Affichage des articles dont le libellé est Ghosn. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ghosn. Afficher tous les articles

samedi 22 février 2020

La fin du règne du manager financier ?

Le Financial Times titre : "Luca de Meo: ‘Cultural sponge’ takes ‘job from hell’ at Renault 
New boss must mend fences with alliance partner Nissan as crises mount after downgrade to junk".

Après une ère dominée par les artistes de la finance, découvririons-nous qu'une entreprise, c'est, avant tout, des hommes ? Et que, pour diriger des hommes, il faut autre chose que des artistes de la finance ?

vendredi 3 janvier 2020

The name's Ghosn, Carlos Ghosn

Une théorie de ce blog est que Carlos Ghosn est victime d'un drame de la pauvreté. Eh bien ce drame pourrait être fini. Hollywood va payer cher les droits de ses aventures. Et, s'il joue au chat et à la souris avec les Japonais, il y a même de quoi faire une série.

Si j'en crois la presse anglaise, il préparait son coup depuis longtemps. Et il aurait été transporté dans le coffre d'un instrument, d'un groupe de musiciens venus lui donner la sérénade. Au passage, on voit l'intérêt d'être petit (il mesurerait 1m67).

Curieuse affaire, en tout cas. Acte manqué des Japonais ? Ils ne savaient pas comment se dépatouiller de ce procès, et de l'image qu'il donnait de leur justice ? Ou perfidie asiatique : désormais M.Ghosn devra vivre sur ses gardes, comme une bête traquée ? A moins que ce n'ait été un coup du sort, façon "mon nom est personne", pour donner du piment à la vie d'un homme exceptionnel qui menaçait de devenir un "has been" ?

mardi 31 décembre 2019

Carlos Ghosn et les droits de l'homme

Opportunément, Carlos Ghosn nous rappelle qu'il a été un homme de l'année.
M.Ghosn explique son évasion par le fait que le Japon ne respecte pas les droits de l'homme. Les défenseurs des droits de l'homme auraient-ils dû prendre fait et cause pour lui ? A un moment où l'on reparle de l'affaire d'un autre polytechnicien, Alfred Dreyfus, aurait-il fallu se demander si M.Ghosn était un nouveau Dreyfus ?

Peut-on critiquer le Japon, en termes de droits de l'homme ? Mais on peut bien critiquer l'Europe, au moins aussi démocratique, puisqu'elle a une Cour des droits de l'homme, ce qui signifie qu'elle peut commettre des abus. Donc, soit il n'y avait rien à reprocher au Japon, soit les droits de l'homme sont une question de sympathie, et M.Ghosn, qui se présentait comme un surhomme, et s'était peu fait d'amis, n'en suscite pas beaucoup. En tous cas, maintenant, il a clairement violé les lois. Il s'est assigné à résidence au Liban.

Finalement, cela pose la question des droits de l'homme. Comme le dit Joan Williams dans White working class, à force d'utiliser l'argument des droits de l'homme à tort et à travers, on ne sait plus ce qu'ils signifient. On ne s'enflamme plus pour les droits de l'homme. Projet pour 2020 : se demander ce que sont, réellement, les droits de l'homme, et ce que l'on doit être prêt à faire pour les défendre ? Réinventer les droits de l'homme ?

lundi 14 octobre 2019

Nissan + Renault : cultures incompatibles ?

Regrettons Carlos Ghosn ? La morale n'est rien face à l'efficacité ?

Ou, au contraire, n'est-ce pas Carlos Ghosn qui est à l'origine des difficultés de Renault ? Parce qu'il désirait rester, il n'a pas préparé sa succession ? D'ailleurs, n'a-t-il pas fait des sociétés qu'il dirigeait des cocottes minutes qui ont fini par claquer, et dont il a été la première victime ?

Pourra-t-on remettre le génie dans la lampe ? Nissan-Renault : est-ce viable ?

samedi 12 octobre 2019

Règlement de compte chez Renault

Nissan-Renault, rien ne va plus ? La direction de Nissan est renouvelée violemment. En France, le patron de Renault est licencié ad nutum, sans que l'on ait une solution de remplacement. Il a dû faire une faute très grave. (A l'époque où je travaillais pour l'automobile, il avait la réputation de compétence de l'homme parti d'en bas.) Quant au président du groupe, il paraît bien fragile. A quoi il faut ajouter un gouvernement, qui clame qu'il ne se mêle pas de l'affaire, mais que personne ne croit.

Carlos Ghosn se retourne dans sa cellule ?

Renault va-t-il sombrer ? Un fabricant de voitures est une grosse machine, faite de centaines de milliers de gens qui font bien leur travail. Il ne faut pas sur estimer le rôle du dirigeant. Cependant, c'est une machine extrêmement optimisée "which runs lean" comme disent les anglo-saxons d'un moteur. Elle est faiblement rentable. Et si elle ne respecte pas une rigueur parfaite, elle peut vite se dérégler...

mercredi 29 mai 2019

Fusion Renault Fiat

Association de pensées. On annonce la fusion Renault Fiat. La littérature du management dit que les fusions sont massivement des échecs. Le problème vient, principalement, des cultures des entreprises. Imaginons que l'on veuille fusionner la France et l'Italie (en imaginant que l'Italie ait, elle-même, fusionné). Certes, le rapprochement Nissan Renault semble avoir réussi, ou a semblé un temps, mais celui qui l'a fait est en prison...

D'après La Tribune, cette idée serait la conséquence de quelques raisonnements fautifs, mais habituels. La stratégie de M.Ghosn était le coût et pas la qualité. Il fallait être de plus en plus gros. Si bien que les véhicules qu'il a produits avaient de moins en moins de valeur. Fiat permettrait de continuer à grossir. L'Etat français rêverait lui aussi, et comme d'habitude, d'un champion.

Quant à Fiat, la société serait au bord de la faillite, dans un état pitoyable.

Les apprentis sorciers sont aux manettes ?

vendredi 26 avril 2019

Folle justice japonaise

Des amis libanais s'inquiètent de la déraison de la justice japonaise. Pauvre Carlos Ghosn.

Ce blog parle d'un homme qui escalade 900m de falaise, à mains nues. S'il décroche, il se tue. Mais on ne parle pas de folie de la nature. Idem pour les skieurs hors piste qui déclenchent des avalanches.

Faut-il compter sur la magnanimité de la société ? Elle n'est pas "raisonnable". L'homme doit utiliser sa raison pour éviter l'avalanche sociale ?

mardi 23 avril 2019

Cas Ghosn : drame de la pauvreté ?

Que reproche-t-on à M.Ghosn ? D'après ce que j'ai pu trouver, il aurait utilisé sa carte de crédit pour faire des cadeaux à sa nouvelle épouse, et payer un mariage coûteux à sa fille. Il aurait aussi couvert une manoeuvre boursière malencontreuse. Voulant assurer son salaire contre un changement de cours du Yen, il aurait pensé prévoir les mouvements de la bourse, malheureusement, elle est allée à l'envers de ses prévisions. Et il s'est retrouvé à devoir payer de l'ordre de 15m$. Ce serait un ami milliardaire du Golfe (rencontré lors de ses études au Liban) qui l'aurait dépanné. M.Ghosn l'aurait remboursé sur les fonds de Nissan. On apprend aussi que Nissan payait la scolarité de ses 4 enfants à Stanford (très très cher). Cela avait été négocié légalement.

Management inter culturel
Ce qu'on lit aussi, c'est que M. Ghosn fut un héros japonais. Apparemment, il y avait même une bande dessinée sur lui, et il a donné son nom à un plat national. Et si les malheurs de M.Ghosn venaient d'une méprise ? Et si les Japonais avaient cru qu'il était un des leurs, alors que lui les considérait comme des Américains comme les autres ? Il pensait obtenir par la force ce que lui valait la confiance ? Et si c'était cette confiance trahie qui avait valu le déchaînement incontrôlé de la justice japonaise ?

Curieusement, j'avais entendu dire que M.Ghosn s'entendait mieux avec ses collaborateurs japonais que français. Est-ce que ce qui semblait avoir fait son succès, son management inter culturel, ne s'est pas retourné contre lui ? Et s'il avait, involontairement, exploité les failles des cultures, mais pas leurs forces ? Et si, une fois réveillées de leur surprise, celles-ci s'étaient retournées contre lui ?

L'ascenseur social fait une victime ?
Et s'il avait été victime, lui-même, d'un drame inter culturel ? Ce qui me frappe chez M.Ghosn, c'est à quel point il ressemble à mes amis libanais. Même sa capacité de travail, dont on s'émerveille tant, n'a rien d'exceptionnel. Ils sont malheureux dans leur famille. Leur activité professionnelle c'est leur vie. Leurs amis, leur véritable famille, sont leurs partenaires commerciaux. Mais, surtout, les plus brillants sont venus faire leurs études en France. La France leur a donné ce qu'elle avait de mieux. Mais ce n'est pas beaucoup. Car, nous sommes un Etat bureaucratique. Or leurs anciens camarades, incultes peut-être, ont fait fortune dans les affaires. Celui qui, dans son enfance, était le plus admiré, est maintenant, à leur échelle, un prolétaire. On lit que M.Ghosn a reçu 100m€ en quelques années. Mais que reste-il après impôts et divorce (M.Ghosn a été victime du démon de midi) ? Comment assurer un train de vie digne de son rang ? C'est peut-être le noeud du problème. Ce que ni vous ni moi ne pouvons comprendre.

Car, un yacht de milliardaire du Golfe, d'oligarque russe ou de Bernard Arnault peut valoir 500m$ ou plus. A quoi ressemble le voilier de 12m de M.Ghosn à côté de ces bateaux de 100 à 180 m ? On dit aussi que le départ de M.Tavarès vient de ce que M.Ghosn ne voulait pas prendre sa retraite. Mais comment vivre parmi ses égaux avec un salaire de retraité ?

Comme dans Stupeur et tremblements, le Japon a rappelé à M.Ghosn que le démiurge, cela n'existe pas ?

mardi 15 janvier 2019

M.Ghosn et la culture japonaise

Les malheurs de M.Ghosn me font penser à Stupeur et tremblements.

La culture japonaise donne un rôle premier à la dimension sociale, collective, de l'existence. Elle trouve des moyens habiles et polis de rappeler à l'individu qu'il n'est rien, seul. Elle le met en face de ses failles. Voilà ce que j'ai cru comprendre de Stupeur et tremblements.

Or, M.Ghosn est l'individualiste par excellence. Il parlait du changement qu'il avait fait subir à Nissan, dans une conférence de Stanford, je crois, et il disait qu'il avait cassé la culture de l'entreprise, qu'il avait fait ce que l'on disait interdit. Et si, la stupéfaction passée, la société japonaise réagissait ? Et si, habilement, par une sorte de grève du zèle, elle lui rappelait que l'individu n'est rien ?

mercredi 9 janvier 2019

M.Ghosn fait front

Faut-il aller au secours de M.Ghosn se demandent certains ?

Mais ne serait-ce pas désobligeant vis-à-vis de lui ? Le grand patron est présenté, désormais, comme un surhomme "créateur de valeur". Un "premier de cordée". C'est ce qui justifie un salaire qui a été multiplié par 10 à 100 en quelques décennies. Sa caractéristique est de dominer l'adversité et les tempêtes. M.Ghosn n'est-il pas dans son élément ?

mercredi 21 novembre 2018

Saga Ghosn

Les ennuis de M.Ghosn surviennent au moment où il voulait fusionner Nissan et Renault, disait le Financial Times, hier. Perfides Nippons ?

Ce qu'il y a de curieux est que les rumeurs internes laissaient entendre que M.Ghosn préférait les Japonais aux Français. Erreur d'interprétation culturelle ? Le Français aboie mais ne mord pas ? Le Japonais est un disciple de Sun Zu ? D'ailleurs, lorsque l'on y réfléchit, comment une société xénophobe, comme l'est le Japon, pourrait-elle accepter une fusion avec une entreprise étrangère ? Jupiter Ghosn victime d'hybris ?

(Si les accusations étaient exactes, cela poserait la question de l'inaction française, et de l'impunité que s'accorde peut-être notre élite.)

mardi 20 novembre 2018

Carlos Ghosn et la roche Tarpéienne

La roche Tarpéienne est proche du Capitole. Je lis que le gouvernement français a destitué Carlos Ghosn. Qui l'eut dit ? Un retournement de fortune aussi soudain. Un homme aussi puissant et sûr de soi, et donneur de leçons, et riche... capable de fraude fiscale et de détournement de bien social ? Comme un Libanais ordinaire, diraient mes amis libanais ?

Laissons-faire la justice, peut-être ? En tout cas, il est possible que nos ennemis puissent être nos amis : ils nous empêchent de nous livrer à nos travers. Le pire danger pour un homme puissant, c'est qu'il n'a plus de contre-pouvoir. Il est laissé à ses démons.

jeudi 12 mars 2015

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn parle du redressement de Nissan à Stanford (excellente vidéo). Surprenant comme cela correspond aux situations qui font l'essentiel de ma vie, et à ce que je dis sur le changement, et que l'on ne comprend pas.
  1. La situation : l'entreprise est dans le rouge. Il n'y a aucune raison fondamentale pour cela. La solution est "à l'intérieur" de l'entreprise. Elle doit la connaître.
  2. Et surtout, si la solution vient de l'intérieur, elle sera appliquée. Alors qu'elle ne le sera pas si elle vient d'un consultant. 
  3. Carlos Ghosn mène l'enquête. Seul, apparemment. 
  4. Comme d'habitude cette solution est évidente. Ne serait-ce que parce que les modèles économiques des constructeurs sont les mêmes, et que l'on sait immédiatement où il faut chercher. Mais, comme d'habitude, cette solution consiste à faire ce que l'on dit qu'il est impossible de faire (mystérieuse "culture japonaise"). Seulement, en y regardant d'un peu plus près, on découvre qu'il y a une manière de faire "légalement" (en respectant les règles culturelles) ce qui semblait interdit.
Mais je suis prudemment enthousiaste :
  • La solution trouvée par M.Ghosm est-elle totalement "légale" ou a-t-il cassé un mécanisme dont la nécessité se fera sentir à long terme ? Pourquoi cela marchait-il pour Honda et Toyota et pas pour Nissan ?
  • A-t-il constitué autour de lui des gens qui sont capables de faire comme lui ? C'est à dire l'entreprise est-elle dans un processus d'amélioration et de remise en cause permanente, ou ne réagit-elle qu'aux crises, pour la résolution desquelles il demeure une pièce centrale ? Les membres de l'entreprise disent-ils "nous", ou pensent-ils, "je" suis Nissan, Renault, ou, encore, "je" pourrais être VW ?...
  • Il parle de "discipline", il connaît son agenda sur un an. Mais n'y a-t-il pas danger de "ritualisme" ? De développement d'une rigidité incompatible avec l'innovation et la gestion, à temps, de crise ? 

jeudi 19 avril 2012

Sauvons la planète

Que faire pour éviter Apocalypse 2030 ?

Posons le problème

Le problème ? Simple. Nous consommons beaucoup trop de ressources non renouvelables. Peut-être faudrait-il pour un certain nombre d'entre-elles réduire notre consommation par un facteur 5 à court terme, comme le disait un chercheur cité dans un précédent billet.

La résolution de ce problème est soumise à des contraintes, qui, si elles ne sont pas prises en compte, susciteront une résistance au changement.
  • Justice. L’évolution de la planète de ses derniers siècles a à la fois créé une forme de dénuement, dont il faut sortir, et aussi l’envie d’imiter un modèle occidental. Pas question de priver les pays émergents de ce que nous avons eu, lorsqu'il est bien. 
  • Fonctionnement du monde. Toute l’organisation de la société se fait autour de la croissance, et d’une production toujours plus grande de biens matériels. Ce qui entraîne automatiquement le gaspillage. La remise en cause de ce modèle sans accompagnement serait un drame: même en Occident, une grande partie de la population est à la limite de flottaison économique ; le moindre aléa lui fera boire la tasse.
Éléments de solution ?

Tout changement réussi est une question d’anxiétés de survie et d’apprentissage. Autrement formulé : le changement est-il important pour nous (survie), savons-nous comment l’aborder (apprentissage) ? L’écologiste qui nous menace des feux de l’enfer ne joue que sur la première. Sans compter qu'il considère l'entreprise comme le mal absolu, alors qu'elle est centrale dans la résolution du problème. Le rôle de l'écologiste est certainement utile, mais trop de problèmes sans solution est source de névroses.

Pourtant, il semble qu’il y ait des solutions :

Tout d’abord, il y a un intérêt économique évident pour l’industriel à réduire sa consommation de ressources. Ensuite, il existe des méthodes (« bas de la pyramide ») mises au point dans les pays émergents, qui permettent de réduire massivement le coût de certains produits. Les techniques « lean », qui sous-tendent la gestion de production moderne, ont pour principe l’élimination du gaspillage, ce qui est exactement le problème que nous avons (même si ce n’est pas comme cela que nous les utilisons).

Que faudrait-il pour enclencher un mouvement d’entraînement ? Plus d’entrepreneurs de la trempe de Carlos Ghosn, capables de paris ? La nécessaire coordination d'Etats visionnaires ?... Peut-être tout simplement stimuler l'expérimentation, et copier les meilleures idées qui auront émergé ?

jeudi 25 août 2011

Peu brillante Nano

Pourquoi la Tata Nano, voiture à 2200$, n’a-t-elle pas conquis le monde ? Ne nous dit-on pas que les Indiens vont balayer nos industries ?

« Quelques voitures se sont enflammées », mais ce fut surtout à cause d’un problème de marketing, un art que les Indiens ne maîtrisent pas encore.

Curieusement la seule personne qui soit à l’origine d’un succès à l’indienne est Carlos Ghosn (avec la Logan). (Stuck in low gear)

samedi 18 juin 2011

Sarkozy contre Atomic Anne

N.Sarkozy n’a pas perdu la main. Personne ne lui résiste. Anne Lauvergeon était coriace, pourtant. Elle avait trouvé une faille : les gens qu’il voulait lui substituer, tirés de son entourage, étaient peu reluisants. Mais, le président ne voulait pas placer un copain, mais éliminer Mme Lauvergeon ? Il lui suffisait pour cela de la remplacer par un homme d’Areva, qui n’avait, par conséquent, pas les défauts des précédents candidats ?

M.Sarkozy tient M.Ghosn, qu’il a sauvé d’un scandale, ses amis contrôlent FT, EDF, Veolia, Thalès…?Dirigisme gaullien ? M.Sarkozy commis voyageur de la France ? Sa popularité profite des contrats qu’il décroche ? Et ces grandes entreprises régulent l’emploi, comme après guerre ? C'est lorsqu'il est dos au mur que le champion fait preuve de génie ?

Compléments :
  • Au revoir to Atomic Anne
  • Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?

mardi 7 juin 2011

Renault absorbé par Nissan ?

Les marchés financiers demanderaient une fusion Renault Nissan. Mais Nissan vaut près de 3 fois Renault. (Curieusement la part que possède Renault dans Nissan vaut plus que Renault…)

Carlos Ghosn serait-il un judoka : il redresse un Nissan en faillite, et lui a fait absorber son repreneur ?

lundi 12 avril 2010

Mercedes et Renault

Modeste rapprochement entre Mercedes et Renault. Ce que chacun y gagnerait :
  • Mercedes : un moyen de faire gagner de l’argent à ces petits modèles (pertes de 7md€ en 10 ans ?).
  • Renault : « Peut-être le plus important pour M.Ghosn est l’apparent vote de confiance de Daimler. Pendant la plus grande partie de la dernière décennie Renault a été un acteur d’une médiocrité décevante, soutenu par de substantiels dividendes du plus prospère Nissan. »

samedi 6 février 2010

France et immigration

Comment la législation française a-t-elle évolué en ce qui concerne le droit des immigrants ? GUIRAUDON, Virginie, L’intégration des immigrés ou la politique de l’esquive, réformer sans changer de modèle ? in La France en mutation, 1980 – 2005, Presses de la fondation nationale des Sciences politiques, 2006.

L’étude montre que la notion d’ethnicité est commune à la droite et à la gauche. L'immigré est délinquant pour la droite, victime pour la gauche (images, d’ailleurs, relayées par les journaux). Mais la culture française lui est imperméable, son principe est que les Français sont égaux et que c’est à l’immigré de prouver qu’il veut rejoindre la communauté. L’outil d’intégration, ce sont les institutions de l’État providence (« insertion dans le marché du travail et leur participation dans les organisations sociales »). Comme elles sont en désarroi, l’immigré souffre. Cependant notre législation demeure étonnamment efficace pour donner les mêmes droits sociaux aux nationaux et non nationaux.
« par hasard, des populations issues de l’immigration sont de facto les bénéficiaires (proportionnellement) privilégiées des politiques dirigées contre l’exclusion sociale » puisque « la coïncidence entre leurs propres caractéristiques et les critères socio-économiques utilisés leur permet d’en bénéficier, sans que ces populations soient explicitement ou exclusivement ciblées ».
Par contre, il n’en est pas de même pour le droit politique, il demeure lié à la citoyenneté.
De ce fait, les partis politiques sont forcés de transformer la France en dissimulant leurs intentions :
les décideurs ont mis au point plusieurs stratégies d’esquive, pour que les électeurs ne puissent pas identifier facilement le responsable des réformes, soit en cherchant à obtenir un consensus large, soit en réduisant la visibilité des réformes
La gauche semble avoir été la plus habile à ce jeu. Elle a fait évoluer l’esprit des lois dans le sens d’une obligation de la nation à intégrer les immigrés (« lutte contre les discriminations » du gouvernement Jospin) ; Martine Aubry a exploité la montée de l’extrême droite en Autriche pour susciter un débat européen, et ensuite faire entrer en droit français ce qui en avait résulté (la mesure a été prise en un temps record, notamment parce que « la directive a été adoptée sans que les services ministériels susceptibles d’émettre des réserves aient été consultés »), à savoir les principes du droit britannique. Mais l’administration, l’INSEE en premier aurait résisté à cette attaque contre l’égalité. À la fin de l’étude (2005), il semble qu’il y ait un retour européen vers l’assimilation (l’immigré doit chercher à s’intégrer à la communauté d’accueil).

Commentaires
Je n’avais pas réfléchi à la question du traitement des immigrés avant de lire cette étude, et j’étais convaincu qu’il y avait discrimination. Ce texte m’amène à me demander si des Français de souche placés dans de mêmes conditions ne subiraient pas le même sort.
  • J’ai été frappé de voir que les personnels des SSII que je fréquente sont en énorme proportion d’origine maghrébine. Le conseil n’est-il pas un métier bien payé et intéressant ? Est-il indigne des Français de souche ? Ceux-ci demandent-ils trop ? Je n’ai pas d’explications.
  • Les immigrés de première génération que je connais et qui sont diplômés de grandes écoles font de très belles carrières (je précise que je ne connais pas Carlos Ghosn). À l’envers, d’après ce que me dit un ami issu du 93, ses camarades d’école, et son frère, Français de souche, vivent un chômage permanent et s’émerveillent « qu’il s’en soit sorti ».
Est-ce que ce qui cause les problèmes qui affectent ce que nous appelons maintenant des « minorités ethniques » ne vient pas de ce que la machine à intégrer les pauvres (l’école, l’armée et l’entreprise) a fait faillite ? D’ailleurs, est-ce que, comme le dit une citation ci-dessus, notre modèle donne « par hasard » les mêmes droits aux personnes qui se trouvent dans de mêmes situations ? Ou est-il tout simplement efficace ? Ne faudrait-il pas le faire fonctionner comme il devrait plutôt que d'essayer de le transformer ?

Compléments :

dimanche 18 octobre 2009

Énorme Carlos Ghosn ?

Mr Ghosn bets the company. Renault et Nissan semblent vouloir transformer l’automobile. Ce sera du tout électrique en marche forcée. M.Ghosn prédit qu’en 2020, 10% du marché sera électrique, 20% des ventes de sa société. Le reste du monde penche pour 5 à 10 fois moins.

Face à un avenir incertain, il y a trois stratégies (Que faire dans l'incertain ?) : modifier l’avenir à son avantage, comme tente de le faire M.Ghosn, adopter une structure adaptable, l’option (acquérir le savoir faire nécessaire pour attaquer le marché, s’il se développe effectivement).

Alors, rien à dire ? Si : le pari de M.Ghosn peut-il réellement lui donner un avantage déterminant ? Renault ne va-t-il pas devoir bâtir des infrastructures (recharge de batterie) qui profiteront aux autres constructeurs ? Une fois le marché là, aura-t-il une réelle barrière à l’entrée ? Le problème actuel de Renault me semble surtout être son métier : ses voitures ne sont pas fantastiques. Une éventuelle avance en termes de batterie éliminera-t-il ce handicap ? Mais je suis peu compétent.

Cependant, une généralisation de mon expérience restreinte me fait entrapercevoir une autre hypothèse (fantaisiste ?) qui pourrait expliquer de manière plus satisfaisante que la précédente la stratégie de Renault.

J’ai eu beaucoup d’amis libanais et j’ai cru identifier chez eux et leurs compatriotes une tendance culturelle, indépendante de leur confession : vouloir devenir énorme. Le Libanais est increvable quand il s’agit d’affaires, vous pouvez lui faire faire plusieurs fois le tour du monde sans qu’il ressente le jet lag, ou même qu’il prête la moindre attention au changement de paysage. Cette formidable énergie lui permet de bâtir des empires. Mais ils ont la curieuse propriété d’être des baudruches. Le Libanais ne semble pas connaître la notion de coût, mais juste celle de chiffre d’affaires. Si bien que, la veille il peut-être le plus grand, et le lendemain, ruiné.

À suivre.

Compléments :

  • Jusqu'ici la stratégie de M.Ghosn semblait uniquement financière.