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jeudi 2 décembre 2021

La bulle spéculative pour les nuls

La plupart des entreprises travaillent très dur et tirent le diable par la queue. D'autres ne produisent rien et valent cent milliards ou plus. La différence, c'est la spéculation. 

Pourquoi, chaque entreprise ne chercherait-elle pas à en tirer partie ? Pourquoi pas une chaire de spéculation à HEC, par exemple ? 

Les mécanismes spéculatifs ont fait l'objet de travaux d'économistes très sérieux, et sont forts complexes. Quoi qu'ils soient tout à fait rationnels. 

La technique de la bulle spéculative consiste à faire penser que, même si un bien ne vaut rien, il y a un consensus social selon lequel il y a de l'argent à gagner en pariant sur lui, lorsqu'il est à la hausse, et en se dégageant, avec célérité, lorsqu'il est à la baisse. Et il y a des leaders d'opinion, tels que Goldman Sachs en 29, pour montrer la voie. 

Il y a le degré zéro de la spéculation, la bulle spéculative évidente, telle que la voiture électrique, ou le moteur à hydrogène, il y a aussi l'art, le grand art. Et il consiste à prendre une activité totalement ringarde, les taxis ou les entrepôts, par exemple, pour en faire un nouvel eldorado, Uber ou Amazon. La sidération produit la spéculation. Les investisseurs de la Silicon Valley, qui avaient compris la valeur de start up de B.Obama, disaient que la bonne start up est un discours nouveau sur un sujet ancien. Mais ce n'est pas un art de brute. Il est tout en subtilités. The Economist, par exemple, a cru à la disruption de la prostitution. Flop. 

Ce n'est qu'un début. Tout le succès est dans la communication. Un travail de pro, d'Américain. Comme l'écrivait le professeur Trivers, un psychologue, ce qui fait le succès de l'escroc, c'est qu'il croit à ce qu'il dit.

mardi 2 novembre 2021

L'Ami et la 2CV

Origine de la photo.

Présentation enthousiaste de l'Ami de Citroën par la BBC, il y a quelques temps. Ce que l'on en disait m'a fait penser à la 2CV. Conçue, ai-je cru entendre, pour transporter un sac de pommes de terre. Eh bien oui. Il y a bien une parenté, dit cet article.

L'Ami semble une réinvention de l'automobile, façon "analyse de la valeur". L'ennemi de la créativité c'est la société et le lavage de cerveau auquel elle nous soumet. Le génie, c'est identifier les deux ou trois paramètres (électrique à usage urbain, sans permis, prix minimal) qui comptent, et ensuite tout se permettre. 

L'ambition de Citroën : devenir l'Apple de l'auto ? 

mercredi 25 août 2021

Le bon arbre est un arbre mort

Un arbre mort vaut plus qu'un arbre vivant, me disait-on. 

Paradoxalement, il en a été de même de Flaubert ou de Baudelaire. 

C'est un des paradoxes du marché. Il donne de la valeur à ce qui est nocif. L'air pur ne vaut rien, l'eau pur ne vaut rien, la terre vierge ne vaut rien, les services que l'on se rend au sein d'une famille ne valent rien, le pétrole ne vaut que par son coût d'extraction... Une entreprise vaut plus cher en pièces que d'un seul tenant, alors qu'elle n'est pas viable en pièces, etc. 

Un des maux les plus dangereux de notre temps, c'est le marché libre. En effet, c'est lui qui fixe la valeur des choses et de la vie. Et il le fait d'une façon perverse. 

lundi 26 octobre 2020

Nous ne cherchons pas nos licornes au bon endroit ?

Histoire d'une PME française. Au début, quelqu'un aime faire des photos de voitures. Un constructeur lui propose de photographier tous les modèles qui sont exposés dans les salons. Il a l'idée de vendre sa base de données à tous les constructeurs. Un autre constructeur le forme à démonter les voitures, et en photographier les pièces. Il vend sa base de données à tout le monde. Aujourd'hui, l'entreprise démonte 90 modèles par an. Avec les pièces numérisées, elle est capable de remonter numériquement la voiture, et de lui faire passer des tests, ce qui lui révèle son comportement et les choix techniques de conception. 

Cette entreprise, dont le siège est toujours situé dans sa ferme d'origine, a été achetée par un fonds. Quel est l'écart entre la valeur que lui donnait ses fondateurs et celle qu'elle a aujourd'hui ? Un facteur 20 ? En tout cas, il est probable que, dans peu de temps, elle entre dans la catégorie "licornes".

Et si, aveuglés par la Silicon Valley, nous ne cherchions pas les licornes au bon endroit ?

dimanche 9 août 2020

Le prix de la vie

J'écoute les musiciens de France culture, je lis ce que l'on écrit de l'avenir de l'événementiel ou du tourisme... L'idée est la même : on a peur de ne plus avoir de travail, mais on a compris que l'on en faisait "trop".

Décroissance qui n'est pas une décroissance ? La baisse de quantité est compensée par une augmentation de qualité ? Et la qualité, même dans le monde étriqué du marché, c'est le prix ?

(Bergson disait, en quelque sorte, que le temps avait une nature, que deux temps de même durée n'étaient pas identiques. Il en est peut être de même du prix. Un événement que l'on sait rare et peut être sans lendemain vaut beaucoup plus qu'un événement banal. C'est la mort qui donne du prix à la vie ?)

samedi 20 avril 2019

Le socialisme c'est la redistribution ?

Dans un débat sur l'impôt, quelqu'un, qui se présentait comme "philosophe", expliquait que notre système politique était socialiste, sans le dire. L'impôt, c'était le vol. La redistribution était contre nature.

Idée intéressante. Il y a un évident manque de proportion entre ce que l'on gagne, et l'effort que l'on fait, voire la contribution que l'on apporte à la société. Même dans le domaine de l'entreprise, un petit patron est un quasi smicard, alors que le salaire d'un PDG salarié représente le chiffre d'affaires de dizaines de PME. D'ailleurs, il y a très peu d'entrepreneurs qui réussissent. Et lorsqu'ils arrivent à quelque-chose, c'est souvent la seconde génération (les Arnaud et les Pinault) qui deviennent très riches, ou leurs héritiers, qui ne sont que des rentiers. Il faudrait aussi se demander si le crime ne paie pas.

Le mécanisme de répartition monétaire étant déréglé, il semble donc dans notre intérêt collectif que l'on mette en place un système de redistribution, qui le corrige. Et ce que l'on se place sur le plan de la justice ou de l'efficacité (des gens très utiles sont peut-être en train de crever de faim, ou n'ont pas les moyens d'exprimer leur talent).

mardi 27 février 2018

Intermittent

Rencontre avec un réalisateur qui travaille pour l'entreprise. Je l'avais pris pour quelqu'un de ma sorte, un consultant. Mais c'est un intermittent. Bien sûr, il pourrait monter une société, il a d'ailleurs beaucoup de clients, mais c'est un peu incertain. Il préfère être salarié.

Cette anecdote m'est revenue en tête récemment. La radio disait qu'il y avait peu de gens qualifiés en France, et que ceux qui ne l'étaient pas étaient lourdement pénalisés par le coût des charges sociales. Ne serait-il pas temps de mettre un terme à une de leurs causes : le régime des intermittents ?

Mais j'ai aussi pensé que ce réalisateur avait du talent. Et si c'était le noeud du problème ? Si ce talent était payé correctement, il n'y aurait peut-être plus besoin d'intermittence. Mais c'est peut-être l'intermittence qui retire à l'artiste l'anxiété de survie qui lui ferait défendre son talent ?

lundi 23 octobre 2017

Mon nom est personne

Qui suis-je ? question d'existentialiste. Il y a plusieurs techniques pour le savoir. L'une consiste à vous demander ce qui vous enchante alors que cela rend tout le monde fou !

C'est ainsi que j'ai compris que j'étais un donneur d'aide, aux urgences. Tout le monde criait et se plaignait, et moi, je me disais que je pourrais être utile. Pavlovien. Le donneur d'aide est la pièce centrale du changement. Ou plutôt d'une forme de conduite du changement. Celle qui transforme les organisations sans bouleverser les hommes.

Ce n'est pas tout. On me l'a beaucoup reproché : je vois, immédiatement, les bons côtés des gens. Je les vois en héros. En héros modestes mais capitaux. Et je veux qu'ils soient à la hauteur de leur légende. Ce qui demande de changer la société. (D'où le paragraphe précédent.) Mon nom est personne. Comme dans le film de Sergio Leone. Les existentialistes se seraient-ils attendus à cette réponse ?

Valorisation

Ces temps-ci, beaucoup d'entre nous sont au fond du trou. Désespoir ?

Nous valons cher
Un consultant. Je l'appelle "explorateur". Ce qui le motive, depuis qu'il est petit ? Ce qui est interdit. Vous êtes en situation désespérée ? Vous cherchez un client ? Un investisseur ?... pensez à lui.

Un imprimeur. Sa spécialité ? Mettre au point les processus de production de l'emballage de produits de luxe. Il est le seul à pouvoir le faire. Il se croyait en concurrence parfaite, il est en monopole. Cela se paie cher.

On se trompe. La société nous dit le bien et le mal, en particulier en termes d'emploi et de vie. Du coup, nous faisons ce pour quoi nous ne sommes pas doués ! Mais nos talents ne s'atrophient pas forcément. Car, ils nous permettent de compenser le handicap que nous inflige la société !

Changement
Si nous savons bien y regarder, nous verrons peut-être que nous avons de la valeur. Pour autant, cela ne nous sort pas du trou. Il faut pouvoir l'utiliser... En particulier la transformer en valeur - monnaie. Une définition de changement : se sortir du trou, grâce à sa valeur ?

Idée : existe-t-il quelqu'un d'utile pour qui ma valeur a de la valeur ? Méthode écosystème ou co développement. Se faire des amis. Ce type de changement ne rencontre pas de résistance.

samedi 1 avril 2017

Rodin

Maison de retraite. On découvre un plâtre signé de Rodin. De croûte, le dit plâtre passe au statut d'oeuvre d'art valant au moins sept cent mille euros. Voilà ce que disait France Info, hier matin. 

A quoi tient la valeur ? Pas à ce que clament les prix Nobel d'économie. La valeur d'un bien ne correspond pas à sa valeur pour l'humanité. La valeur est un fait social. Nous subissons un lavage de cerveau qui nous dit Rodin = cher, eau = gratuit. Bien sûr, le mécanisme de valorisation n'est pas totalement manipulé. Mais il l'est de plus en plus. C'est le rôle de la publicité. Mais, c'est aussi celui de toute communication, si possible subliminale, qui vise à influencer notre inconscient. Une série télé raconte bien plus qu'une histoire, elle nous transmet la vision du monde, du bien et du mal, qu'a son réalisateur. 

jeudi 9 février 2017

Qu'est-ce que la valeur ?

De nos jours, les gens connaissent le prix de tout, et la valeur de rien. (Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Grey.) ("Nowadays people know the price of everything and the value of nothing.")

Problème du moment, à nouveau ? Des intérêts puissants ont affirmé que le rôle du marché était de fixer un prix, et que le prix était la mesure exacte de la valeur. Ne faudrait-il pas faire l'inverse ? C'est à dire chercher ce qui a de la valeur pour nous, et faire ce qu'il faut pour que son prix ait quelque chose à voir avec cette valeur ? 

mardi 26 janvier 2016

Valeur : déterminée par marché ou société ?

L’abbé est un acteur économique particulier : il est, par position, doté au plus haut point de la capacité de discretio qui lui permet de juger sainement des valeurs. Il est normal qu’il corrige les données du marché qui, fondées sur la cupidité, s’éloignent de la justice. C’est le rôle des moines de réintroduire la justice dans l’échange. Cette capacité et le droit qui en découle d’intervenir sur les prix sont naturellement liés à leur position d’experts dans la conversion des choses en salut, c’est-à-dire d’experts dans le passage d’un système de valeurs à un autre.
La suite est ici : Laurent Feller, « Les choses ont-elles une valeur au Moyen Âge ? », La Vie des idées , 25 janvier 2016. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Les-choses-ont-elles-une-valeur-au-Moyen-Age.html

Aujourd'hui, on dit que le marché est le seul à même de donner une valeur à une chose ou à un homme. Cela n'a pas toujours été le cas. Y compris dans le domaine économique. Au Moyen-âge, "La valeur apparaît comme indissociable de l’ordre social".

mercredi 27 mai 2015

L'entrepreneur crée-t-il de la "valeur" ?

"Créateur de valeur". Voici un mot qui a fait irruption dans notre vocabulaire. Le "créateur de valeur" est l'incarnation du bien, nous dit-on. Mais que signifie cette fameuse "valeur" ? Et si c'était l'exploitation d'une confusion entre deux sens de "valeur" ?
  • Valeur - argent. C'est le prix d'un service ou d'un produit. 
  • Valeur - utilité. C'est quelque chose qui est important pour moi. 
Une théorie fameuse aux USA affirme que ces deux valeurs sont identiques. Le marché attribue une valeur monétaire optimale à tout ce qui a une utilité. Bien entendu, c'est stupide. L'air ne me coûte rien, alors que sans lui je suis mort. Idem pour l'affection, l'amitié, la reconnaissance sociale nécessaire à la création de mon identité, l'attention qui me sauve la vie, ou même le bénévolat du responsable d'association. Le sel de la vie n'a pas de valeur monétaire.

Dans ce débat, le plus intéressant est la définition "d'entrepreneur". L'entrepreneur est un créateur de valeur monétaire. Contrairement à ce que dit la théorie du marché, le marché n'est pas en réorganisation permanente. Les flux monétaires sont rigides. Ils sont liés à nos usages culturels. Nous sommes formés pour consommer ceci plutôt que cela. Ils évoluent par rupture, et non continûment. L'entrepreneur est avant tout un "leader d'opinion monétaire". C'est un homme de communication, de marketing et de changement. Pas un créateur. Il nous convainc que nous devons changer nos usages. Que nous devons accorder de la valeur argent à quelque-chose qui n'en avait pas. Et cela peut lui demander une vie. C'est pour cela qu'il fait plus souvent la fortune de ses héritiers que la sienne propre.

Et voilà pourquoi nous consommons autant de cochonneries. La tchatche ayant un rôle dominant dans la création de valeur monétaire, et peu de gens ayant une vocation pour le martyr, elle profite rarement à ce qui est réellement utile. Plutôt à ce qu'il est facile de nous faire entrer dans la tête. 

dimanche 24 mai 2015

Pourquoi je ne vaux rien - introduction à la théorie de la valeur

Je peste contre Google. L'interface de saisie de ce blog est jurassique. Comment une entreprise qui jette les milliards par les fenêtres peut-elle consacrer aussi peu de moyens à l'une de ses applications ? Si j'en juge par mon expérience du développement, un développeur motivé aurait pu arriver au même résultat en pas beaucoup plus d'un an. Peut-être moins. Et c'est à ce moment que j'ai compris mon erreur. J'ai une vision de la valeur qui n'est pas celle de Google. Pour moi, la valeur est une fonction linéaire de mon temps de travail, qui ne vaut pas plus que celui d'un autre. Pour Google, il y a des génies dont la minute est hors de prix. 

Cela m'a rappelé ma jeunesse. J'étais furieux parce que mes collègues faisaient des carrières fulgurantes alors qu'ils produisaient des programmes qui ne marchaient pas. En fait, je viens de comprendre que, contrairement à moi, ils ne mesuraient pas leur valeur par leur production. La "valeur" était une qualité qui leur était propre. Elle était innée. Par conséquent, comme Google, tout ce qu'ils touchaient valait cher, que cela marche ou non. Et tout ce qui venait des autres ne valait rien. D'ailleurs je partageais leur point de vue. J'ai conçu des produits qui auraient pu être à l'origine d'entreprises. Mais cela m'avait semblé tellement facile que je ne voyais pas ce que cela pouvait bien valoir. En revanche je ne pouvais pas admettre que tout le monde ne fasse pas comme moi. J'étais monté à l'envers. 

Mais, là où il y a eu coup de génie, c'est que tous ces gens sont parvenus à faire payer 1000 ou plus ce qui pour moi aurait valu 1 ou moins. Il y a eu une inflation colossale, à côté de laquelle une grande partie de la population est passée. Elle a été dévaluée. Avec moi. 

samedi 4 avril 2015

Théorie de la valeur

Mystérieuse valeur. Je crois que nous en avons une définition fausse et dangereuse. La valeur c'est l'argent. Donc seul le marché "crée de la valeur". En donnant un prix à quelque-chose il le fait exister. C'est pour cela que les Chinois n'existent que depuis quelques décennies. D'ailleurs, les Américains ont longtemps pensé que c'était un pays neuf, contrairement à la "vieille Europe". 

Comme le disait Galbraith, le coup de génie des gens riches est de faire de passer leur oisiveté pour un travail. Mais, pour le reste du monde, ce que nous faisons en dehors du travail n'a aucune valeur. Plus curieusement, ce que nous faisons, peut ne pas avoir de valeur de notre vivant, mais mériter une fortune après notre mort. C'est ce qui est arrivé à van Gogh et quelques autres. 

Depuis quelques temps le marché s'est mis à enrichir les professionnels de sa manipulation. Et à éliminer tous les autres. Dépression collective. L'homme ne crée plus. Le monde s'appauvrit. Comment améliorer les choses ? En première approximation, pas besoin de changer le marché. Il suffit de faire preuve d'un peu d'imagination et de se demander comment l'utiliser pour mettre un prix sur ce qui a de l'importance pour nous. Imprésario du savoir tacite, métier d'avenir ?

dimanche 22 mars 2015

Traités internationaux : combat entre modèles de sociétés ?

Et si une guerre des civilisations était en train de se livrer ? Les traités commerciaux mondiaux sont remplacés par des traités régionaux. L’enjeu réel de ces traités est d’y fixer des normes (culturelles ?), et de les imposer à ceux qui n’y ont pas participé. Combat entre modèles de société. A ce jeu, l’Amérique n’aurait pas le dessus. Elle veut marginaliser les Chinois. Elle a refusé d’entrer dans leur banque de financement des travaux d’infrastructure en Asie. Pas de chance, tout le monde s’y rue. L’Amérique est isolée. Idem ?, les USA s’en prennent au président du Venezuela. Effet inverse de celui attendu : son peuple se regroupe derrière lui.


Le modèle qui a dominé le monde se fissure ? La « valeur actionnaire » est remise en cause. On constate que, contrairement à ce que dit ce modèle, l’actionnaire n’a que des droits limités sur l’entreprise, puisqu’il a des responsabilités limitées… L’Amérique augmente ses taux d’intérêts. Augmentation du dollar. Quelles conséquences ? Elles seraient surtout pour les nombreux pays qui ont emprunté en dollars pour profiter de faibles taux. Surtout « l’inconnue est la confiance. Comment la perspective de taux élevés va-t-elle affecter les esprits animaux des investisseurs et des acheteurs immobiliers ? » C’est un « saut dans l’inconnu ». En tout cas, le jeu des banques centrales est dangereux. En faisant des emprunts d’Etat des investissements qui ne comportent plus que des risques, elles pourraient « modifier fondamentalement la nature du marché des obligations – pour toujours ». (Les banques centrales menacent-elles de mettre en faillite les prêteurs ?)

Les principes qui font la pérennité de l’Etat Islamique ont été touchés. Ses revenus pétroliers, détruits par les bombardements, et son réel moteur : un expansionnisme sans freins. Mais les causes qui l’ont fait émerger, elles, n’ont pas été atteintes. Au contraire ? « Les territoires détruits sur lesquels il espérait se construire (…) pourraient bien terminer en plus mauvais état qu’ils n’étaient au départ. »


Vie quotidienne du monde. Les Grecs réclament aux Allemands un dédommagement pour un emprunt forcé fait durant la guerre de 40. L’équivalent de 11md€. Il en a été question, un jour. Mais les temps ont changé. Car les Allemands se voient désormais comme des victimes (de la crise de l’euro). Les pays des Balkans sont asphyxiés par « un mélange de népotisme, de montagnes de taxes, et de freins à l’entreprise ». Leurs citoyens cherchent le salut dans l’immigration. L’Europe veut répondre à la désinformation russe. Faire de la propagande serait contre-productif. Systémique Netanyahou ? Parce qu’il a fait des promesses de campagnes de droite, il va gouverner à gauche. En effet, pour gagner les élections, il s’est mis à peu près tout le monde à dos. Pour réparer la casse, il pourrait demander à M.Herzog de devenir ministre des affaires étrangères. Ce que ce dernier, à qui sa défaite va coûter son poste actuel, accepterait. L’Egypte veut relancer son économie en construisant des gigantesques villes nouvelles, à la Dubaï. Ce n’est pas la première fois que ça a été tenté. Les autres ont raté. Certaines parties des USA sont dans une misère abjecte. Les démocrates ont tenté d’y remédier par des subventions. Ça n’a pas marché. La population va donc voter pour les Républicains, qui vont lui ôter toute aide. L’Italie et la France s’en prennent à leurs notaires. Ils gagnent un peu trop bien leur vie et concourent à renchérir le prix de l’immobilier (1%).

Pourquoi y a-t-il autant d’espèces de coléoptères ? Parce qu’un « sous ordre » semble produire des espèces qui défient la sélection naturelle. Ferez-vous des études universitaires ? Cela dépend avant tout de votre environnement familial à la naissance. La réussite scolaire est une question de liens sociaux, bien plus que de capacités intellectuelles. « Les parents éduqués s’engagent dans un dialogue socratique permanent avec leurs enfants (…) Les parents de la classe ouvrière (…) exigent simplement que leurs enfants leur obéissent. » Les Palestiniens essaient d’utiliser contre Israël les techniques terroristes qu’Israël a employées contre le colonisateur anglais. Mais si l’Angleterre avait fait ce que fait actuellement Israël, Israël n’existerait pas. Bonne nouvelle, pour finir ! Il y a stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui prouve que lorsque l’on veut, on peut.

mercredi 18 mars 2015

Réécrire la théorie de la valeur

Valeur actionnaire, modèle sur lequel est fondé notre société. Il signifie, que celui qui a de la "valeur" est celui qui a de l'argent. L'argent sait trouver son chemin vers les personnes qui comptent vraiment dans la société. C'est la théorie d'Ayn Rand, mais c'est aussi l'idée qui fonde la "science économique" moderne. Conséquence : justification de l'ordre établi. Retour aux privilégiés et à l'Ancien Régime.

Ce billet envisage un modèle concurrent. Une révolution pacifique. Orienter les flux d'argent vers ce qui a, pour nous, de la valeur. L'homme, par exemple. Par le biais d'un produit dérivé : la connaissance. Tout homme a la faculté de transformer son expérience en connaissance, qui, elle-même, lui donne envie d'innover, de partir à l'aventure.

Pieter Bruegel d. Ä. 041.jpg
Création de valeur
« Pieter Bruegel d. Ä. 041 » par Pieter Bruegel l'Ancien (1526/1530–1569) — The Yorck Project: 10.000 Meisterwerke der Malerei. DVD-ROM, 2002. ISBN 3936122202. Distributed by DIRECTMEDIA Publishing GmbH.. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.


La mise en oeuvre du changement consiste à aider le monde à prendre conscience de cette valeur et, surtout, de ramener le flux monétaire vers elle, en transformant l'action humaine en "produits" (éventuellement immatériels), en faisant connaître ces "produits" (marketing) et en amenant du cash pour qu’ils puissent être "fabriqués" et commercialisés. L'atome de cette production est la connaissance. Avec un peu d’imagination et beaucoup d’approximation, elle doit pouvoir être mesurée. Comptabilité et PIB ne sont pas remis en cause.

Procédons par expérimentation. On doit montrer qu’en appliquant ces principes on fait réussir des entreprises. De façon à donner à d’autres l’idée de les imiter. Et de conduire celles qui ne le font pas à la faillite. Ce faisant on retourne la rhétorique de la sélection naturelle du "modèle de la valeur actionnaire" en utilisant ses armes. Tout va donc se jouer sur la détection des entreprises pilotes de l’expérimentation : il faut faire réussir celles qui ont les "bons gènes".

Il y a beaucoup d'intérêts dans cette idée :
  • Elle utilise les mécanisme du capitalisme ambiant. Ce n'est pas une révolution. 
  • Elle répond aux critiques des Limites à la croissance, puisqu’elle pourrait remplacer une croissance matérielle, destructrice de l’environnement et non durable, par une croissance essentiellement immatérielle (production de connaissance = "épanouissement"), bien plus durable. 
Attention cependant : le principe de la valeur actionnaire n’est, certainement, qu’une conséquence, une rationalisation opportuniste, d’une attitude universelle. Probablement, le désir de satisfaction immédiate ("optimisation de l’utilité individuelle" disent les économistes, "interdit d'interdire" dit le lanceur de pavés soixante-huitard...). Nous-nous comportons comme des parasites. Beaucoup de gens qui sont dans une poubelle agiraient peut-être, s’ils étaient aux manettes du monde, comme n’importe quel consultant, fonds d'investissement ou dirigeant. Cela peut signifier qu’il faudra faire attention dans ce changement au contrôle par la communauté du comportement individuel. Mais c'est un problème qui n'est pas sans solution. Puisque c'est celui auquel l'équipe sportive est confrontée.

Finalement, nous ne sommes pas les premiers à rencontrer cette question. Nous pourrions apprendre de l'histoire, donc. En effet, elle a oscillé entre périodes égoïstes et périodes solidaires (cf. le solidarisme français, qui est un composant de la IIIème République). Et le Yang et le Yin ont ces connotations, ce qui prouve que la culture occidentale n'est pas unique en son genre. En outre beaucoup de ce qui est dit ici, y compris et surtout la question de la connaissance, a été exprimé par le pragmatisme (cf. Dewey, James et Pierce), courant philosophique majeur. Et qui est à l’origine de la systémique de l’école de Palo Alto.

lundi 16 mars 2015

Qu'est-ce que la "valeur" ?

Dans un billet précédent, je dis que les constructeurs automobiles ont détruit ce qui faisait, à mes yeux, la valeur d'une entreprise. Mais quelle est cette mystérieuse "valeur" ? 

Cela me semble une forme de convention sociale. C'est ce qui fait que l'on aime quelque-chose. Il y a des gens, comme Steve Jobs, ou comme les artistes anciens, qui ont le sens de cette valeur. Il y en a d'autres, comme les financiers, ou les artistes modernes, qui ne l'ont pas. Ils ont le sens de l'argent. 

L'histoire récente semble avoir été celle de la victoire des seconds sur les premiers. Tactique simple, probablement, la valeur coûte d'abord, avant de rapporter ensuite. Et surtout elle semble difficile à distinguer a priori. Il est donc apparemment rationnel de privilégier le moins de valeur sur le plus de valeur. Ce qui démarre un cercle vicieux : moins il y a de créateurs de valeurs, moins ceux qui restent sont capables de distinguer la valeur... 

Le plus étrange est que ce sont probablement les Allemands, grands hypocrites, qui ont été les champions du phénomène. VW a été le pionnier de la mise à sac du sous-traitant. Et leur haut de gamme a maintenant pour unique objet le parvenu. Et, en plus, ils veulent imposer leur modèle de société dépressive au monde. 

Que va-t-il se passer maintenant ? La destruction va-t-elle être créatrice ? De nouvelles valeurs vont-elles émerger ? Qui va mener la contre-offensive ? L'Italie, pays du goût ?...  

jeudi 29 janvier 2015

Qu'est-ce que la performance ?

Il y a quelques temps un dirigeant m'a envoyé un article traitant du Lean et de ses dégâts humains. Au hasard des rencontres, une histoire apparaît. 

Premier résultat. Le Lean s’appellerait désormais « performance ». Toute une industrie du conseil s'est constituée autour de ce sujet. Elle a quelque chose d'une secte, avec ses rites et ses mythes. On y passe des heures à discuter de la bonne place du post it sur tel tableau capital. Par ailleurs, de plus en plus le conseil interne aux entreprises ou institutions de l'Etat veut prendre la place des consultants, pour des raisons d'économie. Ce monde est entre le marteau et l’enclume : des managers qui ne veulent pas changer, et des exécutants qu’il faut faire gagner en productivité, alors que leurs conditions de travail se dégradent.

Cela ferait (évidemment ?) des dégâts humains. Plus curieusement, on assisterait à des ententes entre consultants et unités opérationnelles. Il n'est plus alors question de gain de productivité. Le « baron », patron d’une usine ou d’une division, a bloqué le changement venu d’en haut en contrôlant son vecteur : le consultant ? (Dans un exemple dont on m'a parlé, les gains dégagés correspondent exactement aux honoraires du consultant !)

A qui profite la performance ?
J'en arrive à une question. La « performance » serait-elle une conséquence de la théorie de la « shareholder value », selon laquelle le possesseur de capital crée la « valeur » de l'entreprise ? Et si son objectif était de dégrader les conditions de travail pour faire la fortune de quelques personnes ? En fait, les entreprises et l'Etat semblent convaincus qu'ils doivent gagner en performance. Et qu'il faut le faire avec les méthodes que tout le monde utilise. Du coup, on retrouve les conséquences de la « shareholder value ». Mais les gains d'efficacité sont probablement absorbés non (toujours) par les actionnaires, mais par quelques acteurs ou « intérêts spéciaux » qui savent faire payer leur capacité de nuisance. (Ce que les Anglo-saxons appellent « value drains ».)

L'esprit du jeu du moment serait-il le parasitisme ? Le faible est écrasé, et l’entreprise vidée de sa substance ? Idem de la plupart des actionnaires et des investisseurs des fonds d’investissement ? Après un tel traitement ne reste de l'animal que sa carcasse ?

lundi 29 décembre 2014

La crise de la valeur

Plus rien ne semble avoir de valeur. Nous sommes incapables de reconnaître la richesse d'une personne. Voilà une constatation que je fais de plus en plus.

On me cite deux manifestations-types de ce phénomène en entreprise : le marketing et les achats. 
  • Le marketing c'est le "cancrelat" : il s'empare de toute nouvelle idée, essaie d'en tirer de l'argent en promettant ce qu'il ne peut pas tenir. Il la détruit donc. 
  • Les achats, c'est l'individu comme coût. Non seulement, il n'a pas de valeur, mais c'est un parasite.
Cela me fait penser à la théorie, très fameuse aux USA, qui affirme que votre valeur est ce que vous gagnez, avant prélèvement d'impôts. Curieusement, elle semble modéliser parfaitement ce qui arrive. En effet, pour elle, la vie est une lutte pour accaparer l'argent des autres. Tout homme est donc bien un coût puisque, s'il n'était pas là, je pourrais mettre la main sur son argent. Son utilité n'est pas perçue. Dans ces conditions la bataille de la valeur est une guerre de position. Il y a celui qui est en position de force, par exemple fonctionnaire, CDI..., et les autres. D'où aussi un comportement déflationniste, puisque chacun est poussé à accumuler, donc à priver l'économie de monnaie. 

Et si une solution à ce cercle vicieux était de créer, en marge des gens de fausse valeur, un écosystème de personnes de vraie valeur ? Une variante de l'Arche de Noé ?

Programme 2015 : qu'est-ce que la valeur ? Comment la reconnaître chez les autres et chez soi ?