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jeudi 31 mars 2022

Grandeur et décadence de l'ingénieur

Dans mon enfance, l'ingénieur était élite de la nation. Aujourd'hui, il est une sorte d'espèce protégée. Il a quelques emplois réservés, extérieurement prestigieux, mais sans conséquence. 

C'est peut-être l'histoire des deux sens de logos. Logos voudrait à la fois dire raison et parole. Eh bien, le tout parole a pris le pas sur le tout raison. L'X-Mines a été remplacé par l'inspecteur des finances. "Ingénieur" est à entendre au sens anglais : rustre.

Causes ? Trois hypothèses :

  • Le progrès, et ses grosses usines pestilentielles, a fait son temps. Toute la séduction de l'ingénieur s'est envolée. 
  • On a testé, ça n'a pas marché. L'ingénieur a dirigé notre pays et ses entreprises. Cela leur a été fatal. En le ménageant, on l'a écarté. 
  • Désormais, celui qui veut arriver au sommet doit s'expliquer. Or, l'ingénieur n'a pas été formé pour cela. 

Après l'ère de l'ingénieur autiste nous en sommes arrivés à celle du bonimenteur ? Pas tellement mieux ? Comment le dirait Aristote, il faudrait un "juste milieu" entre ces deux extrêmes. Le logos bien compris. L'homo sapiens ? 

lundi 6 septembre 2021

Le scientifique et l'ingénieur

Laurent Schwarz, dans l'introduction à son cours de mathématiques, fait une distinction entre l'ingénieur et le mathématicien. Le premier n'aurait pas besoin de démonstrations rigoureuses. 

Voilà qui m'a choqué. Et voilà ce qui explique, ce que je ne fais que comprendre, pourquoi ma relation à mes collègues ingénieurs a toujours été tendue. J'ai toujours été attaché à la rigueur mathématique. 

Le propre de l'ingénieur est l'empirisme, au sens philosophique du terme. Ce qui compte est "que ça marche". Pourquoi ? ce n'est pas son problème. On ne voit jamais cela aussi bien qu'en Angleterre. Les Anglais ont d'excellents ingénieurs, alors "qu'ingénieur" est un terme, chez eux, de très peu de prestige. Ces ingénieurs ont des notions scientifiques rudimentaires. En termes culturels, ce sont des rustres. Tout leur art est dans l'intuition, l'expérimentation et le bricolage. 

La faille de l'ingénieur français est qu'il croit à son génie, mais qu'il a oublié qu'il devait être un expérimentateur. Ce qui produit bien des désastres. En tout cas, si j'avais écouté mes enseignants, et si je m'étais rendu compte plus tôt que je n'étais pas fait pour être ingénieur, je serais certainement passé à côté de la plus intéressante partie de ma vie ! 

samedi 23 janvier 2021

Le jour où l'ingénieur a changé

Lorsque je suis arrivé à la stratégie de Dassault Systèmes, après avoir été programmeur, j'ai remarqué que notre clientèle était à 95% étrangère, et que j'aurais besoin de faire une étude de marché. On m'a répondu qu'il n'y avait pas de budget pour cela. Alors, je me suis débrouillé. Et j'ai appris dans les livres. Ce dont j'ai tiré un cours qui aurait pu être mon premier livre, si j'avais accepté l'offre de publication que l'on me fit quelques temps plus tard. Et c'est comme cela que j'ai appris le métier de consultant et les études de marché. A tel point que j'ai toujours surpris les professionnels de ces secteurs. 

J'étais un ingénieur de l'ancien temps. Ceux là faisaient tout de leurs mains. Dix ans plus tard, lors d'une mission chez France Télécom, j'ai eu la surprise de découvrir que ses ingénieurs ne faisaient plus que passer des commandes. Ils ne réalisaient plus rien eux-mêmes. L'ingénieur était devenu chef. C'est probablement alors que le conseil a pris son envol. Il fallait tout de même quelqu'un pour faire le boulot. D'ailleurs, j'en ai profité. J'avais vendu le fameux cours de marketing à un service de diplômés de grandes écoles de commerce ! Et ça a, effectivement, marché !

lundi 30 décembre 2019

Le XXIème siècle sera-t-il le siècle des ingénieurs ?

"Le secteur de la construction est responsable de la moitié des émissions de CO2 de la Grande Bretagne, le béton, à lui seul, de 5%." Les techniques de construction n'ont pas changé depuis les Romains. Si l'on utilisait le juste nécessaire, ce que l'on sait faire, il serait possible de réduire la consommation de béton par deux. (Article.)

En fait, ce que dit l'article est faux. Les bâtisseurs de cathédrales avaient une approche de la construction, très expérimentale, qui ressemble à celle qu'il envisage. Ils économisaient la matière pour des raisons esthétiques.

Mais l'important n'est pas là. La façon la plus simple d'éviter un changement climatique est d'améliorer, radicalement, nos techniques actuelles. Cela aurait aussi pour avantage d'être un changement qui ne demanderait pas de changement à la société, et, même, qui ressemblerait à ce que fut la reconstruction après la guerre : un grand fournisseur de travail pour tous. Or, depuis longtemps on sait que c'est possible. Selon le vocabulaire universitaire, cela demande de "l'innovation", mais pas de "l'invention". Aube d'une nouvelle "révolution industrielle" ?

mardi 10 septembre 2019

L'ingénieur reconsidéré

En Angleterre, l'ingénieur est déconsidéré. Pourtant, l'ingénieur anglais est très compétent. Sujet de discussion avec un ami.

Il me semble qu'il a une attitude différente de celle du Français. Le Français pense que les mathématiques sont premières ; le monde est mathématique. Pour l'Anglais, c'est la pratique, et l'intuition de la pratique. Il emploie des mathématiques, mais comme un physicien. Comme un outil qui marche, mais dont on change lorsqu'il ne va plus. Ce qui compte, c'est le résultat.

A y bien réfléchir, je doute que nos ingénieurs français soient bien des ingénieurs...

vendredi 26 août 2016

Aroun Tazieff

Lundi dernier j'entendais parler d'Aroun Tazieff. Il se trouve que je l'ai rencontré. Il était venu faire une présentation dans mon école d'ingénieur, du temps où j'étais élève. Je crois me souvenir que j'étais surpris de le voir là. On n'était plus à l'époque des grandes découvertes, où les Paul-Emile Victor ou Cousteau fascinaient les foules. Et son expérience n'était pas d'un grand intérêt pour les choix de carrière d'un ingénieur. L'ingénieur n'était plus un aventurier de la science, mais un fonctionnaire.

Il a commencé son intervention en nous disant que nous devions être étonnés de le voir là. Car, en France, on oublie à quel point on est épargné par les phénomènes naturels. Et nous avons découvert ce que l'on appellerait maintenant un formidable "story teller". Ce qu'il nous a dit était passionnant. Mais j'étais trop prisonnier de mes idées reçues pour le comprendre.

jeudi 21 mai 2015

Malheureux ingénieur

Témoignage d'un diplômé cinquantenaire du MIT. Transmis par Hervé Kabla. Tous les diplômés de son âge sont exceptionnellement prospères, sauf les ingénieurs ! La star du Lisp (langage d'intelligence artificielle des années 80) est payée comme un trentenaire, et tous sont dans des conditions peu glorieuses, et encore moins assurés de leur avenir. Et, il parle d'une séance de retape du MIT. Les chômeurs se sont abstenus.

Voilà qui en dit long sur notre société. Ce sont les professeurs et les juristes qui se sont enrichis. Ils ont des jobs assurés et la retraite à portée de main. La technocratie ! Les productifs, les ingénieurs en particulier, ont subi les foudres du marché. Ce qui a permis de "créer de la valeur" par réduction salariale. C'est comme cela que la technocratie voit les choses. 

Mais aussi, avez-vous entendu tout ce ramdam sur l'excellence ? Saclay, où sont regroupées toutes nos grandes écoles d'ingénieurs, va rivaliser avec Stanford et MIT, nous dit-on. Mais qu'est-ce que cela signifie rivaliser avec un MIT qui produit du chômeur ?  Ingénieur de grande école : élite de la nation, ou mouton bon à tondre ?

samedi 3 janvier 2015

Chômage des grandes écoles

Comment se fait-il que l'on fasse un aussi grand chômage de nos ingénieurs des grandes écoles ? Me suis-je demandé dans un billet précédent. Un souvenir m'est revenu. 

Mes débuts professionnels sont dans une start up : Dassault Systèmes. A l'époque, les carrières étaient météoritiques. Vouloir bien faire son travail était être un imbécile. D'où qualité déplorable et atmosphère difficile à respirer. J'ai rapidement regardé ailleurs. Par exemple, chez Dassault Aviation. Et j'y découvre un monde arrêté ! En un an, j'avais parcouru plus de chemin qu'un de ses ingénieurs en 7! L'ingénieur de Dassault était un expert qui développait lentement ses compétences. 

Péché originel ?
Je me demande si toute la question du chômage des ingénieurs n'est pas ici. Jadis ils n'étaient que des ingénieurs. Leur carrière était lente mais sûre. Et, probablement, leur métier était fait de problèmes techniques compliqués et intéressants. Ils étaient des artisans. On en prenait soin. Puis, ils ont été saisis du démon des responsabilités. 

Ils sont peut-être alors entrés dans un mécanisme dont m'avait parlé un associé d'Arthur Andersen : chez nous vous êtes augmenté ou vous êtes viré.

(C'est la technique que l'on pratique, notamment, chez les traders.  On en parle beaucoup dans la littérature du management : pour motiver les troupes, on en élimine chaque année 10 à 20 %. (Les Romains appelaient ça les "décimer".)
Question : ce mécanisme est-il consubstantiel à l'entreprise de "marché" ou à la culture anglo-saxonne ?)

vendredi 26 décembre 2014

Le marché contre les grandes écoles ?

Pierre Veltz fait remarquer que les grandes écoles d'ingénieurs absorbent notre élite scientifique. Or, lorsque j'écoute Catherine Martin (billet précédent), je ne peux que constater que tout ce monde fait l'objet d'un grand massacre : une partie est éjectée vers 45 ans et ne fera plus que de petits boulots précaires. D'ailleurs, si l'on regarde bien les catégories de personnels qui ont le plus de chances de survivre, ce sont les commerciaux, pas les ingénieurs !

Si quelqu'un vous dit que le marché fait une allocation optimale de la valeur, vous pouvez être sûr qu'il veut défendre ses avantages acquis.

(Cela me rappelle ce que disait un professeur d'école d'ingénieurs dans les années 80 : il nous manque 10.000 ingénieurs... Était-ce pour les mettre au chômage ?)

vendredi 31 octobre 2014

Osons l'Allemagne

J'aperçois l'annonce d'un débat pour Centraliens : et si vous envisagiez d'aller travailler en Allemagne ? Ce qui m'a surpris. 

En fait, moi aussi, je vante les mérites de l'Allemagne pour le jeune :
  • La France est obnubilée par le diplôme. En Allemagne, ce qui compte, c'est d'être compétent et d'être un bon joueur d'équipe. Il n'y a aucune limite à la carrière de celui qui réunit ces qualités. Qu'il soit Espagnol, Grec ou Français. 
  • En Allemagne, on travaille bien, on est bien payé, et les relations de travail sont pacifiées. 
Mais un paradoxe me frappe dans la discussion centralienne. Si le Centralien veut partir en Allemagne, c'est qu'il est au chômage. Or, former des Centraliens coûte très cher. Et on nous rebat les oreilles de ce que ce type d'ingénieur est supposé être innovateur, créateur, entrepreneur, clé de voûte d'une compétitivité qui bat de l'aile... Dans ces conditions, comment expliquer que tout ce potentiel et cet investissement soit tenté de se vendre au plus offrant ?

jeudi 9 janvier 2014

Naît-on ingénieur ou le devient-on ?

Il y a peu, je me suis trouvé face à une normalienne, agrégée de philosophie, qui avait été recrutée par un cabinet de conseil en stratégie. Désastre et dépression.

Ne faisons-nous pas un mauvais usage de nos diplômés, me suis-je demandé ? Les précédentes générations de normaliens sont à l’origine d’un grand nombre de nos connaissances, mais ils ont commencé par donner des cours dans le secondaire avant de faire une œuvre qui les a amenés au Collège de France. Ce qui a fait le prestige de leur école. Il en a été de même des ingénieurs. Maintenant, ils deviennent chefs ou banquiers, dès qu'ils ont reçu un diplôme. Hier, Bienvenüe (l’homme du métro) perdait un bras sur un chantier. Tous ceux qui ont fait l’industrie actuelle sont, en quelque sorte, « sortis du rang ». Ils ont mis une vie à se construire.

Naît-on ingénieur, ou le devient-on ? Un ingénieur doit-il vivre en noble d’ancien régime ou développer le savoir-faire technique collectif ? Et est-il plus heureux en gagnant beaucoup d’argent ou en faisant un travail complexe et utile ?...

mardi 26 novembre 2013

Carlos Tavares ou le retour des ingénieurs?

Carlos Tavares prochain dirigeant de PSA. Enfin un PDG à l'allemande. Un ingénieur qui aime les voitures, pas un financier. La Tribune se réjouit.

Carlos Tavares est-il l'hirondelle qui fait le printemps ? Les ingénieurs vont-ils revenir dans les entreprises, et, partis du bas, retrouver leurs sommets ? C'est certainement dans l'esprit du temps. On ne peut pas éternellement se nourrir sur la bête. Il faut aussi se rappeler la raison d'être de l'entreprise : le produit et le marché. Mais y a-t-il encore des ingénieurs qui n'aient pas basculé dans la finance et la gestion ?

samedi 7 septembre 2013

Ecole de commerce ou école d’ingénieurs

Une jeune cousine m’amène à réfléchir aux vertus des écoles de commerce et d’ingénieurs. Voici ce que je tire de mon expérience d’élève, d’enseignant et de Français. C'est caricatural. Mais c'est l'esprit qui compte.
  • En termes de carrière, n’importe quelle école de commerce est mieux qu’une école d’ingénieurs. Les écoles de commerce donnent une ouverture d’esprit et une ambition que l’on ne trouve pas dans les écoles d’ingénieurs, qui forment des autistes à la médiocrité satisfaite.
  • La faiblesse des écoles de commerce est qu’elles produisent des sophistes, sans rigueur intellectuelle. L’avantage de la science est qu’elle montre à l’individu que tout n’est pas possible. (Certes, ce n’est pas ce qu’enseignent les écoles d’ingénieurs, ou les préparations, mais quelques-uns de leurs élèves arrivent tout de même à le découvrir.)
  • Comment réussir ? Les examens sont une question de « bachotage ». Le principe de l’école française est l’absorption de techniques de résolution de problèmes théoriques, pas la recherche d’une quelconque vérité. Au fond, tout est une question de mémoire, pas d’intelligence. Tout problème a une solution simple. Lorsqu’on ne la trouve pas, on passe à la question suivante. En conséquence, il n’est pas une bonne idée de se casser la tête sur un problème. Il est plus efficace de faire ses exercices à plusieurs, de façon à perdre le moins de temps possible et à emmagasiner le plus de techniques possible. Le bon élève français est un paresseux.

Tout ceci peut produire des personnalités exécrables. Ce n’est pas pour rien que les étrangers haïssent notre élite. Mais, ce qui ne tue pas renforce. Le diplômé de grande école a toute sa vie pour oublier ce qu’il a appris, et devenir un être humain. Il sera d’autant plus méritant qu’il aura réussi.

(Mon professeur de mathématiques, en Math spé, avait enseigné à quelques-uns des élèves les mieux classés aux concours des grandes écoles. En réfléchissant à ce qu’elle en disait, je retrouve assez bien mon analyse. Curieusement, l’élève excellent n’écrase pas sa concurrence par sa capacité à résoudre des problèmes complexes, mais plutôt à traiter vite et bien des questions, relativement, faciles. Un sujet de frustration pour elle.)

mardi 6 août 2013

Comment changer Polytechnique ?

Hervé Kabla et Serge Delwasse veulent transformer Polytechnique. L’un aimerait que l’on y apprenne un peu mieux à gérer une entreprise, l’autre qu’elle devienne la World Business School, qui propulse ses élèves au sommet du monde. Mais ne faudrait-il pas se demander pourquoi avant de dire comment ? Quelques observations, pour commencer :
  • On me parle d’entreprises où il faut être X-Mines pour avoir un poste de management (y compris DSI !). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela ne semble pas donner aux dîtes entreprises un avantage flagrant. L’Etat juge même prudent de les protéger de la concurrence.
  • Je lis un livre qui affirme que notre élite est persuadée que nos grandes entreprises sont excellentes. Ceux qui les fréquentent de l’intérieur ne sont pas d’accord. Notre élite semble totalement coupée de la réalité.
  • Récemment, je me suis penché sur les grands noms des mathématiques françaises. Tous ou presque avaient été majors de Polytechnique ou de Normale Sup. Hier, les polytechniciens construisaient des ponts et des phares, et inventaient des canons.
La force de Polytechnique est d’avoir été une école d’ingénieurs d’élite. C'est-à-dire de gens capables d’appliquer le meilleur de la science à des problèmes pratiques concrets et nouveaux. Le polytechnicien, comme le normalien d’antan, travaillait de ses mains. Il méritait ses promotions par son labeur. Il est devenu un noble d’ancien régime. Ce ne sont plus ses réalisations qui comptent, mais sa naissance (i.e. son entrée ou sa sortie de Polytechnique, selon son rang de classement).
Polytechnique doit-il devenir MIT ? Pas tout à fait. Car Polytechnique a une autre spécificité : elle n’est pas liée à l’intérêt privé, mais à l’intérêt général. Le privé construit désormais des ponts et des canons. Mais il ne sait qu’exploiter ce qui a été trouvé ailleurs. Or, le monde est face à des problèmes de survie extrêmement complexes. N'auraient-ils pas besoin d’ingénieurs non marchands ?

jeudi 1 novembre 2012

Contrôle de gestion et ingénieur

Discussion avec un responsable de programmes d’une école d’ingénieur.
Je lui parle de contrôle de gestion. Il me répond que c’est enseigné par les « business schools ». Mais peut-être veux-je dire « mathématiques financières » ? Ça c’est un métier d’ingénieur !
Le contrôle de gestion, vu par Taylor, un de ses inventeurs, c’était apporter les sciences de l’ingénieur à la gestion de l’entreprise. Le contrôle de gestion a été inventé par des ingénieurs ! Curieux comme le monde change. Aujourd’hui, ingénieur = banquier.
D’ailleurs, mon interlocuteur a une formation commerciale. Celui qui l’a recruté a dû penser que ce qui compte pour un ingénieur est de se vendre au plus offrant.
Nos grandes écoles ont créé l’automobile, l’aéronautique, le bâtiment… aujourd’hui, elles suivent les modes. C’est plus reposant, intellectuellement.
Ingénieur n'ayant pas découvert les mathématiques financières