Je me suis demandé si l’Occident n’interprétait pas le comportement de la Chine à la lumière de ses propres obsessions, qui, au fond, ont pour principe la haine.
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mardi 2 avril 2013
Chine : colonisateur de l’Afrique ?
Je me suis demandé si l’Occident n’interprétait pas le comportement de la Chine à la lumière de ses propres obsessions, qui, au fond, ont pour principe la haine.
lundi 14 mai 2012
Le coefficient multiplicateur du geste amical
On donne un petit coup de main à des pauvres, pour les
encourager à quelques modestes améliorations de leurs pratiques. Résultat
inattendu : ils s’enrichissent sans proportion avec ce qui était attendu. (Hope springs a trap)
Pourquoi ? La pauvreté pousserait à la dépression. Le
pauvre serait convaincu que son sort est désespéré. Du coup, il ne saisit pas
ce qui pourrait être à portée de sa main. L’aide lui fait voir le monde
différemment, et lui donne envie de se battre.
Et s’il suffisait d’un peu de gentillesse pour sortir de la crise ? Une nouvelle idée de l’aide au développement ? Réécriture de Keynes et de sa relance par l'offre ?
lundi 9 janvier 2012
Le changement vu par Bill GATES ou comment Microsoft micro sauve la planète!
Après avoir proposé la révolution informatique, grâce à son système d’exploitation, et fait fortune, il semble que Bill GATES cherche à sauver le monde grâce à sa fondation, créée en 2000 (l’année du supposé grand bug !) (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fondation_Bill-et-Melinda-Gates). Le projet est terriblement séduisant :
Consacrer sa fortune pour éduquer et soigner est sans aucun doute, la plus noble et la plus louable des missions. Cependant, en janvier 2007, le Los Angeles Times, dans un article sévère, écorne sérieusement cette belle image.
Le quotidien s’interroge alors sur les investissements du fond de la fondation, confiés à des financiers sans instruction autre que la diversification et la rémunération. L’efficacité semble irréprochable car la fondation aurait distribué plus de 10 milliards de dollars.
L’enquête du Los Angeles Times relayée dernièrement par un documentaire sur France 2, pose la question de la nature de ces investissements qui paraissent bien incompatibles, voir en contradiction avec le but des actions menées. Ainsi les effets d’une campagne de vaccination dans le delta du NIGER ne sont-ils pas balayés par les agissements des compagnies pétrolières présentes, dont la fondation est actionnaire, qui dégraderaient quotidiennement l’écosystème des populations autochtones ?
L’amalgame entre un soutien des OGM par la fondation et ses partenariats et investissements dans une entreprise sulfureuse comme MONSANTO, n’est-il pas insoutenable ?
Pourquoi la fondation n’utilise-t-elle pas sa puissance financière pour faire évoluer le comportement des sociétés dans lesquelles elle investit ?
A quoi bon vacciner des bambins contre la polyo s’ils doivent être ensuite victimes de la détérioration de leur écosystème ?
Le projet de ladite fondation, qui paraissait si louable à première vue, finit par provoquer un certain malaise. L’objectif de la fondation ne serait-il pas finalement diabolique ? Rendre la population dépendante des monstres de l’agroalimentaire tout en les « microsoftant » ?
Le projet paraîtrait ainsi bien huilé car aucune autorité ne serait en mesure, en capacité ou en droit de réguler les choix et les actions de la fondation.
Que confirme-t il ?
Les Etats ont bien renoncé à leur rôle de protecteur et de garant de la justice sociale, englués dans le remboursement de leur célèbre dette, ils laissent libres les plus riches de la planète, tout puissants, de s’approprier la solidarité et décider, seuls et pour tout le monde, comment l’organiser, bien à l’abri dans leur belle fondation.
Apporter à la population mondiale des innovations en matière de santé et d’acquisition des connaissancesBill GATES aurait doté sa fondation de 95 % de sa fortune personnelle (environ 35 milliards de dollars). Ses dons annuels seraient supérieurs aux dépenses de l’OMS ! Bigre !
Consacrer sa fortune pour éduquer et soigner est sans aucun doute, la plus noble et la plus louable des missions. Cependant, en janvier 2007, le Los Angeles Times, dans un article sévère, écorne sérieusement cette belle image.
Le quotidien s’interroge alors sur les investissements du fond de la fondation, confiés à des financiers sans instruction autre que la diversification et la rémunération. L’efficacité semble irréprochable car la fondation aurait distribué plus de 10 milliards de dollars.
L’enquête du Los Angeles Times relayée dernièrement par un documentaire sur France 2, pose la question de la nature de ces investissements qui paraissent bien incompatibles, voir en contradiction avec le but des actions menées. Ainsi les effets d’une campagne de vaccination dans le delta du NIGER ne sont-ils pas balayés par les agissements des compagnies pétrolières présentes, dont la fondation est actionnaire, qui dégraderaient quotidiennement l’écosystème des populations autochtones ?
L’amalgame entre un soutien des OGM par la fondation et ses partenariats et investissements dans une entreprise sulfureuse comme MONSANTO, n’est-il pas insoutenable ?
Pourquoi la fondation n’utilise-t-elle pas sa puissance financière pour faire évoluer le comportement des sociétés dans lesquelles elle investit ?
A quoi bon vacciner des bambins contre la polyo s’ils doivent être ensuite victimes de la détérioration de leur écosystème ?
Le projet de ladite fondation, qui paraissait si louable à première vue, finit par provoquer un certain malaise. L’objectif de la fondation ne serait-il pas finalement diabolique ? Rendre la population dépendante des monstres de l’agroalimentaire tout en les « microsoftant » ?
Le projet paraîtrait ainsi bien huilé car aucune autorité ne serait en mesure, en capacité ou en droit de réguler les choix et les actions de la fondation.
Que confirme-t il ?
Les Etats ont bien renoncé à leur rôle de protecteur et de garant de la justice sociale, englués dans le remboursement de leur célèbre dette, ils laissent libres les plus riches de la planète, tout puissants, de s’approprier la solidarité et décider, seuls et pour tout le monde, comment l’organiser, bien à l’abri dans leur belle fondation.
lundi 12 décembre 2011
Sous-développement
Qu’est-ce qui fait que le sous-développement ? Ce que je retiens d’une étude de Paul Bairoch :
- Une industrie dévastée par un libéralisme qui lui a été imposé par ses colonisateurs.
- Une fois les colonies indépendantes, les multinationales qui y étaient installées se sont mises à les rançonner.
- Une spécialisation dans l’exportation d’une production exotique, abandonnant les cultures vivrières. Pour le coup, ce serait un bien : les cultures de céréales occidentales ont énormément gagné en productivité. Par contre, le tiers monde est extrêmement susceptible aux prix des matières premières.
- Une erreur de calcul. Le monde occidental actuel est le résultat d’une très longue transformation. À tort, il a cru qu’elle pourrait être quasiment instantanée chez ceux qui adoptaient son modèle.
- Une urbanisation excessive, et une démographie qui a explosé avec la conquête occidentale. Le développement économique est incapable de la suivre. C'est là le mal principal. La faute en serait à « à l’Église catholique et aux Marxistes ». Tous deux ayant refusé le planning familial.
BAIROCH, Paul, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, La Découverte, 1999.
samedi 10 janvier 2009
Le triomphe des OGM
Monsanto et ses OGM : anticycliques ? Monsanto boosted by South American demand (Hal Weitzman, FT.com, 7 janvier) : sur le dernier trimestre (jusqu'à fin novembre), le résultat net de Monsanto a été de 556m$, contre 256 prévus. Raison ? Essentiellement le Brésil et l’Argentine.
Au début des années 2000, on donnait Monsanto pour mort. Et pourtant, c’est une des entreprises mondiales les plus rentables. Elle est promise à l’avenir le plus brillant. Que s’est-il passé ?
Monsanto est une très ancienne société, originellement un chimiste. Après plusieurs décennies de recherche, elle commercialise en 1996 ses premières semences génétiquement modifiées, coton et soja, et du blé quelques temps après. L’intérêt ? La plante n’a pas besoin d’herbicides pour se défendre contre les parasites, ou, au contraire, elle devient résistante à l’herbicide, ce qui permet d’en utiliser plus, sans la tuer.
Mais l’innovation est un échec : réaction brutale de pays riches (notamment le Japon, l’Europe et l’Australie), qui mettent en place des politiques d’étiquetage à l’effet dissuasif.
En 2000, Monsanto, fortement endettée, est achetée par Pharmacia, qui la dépossède de son activité pharmaceutique et remet sur le marché l’activité agricole, en 2002.
Surprise, les affaires de la société se redressent. Elle se concentre sur ses quelques produits les plus prometteurs, et sur les pays les moins regardants : États-Unis et pays pauvres. Un grand succès : le Brésil, deuxième producteur mondial de soja, commence par interdire les OGM, mais ses producteurs se fournissent en contrebande, ce qui amène finalement le pays à autoriser la production de soja transgénique.
Aujourd’hui, l’entreprise, qui se trouve quasiment en situation de monopole, est très rentable et connaît un développement rapide. Elle poursuit de manière quasi monomaniaque le développement de nouveaux produits transgéniques, ayant construit des laboratoires de recherche et développement qui sont de véritables machines de guerre, l’obsession de leurs dirigeants étant de sortir de plus en plus vite des produits de plus en plus performants.
2 réflexions :
- Monsanto est l’idéal type de l’entreprise américaine, déterminée et concentrée sur son objectif, quasiment indestructible. Le titre de l’article dont j’ai tiré ce résumé « betting the farm » (ça passe ou ça casse) dit tout.
- Il me fait penser à la théorie de Polanyi. Notre histoire récente est celle de l’illusion du marché. Cette illusion détruit tout ce qu’elle touche, c’est pour cela que les pays riches veulent s’en protéger, en l’expédiant chez ceux qui ne peuvent le faire. C’est la même chose pour les OGM : les pays riches en ont peur et les ont vendus aux pauvres. Eux n’ont pas les moyens d’être inquiets. Le capitalisme a besoin de pauvres et se les fabrique ?
Compléments :
- Schonfeld, Erick, Betting the farm, Business 2.0, Septembre 2005. Les Américains ne semblent pas plus favorables que les Européens aux OGM, seulement ils ne savent pas qu’ils en consomment. C’est du moins ce que dit cet article, pro OGM.
- POLANYI, Karl, The Great Transformation: The Political and Economic Origins of Our Time, Beacon Press 2001.
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