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mardi 1 mars 2022

Gary Hart président

Qui se souvient de Gary Hart ? Ce fut Bill Clinton avant Bill Clinton. Un démocrate jeune et séduisant qui aurait dû devenir président des États Unis. Mais, il a été victime d'un changement. La presse américaine s'est mise à s'intéresser à la vie privée des candidats. Or, il avait une liaison extramaritale. L'électeur ne le lui a pas pardonné. (Une émission de la BBC.)

Faut-il en vouloir à la presse, ou à la culture américaine ? Que ce soit un bon ou un mauvais moyen de sélectionner un candidat, il semblerait que l'opinion aime ceux qui se rient des aléas. Avis aux amateurs ?

mercredi 22 janvier 2020

A quoi ressemblera l'après syndicalisme ?

Partis politiques, syndicats, c'est fini ? Une société homogène ne se constitue plus en groupes susceptibles d'avoir une représentation fixe ? Va-t-on vers des mouvements "auto organisés" ? Quelque-chose qui ressemblerait à la "gestion des biens communs" étudiée par l'économiste Elinor Ostrom ?
  • A l'image des méthode de la programmation en "open source" (ou du modèle wikipedia), des "rites" prêts à l'emploi. (On se compte sur les réseaux sociaux, et on se retrouve sur les ronds-points.) 
  • Il faut un objectif pour lequel on est prêt à aller jusqu'au bout. Lorsqu'on l'obtient, on s'arrête (ce qui manque à la grève des retraites, ou aux Gilets jaunes), par exemple "fermeture de..." 
  • Il n'y a pas besoin de "porte parole". 
  • En revanche, il peut y avoir besoin d'une "intelligence" en amont : il faut transformer la grogne en un objectif à atteindre, qui va, effectivement, éliminer le problème qui a suscité le mécontentement. (Voir, à titre de bon exemple, l'analyse de White Working Class : la grogne de la classe moyenne américaine vient d'une dégradation de ses conditions de vie, or, il suffirait de mettre en place des programmes de formation pour résoudre le problème tout en aidant l'économie.) Là aussi, cela peut être un rite. 
  • Ce qui compte est la crédibilité, donc la détermination. 

samedi 16 mars 2019

Alain Duhamel

Alain Duhamel est plus intéressant que je ne le pensais. J'en avais un souvenir d'enfance. De télévision. Je l'associais à ces informations qui n'informaient de rien. Des tissus de banalités. Seul trait marquant : une mèche de cheveux qui tombait, et qu'il replaçait sans cesse. Irritant. Eh bien, son interview par France Culture, la semaine dernière, m'a fait entrevoir un autre homme.

Je ne savais pas qu'il avait été un intime de tous nos présidents. Il n'y a peut-être qu'en France que cela est possible. Ce que je retiens : deux années brillantes de Giscard d'Estaing, et une fin calamiteuse ; Mitterrand, du bon et du mauvais ; Jospin : recalé, piteusement, pour n'avoir parlé que de son bilan, et conçu aucun projet pour l'avenir ; Sarkozy, excellent dans la crise, et la créant le reste du temps ; Chirac : rien ; Hollande : deux années calamiteuses, puis des réformes efficaces, mais incapacité à personnaliser sa fonction ; et maintenant, la politique est un chaos.

Sentiment qu'Alain Duhamel et ses présidents faisaient parti d'un "système". Ritualisme : ils y jouaient un rôle, sans s'interroger sur son utilité, ou sur les réels besoins de la nation.

vendredi 16 novembre 2018

Gilets jaunes

Qui sont les "gilets jaunes" ? se demande-t-on. Simplement, des gens ordinaires. Leurs conditions de vie se dégradent, et personne ne s'en soucie. Car ce n'est, apparemment, pas qu'une question de carburant. (Bien qu'elle soit probablement importante : on doit se déplacer pour travailler.) C'est aussi des tribunaux ou des hôpitaux qui disparaissent. Et peut être tout ce qui faisait la vie qui devient difficile.

Etrangement, ces sujets n'intéressent pas notre personnel politique, pas plus que les syndicats. Doit-on se demander, d'ailleurs, si les uns et les autres n'ont pas fait beaucoup pour créer cette situation ? Quels intérêts servent-ils ?

(Le Figaro, sur la sociologie du mouvement.)

dimanche 4 novembre 2018

La SNCF rend fou

Mon quotidien, c'est le train supprimé. Maintenant, il y a, en plus, le train qui ne part pas. Trois fois de suite, le soir. Et aucune information. Et un remplissage de wagon à bestiaux. Et l'autre jour, j'avais un rendez-vous un peu lointain, et trois trains pour y arriver... Le second a du mal à partir. Et on m'annonce que le troisième est ralenti... Et le rendez-vous ne durerait pas plus d'une heure... La SNCF, c'est le stress. Du coup, j'en viens à chercher un coupable.

Je crois que c'est l'esprit du temps : l'égoïsme. Les cheminots, collectivement, ont exploité leur monopole, pour essorer la collectivité. Les politiques, eux aussi, ont ruiné la SNCF, donc la collectivité, pour se faire construire des TGV, et se faire mousser. Mais ils sont eux les vrais coupables. Car, au moins certains d'entre-eux, ont aussi trouvé leur intérêt à encourager les premiers.

La concurrence peut-elle améliorer la situation ? On passera d'un comportement monopoliste à un autre. Et la collectivité continuera à être essorée. La question que pose la SNCF est le contrôle des "biens communs", façon Elinor Ostrom. Plus qu'une technique, c'est une question de volonté. Celle de nos élus, pour commencer.

jeudi 20 septembre 2018

Que demande le Français à ses élus ?

Une phrase que nos élus, en particulier nos présidents susceptibles à "l'hybris", devraient lire ?
Les Français ne réclament pas des élus parfaits. Ils veulent des élus proches d'eux et qui ne vivent pas sur une autre planète. Contrairement aux apparences, un Etat modeste est un Etat fort. Fort de la confiance populaire. (René Dosière, L'argent de l'Etat - voir billet précédent.)

L'argent de l'Etat

Un livre un peu ancien (2011), mais fort intéressant, et ce à plusieurs titres :

  • Il est très bien écrit, et extrêmement clair. 
  • Il révèle un rôle nouveau du député : l'investigation. Le député est de moins en moins un "law maker" comme dans les pays anglo-saxons. Alors, il enquête, il contrôle le fonctionnement de l'Etat. 
  • Le livre porte, donc, sur le train de vie du gouvernement. Il révèle que ceux qui nous élisons sont l'anti modèle du citoyen. Ils jouent avec nous au gendarme et au voleur, eux étant le voleur. Ils dissimulent, jusqu'à ce qu'ils soient pris. Et ils recommencent. 
  • M.Sarkozy a été l'exception qui confirmait toutes les règles (de rigueur) qu'il décrétait. Quant à M.Fillon, les problèmes qui lui ont coûté la présidentielle étaient criants lorsqu'il était premier ministre : il avait de gros revenus (plus de 20.000€ par mois, sachant qu'il s'était aménagé un 300m2 dans un palais, où il n'avait aucune dépense, et qu'il allait en avion dans sa circonscription, accompagné de sa voiture, alors qu'il aurait pu prendre le train), qui devaient être à la hauteur de ses besoins. 
  • Entre les cumuls, les salaires directs, et les avantages, il est fini le temps où l'on prétendait que les hauts fonctionnaires et les hommes politiques avaient fait voeu de pauvreté. 
  • Comme le dit l'auteur, tout vient de l'état d'esprit des hommes politiques. "je plaide pour une vie politique dont la finalité demeure exclusivement l'intérêt général et non l'attrait de l'argent. Quand on choisit le service public, comme fonctionnaire ou comme élu, on sait que l'argent ne sera pas l'instrument de mesure de la réussite. On préfère les valeurs de l'esprit aux valeurs boursières." 

vendredi 31 août 2018

Le talent de M.Trump ?

Il y a quelque chose d'étrange chez M.Trump. C'est un (faux ?) milliardaire, pourtant la classe des déclassés s'identifie à lui.

Par beaucoup d'aspects, M.Macron lui ressemble. Et pourtant il ne suscite nulle part la sympathie. En revanche s'il irrite, il ne provoque pas de rejet violent.

Cela a-t-il une importance ? Il n'y a que les hommes politiques qui aient besoin d'être aimés. L'électeur est utilitariste. Du moins, c'est ce qu'il me semble.

jeudi 9 août 2018

De l'usage des hommes politiques

Qu'il s'agisse de MM. Trump ou Macron, l'électeur sait à quoi s'en tenir sur ceux pour qui il vote. Il n'est pas motivé par l'affection, mais par l'équilibre. Il corrige les erreurs des uns par celles des autres.

Ce qu'il y a d'étrange est qu'aucun homme politique ne parvient à comprendre cette réalité que répètent pourtant les études d'opinion. L'espoir fait vivre ?

samedi 4 août 2018

Les malheurs de l'homme politique

L'opposition est malheureuse. M.Macron la méprise, et il la menace de chômage. Elle résiste avec la dernière énergie.

C'est vrai que le traitement est inhumain. Il aurait dû rester réservé aux électeurs.

mercredi 25 juillet 2018

Vanité des vanités

Il y a quelques temps, j'ai croisé un ancien ministre dans une entreprise. Seulement, je ne le savais pas. (Je ne connaissais que son nom, pas sa figure, et on me l'a présenté par son prénom.) Et je l'ai traité avec quelque peu de rudesse, me dis-je maintenant.

Le pouvoir prépare mal à la vie active. On se croit un sur homme, alors que l'on ne fait que brasser des idées banales. Lorsque l'on est chassé du paradis, on découvre que le roi est nu. Le Français ordinaire, à force d'en baver, est devenu super performant. Ce qui n'est pas le cas de l'ex puissant.

samedi 21 juillet 2018

Le député résiste au changement

Nos députés luttent, avec l'énergie du désespoir, contre les suppressions de postes que leur impose M.Macron. M.Macron leur inflige ce qui ne les émeut guère lorsque cela arrive au reste de la population : le chômage. Faut-il aimer la vengeance ?

Je ne le pense pas. M.Macron semble s'être fait une spécialité du passage en force. Il ne se donne même pas la peine d'expliquer le sens de ses réformes. Celle-ci a été préparée par des générations d'esprits brillants, qui ont montré qu'il y avait trop de députés, disposant de trop peu de moyens. Des députés en nombre réduit seraient des députés efficaces. Pourquoi ne pas nous le rappeler ? Cette réforme a été préparée par ceux qui s'y opposent aujourd'hui. Surtout, pourquoi ne pas faire ce que l'on ne fait pas dans l'entreprise : faciliter la reconversion du député chômeur ? Cela serait un exemple de flexisécurité. Et cela montrerait que nous avons encore quelques vertus chrétiennes.

lundi 7 mai 2018

L'échec en politique

France Culture interviewait des hommes politiques qui ont échoué. Je m'attendais à les trouver sympathiques. Enfin, l'humain allait se montrer derrière le masque. C'est d'ailleurs pour cela que j'aime beaucoup écouter les gens parler d'eux mêmes. J'y trouve les plus belles des histoires.

Ce coup-ci, il n'en est rien sorti. Au fond, ils s'accommodent très bien de l'échec. Quand on n'a pas de conviction, on n'a rien à perdre ?

mardi 17 avril 2018

Le savant et le politique

Cédric Villani se comparait à Lavoisier. Lavoisier était un scientifique devenu politique. Et qui a mal fini. (Mais peut-être était-ce parce qu'il était noble et, de surcroît, fermier-général ?) Il aurait pu parler de Max Weber. Pour Max Weber le savant ne peut pas être un politique. (Livre.)

Et si ce mélange de genre était un mal de notre temps ? Le scientifique est engagé, et ses états de service sont devenus arguments d'autorité. Mais la science donne-t-elle des solutions définitives ? Peut-elle prédire l'avenir ? Ce que produit le scientifique engagé ne peut-il pas être que biaisé par ses a priori ? Non scientifique donc ? Le rôle du scientifique n'est-il pas d'être "au dessus" de la société, de l'observer de l'extérieur ? Le rôle du politique, c'est-à-dire de vous et de moi, n'est-il pas d'utiliser ce que met à notre disposition la science, notamment, pour en tirer un projet de société selon notre goût ? Comme le disait Weber ?

samedi 24 juin 2017

Assistant

Assistants du FN, de M.Fillon, du Modem. Il parait que tous ces gens n'étaient pas payés pour ce qu'ils faisaient. Un homme politique disait à France Info que c'est le cas pour tous les partis. Mais, pourquoi seuls quelques-uns font-ils les frais d'une délation ? La presse, qui rapporte ces affaires, est-elle manipulée, ou joue-t-elle un jeu politique ? Pourquoi ne pas lancer une enquête systématique, qui réglerait la question une fois pour toute ?...

(Et pourquoi y a-t-il des délateurs, sachant qu'ils affirment bien haut leur complicité ?)

mardi 16 mai 2017

Député

J'entendais un député socialiste marseillais s'en prendre à M.Mélenchon. M.Mélenchon veut lui voler son poste. Le député expliquait qu'être député, ce n'était pas pour les amateurs. Cela demandait de connaître la réalité locale en profondeur. Mais, est-ce le cas ? 

Marc Abélès, un anthropologue qui a étudié le député, dit que le député "se fait bouffer". C'est à dire que son rôle principal est de rendre service. Par exemple, il a accordé beaucoup de dispenses de service militaire. Mais qui en profite ? Clientélisme ? Politique de lobbys ? Mon député publie une feuille de chou à sa gloire. Je n'y vois pas grand chose qui parle de questions qui me concernent. Les députés nous donnent surtout un triste spectacle. Ils produisent des lois incompréhensibles. Sauf lorsqu'il s'agit de leurs propres intérêts. 

M.Macron semble vouloir sélectionner des gens honnêtes et compétents. Sauront-ils réinventer le débat démocratique ? Rome ne s'est pas faite en un jour ?

samedi 22 avril 2017

Le savant et le politique

M.Trump illustre la thèse du Savant et du politique de Max Weber. L'homme politique, le vrai, ne pense pas, il est son message. Ainsi il est capable de réagir immédiatement à l'aléa. Et il est imprévisible. Donc non manipulable. 

Quant au savant, sa formation le rend incapable de prendre une décision. D'ailleurs, elle en a probablement fait un esclave du système. Mais, sa science lui permet de savoir si le politique se trompe, ou de l'aider dans son projet. 

Notre société est probablement mal montée. Le savant ne doit pas avoir le pouvoir. Il ne peut qu'être un "grand commis", ou une conscience. 

mercredi 1 février 2017

Trump et Fillon

On reproche à M.Trump de placer sa famille à des positions de pouvoir. Mais on découvre que M.Fillon a lui aussi employé sa famille, et que beaucoup de politiques font de même. Et que ce n'est pas illégal. D'ailleurs, il n'est pas sûr que M.Trump paie sa famille, en revanche il la fait travailler. On soupçonne que M.Fillon fait l'exact inverse. 

"Banalité du mal" ? Quand les gens bien commencent à faire de petites entorses à la morale, ils perdent ce qui faisait leur légitimité et ouvrent la porte aux virtuoses du populisme ?  Honnêteté et politique : c'est sans nuances ?

(J'ai entendu dire que l'administration européenne interdit ce type de pratique. Comme quoi la si décriée UE a tout de même un peu de bon.)

mercredi 21 septembre 2016

De la responsabilité en politique

Je suis bien loin du monde. Je découvre que Mme Le Pen serait maintenant certaine d'arriver au second tour de l'élection présidentielle. Comme le Brexit, ou M.Trump, elle ne devrait pas l'emporter, finalement. Cependant son camp compterait désormais des intellectuels et des hauts fonctionnaires. 

J'ai pensé que MM.Hollande et Sarkozy étaient, eux-aussi, différents des autres hommes. N'importe qui, constatant qu'il n'a qu'une poignée de sympathisants, et, donc, qu'il y a des chances que  "moi candidat, j'ai fait élire le FN", renoncerait. Pas eux. Mieux, ils font tout pour se débarrasser de ceux qui auraient plus de chances qu'eux de réussir. C'est l'effet imprévu d'un système fondé sur la sélection ?

(Sondages. Le plus fort : "A la question "Parmi les candidats suivants, lequel souhaiteriez-vous voir représenter la gauche à la présidentielle 2017 ?", les sondés répondent à 29 % Emmanuel Macron. Ils ne sont que 15 % à répondre Manuel Valls, 12 % à choisir Jean-Luc Mélenchon, 11 % à désigner Montebourg, 9 % à opter pour Martine Aubry, 6 % à choisir François Hollande.")

samedi 28 mai 2016

Le bon politique est un politique mort ?

Ce n'est pas ce que je pensais. J'entendais dire que M.Juppé était en tête des sondages. En fait, lorsque l'on y regarde de plus près, ils semblent dire que les Français aiment beaucoup de gens. Certes M.Juppé a de l'avance, mais MM.Macron, Raffarin, Bayrou, Fillon et autres Cazeneuve et Hidalgo sont dans un mouchoir. Ce qui est surprenant ce sont les "très mauvaises opinions". Elles sont généralement à de faibles valeurs, sauf en ce qui concerne MM.Sarkozy et Hollande et Marine et Marion Le Pen. (35% pour M.Sarkozy, plus de 40 pour les trois autres.)

Cela pose beaucoup de questions : que faut-il pour être aimé ? Être muet ? Y a-t-il corrélation entre amour et élection ?