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mardi 9 août 2022

Que sais-je ?

"Je voudrais que chacun écrivit ce qu'il sait, et autant qu'il en sait" (Montaigne) 

Cela devrait être la devise du consultant, mais aussi du médecin et du journaliste. 

On vit à une curieuse époque : tout le monde affirme tout savoir, sur tout. Du coup, on ne croit plus personne. 

Or, nous avons tous une expérience, et elle peut être, extrêmement, utile à ceux qui ne l'ont pas. Encore faut-il trouver en quoi elle consiste. Ce qui demande, auparavant, de se convaincre qu'on peut affirmer son ignorance, sans perdre la face. 

mercredi 16 mars 2022

Se réconcilier avec nous-mêmes

Depuis 1989, l'Occident dirige le monde... et s'est fait haïr. 

La raison semble double. Economique, d'abord. Le modèle qu'il promouvait a produit des crises. Culturel ensuite. Ses "Bobos" ont inventé une idéologie qui suscite un violent rejet. Idéologie, qui, par ailleurs, est obsédée par le bien, et a pour principe que l'Occident est l'incarnation du mal ! 

Désormais, le reste du monde revendique le droit de faire les erreurs de l'Occident !

Si l'on veut éviter une crise violente, l'Occident doit se réconcilier avec lui-même. Il a, effectivement, une vocation universaliste : son modèle s'est imposé. Et, il a des mérites : il n'est pas guerrier. 

Et l'Occident peut apporter aux autres des règles du jeu qu'ils n'ont visiblement pas comprises et l'expérience qu'il a tirée de ses erreurs. 

Juste milieu entre la conquête et la charité, il y a l'aide. Apporter à l'autre le recul qui lui permet de prendre conscience de ce qu'est réellement le monde, et de ses forces.  

jeudi 10 février 2022

Réalité relative

Emission américaine (Radiolab) reprise par la BBC. Il était question des tours que nous joue notre cerveau. 

Histoire d'un homme qui est devenu très lent, du fait d'un accident. Il a découvert la lenteur de sa parole (quasi insupportable pour l'auditeur), par hasard, après s'être enregistré. Son cerveau la lui restituait à la même vitesse que celle des autres personnes. D'ailleurs ceux qui vivaient avec lui, eux aussi, s'étaient adaptés. 

Autre histoire : une femme est sujette à des attaques. Une part de son cerveau est nécrosé. On la lui enlève. Mais cela l'empêche de comprendre une carte, et lui fait perdre le sens de la durée. Ce qui fait d'elle quelque-chose comme la championne du monde des courses d'ultra longue distance (pouvant durer une semaine) : le temps ne lui pèse plus. Quant à l'orientation, elle a trouvé un moyen de compenser ses failles : arrivée à un embranchement, elle prend n'importe quelle route, mais elle laisse un fil d'Ariane. Quand elle comprend qu'elle s'est trompée. Elle rebrousse chemin.

Ces cas sont-ils la règle ou l'exception ? J'ai fini par penser que la société me trouvait, comme ma maman, "pas très malin, mais tellement gentil", par exemple. Nous avons certainement tous une vision totalement fausse de la façon dont nous sommes perçus. Nos difficultés existentielles viennent probablement, en grande partie, de ce que nous n'en avons pas conscience. 

lundi 7 février 2022

Pourquoi est-il difficile d'aider ?

Dans un précédent billet, je disais que beaucoup de phénomènes se conjuguaient pour nous empêcher d'aider notre prochain. De quoi s'agit-il ?

  • Nos interprétations sont fausses. Je saute, inconsciemment, de l’observation au jugement. Et je n’écoute plus. Ainsi, je tends à appliquer à l’autre un stéréotype. La personne que je veux aider, par exemple, peut me prêter des intentions qui ne sont pas celles d’un donneur d’aide. Elle me fait entrer dans un mauvais stéréotype. 
  • La société nous impose des règles qui s’opposent à la relation d’aide. En particulier, elle nous donne des rôles et il est impossible de faire, en temps normal, en public un "examen de conscience" ou de dire que "le roi est nu". 
  • La société nous impose, dès la naissance, des objectifs et des façons de les atteindre. Ils sont rarement appropriés à une personne donnée. Ils sont même, généralement, la raison principale de nos drames existentiels. 
  • Finalement, la relation d’aide est une recherche créative tous azimuts. Ce qui "bloque" celui que l'on veut aider est tellement évident qu'on ne le voit plus. Or, nos rigidités intellectuelles nous maintiennent dans les sentiers battus.  

dimanche 6 février 2022

Aide et panne

Il y a fort longtemps, ma voiture connaissait des pannes incompréhensibles. Soudainement, elle s'arrêtait. Ce qui est extrêmement ennuyeux. Mon garagiste ne trouvait rien. Un jour, je suis pris dans un bouchon. Le conducteur qui me suivait sort de sa voiture et vient vers moi : votre clignotant ne marche pas ! me dit-il. Je me suis alors souvenu de ce que m'avait raconté un ami, qui avait eu un incident semblable : cela signifiait un fusible claqué. (Bizarre. Je pensais ne pas avoir fait attention à cette histoire.) Et, effectivement, c'était cela. Le fusible était lié au clignotant et au système de refroidissement du moteur. Le refroidissement ne marchant plus, quand le moteur chauffait, la voiture s'arrêtait. 

On s'interroge rarement sur ce que signifie aider. C'est à la fois évident et pas si évident que cela. Prenons cet exemple. 

  • L’aidé cherche à résoudre un problème, qu’il ne sait la plupart du temps pas formuler. Ou qu'il formule mal, voire de façon trompeuse. Dans ce cas je constatais que ma voiture s'arrêtait de manière aléatoire. Mais je n'avais aucune idée d'où pouvait provenir la panne. La solution de l'énigme m'a étonné, d'ailleurs : je ne soupçonnais pas qu'il pouvait exister de tels étrangetés dans une voiture. (Par principe, je suis fâché avec la mécanique.)
  • Le principal outil du « donneur d’aide » est le « feedback ». Il donne des informations à l’aidé sur ce qu’il est, sur sa façon de se comporter, « en réalité ». Bon exemple : seul, je n'avais aucune chance de voir le fonctionnement de mon clignotant. Il en est de même pour nos problèmes personnels : ils se résoudraient facilement, si nous pouvions nous voir de l'extérieur, avec les yeux des autres.
  • Connaissez-vous beaucoup de gens qui sortent de leur voiture pour indiquer à quelqu'un d'autre que son clignotant est en panne ? La difficulté de l’aide est que de nombreux phénomènes, tout à fait naturels, se conjuguent pour fausser cette transmission d’informations. Or, ils nous sont quasiment consubstantiels. Les éviter est une question de prise de conscience, essentiellement, de techniques et de pratique. 
  • Finalement, le plus curieux est le rôle du "donneur d'aide". Comme dans ce double cas (si l'on ajoute l'ami au conducteur qui est sorti de sa voiture), il répond rarement à une demande, et il n'a pas conscience des conséquences de l'aide qu'il apporte... Et pourtant, c'est ce type aide, sans but bien défini, qui est efficace. 
Enquête : quand vous cherchez à aider quelqu'un, en quoi la façon dont vous voulez aider correspond-elle à ce qui précède ? Ou n'y correspond pas ? Votre aide est-elle efficace ?

vendredi 21 janvier 2022

Aider : rien de plus important ?

Faut-il se mêler des affaires des Ouighours et des Chinois ? Il n'y a peut-être rien de plus important que de comprendre comment doit procéder l'aide. C'est une étude à laquelle Edgar Schein a consacré la majeure partie de ses travaux, et qu'il a nommée "Process consultation". Tentative d'introduction :

Aujourd'hui, deux théories se partagent le terrain. 

  • L'une, liée généralement au "développement personnel" et au libéralisme, dit : chacun doit se débrouiller seul. 
  • L'autre, sa soeur ennemie, est associée à ce que l'on appelle en anglais le "Care", la compassion. Le sujet est lié au "droit d'ingérence". 

Chacune a ses défauts, dénoncés par l'autre. Le développement personnel, c'est le renard libre dans le poulailler libre. Le Care, le masque du néocolonialisme et de la domination. C'est une des raisons pour lesquelles les droits de l'homme ont acquis une mauvaise réputation : on leur reproche d'aller main dans la main avec les intérêts de l'Ouest ou de tel ou tel groupe d'intérêt occidental. 

Process consultation entre dans une troisième voie : "Organization development". C'est l'idée du "Personal development" appliquée aux groupes humains : que faut-il faire pour qu'ils soient bien dans leur peau ?

Son objectif est de faire ce que les deux autres doctrines font de bien, mais sans leurs effets pervers. Il y parvient en attaquant l'hypothèse implicite sur laquelle elles reposent : l'individu. Ces deux théories sont des individualismes. Elles se trompent : contrairement à ce qu'elles disent, l'individu ne vit pas seul dans l'éther. Il appartient à une société, et c'est là que se résout leur contradiction. Car, c'est en changeant cette société que l'on change le sort de l'individu. 

Process consultation, en particulier, est la question du Care reprise avec ces nouvelles hypothèses. Voilà ce que cela donne :

Certains psychologues affirment que l'on ne doit aider que des personnes qui demandent de l'aide. Mon expérience contredit totalement ce point de vue : 1) on est rarement conscient de ses difficultés 2) quand il y a appel à l'aide, il est souvent, toujours ?, trompeur. 

Pour Process consultation, l'occasion fait le larron. Le donneur d'aide révèle la demande en proposant ses services. (Le commerçant ne fait pas autrement !) La relation d'aide résulte donc d'un échange bizarre à la fin duquel une personne décide de faire confiance à une autre, et de lui parler de ce dont elle ne se parlait pas à elle-même. 

Mais les surprises ne font que commencer. Reprenons, pour le montrer, le cas des Ouïgours. Pour Process consultation, il n'y a pas de bons et de mauvais. Il n'y a que des gens qui ont mal posé un problème. C'est par là qu'il faut prendre la question. Comme son nom l'indique, Process consultation constate que ce qui cause nos problèmes ne vient pas de notre nature (bonne ou mauvaise, par exemple), mais de processus, c'est à dire de notre façon de traiter le dit problème. Pour certains, la meilleure façon d'acquérir un bien est de le voler. Mais ce n'est pas le seul moyen. Le rôle du "donneur d'aide" est d'aider celui qu'il aide à prendre du recul par rapport à sa vie, à la voir de l'extérieur. C'est ainsi qu'il peut apercevoir ce qu'il désire et ce qui l'empêche de réaliser ce désir. Et cela vient de ce qu'il s'y prenait mal, mais aussi, souvent, de ce qu'il lui manquait les compétences de quelqu'un pour atteindre son objectif. Souvent, il s'était replié sur lui même, alors que la solution était à portée de main. Et voilà le second rôle du donneur d'aide : il aide celui qu'il aide à se connecter à la société. C'est un tisseur de lien social. 

dimanche 26 décembre 2021

Conduite du changement et projet informatique

Discussion avec un expert de grands projets de mise en place de systèmes d'information. Je suis impressionné par l'évolution des techniques modernes, mais aussi par la capacité à prendre en compte vite et bien les particularités des métiers des différents services concernés. 

Seulement, implicitement, il est fait l'hypothèse que, si le système est parfaitement paramétré, il va être parfaitement utilisé. Or, il y a autant de raisons, sans lien avec lui la plupart du temps, qu'il y a d'employés, que ce ne soit pas le cas. Et mon interlocuteur en est bien conscient. La conduite du changement consiste, justement, à faire que ce ne soit pas le cas. Comment ? 

Dans un premier temps il faut définir l'objectif du projet : que veut-on "changer" dans l'organisation ? Que veut-on gagner ? Avec des chiffres. Ensuite, on ne doit pas s'arrêter avant d'avoir atteint le but. La conduite du changement, c'est l'art délicat du Pit Bull.

Il y a l'esprit, et la technique. Les techniques de "conduite du changement" sont conçues pour garantir l'atteinte de l'objectif en un temps court, et connu. Sans les dommages qu'occasionne l'emploi d'un Pit Bull, ou d'un équivalent. Et encore ?

On encadre le changement et sa durée, en utilisant des "schémas directeurs" adaptés à la question à traiter. Le principe fondateur de "l'animation du changement", qui va utiliser se cadre comme guide de son action, consiste à faire coïncider intérêt général et intérêt particulier. 

Le point le plus important à saisir est le changement que ce changement entraîne dans la situation du leader du projet : de responsable, il devient "donneur d'aide". Ce qui signifie que, de "personne à abattre", il devient sympathique. 

samedi 20 février 2021

Le cordonnier thérapeute

Un spécialiste du redressement d'entreprise me disait qu'il devrait faire pour son entreprise ce qu'il faisait pour les autres. Les cordonniers sont mal chaussés. C'est bien connu. 

Mais ce n'est pas au cordonnier de se chausser, ni au coiffeur de se coiffer, ni au chirurgien de s'opérer. Nous avons besoin des autres pour résoudre nos problèmes. 

Certes. Mais le problème est peut être le problème lui-même. Comme semblent le montrer ces exemples de gens qui ont subi des violences dans leur jeunesse, il est difficile d'exprimer ses maux. Peut-être que nous prenons des chemins détournés pour cela. Nous cherchons nos maux chez les autres. Jusqu'à ce que les techniques que nous avons mises au point pour les aider nous fassent découvrir que nos difficultés ne sont pas si graves que cela, puisqu'elles ont désormais une solution simple, pour les autres. 

Il y aurait tout de même une façon d'être un cordonnier bien chaussé ? D'avoir fabriqué suffisamment de chaussures pour que l'une nous convienne ? 

vendredi 5 février 2021

Qu'est-ce qu'aider ?

Un psychologue disait qu'un "accident" faisait perdre à l'homme ses repères.  Il se sentait impuissant comme un nouveau né. (C'est le cas de beaucoup de dirigeants, actuellement.)

Or, il a en lui ce qui est nécessaire pour se tirer d'affaires, voire profiter des opportunités que produit tout changement. 

Le rôle du donneur d'aide est là : l'aider à "retrouver ses moyens". Une forme de rééducation ?

lundi 30 mars 2020

L'art du don

Si l'on lit ce blog, on verra que, pour moi, la formation professionnelle est une solution à la crise sociale, occidentale.

Il y a de plus ou moins bonnes façons de s'y prendre. Le responsable d'un organisme para public m'expliquait que ce qu'il faisait était une Bérézina. Les entreprises avec lesquelles il travaillait se déchargeaient entièrement de la formation sur lui. Si bien qu'il se retrouvait face à des problèmes invraisemblables (notamment des étudiants sans éducation, qu'il devait nourrir, et qui partaient pour un oui pour un non), et qu'elle était inefficace, et coûtait extrêmement cher à la collectivité (nous).

Une autre personne me disait qu'elle avait procédé différemment. Elle était partie de la demande des entreprises : le recrutement. De là, elle leur avait fait remarquer que c'était une question de formation, et que cette formation était de leur responsabilité. Et que, si elles s'unissaient, mettre en place un cursus de formation ne leur coûterait pas cher, surtout si elles faisaient tout ce qui faut pour que les étudiants ne partent pas chez d'autres une fois formés. A ce point, éventuellement, il mobilisait les ressources de la collectivité pour trouver une salle pour les cours (un local désaffecté), ou pour aider les conjoints des étudiants à s'installer à proximité. Tout cela ne coûtait presque rien, et donnait de très bons résultats.

Logique du don et de l'aide ? Si l'on donne, l'autre pense que c'est un dû. Il agit en parasite. Si vous partez de son besoin, et l'aidez à utiliser ses moyens pour y répondre, il vous est reconnaissant ?

mercredi 16 octobre 2019

Aider ou ne pas aider ? telle est la question

J'ai tendance à aider les gens que je rencontre. Complexe de supériorité ? En tout cas, je constate que ça ne marche pas toujours.

Edgar Schein dit que le bon donneur d'aide est celui que l'on trouve utile. On tend à me trouver utile, mais je pense que je ne le suis pas à tous les coups. L'aide peut déresponsabiliser.

Peut-être faut-il modifier ce que dit Edgar Schein. Le donneur d'aide doit juger qu'il est utile. Pour cela, il doit trouver une logique dans ce qu'on lui dit. S'il n'y parvient pas, c'est qu'il est inadapté.

Soit il y a effectivement absence de logique, et il ne faut pas se substituer à l'expérience de la réalité. Soit il y a "une autre logique", et on ne doit pas interférer avec.

vendredi 10 mai 2019

Martin Seligman est en France

La radio disait que Martin Seligman était en France. C'est un psychologue dont parle souvent ce blog. C'est le spécialiste de l'optimisme. L'optimisme, c'est être stimulé par l'aléa.

Il a donné deux conseils à France Info. Chaque soir, écrire les trois bonnes nouvelles de la journée. Et chercher si quelqu'un a changé votre vie, écrire ce qu'il a fait, et le rencontrer pour le lui dire.

J'imagine que par "changer", il entend quelqu'un qui vous voulait du bien, et qui vous en a fait. (Car, il y a des gens qui vous veulent du mal, comme Staline, mais qui, par la réaction qu'ils suscitent, font de vous des héros ; et d'autres, de plus en plus nombreux, qui pavent votre enfer de leurs bonnes intentions.)

En aidant un ami à réfléchir à la scolarité d'un de ses enfants, je me suis rendu compte que mon père entrait dans cette catégorie. Malheureusement je ne pourrai pas le lui dire. Mais, qui d'autre ? L'esprit de notre époque est-il favorable au "donneur d'aide" ?

dimanche 17 février 2019

Transcendance pratique

Que dit Emmanuel Levinas, se demandaient Les chemins de la philosophie (France Culture) ? Ce que j'en écrivais semble avoir tapé assez près des propos des experts. Néanmoins, je me demande, comme toujours, si j'ai bien compris. 1) Ai-je raté une partie du message ? 2) Est-il à une altitude que je n'atteindrai jamais ? J'utilise ses mots, mais je ne saisis pas la signification qu'il leur donnait ?

Peut-on employer la pensée d'Emmanuel Levinas en pratique, ou le simple fait d'envisager de le faire est-il déjà un total hors jeu ?

Mon métier me fait aller vers l'autre, et même vers une partie inconnue de l'autre. Je parle "d'horreur", dans le sens ancien de crainte et admiration ("awe" a gardé cette signification en anglais). Effet bénéfique.
  • Je dois parvenir à comprendre ce que je peux lui apporter. Etrangement, la rencontre crée les conditions qui permettent de me révéler à moi-même. Exercice existentialiste par nature. 
  • Il voit en moi quelque-chose d'utile que je ne perçois pas. 
  • L'autre peut m'amener à me changer. Pour être à la hauteur de l'événement, ou parce que ses connaissances, son expérience, son aide... m'ouvrent des horizons. 
  • Il y a aussi une récompense immanente dans cet exercice : le geste de reconnaissance inattendu et spontané : "finalement, on avait choisi le bon consultant", "sans vous, je n'y serais pas arrivé".
Transcendance du pauvre ?

Chercher à comprendre le mystère Levinas, invitation à une transcendance de haut vol ?


jeudi 20 décembre 2018

Sauvons le Venezuela

5000 personnes quitteraient le Venezuela chaque jour. Conditions de vie difficiles. Ne devrait-on pas aider les Vénézuéliens ? N'y a-t-il pas d'autres peuples qui mériteraient, encore plus que les Vénézuéliens, un coup de main ?

L'entraide mondial est en panne. Elle ne s'est pas relevée des interventions récentes, guerre d'Irak ou encouragement des printemps arabes. Elles ont été pires que le mal.

A quoi ressemblerait une "bonne intervention" ?
  • Elle doit jouer sur des aspirations internes pour être légitime. En particulier, ce sont les "gilets jaunes" qui font la base des nations, et ce aussi bien en Amérique qu'en Iran, en Egypte qu'en Russie. C'est à dire des gens qui vivent de valeurs traditionnelles, dans la précarité. 
  • Elle doit faire émerger des structures politiques stables, ce qui signifie ne pas construire un édifice abstrait, et donner, éventuellement, un savoir-faire qui manque au pays. (Echec de la décolonisation.)
  • Elle ne doit pas imposer de l'extérieur une culture étrangère, qui entrerait en conflit avec la culture nationale. (Tentation américaine.)
  • Autre ? 

dimanche 16 décembre 2018

Les principes du changement

Pour Kurt Lewin, le changement est un dégel. Avant : certitude. Dégel : plus de certitudes. On cherche, plus ou moins au hasard. Si ce que l'on trouve semble marcher, il y a recongélation. Nouvelles certitudes.

D'où le concept "d'anxiété d'apprentissage" inventé par Edgar Schein. La traversée du dégel est un apprentissage. Mais, puisque l'on ne sait pas où l'on va, on est inquiet. Si bien que l'on peut être paralysé. Le changement est alors bloqué.

Boris Cyrulnik a peut-être trouvé une solution au problème. "La base de sécurité." Soit un homme qui rencontre l'inconnu. Expérience après expérience, il va en comprendre les règles. Mais, pour mener cette exploration, il lui faut, comme pour l'explorateur, une "base". Il en part, à l'aventure, et il y revient.

Morale ? Le changement demande de partir dans l'inconnu. Pour cela, au préalable, il faut trouver une base de sécurité. Qu'est-ce ? "Quelque chose" qui donne la force de partir à l'aventure ? Le rôle du donneur d'aide ?

mardi 27 novembre 2018

Etat donneur d'aide

Combien faudrait-il pour faire le bonheur des "gilets jaunes" ? J'ai entendu parler d'une baisse de pouvoir d'achat de cinq cents euros, par an. Peut-être n'en faudrait-il pas beaucoup plus. Même si dix millions de foyers sont concernés, cela ne fait que cinq milliards.

Est-il certain qu'il faille le leur donner ? Peut-être, en se penchant sur les cas particuliers, on pourrait découvrir que certaines aides ne sont pas connues, ou que certains coûts sont inutiles. Après travail sur un échantillon, qui dit que l'on ne puisse pas trouver soit quelques idées efficaces, soit un mécanisme permanent, peu dispendieux, qui améliore significativement la situation ?

On a dit que l'Etat français était "instituteur", puis on a voulu qu'il soit "stratège" (Jupiter ?), ne faudrait-il pas qu'il devienne, au moins un peu, "donneur d'aide" ?

jeudi 15 novembre 2018

Que cache le mot "aide" ?

Lorsque l'on parle d'intervention à l'étranger, droit ou devoir d'ingérence, on pense armée. En fait, l'intervention est rarement militaire. Le règlement de la guerre de 14, et l'action extrêmement malencontreuse des USA, qui rejettent les mesures qu'ils avaient amené les Européens à accepter, puis produisent la crise de 29, ont sans doute causé la seconde guerre mondiale. De même les printemps arabes, qui ont donné l'inverse de ce qu'ils promettaient, ont certainement été encouragés de l'extérieur.

Si l'aide au pays pauvre a échoué, c'est peut être qu'elle était avant tout une tentative d'imposer une culture à une autre culture. Et c'est cela qui produit le chaos. Comme souvent en systémique, les mots ont un sens inverse de ce que l'on entend par eux. L'aide, telle qu'on en parle aujourd'hui, la théologie de la compassion, est totalitarisme. Peut-être que si l'on veut une "globalisation" heureuse, il faudra apprendre à respecter la culture de l'autre, sans, pour autant, la mettre dans une réserve, façon Indiens d'Amérique ? C'est cela être réellement un "donneur d'aide" ?

samedi 23 juin 2018

Les blocages de l'IA

J'entends partout le même discours. L'Intelligence Artificielle fait des miracles, c'est évident. Mais il y a un blocage insurmontable. Car l'IA conduit à des changements que les gens refusent ; et les dirigeants sont fermés à l'innovation.

En résumé, il s'est installé dans les têtes : IA = échec par résistance au progrès

Ces problèmes ne sont pas neufs. Ils sont quotidiens. Les gens, à commencer par les ONG, qui veulent nous changer pullulent. Mais il n'y a pas de place dans notre vie pour eux. Pour qu'un changement réussisse, il faut qu'il s'inscrive dans nos préoccupations.

Préparons le changement !
Ce n'est pas insoluble. Comment procéder ? Préparation du changement.  Il faut parvenir à ce que le dirigeant vous fasse des confidences. Puis il faut l'aider à résoudre ses problèmes. Curieusement, souvent, il se trouve que votre changement est justement ce dont il avait besoin. Mais, s'il s'empare du changement, il va connaître une rechute. Il va comprendre que ses collaborateurs vont s'y opposer. C'est évident. Mais, si on lui demande quels sont les changements qui ont réussi, il peut comprendre qu'ils se ressemblent tous ! Toute entreprise a une culture du changement. Lorsque l'on a observé ses rites, le succès est assuré. Tant qu'on ne l'aura pas compris, l'IA ne sera qu'une mode de management après d'autres ?

jeudi 7 juin 2018

Guide du changement

Je suis unique m'a dit un étudiant qui faisait une étude sur le conseil en changement. En effet, je travaille en amont du changement, avec les dirigeants, alors que la profession s'intéresse à l'accompagnement du changement, c'est-à-dire à le faciliter une fois qu'il est lancé. (Autrement dit, j'occupe une niche qui n'a aucune valeur !)

Contrairement à ce que l'on pense, la partie compliquée du changement ne prend pas beaucoup de temps. C'est l'exécution du changement, surtout lorsqu'elle part mal, qui est longue. De ce fait, je vois beaucoup de changements chaque année. Ce que j'apporte au dirigeant c'est cette expérience d'un terrain inconnu. Mais ce n'est pas l'Amazonie. C'est plutôt la tempête en pleine mer, pour un navigateur côtier. Je ne suis pas un guide pour explorateur, mais plutôt quelqu'un qui aide à devenir explorateur. Ce n'est pas une question de programme à suivre, mais de comportement à adopter. Et ce comportement ne peut pas être dicté, il doit être trouvé en soi. Le dirigeant doit dire : ça y est, j'ai compris, je traverse l'Atlantique. En solitaire.

vendredi 6 avril 2018

Le changement, art de la guerre nucléaire ?

La systémique explique pourquoi j'ai toujours tort. Dans un système, notre premier réflexe est systématiquement faux. Mais il montre ce qu'il faut faire : le contraire de son intuition. Exemple ?

Le problème, c'est la solution
Nous vivons dans un système individualiste. Dans un système basé sur l'homme, tout problème a un responsable humain. Donc un coupable. Effectivement, il n'y a pas longtemps à chercher. On trouve vite quelqu'un qui dérègle le système, pour son bénéfice propre. Mais, son pouvoir de nuisance vient de son rôle, critique. Il est indispensable ! Pensez, par exemple, à un agent de maintenance, ou à un président de la République.

Que veut dire faire le contraire de son intuition ? C'est constater que, s'il sait paralyser le système, il est peut-être le seul à pouvoir le faire fonctionner. On se trouve alors devant un problème compliqué : à quelle condition va-t-il changer d'état d'esprit ?

Anxiété de survie
Ne pas faire l'inverse de l'inverse : croire se le mettre dans la poche en le traitant en victime. Car, il ne fait pas son devoir. Ce qui est inadmissible. Le changement est rédempteur. Mais, sans anxiété de survie, il ne bougera pas. Tolérer son comportement, c'est condamner le système. Il change, ou c'est Hiroshima.

Anxiété d'apprentissage
Et ce peut être Hiroshima. Car, il ne sait peut-être pas comment changer ! Il peut déclencher une panne ou faire voter des impôts, mais non faire marcher la machine ou l'Etat. C'est la question de "l'anxiété d'apprentissage". Il a besoin de conditions qui lui permettent de trouver, seul, la solution qui lui manque. C'est souvent le "donneur d'aide" de la théorie d'Edgar Schein qui les lui fournit. Mais, cela c'est une autre histoire.

Comme dans Dr Folamour,  le changement est un rodéo sur le dos d'une bombe atomique.