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dimanche 25 mai 2014

Elections européennes : acte manqué ?

Bureau de vote, il y a peu. Je n'ai jamais vu autant de bulletins. L'Europe intéresse bien plus les partis ou mouvements divers que les électeurs ! Y aurait-il un lien de cause à effet ? Comment identifier, simplement, ce qui appartient au parti pour lequel on veut voter, là dedans ? Sans compter que les têtes de liste sont des inconnus et que, contrairement à ce qui se passe d'ordinaire, je n'ai pas reçu les bulletins, avec la profession de foi du parti correspondant, au préalable. (Dysfonction ?)

Les partis de gouvernement chercheraient à se faire ridiculiser qu'ils ne feraient pas mieux. Pourtant, Jean Quatremer me semble très bien montrer que les enjeux de l'UE sont assez importants pour nous préoccuper. Et prouver que ce n'est pas une élection sans enjeux pour nous. Alors, nos politiques sont-ils totalement coupés de nos réalités ? Autre explication ?

mardi 17 mai 2011

Présomption d’innocence

La présomption d’innocence de DSK est une bonne nouvelle. Jusqu’ici je m’inquiétais de ce que le cas particulier servait à torpiller le principe général.

Et la réforme des comportements fut si radical que les causes chères au cœur de nos élites ont été étouffées tout net : le sort de la plaignante n’a pas suscité une grande compassion. (Un peu comme dans l’affaire Polanski. D’ailleurs cette affaire aurait été évoquée pour refuser à DSK une liberté sous caution - d’un million de $... qui paie ? et quid des honoraires de son avocat star ?…)

Si DSK est coupable, cela pose quelques questions :
  • N’est-ce pas un cas particulier qui pourrait mettre en cause la protection par les journalistes de la vie privée des hommes politiques ? Si les faits avaient été connus plus tôt, DSK aurait peut-être pu se faire soigner, ce qui aurait été bénéfique pour la société.
  • La présomption d’innocence est-elle la même pour tous ?
  • Et si nos journalistes, loin d’être d’une moralité sourcilleuse, protégeaient une classe de la population ?

Compléments :

jeudi 16 septembre 2010

Droit à l'information

RFI ce matin dit : 2/3 des Français soutiennent les grèves anti-réforme des retraites. Presse internationale (au moins celle que je lis) : majorité des Français favorable à l’allongement de la durée de travail, les syndicats organisent une dernière charge pour obtenir quelques concessions qui leur sauveraient la face.

Les deux informations ne sont pas contradictoires, bien sûr.

Mais est-il malin, pour la radio d’État, de s’acharner à ce point contre le gouvernement, et pour cela d’y risquer son âme de journaliste ? Que lui arrivera-t-il s’il est réélu ? Ce qui me rappelle les pouvoirs travaillistes locaux qui avaient parié sur la défaite de Mme Thatcher au terme de son premier mandat, et qui se sont trouvés à cours de munitions, voire en faillite, lorsqu’elle a emporté une seconde victoire. (Raison pour laquelle Tony Blair a pu transformer aussi radicalement le parti travailliste : il n’en restait rien ?)

Quelle est l’efficacité de cette opposition ? Les prochaines élections sont dans deux ans. Si l’économie redémarre, on en saura gré au gouvernement actuel, on trouvera qu’il a été ferme dans la tourmente – une première !, et on oubliera le mal qu’on en a pensé. Si ce n’est pas le cas, quoi qu’il ait fait, il sera probablement condamné. 

Compléments :
  • The Economist ou le blog de Jean Quatremer (Libération) me paraissent montrer ce que devrait être la presse : certes ils ont un très fort parti-pris (d'ailleurs ils représentent des tendances opposées), mais ça ne les empêche pas de relayer une grande partie de l'information qui ne leur convient pas. 

mardi 15 juin 2010

Spéculation contre l’Europe

Jean Quatremer exhume un curieux épisode de la spéculation contre les monnaies européennes : l’attaque de 92, 93.

L’événement ressemble étonnamment à ce que nous vivons, mais en infiniment plus féroce. La lire est dévaluée, l’Angleterre est humiliée, même l’Autriche et le Luxembourg sont contraints de décrocher leur monnaie du mark, et la France est à un cheveu de la Bérézina. Comme actuellement, elle accuse l’Allemagne d’intransigeance, et implore un peu de souplesse. Incompréhension et procès d’intentions sont partout entre les deux pays.

La stratégie des spéculateurs (emmenés par George Soros) est aussi digne d’intérêt. Ils semblent chercher la faille dans la solidarité humaine, à faire éclater les liens sociaux fragiles. Et en détruisant la société, ils récoltent beaucoup d’argent. Dans ce cas, l’instabilité vient de l’unification allemande qui coûte extrêmement cher au pays, pousse ses taux d’intérêt à la hausse, et détache le mark des autres monnaies. Le calcul des spéculateurs est que la défense de ces monnaies va étrangler les économies concernées. Les gouvernements devront céder et les dévaluer. Il y a chômage massif, mais le franc tient.

Épisode plein d’enseignements ? L’Europe a subi beaucoup de crises financières, et a survécu : les économistes anglo-saxons nous enterrent un peu vite ? Et si la crise actuelle était moins terrible que ce qu’elle aurait pu être ? « D’une certaine façon, éviter de telles crises est le meilleur argument qui soit, en faveur de l’union monétaire» dit Helmut Schlesinger, à l’époque président de la Bundesbank. Enfin, on retrouve ici le financier du Galbraith du crash de 29,  parasite de la société qui fait fortune en la détruisant ? Mais, si elle ne périt pas, elle se renforce. C’est probablement pour cela que les Anglo-saxons vénèrent les marchés… 

mercredi 4 novembre 2009

Angleterre hors d’Europe

Jean Quatremer révèle qu’un pays membre de l’UE peut assez facilement en sortir :

Il faut un acte de son parlement ou un référendum. Par conséquent, rien de sérieux ne retient les Anglais, et les conservateurs eurosceptiques qui vont bientôt les gouverner, à l’UE.

Alors, si ces conservateurs ne parlent pas d’utiliser cette procédure, c’est qu’ils trouvent quelque utilité à l’Europe ?

vendredi 16 janvier 2009

Les marchés parient sur l'explosion de la zone euro

Un article de Jean Quatremer.

L’écart entre taux d’intérêt que paient les pays de la zone Euro pour leurs dettes a brutalement augmenté. Auparavant, le marché ne faisait pas de différence entre ses membres. Puisque dorénavant il en fait, c’est qu’il pense qu’ils vont se séparer.

The Economist (L’Euro, qu’en dire ?) avait noté le phénomène il y a quelques temps. C'était un bien : il force les pays les moins sérieux à plus de rigueur, pour ne pas sortir de la zone.

Mais ce renchérissement des taux, qui, comme souvent en régime capitaliste, est un cercle vicieux, est particulièrement pervers en période de crise : plus le pays s'endette pour redresser son économie, plus le marché doute de lui, lui fait payer chère sa dette et complique son redressement.

La zone Euro envisage de demander à ses membres de promettre la rigueur une fois la crise passée, et de créer des obligations européennes : chacun paierait ses emprunts au même prix.

J’en reviens à mes idées de Greed and Fear. Il me semble que contrairement à ce que pensent les Anglo-saxons, les marchés ne « veulent »  pas le bien de l’humanité, mais ont été infiltrés par ce qu’elle a de plus abjecte. Ils essaient de s’enrichir par destruction du tissu social, en exploitant ses failles, ses alliés objectifs, qui sont nos tendances à l’individualisme, au chacun pour soi. Dans le cas de l’UE, ce pourrait être l’orgueil allemand, qui est las de devoir supporter tant de médiocres, ou, parallèlement, des parasites (le « free rider » de la théorie économique) qui exploiteraient le groupe à leur profit et le condamnerait à mort pour inefficacité.

La solution ? C’est la solidarité et un contrôle accru de la gestion des pays de la zone. Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort, aurait dit Nietzsche. Mérite du marché ?

Si la zone résiste, il « s’intéressera » probablement à d’autres proies moins coriaces (À vendre, pays pauvre). 

Compléments :