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jeudi 31 octobre 2019

Fiat : mauvais pour Renault, bon pour Peugeot ?

PSA fusionnerait avec Fiat. On s'en réjouit. Curieux. Une alliance avec Renault semblait toxique. (La Tribune.)

Pourtant l'affaire semble compliquée. On disait que Fiat était en quasi faillite. (Elle n'a pas renouvelé sa gamme.) Il n'y aurait que ses marques américaines de rentables. Et il va falloir à Carlos Tavares gérer des Italiens, des Français, plus notre gouvernement, et probablement le gouvernement italien. Le cauchemar ?

Mais peut-être est-ce lui qui fait la différence ? Renault, qui a un management faible et un conflit inter culturel en cours, ne pouvait pas en rajouter dans la complexité ? Carlos Tavares est dit compétent, et il aurait réussi la fusion PSA / Opel.

Si c'est le cas, espérons qu'il partira tard à la retraite, et qu'il saura, contrairement à Carlos Ghosn, préparer sa succession.

mardi 7 mars 2017

Opel

Que PSA acquiert Opel est un pied de nez à l'histoire. A la fin des années 20, GM aurait pu acheter Citroën. Mais la cigale française faisait très pâle figure en comparaison de la fourmi germanique, Opel. Et l'achat d'Opel a été probablement une très bonne opération. Opel a été fort rentable. D'ailleurs, fidèle à la stratégie d'Alfred Sloan, Opel a gardé une grande liberté, et a été une entreprise allemande. 

Pourquoi, Opel, longtemps le plus gros constructeur allemand, a-t-il sombré ? Conséquence imprévue de la politique de GM : la marque occupait une niche (l'Europe) et n'a pas pu suivre les autres constructeurs allemands dans leur expansion mondiale ? Opel a été dirigé par des patrons américains : pas bon pour une entreprise allemande, surtout automobile ? Effectivement, il semble qu'Opel ait été victime de ce que le management a fait de pire, ces dernières décennies.

Et maintenant ? 
A l'époque où je lisais The Economist, il y était dit qu'il y avait un constructeur de trop. Opel serait en forte surcapacité. Les synergies avec PSA devraient aider. Mais le danger est qu'Opel ait perdu tout son savoir-faire. C'est ce que produit un management financier. Et cela peut être fatal à un acquéreur, surtout s'il a la fragilité de PSA. Après tout, Opel est en pertes depuis 16 ans ! Peut-être que PSA a quelques atouts, cependant. Des collaborations qu'il a établies avec Opel pourraient réussir. En tout cas, cela semble un pari. Mais cela valait peut-être mieux que de ne rien faire. Et si Opel peut effectivement se transformer, c'était le bon moment de l'acheter : elle ne vaut pas grand chose. 

Si PSA passe la tempête, il me semble que sa stratégie doit être de faire d'Opel une marque allemande. On ne construit pas les voitures de la même façon en Allemagne qu'en France. Et cela se voit. (Une impression, forte, que j'ai tirée de mes missions dans l'automobile, et, surtout !, de mes rencontres avec des ingénieurs allemands.) Comment souvent, l'idéal serait un mélange de cultures. De la rigueur allemande dans la conception et la production française, et de l'astuce française pour réduire les coûts de la rigueur allemande. (Une Allemande pas trop chère, ou une Française rigoureuse, cela ferait mal !) Difficile à réussir. Renault a échoué, me semble-t-il...

lundi 16 juin 2014

Et si l'innovation était une question d'alliances ?

Et si une entreprise analysait ses alliances comme son portefeuille de produits, avec une sorte de "matrice BCG" ? Intérêt ? Avoir des alliances diverses permet, en les mélangeant, d'innover par codéveloppement. Exemple Toyota contre Peugeot. Toyota, alliances équilibrées. Peugeot, recherche quasi exclusive de la réduction de coûts...

L'article, venu de l'Insead.

Mes idées d'écosystème seraient elles en passe de gagner du terrain ?

(Un autre graphique fameux : les 5 forces de Porter, en VO.)

mardi 26 novembre 2013

Carlos Tavares ou le retour des ingénieurs?

Carlos Tavares prochain dirigeant de PSA. Enfin un PDG à l'allemande. Un ingénieur qui aime les voitures, pas un financier. La Tribune se réjouit.

Carlos Tavares est-il l'hirondelle qui fait le printemps ? Les ingénieurs vont-ils revenir dans les entreprises, et, partis du bas, retrouver leurs sommets ? C'est certainement dans l'esprit du temps. On ne peut pas éternellement se nourrir sur la bête. Il faut aussi se rappeler la raison d'être de l'entreprise : le produit et le marché. Mais y a-t-il encore des ingénieurs qui n'aient pas basculé dans la finance et la gestion ?

dimanche 3 novembre 2013

Longue marche vers le capitalisme ?

Longue marche vers le capitalisme. La Chine va-t-elle privatiser la terre ? Ce qui retirerait beaucoup de son pouvoir au parti. Pourtant le capitalisme ne paraît guère séduisant ces temps-ci... Salarié = perdant ? Alors que la part des salaires dans la richesse mondiale semblait une constante, elle a beaucoup chuté. Et, en plus, les hauts revenus comptent pour de plus en plus dans le total. Raison ? Le commerce (avec les émergents), la technologie (dont les prix baisse et qui remplace l’homme), la libéralisation (qui a liquidé les protections du travailleur). Les bénéfices des entreprises américaines sont toujours plus hauts. Part des salaires, dollar et surtout investissement en baisse. Ça pourrait ne pas durer. En tout cas, le climat des affaires n’est pas sain. Les entreprises ont maintenant recours à de douteuses obligations « hybrides ». Avatar des subprimes ? La justice américaine rançonne les banques. Pas besoin de procès pour cela. Elle les menace de leur retirer leur licence. USA, pays de l’arbitraire ?

Barak Obama ne maîtrise ni ses services secrets, ni les développements informatiques nécessaires à son système de santé. Mauvais manager, dit The Economist. Je pense plutôt qu’il s’en fiche. Etre premier ministre en Italie ressemble à un rodéo. L’éducation suédoise va mal. Visiblement le système éducatif est mal aimé. Enseignants mal payés et bizarre mélange public privé qui ne semble ni très sain, ni très contrôlé. La Grèce fait preuve d’esprit entrepreneurial. Energie du désespoir ? Le coût de l’administration européenne n’arrête pas de croître. The Economist aimerait que l’Allemagne sorte de sa culture de surplus. Et qu’elle relance la croissance européenne en libéralisant le marché des services.
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Il faut éduquer les filles disent les économistes. C’est bon pour le développement. Mais la fille est trop importante pour la famille pour qu’elle aille à l’école. C’est une assurance contre les aléas de la vie. Alors, assurons les familles et les filles étudieront !

PSA sort le nez de l’eau. Il a fait le travail qu’il aurait du faire il y a une décennie. Ce qui le remet en course, sans lui donner l’avantage. Fiat fait fabriquer en voiture en Serbie. La main d’œuvre n’est pas chère. Et le gouvernement n’est pas avar de subventions. Et l’entrée en bourse de Twitter ? Excellente occasion de spéculer à court terme. Mais mauvais investissement à long terme. En Angleterre, le crowdfounding s’étend aux start up.  Vu le taux de déchets, l’investisseur doit avoir le cœur bien accroché. Aux USA, les OGM auraient perdu la bataille de l’étiquetage.

Science. On n’arrive pas à détecter la présence de matière noire. On en a besoin pour expliquer le mouvement des galaxies. Pourquoi les espèces se divisent-elles en sous-espèces ? Apparemment cela tiendrait à la capacité de leurs membres à faire évoluer leurs caractéristiques pour se ressembler. 

samedi 12 octobre 2013

Peugeot chinois

Un Chinois acquiert 30% de PSA pour 1,5md. Voici ce que j'entends, ce matin. Une bouchée de pain. Faut-il avoir peur ? La Chine va-t-elle nous désindustrialiser ?

PSA est certainement exsangue, et il obtient quelques mois de survie. Quant à notre gouvernement, il montre qu'il est dos au mur. Encéphalogramme plat. Il en est réduit à vendre nos bijoux de famille. Mais, à mon avis, c'est plus un coup de poker qu'un saut dans le vide. Un partenariat intelligent pourrait accélérer le développement de PSA sur les marchés émergents, notamment en Chine. Or, il a besoin des volumes qu'il ne trouve plus en Europe.

Un article du Figaro sur le sujet

jeudi 30 mai 2013

Crise et culpabilité de l’Etat

Suite de la série la culpabilité de l’Etat. Pendant des années l’Etat a subventionné l’automobile en multipliant jupettes et baladurettes. Cette croissance artificielle a probablement encouragé les constructeurs français à ne pas changer. Pire, peut-être, à désinvestir. (J’ai entendu dire par l’auteur d’un rapport sur la santé de PSA, que la famille Peugeot avait prélevé 6md€ sur la société.) D’où un effet pro-cyclique : le parc étant neuf, le marché n’a pas de raisons d’acheter, et les constructeurs n’ayant pas été soumis à la concurrence n’ont pas eu de raison de maintenir à niveau leur outil de production et leur gamme.

Je me demande aussi, si avoir déréglementé les télécoms en pleine crise n’était pas une erreur. Logiquement cela devrait conduire à des plans de licenciement chez les concurrents de Free. A moins que les économies faites par les consommateurs ne créent de l’emploi ailleurs. Encore faut-il que cet argent ne soit pas économisé, et que cet « ailleurs » soit en France.

Tout le drame de la rigueur est peut-être dans ces exemples. Elle veut nous punir des erreurs que nous avons faites. Or, ces erreurs, aujourd'hui, seraient probablement les solutions à nos problèmes… Ne serait-il pas bon que nos gouvernants sortent d’un mode de prise de décision réflexe, essentiellement inspirée par des modes, et envisagent les conséquences à long terme de leur action, en particulier en prenant en compte leurs conséquences sur l’emploi ? Ne faudrait-il pas aussi qu’ils s’assurent que leurs décisions donnent ce qui était prévu ?

samedi 9 février 2013

Le journalisme en France : arrêté il y a deux siècles

Le journalisme me consterne. J’écoutais Le secret des sources de France Culture. Il y était question des difficultés de faire un métier de journaliste économique chez nous.L’illustration sonore finale a tout dit. On y entendait des ouvriers grévistes de PSA.

Voilà ce que les journalistes comprennent de l’entreprise. Des ouvriers de l’industrie, en lutte contre leur patron.

Ont-ils compris que des tels ouvriers constituent une minorité des Français ? Qu’il existe une économie du service, des intérimaires, des chômeurs, des SDF… ?
Ont-ils aussi compris que PSA est en quasi faillite, et que cela ne rentre pas dans le chapitre lutte des classes, mais dans celui de la (mauvaise) gestion de l’entreprise ?
Ont-ils compris que, s’ils étaient simplement capables de lire ce qui s’écrit à l’étranger, dans les journaux ou dans les universités, ils verraient arriver ce qui survient en France avec dix ans d’avance ?
Ont-ils compris qu’ils sont une pendule arrêtée il y a deux siècles ?

Le seul journaliste intelligent est celui qui me parle de son travail. Alors, il comprend ce qu’est une entreprise. Il comprend ce qu’est la souffrance au travail. Il comprend que pour réussir, l’entreprise doit bien faire son métier, en professionnelle, avec humilité ; qu’elle doit ne pas céder aux modes gestionnaires à courte vue, ou aux tentations du carriérisme. Il comprend même ce que signifie changement. 

samedi 26 janvier 2013

Le meilleur dirigeant du monde

L’Insead classe les dirigeants mondiaux selon leur performance au long cours. En tête : Steve Jobs. Dans les Français bien classés : Philippe Varin (maintenant dirigeant de PSA).

 C’est étrange. Philippe Varin n’inspire pas, actuellement, une admiration illimitée. Et lorsque j’étais à l’Insead, Steve Jobs était vu comme un raté. On donnait d’ailleurs en exemple son successeur (maintenant oublié). Cette étude est-elle bien scientifique ? Ne masque-t-elle pas une hypothèse qui pourrait être fausse ? à savoir que le dirigeant est seul responsable de la performance de son entreprise ? Qu’il est tout, et que nous, et le reste de l’univers, ne sommes rien ?

samedi 12 janvier 2013

VW über alles?

La part de marché de Vokswagen, en Europe, est passée de 18 à 24% en 7 ans. Et VW va investir 50md€ sur trois ans pour améliorer sa gamme et son outil de production. Ce qui signifier qu'elle veut donner le coup de grâce à ses concurrents européens. (Source : FT.)

Les dirigeants de Peugeot vont devoir, vite, se souvenir qu'impossible n'est pas français...

lundi 12 novembre 2012

La France et le haut de gamme


Apparemment nos gouvernants pensent que le problème de la France est un manque de haut de gamme.
La vie est-elle aussi simple que cela ? PSA et Renault ne sont jamais parvenus à pénétrer le haut de gamme automobile. C’est un métier. Mais ils ont aussi connu des années de prospérité sans cela. Car le milieu de gamme n’a pas que des inconvénients. Il a aussi un très large marché.
Et voilà qu’une étude de l’Insead analyse le cas Michelin. Ça ne va pas très bien. Problème ? Trop haut de gamme. Ses innovations n’intéresseraient pas le marché asiatique. Or, corrélativement, ses coûts sont élevés : beaucoup d’usines en pays « high cost ». Ses concurrents asiatiques ont, eux, un petit nombre de grosses usines, « low cost », qui produisent de l'ordinaire. Et ils comptent équiper les futurs constructeurs asiatiques, qui pourraient inonder le marché mondial. Michelin est-il condamné ? Mais sommes-nous dans une logique de rationalité économique ou de guerre ?
Et si nos entreprises avaient besoin d’un traitement au cas par cas ? Et si Arnaud Montebourg, qui n’a que ça à faire, se demandait ce que cela signifie, et comment utiliser les très dispendieux services de l’Etat pour fournir l’appui nécessaire à ce travail ? 

mardi 6 novembre 2012

The Economist vote Obama, pour le reste rien ne change

The Economist vote Obama. « M.Romney a un projet économique qui ne marche que si vous ne croyez pas à ce qu’il dit (…) Et, en dépit de tous ses défauts, M.Obama a tiré l’économie américaine du précipice, et a fait du bon travail en politique étrangère. »  L’ouragan Sandy aussi : il rappelle à l’Américain que, dans les moments difficiles, l’Etat est utile. De même que les drones. Ils donnent l’image d’un président martial, dont les robots liquident les terroristes apparents, sans demander d’autorisation à qui que ce soit.
En Europe, l’Etat est à nouveau interventionniste. Et l’Allemagne, pour une fois, suit l’exemple de la France. (Investisseur toujours aussi avisé : 150m de la BPI, supposée financer le Mittlestand français, vont renflouer l’armateur CMA CGM.)
Depuis que la Birmanie a basculé dans la démocratie, elle opprime ses minorités. Lien de cause à effet ? (Situation une nouvelle fois héritée du diviser pour régner de la Grande Bretagne coloniale ?)

Les compagnies pétrolières occidentales quittent l’Iraq, trop instable et mal équipé. Elles s’installent au Kurdistan, qui aimerait installer des pipelines en Turquie, qui serait heureuse d’ennuyer son ennemi iraquien, mais qui s’inquiète de sa minorité kurde. En Iraq, la Chine remplace l’Occident.

Le capital grossit, les salaires régressent. Partout dans le monde. Les entreprises réduisent leurs coûts, et n’investissent pas. Réflexes conditionnés ? Elles tendent aussi à grossir au-delà du raisonnable. Pourquoi ? Parce que ça flatte l’amour propre du dirigeant ; parce qu’il surestime les bénéfices d’une acquisition ; mais aussi parce qu’il est rentable d’être un monopole ; et que l’Etat accorde une garantie implicite aux grandes entreprises (comme l’a fait récemment l’Etat français avec la banque de PSA).

Science. Le lac de Genève est propice aux tsunamis (provoqués par des effondrements de sédiments) ; la nouvelle science de l’épigénétique laisse penser qu’une femme peut hériter des poumons en mauvais état d’une grand-mère fumeuse ; éternelle lutte de l’homme contre la nature, les poissons d’élevage sont victimes de nouvelles épidémies, que l’on cherche à éviter en repérant les génomes qui semblent y résister ; dans le même genre, on serait en passe d’inventer la médecine bactérienne, elle crée des bactéries artificielles qui soignent l’écosystème bactérien qu’est l’homme.  

vendredi 14 septembre 2012

Migrations climatiques et autres nouvelles

Quelques observations de la semaine :
  • Faut-il craindre les migrations climatiques, causées par le réchauffement et la montée des eaux ? se demande CLES (www.grenoble-em.com). Il y a de quoi. « 500 millions de personnes vivent à moins de 5 km des côtes ». Pire : les villes, cœurs économiques des pays menacés, sont situées sur leurs côtes. Elles sombreront en premier, entrainant leurs populations dans la famine. Mais peut-être que la solidarité internationale les sauvera de la misère ? Peut-être que « L’émergence de la question des « réfugiés climatiques » en dit finalement moins sur le monde que sur nous-mêmes – de notre obsession de la propriété du sol à notre crise identitaire. »
  • PSA a son rapport, Sartorius. Il laisse le sentiment que la famille Peugeot s’est nourrie sur la bête. C’est surprenant, les entreprises familiales sont supposées voir loin. Mais peut-être que la mode de l’enrichissement personnel, qui a gagné l’ensemble du monde, peut aussi toucher les familles ?
  • Apple annonce un nouvel iPhone. Apparemment, la principale nouveauté est qu'il est plus plat et plus grand que le précédent. Apple copie Samsung ? 
  • Et si la France exploitait son gaz de schiste ? Et si elle éliminait sa dette moins vite que prévu ?... entend-on dire. Je ne suis pas d’accord. Plus ça va, et plus je suis favorable à ce qui nous force à la vertu. Le pays a besoin de réformes structurelles, et il ne pourra y parvenir sans contraintes.
  • Mathématiques. Je découvre Cédric Villani. Normalien, médaille Fields, et nouvelle star people. Quand travaille-t-il ? Du méfait des médailles ? Je découvre aussi la conjecture abc, dans la mouvance du grand théorème de Fermat. Elle aurait été résolue en 500 pages par un chercheur japonais. Hier les mathématiciens créaient des disciplines entières, aujourd’hui ils passent leur vie à démontrer un seul résultat. Rendements décroissants ? Qui est en cause, les mathématiques, ou les mathématiciens ?
  • De l’intérêt des mémoires. Cette semaine, j’ai subi un certain nombre de soutenances de mémoires. Epreuve douloureuse. Ce qui ne m’empêche pas de trouver étonnant le principe du mémoire. D’une part, les élèves conduisent des études extrêmement fouillées sur les entreprises dans lesquelles ils sont employés. Ils en tirent une connaissance que peu de personnes doivent avoir. D’autre part, l’utilisation, forcée, qu’ils font des outils théoriques en montre la puissance d’analyse. Dommage que ces mémoires soient pris, par les entreprises, pour des exercices scolaires, gratuits.
  • Peut-être suis-je un idéaliste ? Je pense que les DRH doivent plus être « Humaines » que « Ressources ». Pour les encourager, je vais publier une série de billets sur le site de Focus RH. Le premier : Ressources humaines : quel rôle dans le changement ? Par Christophe Faurie

samedi 24 mars 2012

Syndicalisme et délocalisations

Les syndicats de PSA veulent s’opposer à la fermeture d’usines françaises. Le peuvent-ils ?

Comme j’essayais de le démontrer dans un livre, je ne crois pas que, lorsqu’elles ont été lancées, les délocalisations étaient rentables. Les entreprises avaient énormément sous-estimé le coût de formation du tissu économique local. (i.e. le coût de conduite du changement.) Mais aujourd’hui, plusieurs années après, la transformation est réalisée.

J’ai bien peur, donc, que la bataille des syndicats ne soit perdue d’avance. Ce qui pose la question de leur utilité. En effet, comme je l’avais noté dans le cas des suicides de France Télécom, ils tendent à intervenir lorsque le mal est là. Satisfont-ils leur conscience du bruit qu’ils font ?

La devise du syndicat français : « tout est perdu fors l’honneur » ?

samedi 3 mars 2012

GM, PSA et doutes de Moody’s

Apparemment, Moody’s partage mon point de vue : pas facile de voir comment GM et PSA vont parvenir à régler leurs difficultés européennes (surcapacités et marché en crise). Il n’y a pas de précédent qui permette d’apercevoir une issue évidente à la question. (Article du FT)

La solution américaine (mettre Opel et PSA en faillite, et les restructurer) n’étant pas possible, il faudra probablement du génie et de la chance. Chance d’un redémarrage économique européen. Et génie pour gagner en part de marché européen et aller chercher des clients sur des marchés solvables, et cela avec une capacité d’investissement quasi nulle.

Compléments :
  • Par contre, je me suis trompé : GM ne souscrira qu’à un tiers de l’augmentation de capital de PSA (1md€ en tout). Qu’il obtienne 7% de la société pour cela indique donc qu’elle vaut moins de 3md, ce qui n’est vraiment pas beaucoup.

jeudi 1 mars 2012

Mise en œuvre de l’alliance GM PSA

Que va donner la « mise en œuvre » de l’alliance PSA, GM. En particulier, peut-elle réussir avec des liens capitalistiques aussi faibles ? Déformation professionnelle.

Donc, GM achète 7% de PSA, si je comprends bien pour 1md€. Ce n’est rien pour GM. Pour PSA c’est à la fois précieux (PSA est en pertes) et peu en regard du coût d’une politique d’expansion internationale.

Gains annoncés 2md$ : achats en commun, et plates-formes de production. Classique. Y a-t-il beaucoup à attendre d’une rationalisation d’achats déjà fort optimisés ? Cela sous-entend-il le partage d’unités de production avec Opel, ce qui permettrait de fermer des sites de production d’Europe de l’Ouest ? Si c’est le cas, licencier des milliers de Français et d'Allemands ne sera pas simple. 

Pour le reste, l’intérêt semble être le savoir-faire petite voiture de PSA. Passera-t-il par les plates-formes dans de nouveaux modèles GM ? Quant à l’extension internationale de PSA, il n’y aurait pas de coopération envisagée. La question semble demeurer ouverte.

Alliance opportuniste ? GM se fait un ami susceptible de l'aider à régler la question d'Opel ? PSA obtient une aide qui lui permet de traverser une mauvaise passe et de tenir jusqu’à un redémarrage du marché européen ?

mercredi 22 février 2012

Peugeot, GM et Opel

Les aventures de l’automobile en France connaissent un rebondissement. Le Financial Times et la Tribune parlent d’un rapprochement entre Peugeot et GM.

Mais ces articles n’ont rien de précis. Plusieurs scénarios sont probablement possibles :
  • GM est fort en Amérique, dans les pays émergent, et (relativement) en Europe du Nord. Traditionnellement il conçoit de grosses voitures. PSA est présent en Europe du Sud et a un savoir-faire (rare) de construction de petites voitures. PSA apporterait son savoir-faire petite voiture (conception économique) et GM son réseau.  Mais comment trouver un accord qui fonctionne, sans absorption de PSA par GM ?
  • Opel et PSA : mise en commun de moyens pour réduire leurs coûts respectifs (et leurs capacités de production ?).
Comme souvent dans le changement, il semble qu'un rapprochement soit dans l'intérêt général. Mais ça ne suffit pas pour qu'il aille à son terme. Le succès est dans l'exécution.

Compléments :
  • Curieusement, à l’époque où GM a acquis Opel (1929), il a considéré Citroën, mais il a jugé la société trop mal gérée (SLOAN, Alfred, My Years With General Motors, Currency, 1990.)

dimanche 19 février 2012

Disparition du constructeur automobile français ?

L’industrie automobile européenne est en grosse surcapacité (de près de 30%). Ce qui signifie qu’elle a des constructeurs en trop.

Une typologie des dits constructeurs :
  • Une sorte de haut de gamme représenté par les constructeurs allemands, et notamment VW, en fort développement.
  • Un bas de gamme dans une mauvaise passe :
    • Renault et Fiat, qui ont construit un groupe international qui compense leur faiblesse.
    • Opel, dont GM voudrait probablement se débarrasser.
    • PSA, petit, seul.
La question que ceci pose est : restera-t-il un savoir-faire de construction automobile en Europe du sud dans quelques années ?
  1. Les tâches d’assemblage semblent promises à la délocalisation.
  2. Quel sera l’avenir de marques comme Renault ou PSA (s’il parvient à construire un partenariat) au sein de groupes dont ils seront le chaînon le moins reluisant ? Celui d’Opel ?
Compléments :
  • Source : Too many cars, too few buyers. Remarque : une grande partie de la valeur de Renault et PSA vient de leurs participations (Nissan et Dacia pour le premier, Faurecia pour le second) ; Renault seul serait valorisé à – 7md€ (!).
  • Histoire de changement ? Globalisation étant le nom du changement ? Les Allemands ont réussi, PSA a raté et Renault y a perdu son âme ?

L’économie française est-elle plus résistante qu’on ne le croit ?

Depuis pas mal de temps, je suis surpris d’entendre les gens qui m’entourent dire que leurs affaires ne se sont jamais aussi bien portées, mais que ça ne va pas durer.

J’en suis arrivé à me demander s’il n’y avait pas deux France : une qui va bien, et l’autre non.
  1. Il me semble que les affaires des multinationales sont plutôt fastes. Les pays émergents, l’Allemagne et les USA sont porteurs et compensent la méforme d’autres nations. (Les malheurs de PSA viendraient de ce que son marché de petites voitures est beaucoup en Europe du sud.) Du coup, tout ce qui est lié à ces sociétés profite de leur santé.
  2. Je soupçonne que les entreprises qui n’y ont pas accès (et leurs personnels) doivent souffrir : marché déprimé et difficulté à trouver des financements.
Mais ceci n’a rien de scientifique. 

mardi 20 janvier 2009

PSA Peugeot Citroën contre une montée de l'Etat dans son capital

(article de La Tribune.fr du 20 janvier)

Pour Christian Streiff, pas question de voir l'Etat entrer au capital de PSA Peugeot Citroën, le groupe qu'il dirige. Le patron du constructeur automobile estime qu'une aide publique ne doit pas y être subordonnée, selon une interview publiée sur le Figaro. (…) "l'Etat n'a pas à se substituer au management de l'entreprise, ni à ses actionnaires" et que "c'est à eux qu'il appartient de trouver les meilleurs équilibres entre besoins de financement, rémunération du capital et attente du marché".

Questions :

  1. Si PSA n’a pas besoin de l’Etat, pourquoi celui-ci lui imposerait-il ses conditions ? Mais si ce n’est pas le cas, pourquoi PSA aurait-il son mot à dire ?
  2. Frank Knight, généralement vu comme un pape de l’économie classique, défend une théorie qui me semble très orthodoxe : la justification de l’entreprise est son efficacité supérieure dans la gestion des intérêts de la société. Alors, n’est-ce pas à la société de juger de cette efficacité ? Et donc de retirer au dirigeant son mandat s’il ne l’exerce pas correctement. Par exemple s’il dissipe les compétences de la nation (par une gestion maladroite, en perdant son savoir-faire de construction d’automobile…), ou s'il n’emploie pas aussi largement qu’il le devrait sa population ? Une fois de plus : intérêt de l'avis du P-DG?
  3. Dans le modèle français, cette sorte de « délégation de service public » a un visage particulier. Les grands commis de l’État sont détachés dans le public pour gérer ses grandes entreprises. Le P-DG de PSA appartient au Corps des Mines : en défendant les intérêts de son employeur, ne trahit-il pas sa mission ?

Compléments :