?

La Grande Bretagne ressemble à Athènes. Après une période glorieuse, elle a vécu de talents importés, en leur fournissant les conditions qui ont fait son succès. Le moteur de la thermodynamique anglaise, c'est l'inégalité. Le pauvre qui veut s'enrichir nourrit l'élite de rentiers qu'il veut rejoindre.

Exemple ? La City est transformée par les Rothschild, qui ont défait Napoléon, puis de Siegmund Warburg, qui la sauve, invente la finance moderne, et y attire les Américains.

Et voilà comment cela pourrait expliquer le BrexitMme Thatcher et ses successeurs, en particulier Tony Blair, ont cru que le secret de la prospérité était dans le pouvoir miraculeux du "marché". L'Angleterre fournirait des conditions idéales, et attirerait les valeureux du monde, ouvriers prêts à travailler pour rien, entrepreneurs créateurs d'innovations et d'entreprises ou oligarques russes qui financeraient l'économie par leurs richesses mal acquises. Rien de plus simple.

Madame Thatcher a donc supprimé les "vieilles industries" du nord du pays en pensant qu'elles mobilisaient des ressources financières qui seraient mieux utilisées ailleurs. Tony Blair a étendu massivement l'UE, vers la main d'oeuvre orientale, qui rêvait des lumières occidentales ; il a facilité la mobilité des populations ; il a expédié son industrie (traité de Kyoto) vers les pays émergents, histoire de faire de la place à l'innovation, et de se débarrasser de la pollution. Le reste de l'Europe l'a suivi, médusé. Les techniques anglaises de réforme de la fonction publique se sont étendues partout. Nous sommes tous thatchériens.

Pour une fois, l'arroseur a été le premier arrosé. Le marché n'a pas répondu aux attentes. Et le pays s'est trouvé encombré d'immigrés en concurrence frontale avec des natifs qui étaient peut-être obsolètes, mais qui avaient le droit de vote. Brexit.

Comment l'Angleterre va-t-elle se tirer de ce mauvais pas ? Difficile de voir une autre option que le parasitisme de l'Union Européenne. Première réforme de M.Johnson : remplacer l'Union Jack par le drapeau noir ?

vendredi 13 décembre 2019

Boris Johnson ou la fin du chaos ?

Election législative britannique : la victoire de B.Johnson dépasse largement ce que prévoyaient les sondages. (Le Financial Times, hier soir, parlait de "thumping victory".)

Les Anglais ont-ils voté pour le Brexit, ou pour la fin du chaos ? Le pire qui puisse arriver à un pays est une guerre civile ?

Une leçon pour le reste du monde ?

(En tout cas, les milieux financiers se réjouissent. Et cela a été aussi, surtout ?, un vote contre J.Corbyn et les libéraux.)

dimanche 17 novembre 2019

Où va l'Angleterre ?

Brexit, le feuilleton. Les sondages semblent dire que les partis traditionnels, un moment discutés, reprennent leur ascendant. En particulier, que les Conservateurs devraient gagner les élections et donc pouvoir sortir le pays de l'UE.

Mais ces sondages invitent aussi à s'inquiéter de l'après Brexit. Car, il y a plus d'Anglais qui veulent rester dans l'UE que d'Anglais qui veulent en partir (6%, et c'est stable depuis pas mal de temps). Et il y a maintenant autant d'Ecossais qui veulent quitter l'Angleterre que d'Ecossais qui veulent y rester...

L'Angleterre va-t-elle devenir un village gaulois ? Brexix ?

(Sondage de sondages.)

lundi 11 novembre 2019

Les brexités

Pourquoi ne trouvons-nous pas les Britanniques ridicules ? Imaginons que le Brexit se soit passé en France, en Italie, ou en Grèce, qu'en dirait le monde ? Il en pisserait de rire.

Dans une réputation, il y a deux choses : ce que l'on dit de soi, et ce que les autres disent de vous. Quand on y réfléchit bien, le protestant pense du bien de lui-même et du mal des autres. C'est le contraire pour le catholique.

On peut même se demander s'il n'y a pas quelque-chose du "pêché originel opium des peuples", pour ce dernier. Pour gouverner, les élites du sud répètent à leurs peuples : regardez comme vous êtes mauvais par rapport aux autres. Le gouvernement par le complexe.

(L'histoire se répète ? Avant guerre, on a dit "ne regardez pas vers l'Allemagne, le mal est chez nous". Mais aussi il y avait, notamment chez nos technocrates, une immense admiration pour l'efficacité allemande. La collaboration était un moyen de faire profiter la France de l'admirable rigueur allemande. C'était la "start up nation" avant la lettre.)

samedi 2 novembre 2019

Brexit : qui casse paie ?

On n'est pas sorti de l'auberge. Epuisant Brexit. Et après ? Que donnera une nation pirate aux portes d'une Europe privée d'esprit d'équipe ?

Mais le Brexit c'est autre chose. En jouant avec la bombe nucléaire, David Cameron a cru faire une manoeuvre particulièrement élégante. Il gagnerait sur tous les tableaux : il règlerait les conflits de son parti, à son avantage, et il obtiendrait de nouvelles concessions de l'UE. Jusque-là, les politiques croyaient que le machiavélisme payait. Ils étaient même fiers de leurs magouilles. Seuls les imbéciles se préoccupaient de l'intérêt général. Le politique digne de ce nom était un manipulateur. Le Brexit a été une leçon : à long terme, l'intérêt général est dans notre intérêt particulier.

mercredi 30 octobre 2019

Boris va-t-il gagner ?

Boris Johnson va-t-il gagner les prochaines élections anglaises ?
Les sondages le pensent. (Article de CNBC, dont est tiré le graphique suivant.)
En Angleterre, avec un peu plus du tiers des votes exprimés, on a une majorité absolue... 

Le plus surprenant est la répartition des votes. Le parti travailliste est en tête chez les moins de 50 ans, l'Angleterre de demain. Mais les conservateurs écrasent leurs opposants chez les plus de 65 ans... 

Saine démocratie ?

samedi 26 octobre 2019

UK : nid de pirates ?

"Fears rise over post-Brexit workers’ rights and regulations" dit le Financial Times. Le gouvernement anglais a prévu de ne pas tenir parole. Contrairement à ce à quoi il s'est engagé, il va jouer sur le droit social pour nuire à l'UE.

Le fonds de commerce de l'Angleterre post Brexit : jouer les parasites de l'UE ?

Rien de neuf ?

(Quant aux "workers" qui ont voté pour le Brexit, ils sont bien partis pour être les dindons de la farce ? Ils ont oublié que la gloire de la Grande Bretagne était contemporaine de Dickens et Marx.)

lundi 21 octobre 2019

Brexit : ce qui ne tue pas renforce ?

Comment le Brexit va-t-il se terminer ? Les Anglais doivent commencer à trouver le temps long...

Quant à l'Union Européenne, il semblerait que la succession de crises qu'elle subit renforce sa solidité... Espérons que The Economist a vu juste...

dimanche 29 septembre 2019

Brexit : on touche l'absurde ?

La cour suprême anglaise a jugé qu'empêcher le parlement de faire son travail dans une démocratie parlementaire était anticonstitutionnel. Ce à quoi un ministre de M.Johnson a répondu que la cour avait fait un coup de force anticonstitutionnel.

D'autres accusent M.Johnson de bien pire. Abus de faiblesse. Il a induit en erreur la Reine.

L'Angleterre a été en pointe dans le changement de notre temps. Il était naturel qu'elle soit la première à le pousser à l'absurde. Elle détruit son modèle en disant lui rendre sa grandeur. A tel point que Boris Johnson est allé jusqu'à se faire passer pour une réincarnation de Churchill.

lundi 16 septembre 2019

Glorieuse révolution anglaise ?

Angleterre atteinte du mal français ? Il semble que lorsque les Anglais vont mal, c'est parce qu'ils ont adopté des idées françaises...

Le débat qui fait rage actuellement au Royaume Uni fait s'affronter les partisans du peuple et ceux du parlementarisme. La démocratie directe contre la démocratie représentative.
  • La France, en paroles au moins, dit le peuple souverain. L'Angleterre nous a toujours répondu en nous invitant à nous garder des idéologies inapplicables.
  • John Stuart Mill, quelque part dans ce blog (ici), explique les principes de la démocratie représentative. Elle choisit dans la population ceux qui sont le plus à même de résoudre les problèmes de la cité, par le débat. Ce n'est pas une question d'idéologie ou de classe. C'est avant tout une question d'intérêt commun, comme valeur fondamentale de l'élu. Conscients de la nécessité de satisfaire le peuple, dans l'intérêt général, ses représentants vont servir les intérêts de celui-ci.
L'Angleterre contemporaine aurait-elle quelque chose de français ? Une biographie de Mme Thatcher (ici) constate qu'elle a appliqué des méthodes dirigistes, étatiques, voire léninistes, pour mener ses réformes. Ses successeurs ont continué sur sa lancée. Comme un dirigeant français, ils ont considéré qu'ils savaient ce qui était bon pour le peuple, et qu'ils n'avaient pas à l'écouter. Un jour le peuple s'est rendu compte que sa situation s'était dégradée, et ce fut la révolution ?

dimanche 15 septembre 2019

L'homme politique contre le peuple

Le Brexit oppose les parlementaires au peuple. C'est le principe de la démocratie anglaise qui tremble.

"Si on nomme des représentants et des porte-parole (...) on aura vite fait de reproduire le système et fonctionner de haut en bas comme les crapules qui nous dirigent" disent aussi des Gilets jaunes, cités par un article de la Vie des idées. Il se conclut ainsi : "Loin de glisser vers des thématiques xénophobes, l’agenda des Gilets jaunes a évolué, selon une certaine cohérence, de la justice sociale vers la question démocratique (...) Comme si, désormais, la question de la démocratisation des institutions était le préalable à la résolution de la crise sociale..."

Les Grecs pensaient que la politique était un travail à plein temps. Seul un homme riche pouvait s'y livrer. Effectivement, les questions politiques sont d'une telle complexité que notre vie professionnelle ne nous laisse pas le temps de nous faire une opinion solide. En conséquence, il ne semble pas qu'il y ait d'autres voies que la représentation. Alors, comment faire pour qu'elle ne suive pas ses intérêts propres ?

Les économistes parleraient, sans doute, de la "théorie de l'agence". Il faut trouver un moyen pour que le représentant ait les mêmes intérêts que les représentés.