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mardi 15 septembre 2015

Juger Areva

Les employés d'Areva manifestent. On peut comprendre qu'ils soient mécontents d'avoir à payer les conséquences d'une stratégie qui les dépasse. Et si cette stratégie méritait un jugement ? 

Ma conception du jugement n'est pas habituelle. Pour moi, l'objectif du jugement n'est pas, principalement, condamner. C'est comprendre. Et comprendre pour que l'on ne recommence pas. Car Areva n'est probablement qu'un des multiples exemples d'un phénomène qui démolit l'économie française depuis des décennies. 

En outre je ne crois pas qu'un dirigeant ou un politique ait à se plaindre de passer en jugement. C'est une façon de s'expliquer, de défendre ses idées. Cela fait partie de l'emploi. En particulier, cela va avec les privilèges et le salaire accordés à la fonction. 

lundi 20 avril 2015

L'EPR s'arrête à Flamanville ?

Bien étrange cette affaire d'EPR et d'AREVA. Maintenant, on découvre que la cuve de l'EPR de Flamanville aurait une "anomalie de fabrication". L'EPR c'est fini ? La direction d'AREVA a-t-elle été victime d'une illusion ? Qu'il était possible d'inventer un métier de 0

Probablement, les dirigeants d'AREVA et notre gouvernement ont cru qu'ils étaient des "entrepreneurs", m'a dit un haut fonctionnaire. Entrepreneur ? Pour un haut fonctionnaire ou un politique, l'entrepreneur, c'est celui qui prend d'énormes risques, sur sa seule intuition, et le risque c'est bien. Le risque c'est la vie. Il n'y a que lui qui pourra sauver l'Occident du déclin.

Et cela a un énorme intérêt. Cela cloue le bec de l'opposant. Plus besoin de justifier une décision, dîtes "entrepreneur". Vous avez peur qu'une centrale pète ? Vous n'êtes pas un entrepreneur ! Vous craignez que le Grand Paris creuse le déficit de la France ? Vous n'êtes pas un entrepreneur !... 

(A bas le principe de précaution !, faut-il ajouter ? Par ailleurs, nouvelle illustration de moment thucydidien.)

dimanche 15 mars 2015

Areva : panne de réacteur

Les malheurs d'Areva s'expliqueraient assez simplement. La société fonctionnait bien, et faisait de beaux bénéfices, mais sa dirigeante, appuyée par l'Etat ("champion national" ?), a voulu que la société fabrique des réacteurs nucléaires, ce qu'elle ne savait pas faire. 

C'est la gouvernance à la française qui est mise en cause, avec son dirigeant de droit divin et un Etat actionnaire, à la fois pousse au crime et incapable de tout contrôle. Pour ceux qui avaient encore des doutes sur les origines des nos dettes... 

dimanche 8 février 2015

Comment profiter de la destruction créatrice ?

Depuis la nuit des temps on nous dit que notre avenir est écrit. C'est ce que pensent beaucoup de religions, mais aussi Hegel et Marx, ou encore Google. Pour ma part, il est ce que la société veut qu'il soit, et les voies de la société sont impénétrables. Qui survit et qui périt dans ce processus ?

La société bouge sans cesse.  Peut-être que cela n'a pas toujours été le cas. Mais actuellement c'est la règle. Ceux qui n'anticipent pas le mouvement crèvent. En particulier les immobiles. AREVA pourrait montrer ce qu'il ne faut pas faire. Une façon d'interpréter son histoire est d'y voir un exemple de "marketing myopia". Au lieu de se transformer avec le marché, AREVA a fait du sur place, et n'a pu lui proposer que ce qu'elle savait faire : de grosses centrales nucléaires. Il en serait de même si un constructeur automobile américain n'avait pas évolué depuis les années 60 : il voudrait nous vendre des "grandes américaines". 

Quelle est l'antithèse d'AREVA (ou du moins de mon hypothèse) ? Steve Jobs ? J'ai l'impression que, à la fois il a été l'architecte d'un écosystème de compétences, et qu'il a su lire les tendances de la société. Dans ces conditions, en apparente contradiction avec ce que je dis plus haut, il s'est trouvé en situation d'influencer le cours des choses. 

(Un point qui mériterait un examen. En dépit de sa fortune, Steve Jobs n'a jamais cessé d'appartenir au peuple. Grosse différence avec les hauts fonctionnaires qui dirigent AREVA ? Caractéristique de ceux qui savent comprendre la société ? Et même des grands leaders politiques qui ont transformé leur pays ? De Napoléon à Mao, en passant par Staline, ils sont souvent venus d'en bas.)

dimanche 23 novembre 2014

Origine des malheurs d’AREVA

La semaine dernière, j’entendais parler d’une valse de dirigeants d’Areva. Du coup, j’ai cherché quelques articles sur la question. (Référence principale : un article de Challenges.)

L’entreprise a l’air dans de mauvais draps. Au bord de la faillite ? La gestion de Mme Lauvergeon serait critiquée. Deux choses me surprennent.
  1. Les chantiers finlandais et de Flamanville semblent totalement incontrôlés. Cela me rappelle mes débuts dans l’informatique : quand un projet dérape, c’est qu’il est aux mains d’un amateur…
  2. La perte de contrat des Emirats Arabes face à une entreprise « qui n’avait jamais construit de centrale ». C’est étrange : le nucléaire est supposé être dangereux, qui prendrait un tel risque ? Si Danone se mettait à construire des avions y monterions-nous ? (Il faut dire qu’à l’heure du marché roi tout le monde peut faire n’importe quoi.)
M.Varin, nouveau président d'Areva, parle de filiale de défaisance, afin de se débarrasser des projets compromis.

J’en suis arrivé à me demander s’il n’y avait pas un double phénomène en jeu. D’abord, une politique d’EPR qui ne correspond pas aux attentes d’un marché que l’on ne connaît pas. Deuxièmement, une organisation ressemblant à celle de l’Etat français. Autrement dit de grands seigneurs à l'esprit abstrait qui décident sans connaître la réalité du métier. Et des opérationnels qui essaient de se débrouiller, sans moyens et sans organisation, par leur capacité à l’exploit. Jusqu’ici, quand cela ne marchait pas, on demandait une rallonge à l’Etat. Mais, l’EPR était peut-être beaucoup trop complexe pour procéder de cette façon, et le client n’est plus un Etat aux poches profondes. A creuser.

VOA Markosian - Chernobyl02.jpg

"VOA Markosian - Chernobyl02" by VOA Photo / D. Markosian - D. Markosian: One Day in the Life of Chernobyl, VOA News, photo gallery.. Licensed under Public domain via Wikimedia Commons.

mardi 13 décembre 2011

Areva se restructure

Areva et Veolia changent de direction. Cela s’accompagne d’une restructuration brutale.Que faut-il en penser ?
  • Argumentation rationnelle : dans les deux cas, on dénonce une stratégie financièrement non durable (Areva dévoile son plan de réduction des coûts - LeMonde.fr) ; 
  • ou réitération de l’éternelle tactique du nouveau dirigeant : se faciliter la tâche en chargeant la mémoire de son prédécesseur ?
Compléments :

samedi 18 juin 2011

Sarkozy contre Atomic Anne

N.Sarkozy n’a pas perdu la main. Personne ne lui résiste. Anne Lauvergeon était coriace, pourtant. Elle avait trouvé une faille : les gens qu’il voulait lui substituer, tirés de son entourage, étaient peu reluisants. Mais, le président ne voulait pas placer un copain, mais éliminer Mme Lauvergeon ? Il lui suffisait pour cela de la remplacer par un homme d’Areva, qui n’avait, par conséquent, pas les défauts des précédents candidats ?

M.Sarkozy tient M.Ghosn, qu’il a sauvé d’un scandale, ses amis contrôlent FT, EDF, Veolia, Thalès…?Dirigisme gaullien ? M.Sarkozy commis voyageur de la France ? Sa popularité profite des contrats qu’il décroche ? Et ces grandes entreprises régulent l’emploi, comme après guerre ? C'est lorsqu'il est dos au mur que le champion fait preuve de génie ?

Compléments :
  • Au revoir to Atomic Anne
  • Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?

mercredi 1 juin 2011

Nucléaire : Angela Merkel bluffe-t-elle ?

J’entendais hier la radio dire que la volonté de Mme Merkel de se débarrasser du nucléaire était « politique » (i.e. démagogique). C’est aussi ce que pense Mme Lauvergeon.

Effectivement, la fin de vie des centrales commence en 2022, il peut se passer beaucoup de choses entre-temps. Mme Merkel sera partie d’ici là.

Mais, la sortie du nucléaire peut être une formidable chance pour l’Allemagne. Il ne s’agit pas que de rendre rentable une production d’énergie renouvelable qui ne l’est pas, ou d'absorber le coût colossal du démantèlement des centrales,  mais surtout de réduire la consommation du pays. Si l’Allemagne résout les problèmes que cela pose, elle aura un marché énorme. Or, contrairement à beaucoup, son État n’est pas endetté et a les moyens d’investir…

Compléments :
  • Quant à Areva, pourrait-il jouer à la très rentable stratégie de Monsanto (Le triomphe des OGM) : détenir un monopole sur un marché dont personne ne veut ? Pour cela, contrairement, à Siemens, il ne faut probablement pas avoir d’autres métiers, qui pourraient souffrir de la fréquentation. 

vendredi 11 mars 2011

Alliance Rolls Royce Areva

Areva s’allie à Rolls Royce. Malin ?
  • La capacité de production d’énergie anglaise est à reconstruire. Rolls Royce est probablement influent sur ce marché.
  • Rolls Royce produit les moteurs nucléaires des sous-marins anglais, savoir-faire capital pour saisir le marché, très prometteur ?, des petites centrales nucléaires. (Areva devient concurrent de DCNS.)
  • Rolls Royce paraît, vu de loin, plutôt être innovant (moteurs d’avion), et probablement commercialement un acteur habile de la globalisation (ce qui ne paraît pas être le cas d’Areva).
  • Comment vont s’entendre Anglais et Français ?
Y aurait-il une tendance de fond à un basculement de la France vers des alliances avec l’Angleterre, plutôt qu’avec l’Allemagne ? 

lundi 14 février 2011

Anne Lauvergeon

La Tribune s’émerveille de la pugnacité d’Anne Lauvergeon. (Areva : les secrets de la longévité d'Anne Lauvergeon.)

Ce qui semble plus remarquable encore est la fragilité des amis de l’Elysée, proposés à son poste. Ils semblent tous avoir caché quelques cadavres dans des placards mal fermés.
Le nom de Marwan Lahoud, numéro deux d'EADS, est avancé ? En privé, Anne Lauvergeon rappelle qu'il est le frère d'Imad, impliqué dans l'affaire Clearstream, mais aussi de Walid, ex-salarié d'Areva, mis en examen pour tentative d'escroquerie en 2007.
Yazid Sabeg, patron de CS, proche de Sarkozy et de Proglio, est en bonne place sur la liste ? Libération consacre trois pages à Alexandre Djouhri, l'agent trouble du pouvoir, et à ses amis personnels Henri Proglio et Yazid Sabeg.

lundi 20 décembre 2010

Avenir du nucléaire

L’avenir du nucléaire ne semble pas aussi prometteur qu’il y a quelques temps. (Thinking small.)

Le marché américain se serait fermé. Et les petits réacteurs, ressemblant à ceux qui propulsent les bateaux, pourraient être préférés aux grands.

La chance sourirait-elle à DCNS plutôt qu’à AREVA ? En tout cas, sur le marché du petit réacteur, la concurrence s’annonce féroce.

Compléments :
  • En voyant les difficultés d’AREVA à construire ses centrales, je me demande si elle n’a pas perdu son métier. Après tout elle n’avait plus de pratique depuis longtemps. Et puis le nucléaire n’attire plus les ingénieurs. 

mercredi 25 novembre 2009

EDF futur FT ?

La situation d’EDF semble bien plus mauvaise que ce que je craignais (Nuclear contamination).

  • Ses acquisitions causeraient 65md€ de dettes en 2017-18. Pas loin de France Télécom de la bulle Internet.
  • Il se confirme qu’EDF a oublié de s’occuper de nos centrales.
  • Son nouveau patron veut prendre le contrôle de la partie d’Areva qui bâtit des réacteurs. Mais il semble douter de l’efficacité de l’EPR (qui produirait à 70€/MW contre 30 pour une centrale traditionnelle) et vouloir proposer des modèles plus simples (étrangers) à ceux qui le désirent.

Areva serait-il aussi très mal parti ?

Compléments :

vendredi 17 juillet 2009

Total, Carling et comptabilité

J’ai failli réagir hier à l’explosion d’une nouvelle usine de Total. Un article du Monde m’y ramène.

  • Hier je me disais qu’après AZF, une marée noire, et pas mal de fuites dont on ne parle même pas, ça faisait beaucoup. Et ça devait coûter très cher.
  • Une avocate de la CGT interviewée par France Culture expliquait qu’entre 2001 et 2007, Total a perdu plus de 70 personnes. Significativement plus que les autres pétroliers mondiaux (bien qu’il y ait beaucoup de morts dans ce métier). La CGT mettait cela au compte d’un appel excessif à la sous-traitance, une pratique incompatible avec une culture de sécurité. Ce que je crois juste. Cette fois-ci encore, il semblerait qu’une des victimes soit un stagiaire.
  • J’ai discuté d’AZF avec des experts et j’ai été surpris de les entendre me parler de causes, et pas de cultures. Les commissions d’enquête qui ont travaillé aux USA sur l’accident de Columbia ou l’explosion d’une centrale de BP, par contre, avaient incriminé la culture de la NASA et de BP : leurs critères de décision étaient économiques et non humains. L’aléa est propre à la vie, ce qui fait qu’il dégénère ou non en drame, c’est la réponse que lui donne la culture de l’organisation. C’est elle la cause des drames.

Si c’est le cas, pourquoi Total n’a-t-il pas cherché à construire une culture du risque, comme celle de la RATP, ou d’Areva ? C’est avant tout une question d’état d’esprit, entretenu par une pression sociale constante. C’est assez peu un problème d’argent. Et, en évitant des crises à répétitions, ça ferait faire d’énormes économies à Total. À moins que Total ne se soit pas rendu compte que ces événements étaient récurrents ? À moins que chaque année sa comptabilité les inscrive comme des accidents exceptionnels ?

Compléments :

jeudi 18 juin 2009

Green IT

Début d’enquête sur un sujet sur lequel j'avais peu réfléchi. Premières informations à confirmer :

  • green IT c’est réduire les 2% d’émission de CO2 qu’émettent télécom + informatique (autant que le transport aérien). Statistique : 49% viendraient des PC et des imprimantes, 37% des réseaux télécom, 14% des data centres.
  • Mais c’est surtout utiliser l’informatique pour abaisser émission de CO2 et consommation d’énergie du reste de l’activité humaine (par exemple en optimisant les déplacements - logistique). D’ici 2020 son bon usage permettrait de réduire d’un 5ème les émissions de CO2 actuelles. Il y a donc beaucoup à faire dans ce qui est « smart ». C'est-à-dire qui s’adapte intelligemment aux événements pour minimiser la consommation. Cette intelligence vient essentiellement du logiciel. « Smart grid » qui répartit au mieux énergie entre production et consommation, places de marché d’échange d’énergie, terminaux intelligents (Ex. contrôle de l’allumage des ampoules, qui ferait gagner 40% en énergie (Street light vision)), etc.
  • Microsoft serait forte sur ce marché. Il y aurait aussi un grand espace de création de start up, notamment en France, avec quelques belles sociétés qui déjà apparaîtraient. On parle aussi d'IBM, et de HP (PC et data centres).

Je découvre au passage deux autres informations non IT :

  1. La capture de carbone : capturer le carbone émis permettrait, par exemple, d’utiliser sans dommages le charbon, une des sources d’énergie les plus abondantes au monde et capitale pour la Chine.
  2. Peut-être une bonne nouvelle pour nous : la France aurait une forte industrie de l’énergie qui saurait profiter du nécessaire changement que demanderait l’effet de serre, il s’agirait non seulement d’Areva, mais aussi de sociétés comme Alsthom.

(à suivre)

Compléments :

samedi 31 janvier 2009

Boum nucléaire

Avant de rencontrer Areva, je ne m’étais pas rendu compte de l’énormité des perspectives de l’énergie nucléaire.

Nouvel intérêt pour la question. Et je retrouve un article de 2006 : The Nuclear Option: Scientific American, qui synthétise les travaux d’une commission d’enquête américaine (MIT) :

  • Il semblerait que pour éviter les effets néfastes de l’effet de serre, il faut réduire de 8 milliards de tonne les émissions de dioxyde de carbone, d’ici 2050. Tripler la capacité de production nucléaire permettrait une économie de 0,8 à 1,8 milliard de tonnes.
  • Ce triplement représente une production d’un million de Mégawatts, soit pas mal de centrales (elles produisent un millier de mégawatts, mais on envisage de plus petites tailles – 100 millions). Très bonne nouvelle pour AREVA qui semble dominer le marché.
  • En 2006, le nucléaire n’était pas compétitif face au pétrole et surtout au charbon. Les choses s’inversent si l’on fait entrer dans l’équation des primes à l’émission de dioxyde de carbone. De surcroît, les coûts de construction des centrales pourraient nettement décroître, avec les gains de productivité qui devraient accompagner leur généralisation (les coûts de construction pourraient être réduits de 25%, et la durée de 5 à 4 ans, par ailleurs le prix des équipements pourrait être ramené au niveau de celui des autres centrales).
  • Les risques ? Le texte n’est pas inquiétant.