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mardi 24 mai 2022

Le héros et le technocrate

68 révolution incomprise ? Si l'on lit bien le billet "De Gaulle en 68", on y voit un passage de pouvoir. De Gaulle est entouré de héros de la guerre de 40 (mais pas de résistants). Avec Pompidou commence l'ère des technocrates, des hommes d'appareil. 

Ni les uns ni les autres ne doivent leur légitimité à l'élection. Ce ne sont pas des politiques. Ils sont en contradiction avec les principes mêmes de la démocratie. D'ailleurs, ils ont probablement en commun le fait de surestimer leur capacité à diriger le pays, et à comprendre sa population. 

Du malaise actuel ?

samedi 27 avril 2013

Et si l’avenir était au centre ?

La situation du gouvernement français ressemble à celle de B.Obama. Il est attaqué par les extrêmes. D’un côté une sorte de Tea party que rend fou des réformes de société inspirées par l’extrême gauche, de l’autre la dite extrême gauche, qui trouve qu'il n’en fait pas assez. (Dernièrement, elle veut amnistier les syndicalistes condamnés pour des exactions durant des manifestations.)

Comme aux USA, on peut se demander si un gouvernement de gauche, ou de droite d’ailleurs, peut être stable. Mais le centre serait-il une meilleure solution ? La troisième et quatrième républiques ont été particulièrement bouillonnantes, alors qu’elles étaient dirigées du centre. De Gaulle a fait appel au schéma royal pour calmer le pays. Mais cela n’a pas duré, et Mitterrand et Pompidou ont installé le bipartisme actuel.

Il y a peut-être quelque chose de culturel là-dedans. Nous sommes des assistés, et les crises rendent l’assisté fou d’angoisse ? Seule une figure paternelle peut le rassurer, roi ou de Gaulle ? La France deviendra un peu plus stable le jour où ses citoyens seront un peu plus responsables ? C’est-à-dire qu’ils auront appris à ne pas tout attendre de papa ?

dimanche 10 avril 2011

Le renouveau du radical socialisme ?

L’évasion de Jean-Louis Borloo me fait me demander s’il n’y a pas reconstitution d’une forme de mouvement radical socialiste.

Cette tendance semble avoir joué un rôle fondamental dans notre histoire. Et peut-être même représenter un trait de caractère qui nous est propre : un individualisme qui considère qu’il a besoin de la société pour lui fournir la justice.

Pourquoi a-t-elle disparu ? S’est-elle compromise dans la collaboration ?...

En tout cas, j’ai l’impression que de Gaulle représentait un courant proche des radicaux : il voulait représenter la France, ce qui supposait qu’elle n’avait plus besoin de partis politiques. Aurait-il récupéré le courant radical, qui ne s'en serait pas relevé ?

Puis Pompidou et Mitterrand ont décidé que le modèle gaulliste n’était pas viable et qu’il fallait lui substituer le bipartisme que nous connaissons aujourd’hui. Est-ce la conséquence de leurs origines ou celle de leur évolution ? Les valeurs de ces partis sont majoritairement individualistes. Marché de dupes ?

(à creuser)

Compléments :
  • LACOUTURE, Jean, De Gaulle, Seuil, 1985.

samedi 28 août 2010

Rom théorique

Je suis un Martien pavlovien. Dans un billet, Hervé Kabla décrit les Roms. Eh bien, pour moi c’étaient des êtres théoriques. Je n’avais pas mis de visages sur le concept. Ce qui ne m’a pas empêché d’écrire à leur sujet. Ce blog réagit mécaniquement à l’événement.

Ce que dit Hervé est que le Rom est quelqu’un que je rencontre tous les jours depuis toujours, et qui fait tellement partie de mon paysage que je ne le vois pas comme quoi que ce soit de particulier. Bien sûr, un dirigeant de CCI m’a parlé des problèmes que posaient ses campements qui s’installent rarement où il faut, et qu’il a beaucoup de mal à faire déplacer. D’une manière générale les Roms semblent être une source de frustration pour certaines administrations et populations locales. Mais c’est bien peu par rapport aux calamités qui nous affligent par ailleurs ! Pourquoi faire un tel raffut à leur sujet ? (D’ailleurs raffut semble le terme adapté : le gouvernement aurait pu les déplacer sans bruit. Le bruit était certainement son objectif.)

Mais il y a une bien plus grande surprise : c’est à quel point ce geste ridicule rencontre d’écho dans la population. Le sondage le plus favorable aux Roms donne l’exclusion à 48% contre 42. Plus exactement ce qui est inattendu est le décalage brutal entre le discours des journalistes et ce que pense une large part de l’opinion publique. Y a-t-il deux France aux valeurs antinomiques, celle qui domine étant extraordinairement minoritaire ?

Mais pourquoi la nation devrait-elle être homogène ? Ce n’est pas parce que l’égalité est une de nos valeurs qu’elle devrait être réalisée. Au fond, le pays a toujours été divisé, il n’y a aucune raison qu’il se soit fondu en un bloc par miracle.

Et si la nouveauté était que, justement, le gouvernement ait décidé de nier cette fiction ? Que notre division soit utilisée par lui à des fins politiques - tactique de Nixon ?

En tout cas, l’élite des médias lui a emboîté le pas. Réaction épidermique et dogmatique totalement disproportionnée, disant, par exemple, que les Nazis ont entamé leur plongée dans l’abîme en diabolisant les Roms (une universitaire interviewée par RFI il y a quelques jours).

Alors, à quand une élite politique qui chercherait à nous unir ? Un B.Obama français ?

Mais qu’a-t-il gagné à vouloir rassembler sa nation ? La haine de tous. C’est un monstre pour les Républicains, alors qu’il fait leur politique, et les démocrates le haïssent, infiniment plus que leurs adversaires, pour ne pas avoir déclenché un Grand soir purificateur.

Voici une leçon pour l’apprenti leader du changement. Celui qui veut le bien collectif court le risque quasi certain de ne se faire que des ennemis. Il est bien plus sûr de choisir un camp et de se lancer dans une saine lutte fratricide.

Compléments :
  • Tough-guy Sarko.
  • De Gaulle voulait unifier la France. Mitterrand et Pompidou se sont mis d’accord pour se la diviser

mardi 2 février 2010

5ème République et partis politiques

L’histoire de la 5ème République est bâtie sur un conflit : de Gaulle voulait un régime présidentiel qui mettrait un terme définitif au « régime des partis », alors que la constitution est parlementaire. Marier la carpe et le lapin a été un changement de plusieurs décennies :
  • Les partisans d’un système exclusivement parlementaire ou exclusivement présidentiel sont successivement éliminés (les partisans du parlement en 62, de Gaulle en 69).
  • Pompidou et Mitterrand voient une solution au dilemme : un affrontement droite / gauche conduit par de grands partis de gouvernement, dirigés par un présidentiable, qui briguent la majorité à l’assemblée.
  • L’émergence de ces partis se fait d’abord par un rassemblement en deux camps, puis par une sorte de sélection naturelle pour la domination de son camp, dont les manœuvres principales consistent à le faire perdre (les Communistes trahissent les Socialistes en 78, J.Chirac fait de même avec V.Giscard d’Estaing en 81).
Aujourd’hui, ce système est menacé par un émiettement de l’opinion, une multitude de partis se spécialisant dans des thèmes fortement mobilisateurs pour certains citoyens (environnement…), les principes fondateurs des grands partis ne leur permettent pas de traiter correctement ces sujets, qui, d’ailleurs, les divisent.

Compléments :
  • GRUNBERG, Gérard, L’adaptation du système des partis (1965 – 2006) (in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006).
  • Sur cette cohésion française qui a pour conséquence paradoxale de produire l’éparpillement des voix : France : crise de gouvernance ?