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dimanche 7 décembre 2014

Le gaz de schiste produit de la culture américaine

Les Saoudiens ont décidé de tuer le gaz de schiste dans l’œuf. Ils augmentent leur production pour faire baisser les prix. Résultat ? Un nettoyage ethnique de la production actuelle (et des projets d’énergie propre, ainsi que de leurs copains de l’OPEC qui ne jouent pas le jeu du cartel). Mais les producteurs américains relèveront la tête à la prochaine hausse, purifiés par la crise. C’est dans les gènes du pays. Boom du nucléaire en Chine ? Probablement pas. Les Chinois veulent un champion national capable d’écraser le monde, mais leurs divisions internes rendent improbable le succès de cette idée. Et une explosion nucléaire pourrait nuire à la stabilité politique du pays. La nécessité est mère de l’innovation. L’imprévisibilité de l’énergie propre a provoqué une vague d’innovations concernant le stockage de l’énergie.

Le retour de Sarkozy, c’est la reconstitution du trio Sarkozy, Hollande, Le Pen. Marine n’en revient pas. Elle fait maintenant face à deux zombies discrédités. Chaos à l’Est. Certains tombent, du fait de leurs propres impérities, chez Poutine (Ukraine, Géorgie et Moldavie ?). D’autres essaient de s’ancrer à l’Ouest, comme la Lituanie qui adopte l’euro. Mais ça ne semble guère lui promettre un meilleur avenir : elle a toutes les caractéristiques de la Grèce avant crise. Le polonais Donald Tusk arrive à la tête de l’Europe. Au moment où la Pologne « doit maintenant trouver un nouveau modèle de croissance basé sur l’innovation et non plus sur une main d’œuvre bon marché, et que le geyser de l’argent européen s’assèche ».

La guerre contre l’Etat Islamique ? C’est la « pagaille ». Armée mexicaine. Seule certitude : ce sont les modérés syriens qui en prennent plein la figure.

Rick Perry, prochain candidat des US ?, a appliqué à l’Etat qu’il gouverne la logique du « low cost ». Politicien américain, tête de linotte ? L’amélioration des chiffres du pays lui fait oublier les causes structurelles de déficit. En particulier le cas des anciens combattants. On leur donne des postes de fonctionnaires, et des pensions royales.

Le monde ne se couvre pas de villes, comme on le dit, mais de banlieues. Et elles ne sont pas l’enfer que l’on croit.

Droit et technologie. Tentative de mise au point d’un droit des robots. Et surtout d’une réglementation pour drones. Sécurité, résistance des pilotes, risque de terrorisme… Sans elle, ils sont vissés au sol.

De nouvelles banques d’investissement apparaissent. Elles sont petites, compétentes et leur métier est principalement le conseil en fusions acquisitions. Quand aux fonds d’investissement, ils ont des vices de constitution. Lorsqu’un investissement initial tourne mal, ils jettent l’argent de leurs investisseurs par les fenêtres dans l’espoir de se refaire.

L’économie comportementale commence à être prise au sérieux. Elle montre que l’économie classique ne nous fait faire que des bêtises. Forte résistance au changement en perspective. Car l'économiste domine notre société. Et il le doit à des modèles mathématiques qui répondent à la demande des « journalistes et des politiciens (qui cherchent) des arguments forts et des réponses claires ». Modèles qui lui ont fait croire qu’il possédait une science exacte et lui ont donné un sentiment de « supériorité ».

Les Etats installent des cellules d’innovation et se mettent à expérimenter. La NASA essaie de relancer un semblant de conquête spatiale. Mais ses fusées sont conçues par le Sénat, pour satisfaire des lobbys, et coûtent 20 fois plus que ce que fait le privé. Pas d’efficacité sans un combat qui concentre les esprits. Mais où sont les Soviets d’antan ? 

Expérience rayons cosmiques. Elle pourrait permettre de voir d’où ils viennent, et de comprendre le fonctionnement des trous noirs ! Les animaux ont une culture ! (Mais pas les hommes, si l’on en croit les néoconservateur et les économistes…)

lundi 25 février 2013

Chaos au Moyen-Orient, paix en Europe, Chine en guerre, et reflux de l’individualisme ?

Politique. The Economist aimerait que M.Obama s’intéresse enfin à la Syrie. Somalie, en puissance, elle se transforme en chaos. Tout le monde se bat avec tout le monde, y compris entre opposants. Le terreau et fertile pour le Jihadisme. Demain, une guerre qui s’étend au Liban, à Israël, à l’Iraq, à la Jordanie… ?
Chypre subit une crise de la dette. Mais elle serait peut-être riche en pétrole. Cela pourrait lui permettre de payer ses dettes. Mais transporter le pétrole est compliqué et demande des investissements coûteux. Et si le plus simple était de passer par la Turquie ? Et s’il y avait là une raison de se réconcilier, pour les populations de l’Ile ? Quant à la Turquie, l’Europe semble d’un seul coup la trouver sympathique. Et si Kurdes et Turcs se réconciliaient pour devenir Européens ?
Quant à la Chine, son armée aurait organisé des bataillons de pirates informatiques qui alimentent son industrie avec le savoir-faire occidental. Politique d’intérêt national.

L’Europe veut taxer les transactions financières. The Economist n’est pas d’accord. Idem pour les bonus des banquiers : ils vont augmenter leurs salaires ! En revanche, l’Europe serait favorable aux intérêts du Whisky écossais. Elle le protège, abat les barrières douanières à l’étranger, et lui ouvre les marchés européens (La France est le plus gros consommateur mondial).

Vers une nouvelle vague de fusions / acquisitions ? « Beaucoup de patrons s’attendent maintenant à une faible croissance des pays développés. Ils pensent qu’ils ont tiré tout ce qui était possible des réductions de coûts. Une grosse acquisition est le meilleur moyen d’améliorer les affaires, pensent certains. » The Economist rappelle « les études biannuelles de KPMG n’ont jamais trouvé plus de 34% d’acquisitions rentables ».

Santé publique. Certains Etats américains légalisent la drogue. Cela permet de contrôler sa consommation. C’est l’occasion d’une expérimentation. (Une bonne idée pour réduire les déficits du pays ?) L’activité spatiale de la NASA ne sert plus à rien, sinon à engraisser quelques lobbies industriels. Et si on lui avait trouvé une activité honnête : surveiller et détruire les météorites qui nous menacent ?
Dans la rubrique, l’individualisme d’antan a du plomb dans l’aile, on essaie de modéliser la façon dont « les sociétés changent leur esprit collectif ». Pour cela, on veut utiliser le « big data » craché de toutes parts. On découvre aussi les bénéfices des virus et que « beaucoup de créatures (y compris les humains) ne sont pas auto-suffisantes mais dépendent de la symbiose ». En équipant les plantes de certains virus, on pourrait leur donner des propriétés utiles (par exemple résistance à la sécheresse). 

jeudi 25 novembre 2010

Démocratie et science

Les scientifiques reprochent aux politiciens de l’Utah de vouloir influencer la conception des prochaines fusées habitées, pour maintenir l’emploi chez eux.

Politics should not dictate design of NASA rockets dit un article. Car la technologie proposée peut être dangereuse pour l’astronaute. Et il en existe d’autres, un peu plus anciennes, un peu plus difficiles à mettre au point, ou étrangères (mais là, même pour un scientifique, c’est inacceptable). Mort au politicien et à la démocratie ?

Mais comment s'assurer que les scientifiques, laissés à eux-mêmes, oeuvrent dans l'intérêt général ? Eux aussi ont leurs intérêts catégoriels. N'avons-nous pas surtout besoin d'un mécanisme démocratique efficace, qui prenne en compte les avis des uns et des autres, et qui leur trouve une solution qui satisfasse tout le monde ? Ici, qui réduise au mieux les risques humains, et qui facilite les problèmes d’emploi des travailleurs menacés ?

samedi 26 septembre 2009

La NASA en question

The Economist dénonce l’inefficacité de la NASA. Il faut la détruire, et faire de son argent un fonds de capital risque.

Exemple, d’une logique imparable, Iridium. L’entreprise proposait un système de téléphonie satellitaire. Elle a échoué (engloutissant les fonds de ses investisseurs), parce que ses terminaux n’étaient pas pratiques. Maintenant elle n’arrive pas à trouver l’argent pour les amener à la bonne taille. Ce même argent que gaspille la NASA.

Mais, qui nous dit que les capitaux risqueurs seront plus compétents que les fonctionnaires du gouvernement ? N’ont-ils pas fait un flop avec Iridium V1 ? Ne se sont-ils pas ridiculisés pendant la bulle Internet ? Sont-ils plus glorieux aujourd’hui ? L’argent de l’état américain serait-il entre de bonnes mains s’il était confié à des financiers ?

Et pourquoi la NASA bureaucratique nous a-t-elle éblouis dans les années 60 ? Pourquoi n’est-elle plus que l’ombre de son passé ?

J’ai un soupçon. La commission d’enquête sur la chute de la navette Columbia (2003) accusait la « culture » de la NASA. Les faiblesses structurelles de l’engin reflétaient les décisions d’un management qui avait ignoré l’expérience des experts et des faits. Qu’est-ce qui le motivait ? Des raisons économiques ? Et si les vices de l’entreprise privée expliquaient la déchéance de la NASA ?

Compléments :

  • Les problèmes de la NASA sont probablement à ranger au milieu de ceux de l’administration américaine (services de l’état), démolie par les apprentis sorciers libéraux : Décomposition de l’état américain
  • Par ailleurs, l’idée de transformer le budget de la NASA en fonds d’investissement est stupide, parce que les objectifs de la NASA, l’exploration de l’espace, ne sont pas du ressort du marché (faire des affaires). Si on ne met pas en cause sa mission, la question qui se pose est donc bien de comprendre ce qui a ruiné l’efficacité de la NASA.

vendredi 17 juillet 2009

Total, Carling et comptabilité

J’ai failli réagir hier à l’explosion d’une nouvelle usine de Total. Un article du Monde m’y ramène.

  • Hier je me disais qu’après AZF, une marée noire, et pas mal de fuites dont on ne parle même pas, ça faisait beaucoup. Et ça devait coûter très cher.
  • Une avocate de la CGT interviewée par France Culture expliquait qu’entre 2001 et 2007, Total a perdu plus de 70 personnes. Significativement plus que les autres pétroliers mondiaux (bien qu’il y ait beaucoup de morts dans ce métier). La CGT mettait cela au compte d’un appel excessif à la sous-traitance, une pratique incompatible avec une culture de sécurité. Ce que je crois juste. Cette fois-ci encore, il semblerait qu’une des victimes soit un stagiaire.
  • J’ai discuté d’AZF avec des experts et j’ai été surpris de les entendre me parler de causes, et pas de cultures. Les commissions d’enquête qui ont travaillé aux USA sur l’accident de Columbia ou l’explosion d’une centrale de BP, par contre, avaient incriminé la culture de la NASA et de BP : leurs critères de décision étaient économiques et non humains. L’aléa est propre à la vie, ce qui fait qu’il dégénère ou non en drame, c’est la réponse que lui donne la culture de l’organisation. C’est elle la cause des drames.

Si c’est le cas, pourquoi Total n’a-t-il pas cherché à construire une culture du risque, comme celle de la RATP, ou d’Areva ? C’est avant tout une question d’état d’esprit, entretenu par une pression sociale constante. C’est assez peu un problème d’argent. Et, en évitant des crises à répétitions, ça ferait faire d’énormes économies à Total. À moins que Total ne se soit pas rendu compte que ces événements étaient récurrents ? À moins que chaque année sa comptabilité les inscrive comme des accidents exceptionnels ?

Compléments :

mardi 26 mai 2009

Innovation et effet de serre

Le retour des jardins suspendus : bientôt il n’y aura plus que des villes et plus aucun champ. Pourquoi ne pas amener les campagnes à la ville ? De grandes tours où se retrouveraient des étages de cultures auto-suffisantes. Une tour pourrait alimenter 50.000 personnes. Les recherches de la NASA sembleraient indiquer que c'est faisable.

  • Projet peut-être difficile à réaliser, mais qui semble simple et élégant parce qu’il ne nous demande pas beaucoup de changements : la population évolue comme elle a prévu de le faire ; les tours c’est du BTP et de l’agriculture…
  • Mais pourquoi l’effet de serre ne suscite pas plus d’idées de ce type (cf. billet précédent) ? Incapacité du marché à faire autrement que de produire ce qu’il a toujours produit ? N’est-il pas temps de lancer des recherches sans rapport avec lui ? Ce qui ne signifie pas qu’elles ne seront pas rentables : notre gestion de la planète crée la rareté, demain le litre d’air et la tomate seront hors de prix.
Pour l’innovation dont a besoin la survie de l’homme, il faut une vision à très long terme que n’a pas l’entreprise.

Compléments :

  • L’ère de la planification : une période où il y avait moins de marché et plus d’état, et qui innovait (malheureusement stimulée par la guerre froide).

jeudi 2 avril 2009

Le nucléaire : ne pas se précipiter

Suite d'enquête sur le nucléaire. Une étude américaine apporte un éclairage nouveau au dossier.

Elle semble dire que les centrales nucléaires n’auront pas un impact majeur sur les émissions de CO2 dans les 20 prochaines années. En effet, elles sont longues et coûteuses à construire, longues à raccorder au réseau (10 ans !), elles demandent des fonds (attention à la crise) et un savoir-faire que peu de pays ont… Curieusement la part de l’énergie nucléaire dans la production globale devrait se réduire de 15 à 10% d’ici 2030. En attendant, il serait utile de régler les problèmes de sécurité que pose encore le nucléaire.

Il semblerait, qu’au moins aux USA, on soit passé très près de gros incidents ces dernières années. En particulier pour des raisons de négligence (une « réticence des employés (…) à signaler les problèmes de sécurité »). L'histoire de ces incidents ressemble à ceux de désastres tels que la chute d’une navette spatiale ou l’explosion d’une centrale de BP, 2 cas dans lesquels les enquêteurs ont incriminé la culture de l’organisation (plus favorable à la réduction de coûts qu’à la protection de la vie humaine).

Le nucléaire ne serait-il pas à mettre entre toutes les mains ?

Compléments :

  • Mon livre « transformer les organisations » sur BP et Columbia :

Rapport (août 2003) de la commission d’enquête sur l’accident de la navette spatiale américaine Columbia (février 2003) : « la culture de la NASA est autant en cause dans l’accident que l’isolant (le défaut à l’origine de la catastrophe) », une culture qui, face à des objectifs contradictoires, de coûts, de délais et de sécurité, fait des choix malheureux.

Une déclaration du responsable de l’enquête sur l’explosion d’une raffinerie pétrolière texane de la compagnie BP (15 morts, 180 blessés) : « plus l’enquête avançait et plus nous étions terrifiés de découvrir qu’une telle culture puisse exister chez BP », une culture financière qui s’intéresse peu à la sécurité des hommes.