vendredi 1 novembre 2019
Nietzsche et l'Allemagne
J'en retiens que son travail s'inscrit dans la création de la nation allemande, qui estime, en 1806, que sa renaissance passera par la Kultur. Cette Kultur doit être un rejet de la pensée française. La France louant Socrate et ses successeurs, le bien est évidemment pré socratique. Nietzsche veut donc que la société pense bien, grâce à une Kultur refondée sur de saines bases, antérieures à Socrate et à la pensée chrétienne. Il faut reprogrammer l'esprit humain. Contrairement aux Nazis, il n'est pas nationaliste allemand. Mais, plus extrémiste qu'eux, il semble désireux d'éliminer ceux qui s'entêtent à mal penser...
Donnons à Nietzsche le bénéfice du doute ou du changement ? Mais, pas à son lecteur ?
mercredi 14 mars 2018
Pouvoir
Je devrais m'en réjouir ? Mon dernier livre caractérise le principe de la société présente par l'expression de Nietzsche : "volonté de pouvoir". (Qui s'oppose à la "générosité" de Bergson.) C'est mon explication à son incapacité à conduire efficacement le changement. (On ne veut pas changer, on veut casser.)
Mais nous avons un pouvoir absolu vis-à-vis de nos enfants. En abusons-nous ? Ce qui ne détruit pas renforce, dit encore Nietzsche. Appliqué au bébé, ce serait sûrement la recette du surhomme...
lundi 30 mars 2015
Volonté de puissance ?
Mais il faut que tout se soumette et se ploie à votre gré. C'est ce qu'exige votre vouloir ; que tout s'assouplisse et se soumette à l'esprit, que tout se réduise à en être le miroir et le reflet.
mercredi 11 juin 2014
Le travail doit-il être un plaisir ?
« Se trouver un travail pour avoir un salaire : - voilà ce qui rend aujourd'hui presque tous les hommes égaux dans les pays civilisés ; pour eux tous le travail est un moyen et non la fin ; c'est pourquoi ils mettent peu de finesse au choix du travail, pourvu qu'il procure un gain abondant.
Or, il y a des hommes rares qui préfèrent périr plutôt que de travailler sans plaisir : ils sont délicats et difficiles à satisfaire, ils ne se contentent pas d'un gros gain lorsque le travail n'est pas lui-même le gain de tous les gains. De cette espèce d'hommes rares font partie les artistes et les contemplatifs, mais aussi ces oisifs qui passent leur vie à la chasse ou bien aux intrigues d'amour et aux aventures. Tous cherchent le travail et la peine lorsqu'ils sont mêlés de plaisir, et le travail le plus difficile et le plus dur, s'il le faut. Sinon, ils sont décidés à paresser, quand bien même cette paresse signifierait misère, déshonneur, péril pour la santé et pour la vie. Ils ne craignent pas tant l'ennui que le travail sans plaisir : il leur faut même beaucoup d'ennui pour que leur travail réussisse. Pour le penseur et pour l'esprit inventif, l'ennui est ce calme plat de l'âme qui précède la course heureuse et les vents joyeux ; il leur faut le supporter, en attendre les effets à part eux : - voilà précisément ce que les natures inférieures n'arrivent absolument pas à obtenir d'elles-mêmes ! Chasser l'ennui à tout prix est aussi vulgaire que travailler sans plaisir. »
jeudi 22 mars 2012
Les sources du nazisme
- Billet inspiré notamment par : Une histoire allemande de Georges Bensoussan (fondements de la pensée allemande d’avant guerre) ; Nietzsche le dynamiteur de Yannis Constantides ; Pensée juive et pensée allemande de Luc Ferry (Hegel) ; Jacques Terminiaux : La philosophe est-elle soluble dans le nazisme ?
- Tout ceci est assez cohérent avec les conclusions que j’avais atteintes jusqu’ici. Sur ce blog, revues de livres : Heidegger pour les nuls, Kant pour les nuls, Kant et les lumières, Nietzsche, Troisième Reich (George Mosse et le mouvement völkisch), Le savant et le politique (Max Weber).
samedi 11 février 2012
L’existentialisme pour les nuls
samedi 14 janvier 2012
France, triple A et agences de notation
- L’impact de leur notation n’est pas linéaire, mais crée des ruptures brutales et destructrices.
- On a quelques raisons de penser qu’elles ont plusieurs poids et plusieurs mesures. L’Europe, en particulier, est actuellement considérée comme la lie de l’humanité. À juste titre ? (Voir le début de Charlemagne: How much closer a union? | The Economist) Ou est-elle victime de son incapacité à manipuler les médias ? Et quid du rôle des agences dans la bulle des subprimes ?
- Surtout, elles semblent en permanence inventer de nouvelles règles de jugement. D’ailleurs quels jugements reflètent-elles ? Ceux d’une science quelconque ou les a priori de la culture qui leur fournit leurs employés ?
mardi 2 août 2011
L’invention de la psychanalyse
- Histoire du mariage, en appui de mon point de vue sur la psychanalyse.
dimanche 15 août 2010
Nietzsche pour les nuls
Tanner, Michael, Nietzsche, A Very Short Introduction, Oxford University Press, 2000.
- Le problème à résoudre serait : comment vivre dans un monde inhumain (absurde ?) ?
- Première solution (mauvaise) : se lamenter sur son sort (romantisme).
- Seconde solution (meilleure) : renoncer à son individualité et à la raison, se dissoudre dans un groupe en quelque sorte façonné par une sorte de tragédie totale, qu’a essayé d’écrire Wagner.
- Troisième solution : le surhomme. Le surhomme est celui qui transcende l’abjection du monde.
Compléments :
- Autre billet sur l’esprit allemand de ce temps : Le savant et le politique.
mercredi 29 juillet 2009
Pourquoi le mauvais gagne-t-il toujours ?
Discussion sur les fonds ISF : il paraît que l’année dernière ils ont levé des masses d’argent en suscitant des espoirs qu’ils n’ont pu tenir. Ceux qui se constituent maintenant ne trouvent que méfiance.
Hier, j’entends un professeur de philosophie parler de Nietzsche et dire qu’il n’était pas ce qu’en a fait Hitler. Il en est probablement de même de toute la pensée allemande, qu’un esprit inférieur pourrait croire aller comme un seul homme, et à grandes enjambées, vers le national socialisme (Le savant et le politique).
On pense aussi à l’énergie nucléaire et à ses bombes. Pourquoi les innovations semblent-elles toujours commencer par être utilisées contre nos intérêts ?
Parce que c’est l’exploitation de l’innovation qui est la plus facile à mettre en œuvre ? Le plus rapide à en tirer profit est celui qui sait traverser le système immunitaire de la société (les règles qui guident ses décisions), et qui est le moins encombré possible ? Celui qui sait séduire, mais qui ne sait pas faire ? Le virus a un avantage concurrentiel ? Bien entendu, c’est l’échec. S’ensuit alors une gueule de bois sociale qui peut-être fatale à celui qui aurait su correctement tirer parti de l’innovation.
Si la société n’est pas tuée par les premières applications de l’innovation, elle en sort renforcée. Pour paraphraser Nietzsche.
vendredi 16 janvier 2009
Les marchés parient sur l'explosion de la zone euro
Un article de Jean Quatremer.
L’écart entre taux d’intérêt que paient les pays de la zone Euro pour leurs dettes a brutalement augmenté. Auparavant, le marché ne faisait pas de différence entre ses membres. Puisque dorénavant il en fait, c’est qu’il pense qu’ils vont se séparer.
The Economist (L’Euro, qu’en dire ?) avait noté le phénomène il y a quelques temps. C'était un bien : il force les pays les moins sérieux à plus de rigueur, pour ne pas sortir de la zone.
Mais ce renchérissement des taux, qui, comme souvent en régime capitaliste, est un cercle vicieux, est particulièrement pervers en période de crise : plus le pays s'endette pour redresser son économie, plus le marché doute de lui, lui fait payer chère sa dette et complique son redressement.
La zone Euro envisage de demander à ses membres de promettre la rigueur une fois la crise passée, et de créer des obligations européennes : chacun paierait ses emprunts au même prix.
J’en reviens à mes idées de Greed and Fear. Il me semble que contrairement à ce que pensent les Anglo-saxons, les marchés ne « veulent » pas le bien de l’humanité, mais ont été infiltrés par ce qu’elle a de plus abjecte. Ils essaient de s’enrichir par destruction du tissu social, en exploitant ses failles, ses alliés objectifs, qui sont nos tendances à l’individualisme, au chacun pour soi. Dans le cas de l’UE, ce pourrait être l’orgueil allemand, qui est las de devoir supporter tant de médiocres, ou, parallèlement, des parasites (le « free rider » de la théorie économique) qui exploiteraient le groupe à leur profit et le condamnerait à mort pour inefficacité.
La solution ? C’est la solidarité et un contrôle accru de la gestion des pays de la zone. Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort, aurait dit Nietzsche. Mérite du marché ?
Si la zone résiste, il « s’intéressera » probablement à d’autres proies moins coriaces (À vendre, pays pauvre).
Compléments :
- Semble donner raison à Polanyi (POLANYI, Karl, The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time, Beacon Press 2001).
- Sur l’histoire de l’Europe, et les obsessions de quelques-unes de ses nations : L’Europe est-elle une communauté ?
- The logic of collective action : stratégies individualistes.

