jeudi 14 mars 2019
Le Français refuse la modernité
Mais qu'est ce que la modernité ? Pas très clair. Cela semble avoir été l'usine contre le champ, dans le passé. M.Giscard d'Estaing. M. Rocard contre M.Mitterrand, à gauche. C'est même ce qui aurait défini le courant politique représenté par M. Rocard ou M.Delors, aujourd'hui Emmanuel Macron. Effectivement, dans Révolution, M.Macron dit qu'il veut faire entrer la France dans la "modernité".
Mais, après guerre, la France a-t-elle refusé la "modernité" ? Et, à l'heure du Brexit, de M.Trump, du mouvement 5 étoiles, de la lutte contre le réchauffement climatique, du dirigisme triomphant et du protectionnisme, où sont les champions de la "modernité" et qu'ont-ils à proposer qui enthousiasme les peuples moins arriérés que le nôtre ?
dimanche 3 juillet 2016
Rocard : plus grand mort que vivant
samedi 7 janvier 2012
Y a-t-il un économiste dans la salle ?
- Le monétarisme de marché. Apparemment une évolution du monétarisme précédent. Au lieu de maintenir une croissance hors inflation à une valeur donnée, la banque centrale doit garantir la valeur croissance + inflation. Ce qui créerait une sorte de système vertueux autorégulé.
- Une résurgence de l’école de Vienne (autrichienne, en français ?) de von Mises, qui semble dire que le mouvement libéral des dernières années a échoué par manque de radicalisme. Liquidons l’État et tous les outils de régulation du marché ?
- Le néochartalisme, apparemment une résurgence d’un mouvement prékeynésien, qui penserait que la monnaie n’est rien sinon un outil de régulation de l’économie. (Dans ces conditions, il n’y a pas de crise de la dette européenne : la BCE n’a qu’a imprimer de l’argent et acheter les dettes des nations en difficulté ?)
- M.Rocard serait-il un néochartaliste ? (Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ? - LeMonde.fr)
mercredi 2 février 2011
Changement en Orient
vendredi 16 juillet 2010
Michel Rocard optimiste
mardi 27 avril 2010
Mouvements sociaux
- Comme d’habitude, The Economist semble très remonté contre les syndicats. Il se réjouit de leur disparition dans le secteur privé. Mais, si j’en crois Mancur Olson, il ne peut pas y avoir de grève sans syndicat (des personnes isolées ne savent pas s’organiser). The Economist serait-il contre le droit de grève ? Par ailleurs, il ne semble pas que les entreprises, au moins les grandes, aient un comportement particulièrement citoyen… Et les populations qui n’appartiennent à aucun de ces lobbies sont fort mal.
vendredi 23 avril 2010
Réforme des retraites
- Je précise à Michel Rocard qu’il faut contrôler le changement, c’est-à-dire définir un objectif à atteindre en termes quantitatifs, puis vérifier au cours de la négociation que cet objectif est respecté.
- Michel Rocard souligne le danger de s'en prendre de front à des symboles (la retraite à 60 ans) : ça ne peut que susciter des réactions passionnées, un climat impropre à la mise au point d'une réforme aussi importante pour notre avenir. Cette critique semble s'adresser à son camp. Mais je me demande si elle n'explique pas aussi la précipitation du gouvernement : volonté d'abattre une loi scélérate de gauche, la jumelle des 35h ?
- L’art du changement de notre gouvernement provoque chez moi une grosse déprime. C’est pour cela que je ne me suis pas intéressé à la question des retraites. Peut être à tort. Merci à Julien pour ses questions et les liens attachés !
samedi 21 novembre 2009
Emprunt et bon sens
Certes il y a emprunt, mais, vu de très loin, pour des raisons valables (investir là où l'on n'investit pas assez pour notre bien), et auprès des marchés financiers internationaux, donc en en minimisant le coût. M.Rocard :
pour lever auprès des particuliers, il faudrait les allécher, ce qui coûte plus cher. Ça ne vaut pas le coup.
Le bon sens aurait-il prévalu, finalement ? La nation arrive-t-elle à réfléchir et à se faire entendre ?
Compléments :
- Craintes antérieures : L'étrange changement de M.Sarkozy, plus spécifiquement : Logique de l’emprunt, Emprunt national : le naufrage ?
mardi 1 septembre 2009
Emprunts et lois
Une discussion de la radio : le gouvernement français n’ayant pas de moyens cherche à compenser leur absence par une multiplication anarchique de lois. Ce serait un mal endémique.
Du coup, les propos de M.Rocard, entendus avant-hier, prennent de l’intérêt. On lui a demandé à quoi servait l’emprunt auquel il cherche à trouver un emploi, et si ses recommandations auraient plus de chances d’être appliquées que celles des multiples commissions qui ont été consultées de ci, de là (cf. la commission Attali).
Sa réponse ? L'emprunt serait l’occasion de donner des fonds à ce qui en est privé systématiquement (je crois qu’il citait l’Université, en exemple). Ce qui évitait un peu la question : le coût du financement par emprunt national est inutilement élevé.
Au fond, il est dans le vrai : si, par exemple, l’on améliore les conditions de vie de la population et ses espoirs d’avenir, et que l’on diminue ainsi la délinquance, le besoin de police, de juges, d’avocats, de jugements et de prisons, si les députés peuvent s’intéresser à notre sort au lieu de n’être occupés que de législation répressive… pourquoi faire la fine bouche sur quelques milliards de perdus ? D’ailleurs le psychologue ne dit-il pas que l’on aime ce que l’on paie cher ?
Compléments :
- Il est possible que le gouvernement ait tendance à diminuer ses moyens : Le gouvernement veut reprendre la main sur la sécurité ; École du crime (4).
- Ce qui nous promettrait toujours plus de lois répressives : Réforme pénale.
- En ce sens, il est logique d'éliminer l'indépendance du juge d’instruction (Séparation des pouvoirs) : cela réduit le nombre d’enquêtes et leur coût.
- The Economist pourrait avoir vu juste : Emprunt (suite).
- Pour le psychologue : voir Robert Cialdini et ma référence usuelle (Influence: science and practice).
mercredi 29 juillet 2009
Taxe carbone
J’ai vu passer deux ou trois articles sur le sujet de la taxe de M.Rocard. Il y a quelque chose que je n’aime pas dans certaines nouvelles, c’est la façon dont les critiques sont formulées. Et je rapproche ce problème du débat qui a lieu aux USA sur la réforme du système de santé.
Ce qui me choque c’est que la critique soit totalement destructrice. La réforme est mauvaise, il faut la démolir. Or, ce qui est éventuellement mauvais, ce n’est pas la réforme, mais sa mise en œuvre, et vraisemblablement de manière marginale. Elle peut être corrigée. Ce qui me choque aussi est que dans tous les cas, les enjeux sont tels qu’il vaut mieux une réforme que pas de réforme du tout.
Je comprendrais donc que les critiques disent 1) nous sommes d’accord qu’il est inadmissible que 25% des Américains soient peu ou mal assurés, ou nous voulons que notre développement soit durable 2) nous sommes prêts à faire des sacrifices pour le bien collectif mais 3) nous ne voulons pas être les dindons de la farce. Mais je ne comprends pas que parce qu’ils sentent leurs intérêts un peu touchés, ils inventent des explications invraisemblables pour trucider le bien général.
Mais ce qui me surprend encore plus, c’est qu'on ne leur dit rien.
Cela me rappelle l’analyse faite par Marc Bloch de la défaite de 40 (L’étrange défaite) : d’un côté les généraux français étaient convaincus qu’ils ne pouvaient pas compter sur leurs troupes ; de l’autre les usines d’armement étaient en grève pour obtenir une meilleure paie. Ce qui est étonnant dans ces circonstances c’est qu’il ne se trouve personne pour expliquer à tout ce monde que ce n’est pas parce qu’il soupçonne qu’une partie de la population ne va pas faire son devoir que ça le décharge de ses responsabilités.
mercredi 8 juillet 2009
Sociale démocratie et marché
Hier, je parlais de M.Rocard, qui dénonçait un peuple européen indigne. N’avait-il pas voté contre les socio-démocrates, seuls capables de rendre le capitalisme vertueux ?
Eh bien, le blog du spécialiste européen de Libé annonce que : Martin Schulz abandonne la réglementation des marchés financiers à un libéral britannique. Autrement dit, le parti socialiste européen n’a pas l’air intéressé de réglementer quoi que ce soit.
M.Rocard a-t-il une vision très claire de ce qu’est la sociale-démocratie moderne ? Cela expliquerait-il son ralliement au gouvernement ? Il l’a confondu avec le PS ?
mardi 7 juillet 2009
M.Rocard
J’entendais ce matin que MM.Rocard et Juppé dire leur enthousiasme de travailler à l’emprunt présidentiel. Décidément, M.Sarkozy sait flatter les intelligences. Car MM.Rocard et Juppé sont exceptionnellement intelligents. Alfred Sauvy qualifiait même M.Rocard d’homme le plus intelligent de France.
À quoi reconnaît-on un homme intelligent ? à ce qu’il est supérieur à la multitude. Exemples ? M.Juppé jugeait il y a peu que le peuple français, qu'il représente, se trompait (constitution européenne). Pour M.Rocard, dans un article du Monde entraperçu hier, les citoyens européens sont corrompus par la soif du lucre, ils veulent « faire fortune », ils sont tellement irrécupérables qu’ils ont rejeté la « sociale démocratie », qui était la seule à pouvoir réguler les appétits du marché, et à mettre un terme aux crises récurrentes du capitalisme.
Étrangement, pour un socialiste, il semble mettre la crise au compte de la nature mauvaise de quelques banquiers assoiffés d’argent. Par contraste les universitaires américains pensent la crise comme pathologie sociale. Ils observent que lorsqu’un pays est soumis à un flux de capitaux, cela déclenche, mécaniquement, une spéculation.
Dans tous les cas, c’est vrai, on est ramené à un problème de régulation, soit du criminel, soit des pathologies du capitalisme. Mais le vote européen rejette-t-il une réglementation socio-démocrate, traduit-il la soif du gain ? Certains disent que les électeurs ont trouvé les partis « libéraux » plus socio-démocrates que les socio-démocrates. En France, le triomphe des verts ne semble pas corroborer l’opinion rocardienne. J’ai du mal à apercevoir des gens qui « veulent faire fortune ». Certes, les dirigeants demandent un salaire correspondant à celui de leurs homologues internationaux, mais c’est une question d’honneur.
D’ailleurs le collaborateur présidentiel a-t-il raison de se lamenter de la fragilité du système financier mondial, et de l’arrogance triomphante du banquier ?
- Mettez-vous à la place du banquier : peut-il dire qu’il a été un escroc, que son salaire était immérité ? Il obéit au principe de « cohérence » (cf. les travaux de R.Cialdini), il rationalise ce qu’il a fait ? Cela ne signifie pas qu’il ne soit pas prêt à changer : son anxiété de survie est élevée, mais aussi son anxiété d’apprentissage. Il ne sait pas comment faire pour se transformer, sans perdre ce qui faisait l’intérêt de sa vie. Il est dos au mur
- Que le système puisse exploser à tout instant, qu’il manque d’argent, pourrait être bénéfique. La crise touche les bases mêmes du modèle d’organisation mondiale, elle ne se résoudra pas par miracle, elle demande une réinvention évidemment compliquée, et l’inquiétude, mais une inquiétude non paralysante (« le dégel » au sens de Kurt Lewin), lui est favorable.
Mais, au fond, les actes de M.Rocard n’approuvent-ils pas la majorité ? Ne disent-ils pas que les partis sociaux démocrates n'ont rien de sociaux démocrates, et que les partis libéraux sont la seule solution dont nous disposions : ne va-t-il pas leur prêter main forte ?
Compléments :
- Une autre explication de la crise : Trou noir. Le rôle corrupteur des monnaies de réserve : Paradoxe de Triffin.
- Michel Rocard : "Les Européens ont voté pour que la crise continue".
- Anxiétés et changement : Vaincre sa résistance au changement.
- Suite de la débâcle socio-démocrate (parti socialiste bulgare, corrompu, perd le pouvoir) : Bulgarie : et un gouvernement socialiste de moins dans l’Union, un !