jeudi 31 octobre 2019
Fiat : mauvais pour Renault, bon pour Peugeot ?
Pourtant l'affaire semble compliquée. On disait que Fiat était en quasi faillite. (Elle n'a pas renouvelé sa gamme.) Il n'y aurait que ses marques américaines de rentables. Et il va falloir à Carlos Tavares gérer des Italiens, des Français, plus notre gouvernement, et probablement le gouvernement italien. Le cauchemar ?
Mais peut-être est-ce lui qui fait la différence ? Renault, qui a un management faible et un conflit inter culturel en cours, ne pouvait pas en rajouter dans la complexité ? Carlos Tavares est dit compétent, et il aurait réussi la fusion PSA / Opel.
Si c'est le cas, espérons qu'il partira tard à la retraite, et qu'il saura, contrairement à Carlos Ghosn, préparer sa succession.
mercredi 29 mai 2019
Fusion Renault Fiat
D'après La Tribune, cette idée serait la conséquence de quelques raisonnements fautifs, mais habituels. La stratégie de M.Ghosn était le coût et pas la qualité. Il fallait être de plus en plus gros. Si bien que les véhicules qu'il a produits avaient de moins en moins de valeur. Fiat permettrait de continuer à grossir. L'Etat français rêverait lui aussi, et comme d'habitude, d'un champion.
Quant à Fiat, la société serait au bord de la faillite, dans un état pitoyable.
Les apprentis sorciers sont aux manettes ?
dimanche 3 novembre 2013
Longue marche vers le capitalisme ?
lundi 11 mai 2009
Stratégie de Fiat II
L’enquête se poursuit :
- Premier complément : Fiat et Opel pourraient fusionner plus facilement que je ne le disais, parce que Fiat et GM ont eu un bout d’histoire commune.
- Mais l’article trouve l’opération risquée : VW, champion de la stratégie que compte appliquer M.Marchionne, dit l’exercice difficile et doute de ses chances ; la complexité de la gestion Nissan-Renault expliquerait les difficultés de Renault, M.Ghosn s’étant dispersé.
- D’ailleurs, la motivation de Sergio Marchionne est étrange. Il semble penser que l’industrie automobile a perdu tout sens commun et que sa mission est de la réformer. Un croisé peut-il faire un bon dirigeant ?
lundi 4 mai 2009
Stratégie de Fiat
Le dirigeant du groupe Fiat (qui contient les automobiles Fiat, Iveco, CNH et Ferrari – Maserati) annonce qu’il veut construire un groupe automobile avec Fiat + GM Europe + Chryser, soit 6 ou 7m de voitures, n°2 mondial. A-t-il des chances de réussir ?
Deux choses m’intriguent à son sujet :
- un ami qui a l’air de bien le connaître en dit des choses que je trouve remarquables ;
- je n’ai pas grande considération pour son discours, qui affirme qu’il faut une taille minimale pour survivre (5m de voitures dans ce cas). Je l’ai entendu trop souvent, à chaque fois justifié par l’ego de celui qui l’exprimait.
Enquête.
- Sergio Marchionne est un surdiplômé canadien, et pas italien. Ce n’est pas un ingénieur, mais un juriste devenu dirigeant. Son arrivée dans l’automobile s’est faite avec sa prise de pouvoir chez Fiat, en 2004. Auparavant il avait redressé SGS, qui est le plus gros cabinet de contrôle mondial. (Il l’aurait redressé en deux ans, ce qui est peut-être moins exceptionnel qu’il n’y paraît, quand on sait ce qu’est un cabinet de contrôle…).
- Première caractéristique : il est très malin. Il a redressé Fiat et est en train d’acquérir un groupe énorme, à coût nul. Mais ce qu’il donne est considérable : un talent de conduite du changement.
- Car il semble surtout un spécialiste de mon métier : il transforme les organisations pour qu’elles produisent plus et mieux, avec moins de ressources. Il a redressé Fiat, semble-t-il, en éliminant une hiérarchie qui paralysait la société, et en injectant de jeunes talents. L’entreprise a maintenant une couche de management très légère. (Je note au passage que les Italiens semblent naturellement doués pour construire ce type d'organisations légères et efficaces.) En cela, il prend le contrepied de la pensée unique de l’automobile (et de l’industrie) de ces dernières décennies : renforcer les structures de cols blancs, leurs outils et leurs salaires, et effectuer des économies en réduisant les personnels et leurs salaires, par délocalisation et automatisation à outrance.
- La méthode semble idéale pour Chrysler qui souffrirait des mêmes maux : un management hypertrophié et incompétent. Autre avantage : la nationalité canadienne de Sergio Marchionne : il est important de comprendre la culture d’une organisation que l’on réforme.
- Quant à la fusion avec les unités de GM, c'est plus compliqué : on prévoit de grosses synergies (1md€/an), le genre de promesses rarement tenues. En outre, c'est une question de production : est-ce la force de Sergio Marchionne ? Mais peut-être s’est-il constitué un réseau « d’hommes clés » techniciens, capables de mettre en œuvre sa stratégie ? En termes de culture, mes amis Italiens disent que l’Italie du Nord, ayant été sous domination autrichienne, a une culture proche de la culture germanique. Effectivement, les Italiens du Nord avec qui j’ai travaillé sont une sorte d’idéal des affaires : rigoureux, pragmatiques et créatifs.
Et les 5 millions de voitures ? Cette stratégie est un triomphe de l’opportunisme : Fiat acquiert beaucoup pour rien (sinon, une fois de plus, un remarquable talent). Mais, les monstres sont rarement intelligents (cf. GM) : sur le long terme ce qui fera la force du groupe ne peut qu’être une meilleure maîtrise de son métier que celle de ses concurrents. Le talent de M.Marchionne lui permettra-t-il de donner ce « moteur » à Fiat ? Sa stratégie ne s'apparente-t-elle pas, opportunisme à part, à une course en avant ? Un aveu d'échec ?
Compléments :
- Sur Fiat et Chrysler : Pedal to the metal.
- Sur les projets GM : Fiat plans European car supergroup.
samedi 2 mai 2009
GM et Chrysler
GM et Chrysler ne sont plus viables telles que. Dans les deux cas, le gouvernement américain leur a imposé un plan :
- qui « réinvente » leur fonctionnement.
- qui restructure leurs dettes : les créditeurs reçoivent une part de l’entreprise. L’état et le fonds de sécurité sociale interne, les plus gros morceaux, les débiteurs financiers le reste. Dans le cas de Chrysler, Fiat aurait 20% de la société en échange de compétences et savoir-faire.
Dans les deux cas, les débiteurs privés risquent de préférer une faillite à ce qui leur est proposé (c’est le cas pour Chrysler). La dépouille de l’entreprise vaut plus pour eux que l’entreprise vivante.
Intéressant problème de conduite du changement :
- Les banques s’offusquent de voir leurs intérêts moins bien servis que ceux des employés des entreprises. On peut en être choqué : ces intérêts ne sont pas du même ordre ; du côté des banques c’est un profit plus ou moins élevé, du côté des employés c’est leur seule source de revenus (qui devient d’ailleurs à fort risque).
- Surtout, le comportement bancaire peut avoir un coût social, et économique, colossal : non seulement les deux entreprises peuvent disparaître, mais aussi leur sous-traitance, et un savoir-faire complexe et diffus qui a mis plus d’un siècle à se construire. Combien de temps faudra-t-il pour qu’il soit remplacé par autre chose ? Qu’est-ce qui peut le remplacer ? La perte peut-elle être irréparable ?
- Mais les investisseurs ne peuvent pas être autres qu’ils sont. Qu’ils maximisent leurs profits à court terme est exactement ce que leur enjoint de faire le professeur d’économie et l’école de management. C’est leur nature. Ce qui rend inefficace la politique du gouvernement américain, ce n’est pas la mauvaise volonté des banques, mais sa propre hypocrisie. Car, que fait-il ? Il veut imposer sa volonté au marché. Ça s’appelle une nationalisation. Quand il aura le courage de se l’avouer, il saura mettre en œuvre efficacement sa stratégie.
vendredi 23 janvier 2009
Etat de l’automobile mondiale
Je continue sur ma lancée automobile : article de The Economist (The big chill).
- Il y a une surcapacité d’une dimension inattendue : 94 millions de voitures, soit 34m de plus que ce que le monde peut absorber ! Et crédit en panne, or 2/3 des voitures sont achetées à crédit en Europe, 90% aux USA.
- Ceux qui semblent devoir gagner : Toyota, qui a mis beaucoup d’argent de côté (50md$), et le groupe VW : bonnes voitures, bien placé sur les marchés porteurs. Honda serait solide.
- Mercedes et BMW se sont laissé séduire par les bénéfices faciles du marché du leasing anglo-saxon. Aujourd’hui fort mal en point. Et il va leur falloir réduire la consommation de leurs futurs modèles.
- Fiat va mieux, mais a beaucoup de ses œufs dans le panier brésilien. Sa stratégie est de devenir gros en fusionnant avec d’autres constructeurs.
- Renault a deux modèles qui ne se vendent pas (Laguna et Megane) et Nissan est très exposé au marché américain.
- Le looser absolu : Chrysler, petit, marché sinistré, produits d’une qualité désastreuse. GM, qui semble avoir des réserves de bons modèles, devrait survivre, mais l’ombre de lui-même. Ford s’en sortirait mieux.
Bien faire son métier et ne pas se laisser tenter par l’argent facile serait-il encore le meilleur moyen de se garantir des crises ?
Dégonflage de l’économie ?, Renault demande l’aide de l’État.
