L'Etat américain attaque le vendeur d'un éditeur de logiciel. L'homme est anglais. Il a vendu Autonomy à HP, pour 11md$. C'était en 2011. Depuis, HP affirme avoir été trompé sur la marchandise.
En jeu, outre une amende, vingt ans de prison... Cette nouvelle est un précédent. Elle montre l'agressivité des USA, qui font une affaire d'Etat d'une question privée, étrangère. (En outre, la justice anglaise s'est jugée incompétente.) Ensuite ce pourrait être la remise en cause de petits arrangements entre amis. Car l'engouement pour les modes du moment, Big data, IA et autres block chains, est spéculatif. La plupart des vedettes d'hier ne sont plus rien. Mais elles ont fait beaucoup d'heureux. Les perdants, les acquéreurs en dernière instance, tels HP, ne se vantent pas de leur infortune. Elle a d'ailleurs fait la carrière d'un dirigeant. En outre, il est difficile d'affirmer que l'acquéreur a été abusé : il est mieux équipé en compétences et en avocats que l'acquisition.
Morale ? Non seulement les acquéreurs-entreprises pourraient attaquer les vendeurs, avec des moyens démesurés, mais les multiples violentes chutes de cours post introduction en bourse pourraient devenir l'objet de recours en justice. C'est une menace pour l'entrepreneur mais surtout pour toute l'industrie financière. La "fausse économie" entre-t-elle dans l'ère glaciaire ?
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samedi 1 décembre 2018
dimanche 15 juin 2014
Chaos, principe du capitalisme de marché ?
Irak. L’intervention
américaine a donné l’Irak à des intérêts particuliers. D’où révolte du peuple.
D’où terreau pour Al Qaeda. Europe.
Mme Merkel a besoin de l’Angleterre pour faire pièce à la France et bâtir une
Europe libérale. L’irresponsabilité de M.Cameron ne lui facilite pas la tâche.
Alors, elle temporise. Avec le temps, on peut faire avaler n’importe quoi aux
uns et aux autres. D’ailleurs, tout va
bien en Allemagne. Le marché européen redevient porteur, la baisse de l’euro
favorise les exportations, le marché domestique consomme. Le capitalisme de marché a vaincu l’Italie ? Mediobanca avait
des participations dans les très grandes entreprises. Mission de reconstruction
donnée en 46. Aujourd’hui, elle se retire. C’est le marché financier qui la
remplace. Il en est de même dans la PME. Là, c’est un capitalisme familial qui
disparaît. Ukraine. Le peuple veut nettoyer
la corruption oligarchique. Mais les mêmes sont à la tête du pays. Les USA désertent Israël. Reste l’Europe.
Mais l’Europe est un chaos confus. Aux USA, les Républicains vont reprendre le
pouvoir. Cependant, le peuple s’en méfie. La faute à Bush. Il a fait l’envers
de ce qu’il avait promis.
Le régulateur
américain mène une croisade contre le financement par les banques
internationales des ennemis des USA. Pour cela, il va au-delà de l’esprit des lois
et inflige des peines terrifiantes. Résultat : les banques, par prudence,
ne font plus d’affaires avec les pays qui auraient le plus besoin de leurs
services. Le petit investisseur est bien
meilleur que le grand analyste. Et cela parce qu’il a moins de pression à
la conformité. Innovation chez les fonds
d’investissement. Plutôt que d’acheter des entreprises, ils les
reconstruisent de zéro. Les vieilles
industries innovent. La destruction créatrice ne les liquide pas (cf. montres, stylos, voiliers, vêtements traditionnels, livres…). Elle en fait des niches hyper
rentables et innovantes. Destruction
créatrice de HP ? HP cherche de nouvelles idées pour renouveler des
affaires qui vont mal. Pour l’instant, la seule certitude, c’est que 50.000
personnes ont été licenciées. Bataille
de la batterie. Par l’effet d’échelle on veut abaisser massivement son
coût. Destruction créatrice de l’automobile. Cependant, une grosse partie de ce
coût est de la matière…
Football. La
nature d’une société influe sur le succès du penalty. L’anxiété de l’échec est insoutenable
pour l’individualiste.
lundi 26 novembre 2012
Vieux démons occidentaux, guerre en Palestine et espoir au Mexique
The Economist voit le conflit Israélo-palestinien sous un
angle inhabituel. La politique belliciste de M. Netanyahou a réussi. Israël se
porte mieux, et ne reçoit quasiment plus de missiles. Le pouvoir de nuisance de
l’Iran baisse depuis les troubles en Syrie. Parce que le Hamas a pris le côté
de l’opposition syrienne, et que le chemin vers le Hezbollah est coupé. Et les
nouvelles démocraties arabes sont trop préoccupées par leurs problèmes pour
aider la Palestine. Mais ,
le Hamas pourrait avoir le temps pour lui, d’autant qu’il sera difficile, pour
Israël, de maintenir une enclave palestinienne privée de droits au sein d’une
région devenue démocratique. Bon moment pour un changement ?
Le Mexique aussi se transforme. Les Chinois devenant chers, les industries qui veulent alimenter les USA s’installent chez lui. D’où croissance forte, arrêt de l’émigration. Mais aussi baisse du taux de fécondité (au dessous de celui des USA, dans dix ans). Malheureusement, le parti gouvernemental serait corrompu.
Théories économiques. Pendant longtemps on nous a enjoints de ne penser qu’aux intérêts de l’actionnaire. Aujourd’hui, on dit que c’est dangereux. Mais, curieusement, The Economist nous demande de continuer sur la même voie, les alternatives ne conduisant à rien de mesurable… De manière plus profonde, peut-être, le journal pense que ce n’est l’indicateur, en lui-même, qui est en faute, mais la façon dont les dirigeants l’ont employé. « Le problème n’est pas que les investisseurs sont des idiots, mais que les dirigeants le croient. »
Le Mexique aussi se transforme. Les Chinois devenant chers, les industries qui veulent alimenter les USA s’installent chez lui. D’où croissance forte, arrêt de l’émigration. Mais aussi baisse du taux de fécondité (au dessous de celui des USA, dans dix ans). Malheureusement, le parti gouvernemental serait corrompu.
La faille de la démocratie américaine est l’argent. Beaucoup
de fonctions y étant électives, et se faire élire demandant beaucoup d’argent,
ceux qui en ont, ont le pouvoir de faire la pluie et le beau temps. A mon avis,
c’est surtout préoccupant en ce qui concerne la justice. Quant à l'élection présidentielle, les deux partis s’équilibrent. (Bien qu'ils doivent tout de même se plier aux désirs des gros donateurs.)
Europe de l'Ouest. La Catalogne va-t-elle quitter l’Espagne. Pour l’éviter, le
pays pourrait devenir plus ou moins fédéral. Mais je n’ai pas compris en quoi
cela résoudrait les problèmes économiques de l’ensemble. En Italie, le résultat
des prochaines élections est imprévisible, mais M.Monti devrait continuer à la gouverner. L ’avenir
de l’UMP est tout aussi brouillé. (Victoire de Sarkozy ? ce dont je
doute.) Les Allemands sont aux prises avec leurs néonazis, et l’Angleterre voit
son salut dans le Commonwealth. Les crises ressuscitent les vieux démons ?
Changement dans l’industrie. La production des pays riches
augmente. Et la composition de l’emploi se transforme. Il glisserait de l’usine
aux services liés à l’industrie, et à la fabrication de machines. Chez HP, tout
va mal, sauf le logiciel. Et ses acquisitions semblent malheureuses. « Au troisième trimestre, HP a réduit de 8md$
la valeur d’EDS, un vendeur d’équipements et de services acheté en 2008 pour
13,9md$, plus 1,2md$ pour Compaq, un fabricant de PC. » Quant à
Autonomy, le chiffre serait de 8,8md$ (sur 10,3md$). Pour la voiture et l’avion,
le temps du sans pilote arrive à grands pas. La technologie qui le permet
servira, pour commencer, à aider les pilotes humains.
Théories économiques. Pendant longtemps on nous a enjoints de ne penser qu’aux intérêts de l’actionnaire. Aujourd’hui, on dit que c’est dangereux. Mais, curieusement, The Economist nous demande de continuer sur la même voie, les alternatives ne conduisant à rien de mesurable… De manière plus profonde, peut-être, le journal pense que ce n’est l’indicateur, en lui-même, qui est en faute, mais la façon dont les dirigeants l’ont employé. « Le problème n’est pas que les investisseurs sont des idiots, mais que les dirigeants le croient. »
Un résultat mesuré sur eBay : en moyenne, il rapporte
plus de ne pas masquer les défauts d’un produit que de faire le contraire… Et,
pour une raison inconnue, fixer un salaire minimum
serait bon pour l’économie et pour l’emploi, et réduirait les inégalités
salariales. C’est contrintuitif. Et c’est
tout ce que j’ai retenu de The Economist, cette semaine.
Mots-clés :
Allemagne,
Angleterre,
Autonomy,
Compaq,
eBay,
EDS,
Espagne,
France,
HP,
Industrie,
Israël,
Italie,
Mexique,
Palestine,
The Economist,
USA
vendredi 25 mai 2012
HP catalogue de changements ratés ?
HP a investi 42md$ dans une série d’acquisitions, mais ne
vaut que 42md. Sa division services (le résultat d’une mode ?) bât de
l’aile. Il fusionne ses divisions PC et imprimantes, ce qui avait
déjà été fait par un prédécesseur et défait par un autre.
Finalement, le dirigeant actuel se demande si l'on n'a pas lâché la proie pour l'ombre et s'il ne faut pas en revenir à ce qui fit HP de HP : la recherche et le
développement… (Article
du Financial Times)
Mais reste-t-il encore des capacités de RetD dans cette société ? J’imagine que si elle a entassé autant de changements ridicules
elle a dû être dominée par une couche de courtisans, qui ont fait crever les gens sérieux et la culture technique de l'entreprise.
jeudi 24 mai 2012
HP, Autonomy et l’échec des fusions
HP a acheté Autonomy, un éditeur de logiciel d’analyse de
données, en annonçant que cette entreprise était son avenir.
On
apprend qu’Autonomy a déjà perdu un quart de ses effectifs, dont quasiment
tout son comité directeur (ainsi que ses programmeurs !) et que la division logiciel a augmenté son chiffre d’affaires
de 173m$ sur le trimestre, alors qu’Autonomy aurait dû lui apporter 250m…
Nouvel
exemple d’échec d’une acquisition ? Une valorisation à la Facebook (10,3md$
pour 1md$ de chiffre d’affaires !), un fondateur qui a perdu sa motivation
avec les 800m£ qu’il a touchés, la discipline bureaucratique d’HP qui étouffe une start up…
dimanche 2 octobre 2011
HP et le mythe du sauveur
Comme dans le village d’Astérix, où le bon poisson ne peut venir que de Lutèce, HP croit que le bon patron doit venir de chez les autres.
Le patron est un facteur de succès moins important que l’entreprise et sa culture. (The trouble with superheroes)
Or une étude a montré que plus le patron était réputé (et pouvait négocier un haut salaire), plus il était, en fait, mauvais.
Le patron est un facteur de succès moins important que l’entreprise et sa culture. (The trouble with superheroes)
Compléments :
- En fait, HP a choisi une personne qui a échoué par le passé à faire ce qu’elle doit faire maintenant...
- Mauvaise nouvelle pour la France, dont les grands patrons sortent quasiment tous de l’administration ? Pas forcément : ils ont été des grands commis de l’État, ils peuvent être des serviteurs de leur entreprise et l’aider à développer ses talents, en toute humilité. Mais ce modèle, qui sous-entendait un lien étroit entre l’État et l’entreprise (la seconde exécutant les ordres du premier), mériterait peut-être d’être reconsidéré maintenant que ce lien n’est plus d’actualité.
dimanche 25 septembre 2011
HP : de charybde en Scylla ?
HP débarque son PDG et le remplace par un ancien d’eBay. Des métiers qui n’ont pas grand-chose à voir…
Nouveau mauvais choix d’une longue série ? (Board game)
En période de changement, l’entreprise a besoin de « leaders », au sens de John Kotter, c'est-à-dire de dirigeants capables de concevoir une vision de son métier et de son avenir, qui lui soit propre et unique ? (HP vend son âme)
jeudi 8 septembre 2011
Hoshin
Découverte il y a quelques temps du Hoshin, technique japonaise qui aurait beaucoup été utilisée par HP. (Strategic Planning With Hoshin)
Idée ? Dire ce que l’on rêve de faire (par exemple éliminer la dette du pays, pour notre gouvernement). Identifier les actions nécessaires pour réussir et concentrer l’attention de tous sur elles.
Parallèlement, identifier les processus critiques de l’organisation (par exemple la qualité de l’enseignement national), leur fixer des indicateurs, et s’assurer qu’ils restent au niveau désiré.
Tout ceci fait l’objet de quelques tableaux, et d’un suivi implacable.
Compléments :
Compléments :
- Pourquoi les Japonais se perdent-ils dans des rites politiques d'une grande subtilité mais d'une totale inefficacité, alors ? (The mud-lover)
dimanche 28 août 2011
HP vend son âme
HP se débarrasse de ses PC, parce que le marché de la technologie ne donne que de petites marges et elle achète (très cher) une société anglaise parce qu’elle estime que ses logiciels d’aide à la décision sont essentiels pour la bonne gestion des entreprises. En fait, HP « singe IBM ». (Aping IBM)
A-t-on ici une illustration de la différence entre un leader et un manager (selon John Kotter) ? Le leader (Steve Jobs) a une vision, et il transforme l’univers, le manager (M.Apothecker, le dirigeant de HP) ne sait que copier ?
Compléments :
- KOTTER, John P., Leading change, Harvard Business School Press, 1996.
jeudi 2 juin 2011
Microsoft achète Nokia ?
Rumeur selon laquelle Microsoft achèterait Nokia.
Probablement sans fondement, mais pas illogique. Steve Balmer, le patron de Microsoft, est menacé de liquidation. Tenter un coup d’éclat à risque maximum est un moyen rationnel de sauver sa place dans un monde d’individualistes optimisant leur utilité. C’est ce que semble avoir fait, avec succès, Carly Fiorina, chez HP.
Quant aux politiques, dans ces situations, ils préfèrent généralement déclencher des guerres.
mercredi 16 mars 2011
Dell, HP, et les changements du secteur des technologies de l’information
Le PC est attaqué par les terminaux portables et le cloud computing. Les entreprises du secteur des technologies de l’information se « verticalisent », elles multiplient les métiers. Logiciel, matériel, services… (Rebooting their systems)
On achète et on vend. Mais crée-t-on ?
vendredi 6 août 2010
L’informatique se réorganise
Le progrès technique aurait sapé le monopole de Microsoft et d’Intel, laissant à sa place des « géants plus ou moins intégrés verticalement » (en plus d’eux deux, Apple, Google, HP, IBM, Oracle et Cisco). (The end of Wintel.)
« Destruction créatrice » ?
mercredi 7 octobre 2009
L’avenir est au service ?
Les fabricants de matériels informatiques (Xerox, Dell, sur les pas de HP) achètent des entreprises de service, seul moyen de protéger leur rentabilité. Le matériel est en voie de banalisation, à commencer par les « smartphones ».
- Que va-t-il arriver à Apple ? Répétition du scénario Mac : un début tonitruant puis niche rentable ? Le gros du marché étant occupé par des dumbphones équivalents du PC ?
- Pourquoi en arriver à une stratégie de service ? D’ordinaire les avantages industriels sont indestructibles et peuvent se maintenir des décennies (jusqu’à une innovation majeure). Comment se fait-il que les terminaux aient échappé à cette règle ? Stratégie financière exclusive qui ne comprend rien au marché et ne sait que copier en moins cher et en moins fiable ? Pas seulement : il suffit qu’un fabricant s’acoquine à une entreprise de service pour que les autres soient obligés de l’imiter : il réduit mécaniquement le marché ouvert à concurrence (HP aurait vendu 4md$ de matériel avec son service, son partenaire, EDS, recommandant jusque-là des produits concurrents).
- Les entreprises ont-elles quelque chose à y gagner ? Dorénavant lorsqu’elles choisiront un cabinet de conseil, il arrivera avec ses équipements. Pas sûr que ce soit une bonne affaire : l’offre matérielle étant ainsi protégée de la concurrence risque aussi d’être oubliée de l’innovation.
- L’affrontement ne portant plus que sur le service, va-t-il être soumis à une guerre des coûts ? Indiens ou salaires indiens partout ?
Compléments :
- Cleverly simple.
- Xerox et l’achat d’ACS : Copycats.
jeudi 18 juin 2009
Green IT
Début d’enquête sur un sujet sur lequel j'avais peu réfléchi. Premières informations à confirmer :
- green IT c’est réduire les 2% d’émission de CO2 qu’émettent télécom + informatique (autant que le transport aérien). Statistique : 49% viendraient des PC et des imprimantes, 37% des réseaux télécom, 14% des data centres.
- Mais c’est surtout utiliser l’informatique pour abaisser émission de CO2 et consommation d’énergie du reste de l’activité humaine (par exemple en optimisant les déplacements - logistique). D’ici 2020 son bon usage permettrait de réduire d’un 5ème les émissions de CO2 actuelles. Il y a donc beaucoup à faire dans ce qui est « smart ». C'est-à-dire qui s’adapte intelligemment aux événements pour minimiser la consommation. Cette intelligence vient essentiellement du logiciel. « Smart grid » qui répartit au mieux énergie entre production et consommation, places de marché d’échange d’énergie, terminaux intelligents (Ex. contrôle de l’allumage des ampoules, qui ferait gagner 40% en énergie (Street light vision)), etc.
- Microsoft serait forte sur ce marché. Il y aurait aussi un grand espace de création de start up, notamment en France, avec quelques belles sociétés qui déjà apparaîtraient. On parle aussi d'IBM, et de HP (PC et data centres).
Je découvre au passage deux autres informations non IT :
- La capture de carbone : capturer le carbone émis permettrait, par exemple, d’utiliser sans dommages le charbon, une des sources d’énergie les plus abondantes au monde et capitale pour la Chine.
- Peut-être une bonne nouvelle pour nous : la France aurait une forte industrie de l’énergie qui saurait profiter du nécessaire changement que demanderait l’effet de serre, il s’agirait non seulement d’Areva, mais aussi de sociétés comme Alsthom.
(à suivre)
Compléments :
- More silicon, less carbon pour une partie des informations de ce billet.
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