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dimanche 2 avril 2017

Indépendance

Vous vous souvenez de L'Islande ? Sa faillite résultant d'une bulle spéculative ? Son refus d'entrer dans la zone euro ? Et son succès à se sortir de ce mauvais pas attribué, justement, au fait qu'elle possédait sa monnaie ?

Eh bien l'Islande envisage de lier cette monnaie à la livre ou à l'euro. Car les fluctuations de cours lui rendent la vie impossible ! Une leçon pour nos nationalistes ? 

lundi 6 mai 2013

Rêve en Chine et déprime ailleurs

Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D'ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L'Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu'ils reviendront à la maison ?

Djibouti semble béni des dieux. Le trafic de son port ne fait qu’augmenter. C’est le point de passage obligé de l’approvisionnement de l’Ethiopie, arrêt pratique pour les cargos naviguant entre l’Europe et l’Asie et toutes les grandes armées mondiales y sont installées. Mais sa population n’a pas accès à ces revenus. Elle est la « plus pauvre d’Afrique ». À Ho Chi Minh Ville, menacée par la montée des eaux, les autorités locales préfèrent un projet hasardeux de digues à 2,6md$ plutôt qu’un, plus efficace, à 1,4m$ ! Question d'intérêt. Au Bangladesh, un immeuble s’est effondré sur des ouvriers du textile. Ce qui obéit à une logique certaine. Main d’œuvre excessivement bon marché, pas de droit de l’environnement, et boom de la demande suscitée par une ouverture des marchés de l’UE. Dans ces conditions, il faut produire à tous prix.

Défaillance du marché. Les compagnies pétrolières sont évaluées en fonction de leurs réserves. Or, si l’on veut limiter le réchauffement climatique, une partie de ces réserves ne pourra pas être exploitée. Le gouvernement américain demande au commerce en ligne de collecter la TVA. Ce qui pourrait être bénéfique pour Amazon qui, jusque-là, plaçait ses entrepôts dans les zones hors taxes. La société va optimiser sa logistique, multiplier ses dépôts et acquérir une flotte de camions. Avantage concurrentiel important : apparemment pouvoir disposer immédiatement de ses acquisitions compte beaucoup pour le consommateur américain. (Ce qui explique pourquoi Amazon France insiste autant sur la livraison dans la journée ?) Pourquoi les banquiers anglo-saxons ne sont pas en prison ? Parce que l’incompétence n’est pas un crime. En Allemagne, en revanche, on ne transige pas avec la confiance.

On est parvenu à faire voler des robots-insectes. Mais il leur manque encore une alimentation autonome. La pollinisation pourrait être un de leurs emplois ! L’Amérique veut replanter ses forêts de châtaigniers génétiquement modifiés. Les anciennes populations de ces arbres ont été victimes de maladies. 

mardi 5 février 2013

Terne semaine

En dehors des Nordiques du billet précédent, que donne le tour du monde de The Economist, cette semaine ?

Barack Obama veut légaliser 11m d’immigrés illégaux, mais bien intégrés. Ce n’est pas du goût des Républicains, qui n’y voient pas beaucoup d’électeurs. En Egypte, les frères musulmans semblent avoir cru qu’on les avait élus pour leurs valeurs, alors qu’on voulait qu’ils règlent les problèmes, croissants, de la nation. L’Egypte évitera-t-elle une nouvelle révolution, ou un coup d’Etat militaire ? L’Europe essaie de négocier un accord de libre échange avec les USA. Elle espère ainsi intéresser l’Amérique et l’Angleterre à son cas. John Kerry, nouveau ministre des affaires étrangères américain va-t-il parvenir à sortir Barack Obama de ses tentations casanières ? L’Angleterre tente petit à petit d'extraire ses collectivités locales de la centralisation Thatchérienne. Quant au gaz de schiste, peu de chances d’en voir le bout du nez en Europe. D’ailleurs, il ne semble pas aussi évident que cela que ses gisements soient économiquement exploitables. Thyssen Krupp se réinvente, de même que RIM / Blackberry, dont le meilleur atout serait ses 80m d’utilisateurs. Les entrepreneurs donnent des leçons à l’Etat. Certains forment des groupes de conseillers. McKinsey lui propose de partager de meilleures pratiques. D’autres, enfin, l’enjoignent d’utiliser les technologies de l’information. Mais tout ces gens ont-ils vraiment quelque chose à apporter ? Ou quelque chose leur échapperait-il dans la complexité du monde politique ? La justice a donné raison à l’Islande de ne pas avoir dédommagé les clients étrangers de ses banques en faillite. Leçon : confiez vos économies à une banque nationale. On aurait trouvé une manière de réduire le coût des retraites : les faire ressembler à un système par capitalisation. Le montant de la retraite est découvert à sa liquidation. La seule chose sûre serait la contribution versée. Dormir permettrait d’éliminer les mauvais souvenirs et de se rappeler des bons. Le sommeil court et le cerveau rétréci du vieux iraient avec un moindre besoin d’apprendre. La malnutrition serait liée à la flore intestinale, autant qu’à la diète. Les pigeons se repéreraient aux infrasons émis par la mer. Les pays émergents représentent 83% de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serres. Apparemment, la question commence à les préoccuper. Sans qu’une solution soit en vue. Finalement, Nixon a fait le sale boulot d’Eisenhower. 

samedi 22 octobre 2011

Islande tirée d’affaires

L’Islande, grande pécheresse, semble bien mieux se tirer d’affaires que le Portugal ou l’Irlande.

Pourquoi ?

Elle n’a pas payé toutes les dettes de ses banquiers. Mais surtout son taux de change flotte. Ses salaires sont, en euros, à 60% de ce qu’ils étaient. (Why Not The Worst? - NYTimes.com)

L’économiste la donne en exemple. Mais qu’en serait-il du monde si on le suivait ?

samedi 18 juin 2011

Sarkozy contre Atomic Anne

N.Sarkozy n’a pas perdu la main. Personne ne lui résiste. Anne Lauvergeon était coriace, pourtant. Elle avait trouvé une faille : les gens qu’il voulait lui substituer, tirés de son entourage, étaient peu reluisants. Mais, le président ne voulait pas placer un copain, mais éliminer Mme Lauvergeon ? Il lui suffisait pour cela de la remplacer par un homme d’Areva, qui n’avait, par conséquent, pas les défauts des précédents candidats ?

M.Sarkozy tient M.Ghosn, qu’il a sauvé d’un scandale, ses amis contrôlent FT, EDF, Veolia, Thalès…?Dirigisme gaullien ? M.Sarkozy commis voyageur de la France ? Sa popularité profite des contrats qu’il décroche ? Et ces grandes entreprises régulent l’emploi, comme après guerre ? C'est lorsqu'il est dos au mur que le champion fait preuve de génie ?

Compléments :
  • Au revoir to Atomic Anne
  • Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?

mercredi 20 avril 2011

Modèle économique irlandais

L’Irlande doit-elle faire comme l’Islande, ne pas payer ses créditeurs ?
En Irlande des économistes tels que Philip Lane du Trinity College de Dublin, voit des risques à suivre l’exemple de l’Islande. L’Irlande a besoin, en tant que rampe de lancement de multinationales, de sa place dans l’UE. Il survit des liquidités de la Banque Centrale Européenne, et, dans tous les cas, ne peut pas se permettre de se couper de l’Europe. (A parable of two debtors)
Parasite irlandais ?

dimanche 27 février 2011

Contre les quotas de femmes administrateurs

Il y a peu j’entendais un journaliste de la BBC se demander si ce n’était pas parce que l’Islande avait imposé des quotas de femmes administrateurs d’entreprise (comme la France), qu’elle avait failli sombrer.

En tout cas, ces quotas ne sont plus à l’ordre du jour en Angleterre. Les risques qu’ils présentent, donner la direction de l’économie à des personnels non expérimentés, sont trop élevés. L’Angleterre compte maintenant combattre à sa source la cause du mal, le fait que les femmes n’ont pas les carrières qui conduisent aux conseils d’administration. Il est demandé aux entreprises d’expliquer ce qu’elles font pour alimenter en femmes les bons « tuyaux ».

Deux questions :
  • L’imposition de quotas ailleurs qu’à la tête des entreprises suscite-t-il un tel émoi (victorieux par KO au premier round, d’ailleurs) ?
  • Nouvel épisode d’une contre-attaque de la doctrine des droits de l’homme, vue comme une idéologie gauchiste perverse, dont l’Angleterre serait l’élément avancé ?

Compléments :
  • Une analyse détaillée du point de vue anglais : Quotas are no silver bullet for women on the board.
  • Les administrateurs masculins du secteur financier américain n’ont pas mieux évité que les administratrices islandaises sa crise de folie. Quelle que soit leur composition les conseils d’administration sont incapables de contrôler quoi que ce soit ? 

dimanche 18 avril 2010

Internet des transports ?

L’Islandais est peu nombreux, mais teigneux : ses banques créent des catastrophes planétaires, ses volcans paralysent les avions… Un ami est bloqué à New York et ne sait pas quand il reverra sa famille…

Rappel de ce que notre économie tient à la bonne volonté d’une nature que nous prenons un peu trop pour un acquis. D’ailleurs, la mode des « supply chains » qui a eu le vent en poupe ces derniers temps ne présente-t-elle pas quelques coûts que nous n’avions pas identifiés ?

Ne serait-il pas temps de revoir notre système de transport, au moins aérien ? Il semble qu’il soit difficile de protéger les avions. Mais ne serait-il pas possible de construire le réseau aérien un peu comme Internet ? En s’assurant que les défaillances des nœuds du réseau ne lui sont pas fatales. Autrement dit, mieux répartir les aéroports (danger des « hubs »), et les relier par des TGV. (Mais aussi moins utiliser l’avion, et les transports fragiles ?)

dimanche 10 janvier 2010

Ça va péter ?

Selon The Economist nous connaissons une bulle spéculative financière (Bubble warning). Rien de neuf. Ce qui l’est, c’est l'idée suivante :

Pour éviter les dommages de la crise, les gouvernements se sont massivement endettés. Pour résorber ces dettes ils devront prendre des mesures inacceptables par leurs administrés. Ils tricheront. Ceux qui le peuvent dévalueront leur monnaie (comme le font l’Angleterre, et les USA), d’autres ne paieront pas ce qu'ils doivent aux étrangers (ce que tente de faire l’Islande), j’imagine que l’inflation doit aussi être efficace…

Comme lors des crises précédentes, le système de contrôle de la finance mondiale (aujourd’hui les banques centrales indépendantes) sera victime de cette manœuvre, qu’il était supposé empêcher.

The gold standard broke down in the 1930s because countries would not pay the political price, in the form of austerity, to maintain the link. They chose domestic workers over foreign creditors. The Bretton Woods system broke down because America was unwilling to bear the burden of being the linchpin of the system. Now, the system that prevailed in the 1980s, 1990s and 2000s, in which creditors trusted central banks to maintain the value of debtor countries’ currencies, is breaking down as well.

Paying the price

On en réinventera un nouveau sur les ruines fumantes de l’économie mondiale ?

De ceci sort une image cohérente, conforme aux réflexes innés de l’homme face au changement : le refuser. On espère qu’il suffit de dépenser pour régler les problèmes du monde, puis lorsque l’on a trop de dettes on les élimine par un tour de passe-passe.

Compléments :

  • Traduit autrement, ce billet dit que nos gouvernements n’ont pas le savoir faire de conduite du changement qui évite une crise destructrice pour une partie de la société.
  • Sur l’Islande : Is it a blizzard?
  • Voting away your debts.

vendredi 21 août 2009

Avantage économique des démocraties

Democracy, diversification, and growth reversals explique que la force des démocraties est la maîtrise de leur croissance. Les pays peu démocratiques vivent des montagnes russes.

Ce qui explique ces montagnes russes, c’est le manque de spécialisation (par exemple pétrole) de leur économie, quand l’industrie locale a le vent en poupe, le pays se développe vite, quand ce n’est plus le cas, c’est le chaos. Les démocraties laissent prospérer l’initiative individuelle, qui diversifie les risques.

Et l’Islande ? C’est pourtant un pays démocratique. Et l’Irlande, les USA et l’Angleterre (dans une moindre mesure) ?

Ceci donnerait-il raison à Simon Johnson ? Nous avons vécu une période où l’oligarque, le manager professionnel, a été roi, il a tué (via les fonds d’investissement) les entrepreneurs, il a détruit la diversification et la vitalité du tissu économique (cf. les modes de management qui ont affecté, notamment, l’automobile) ? Il est parvenu à démolir les processus démocratiques, ceux qui font qu’aucun individu ne peut imposer ses intérêts aux autres, et que du coup la nation est multiple ? Est-ce cela le fondement de la démocratie ?

Compléments :

mardi 12 mai 2009

À quoi sert le FMI

Un économiste américain apparemment respectable apporte une réponse paradoxale à cette question. Si le FMI, jadis honni, a connu un regain d'estime et de moyens ces derniers temps c’est parce qu’il joue un rôle capital dans le redressement anglo-saxon.

En effet, en venant au secours des pays en défaut de paiement, il leur permet de rembourser leurs créanciers anglo-saxons. Sur le fond, il n’y a rien de condamnable là-dedans, si ce n’est que les dits créanciers ont joué au pousse-au-crime, et que ceux qui vont payer pour leurs méfaits sont les populations locales, innocentes. Elles devront rembourser pendant des années le FMI, comme le font les pays africains.

Exemple d’application : l’Islande. Gordon Brown vient d’annoncer qu’il allait forcer le FMI à renflouer les banques islandaises, pour sauver leurs filiales anglaises (y compris celles qui sont du ressort du gouvernement britannique !). Brillant : l’Islande contribue au désendettement anglais. Les Anglais auraient des complices dans la place : ceux qui ont fait subir une gestion hasardeuse aux banques islandaises ont des intérêts à l’étranger, les mêmes que ceux des britanniques.

Pour mener à bien cette stratégie, on aurait copié le gouvernement américain et son « stress test » : faire croire que les banques se portent mieux que prévu, qu’elles n’ont besoin que d’un petit coup de pouce. Bizarrement, deux cabinets anglais ont été chargés du dit stress test.

Compléments :

  • L’Amérique a procédé de même, mais en utilisant son peuple en guise d’Islandais : elle a renfloué AIG, grâce aux finances publiques, pour que l’assureur AIG rembourse les pertes dues aux manoeuvres douteuses des grandes banques, et les sauve de la noyade.
  • Je comprends mieux la haine que suscite Gordon Brown en Angleterre : il met au jour la perfidie d’Albion. L'intention est bonne, mais il parle trop ?

mardi 6 janvier 2009

Plutôt rouge que mort

Dans l’étude faite par The Economist sur le sort de la mer. Il y a des bons et des méchants.

  • L’Islande est un bon, elle a trouvé un moyen de sauver ses poissons. Une analyse scientifique définit la quantité de poissons qui peut être pêchée par le pays sans détruire l’espèce, et un quota de pêche est donné à chaque bateau islandais. Ces droits sont échangeables. Pour s’assurer que personne ne triche, les bateaux sont suivis par satellite et des inspecteurs s’embarquent à leur bord deux fois l’an.
  • Le mauvais, c’est l’Europe. Les règlements n’y sont pas respectés, et les politiciens y sacrifient le long terme à leur intérêt électoral à court terme. Pas de courage politique.

Paradoxe. The Economist a été créé pour défendre le libre échange, en particulier (et les valeurs anglaises du 18ème siècle, en général). Or, ce système de quota est l’envers du libre échange : l’Islande appartient à l’Islandais, pas question d’échanger quoi que ce soit avec l’étranger. Beaucoup mieux : c’est un système redoutablement policier, avec flicage par satellite, et inspecteur. Et, il y a même une planification centrale  « scientifique ». Amusant : « il (le bon système) est basé, c’est crucial, sur l’évaluation scientifique des stocks, pas sur les calculs électoraux d’un politicien ». Le dirigisme, c’est bien mieux que la démocratie ! Et il confirme : ce qui manque à l’Europe, c’est le « courage politique », mettre un frein au laisser-faire des pêcheurs.

Comment interpréter ? L’Anglo-saxon a peur, et veut sauver sa vie ; c’est là sa valeur première ? Du coup, il adopte ce qui semble le mieux à même de la sauver ? Plutôt rouge que mort ? C’est ça être pragmatique ?

Mais il sauve quand même la face : selon The Economist, ce qui rend efficace ce système est le « droit de propriété ». Parce que les pêcheurs ont un droit de propriété sur le poisson, ils en deviennent responsables.

Ce qui semble confirmer que ce droit, un des derniers qu’il cherche à préserver, est fondamental pour l’Anglo-saxon. Le jour où il le sacrifiera, l’espèce humaine sera probablement à l’ultime extrémité.

Complément :

  • Le projet fondateur de The Economist :

Established in 1843 to campaign on one of the great political issues of the day, The Economist remains, in the second half of its second century, true to the principles of its founder. James Wilson, a hat maker from the small Scottish town of Hawick, believed in free trade, internationalism and minimum interference by government, especially in the affairs of the market. Though the protectionist Corn Laws which inspired Wilson to start The Economist were repealed in 1846, the newspaper has lived on, never abandoning its commitment to the classical 19th-century Liberal ideas of its founder.

samedi 3 janvier 2009

L’Euro, qu’en dire ?

Plusieurs articles se posent la question. Dix ans qu’il existe.

Toutes les prévisions étaient fausses.

D’un côté les anglo-saxons ne pariaient pas un kopek sur le succès de l’Euro, de l’autre des études prévoyaient une explosion du commerce interne à la zone. Soit deux pays similaires, l’un dans la zone euro, l’autre pas ; un pays de la zone euro ferait trois fois plus de commerce avec le premier qu’avec le second affirmaient ces études.

Résultat ?

La zone euro a fonctionné. C’est déjà un miracle. Elle s’est révélée avant tout une zone de stabilité (inflation, taux, etc.). Il y a eu augmentation du commerce entre participants (10 à 15% sur 5 ans), mais pas dans les proportions prévues.

Peut-être le plus inattendu a été son comportement dans la crise. La zone abrite ses membres de la tempête. Plutôt du naufrage. En fait, ce phénomène est lié à un autre, qui était imprévisible : l’émergence de multinationales financières mal assurées. Quant elles flanchent, ce sont à leurs états d’origine de les renflouer. Ce que ne peuvent pas faire de petites nations, trop pauvres pour ces mastodontes (Islande, par exemple, l’Angleterre et la Suisse étant des cas limites).

À mettre au passif de l’Euro : The Economist estime que cette sorte de matelas a isolé les économies les moins méritantes des sanctions du marché (Italie notamment), qui a vu l'Europe comme un tout. Il n’a pas encouragé le développement économique que l’on aurait pu attendre (la croissance économique de la zone a été relativement faible).  

Compléments :

  • The Economist de cette semaine : Testing times et Demonstrably durable.
  • www.voxeu.org: The first ten years of the euro (par Marc Buti et Vitor Gaspar, 24 décembre) et The Euro at ten : Why do effects on trade between members appear smaller than historical estimates among smaller countries ? (Jeffrey Frankel, 24 décembre).
  • Sur le risque que courent les petites nations : Waterloo anglais ? Faillite islandaise, Islande en difficulté.

mardi 16 décembre 2008

Faillite islandaise

Un article de The Economist (Cracks in the crust) explique que l’Islande a été victime d’Internet.

En 2006, pour étendre leur marché, ses banques ont proposé au ressortissant de l’Espace Économique Européen de souscrire des comptes via Internet. En proposant des rémunérations élevées. Réussite fabuleuse. Mais, elles n’avaient pas de quoi garantir ces comptes. Pas plus que leur banque centrale.

Illustration du fonctionnement du capitalisme selon Richard Foster (McKinsey explique la crise.)

samedi 22 novembre 2008

Protectionnisme : Allemagne 1, Angleterre 0 ?

Retour à l’histoire de l’industrie anglaise et de la turbine d’éolienne (Énergies renouvelables anglaises).

La théorie économique généralement acceptée parle d’avantage comparatif. Lorsque des pays commercent, l’échange ne fait péricliter aucune de leurs industries, aussi pitoyable soit-elle. Leurs places respectives dans l’économie nationale est simplement fonction de leur efficacité relative (au sein du pays).

Par contre, les théoriciens allemands des origines croient qu’une industrie est comme un enfant : elle doit être protégée quand elle grandit. Sinon elle est éliminée. Une fois forte, elle se défend seule. Justification du protectionnisme.

L’exemple de la turbine leur donne probablement raison : l’Allemagne a encouragé ses talents naissants, ils risquent d’avoir tué dans l’œuf toute velléité anglaise d’entrer sur ce marché.

Le cas déplorable de Détroit parle aussi de l’importance de l’avantage culturel. The Economist est contre tout sauvetage : l’industrie automobile américaine a fait la preuve de son incompétence. Qu’elle parte en faillite, d’autres s’en sont sortis ragaillardis. Certes, mais si ce n’est pas le cas, c’est tout le savoir-faire du pays qui crève. Demain, il ne saura plus fabriquer de voitures. Il devra créer, en marche forcée, une nouvelle industrie qui emploie les victimes de ce remaniement.

Il est capable de tels miracles. Mais faut-il jouer avec le feu ? Alors, pour une incitation habile à construire un nouveau type de véhicules adaptés à ce que semble exiger l’avenir de la planète (l’objet des politiques d’aide proposées) ? Mais les Américains savent-ils aussi bien que les Allemands tirer parti du protectionnisme ?

Le reste du monde a-t-il intérêt à de telles mesures ? Jusqu’à nouvel ordre, la règle du jeu mondial est l’économie. Elle ne marche que par l’échange. Donc, plus les USA peuvent produire, plus ils peuvent nous acheter. Par conséquent, nous avons grand intérêt à ce que leur industrie ne subisse pas de défaillances irréparables.

Si les Allemands sont aussi malins, pourquoi sont-ils en récession ? Parce qu’ils exportent beaucoup, et donc sont associés aux maux de la planète. Le commerce ne fonctionne que sur la confiance, et les crises sont des trahisons de cette confiance. Une saine politique nationale = se constituer des « zones de confiance » et ne pas se mettre en péril en s’en éloignant trop ? (Contre exemple : l’Islande, et probablement l’Angleterre ? - Waterloo anglais ?).

Compléments :
  • LIST, Friedrich, Système national d'économie politique, Gallimard, 1998.
  • De l'intérêt que tous produisent, en économie de marché : La France nouvel Eldorado des biocarburants brésiliens.
  • Je me demande si la définition que la France donne au protectionnisme n’est pas inspirée par sa culture de l’assistanat (cf. l’agriculture) : ses industries sont en permanence en enfance, donc doivent être protégées.

mardi 14 octobre 2008

Un maître pour l'Islande

Après une première chute de 30%, la bourse islandaise recule de 77%. L'Islande cherche de l'argent dans tous les rateliers. Plus inattendu elle va rejoindre l'UE en marche forcée et adopter l'Euro (Icelandic Stocks Drop 77% as Trading Resumes After 3-Day Halt).
  • Nouveau désastre d'apprentis sorciers qui ont cru être plus intelligents que les lois de la nature. (Il n’y a pas que les subprimes.)
  • Mais leurs épreuves ne sont pas finies. Il leur faut maintenant passer de l'ultralibéralisme à la bureaucratie européenne.
Je propose un modèle à imiter à l'Islande. Une nation de sa taille, et d'une histoire similaire. Une nation contre qui les crises du capitalisme se cassent les dents. Une société d'agriculteurs qui a su défendre son identité parce qu'elle a compris les règles non écrites de l'UE. La Corrèze. (Green power.)

mercredi 8 octobre 2008

Islande en difficulté

Dans un changement mal mené, l’organisation cède à des endroits totalement inattendus. Qu’on découvre à cette occasion. Illustration de la théorie du chaos ?
  • Depuis quelques temps j’entendais des rumeurs sur L’Islande. Intéressant pays. Brillante reconversion de la pêche à la finance. Brillante stratégie ultralibérale. Crise et débâcle. Le gouvernement islandais nationalise ses banques.
Après les nationalisations anglaises, le dirigisme de la Fed : l’ultralibéralisme serait-il le chaînon manquant entre capitalisme et communisme ?

Compléments :
  • J’ai emprunté mes renseignements sur l’Islande à : La Tribune.fr du 7 octobre. La crise financière plonge l’Islande au bord du gouffre (bizarre formulation « plonger au bord » ? ou « plonger dans », ou encore « mettre au bord » ?)
  • Sur le chaos : EKELAND, Ivar, Le chaos, Flammarion, 2002.
  • Sur la Fed : Dr Doom.
  • Schumpeter n'était pas loin de répondre oui à ma question : pour lui la propension à la crise du capitalisme amenait les entreprises à devenir de plus en plus grosses, jusqu'à fusionner en un seul organe. Communisme de fait (mais pas nécessairement de type soviétique). SCHUMPETER, Joseph, Capitalism Socialism and Democracy, HarperPerennial, 1962.