mardi 11 novembre 2008

Constituer une équipe présidentielle

De l’intérêt de ne pas s’entourer d’exécutants.

J’entends parler de Barak Obama et de la constitution de son équipe. Comment se constitue une telle équipe ?
  • En France, elle n’a pas de grande utilité, le président étant supposé savoir où aller. Il n’a besoin que d’exécutants. La constitution de l'équipe résulte donc de calculs politiques. On y ajoute parfois quelques inconnus, qui lui apportent une touche de fantaisie.
  • Une autre possibilité. Se demander quels sont les problèmes que devra résoudre la prochaine administration, quels sont les compétences qu’il faudra pour cela et trouver ceux qui les possèdent le mieux.
    Avec une telle équipe plus question de « dire la loi », comme le fait le dirigeant de droit divin français. On soumet des problèmes au groupe, il leur propose des solutions. Le dirigeant choisi. Difficulté principale : faire collaborer cet ensemble hétéroclite. Question « d’animation du changement ».
C’est ce type d’équipe qui a mis au point la bombe atomique, ou l’administration du plan Marshall. C’est exceptionnellement efficace, ça va vite, et ça coûte peu. Et ça évite au dirigeant de s’éreinter à trouver, seul, des solutions médiocres.

Complément :
La technique ci-dessus est un exemple d'ordinateur social : Amérique renouvelable et AFTAA.

La vie est belle (3)

Raison de se réjouir de la crise, fournie par Will the Wall Street Storm Have a Giant Silver Lining?
Twenty years from now, when cancer has been eradicated, when the threat from global warming is a distant memory, when poverty is a hoary old cliche, I’d love to think that we could thank the Great ‘08 Meltdown for providing the human capital that helped solve these problems.
Et si l’élite universitaire, chassée par la crise de la banque, devenait utile ? (Idée initiale : La vie est belle !)

La bataille du développement durable ?

Et si les clean tech étaient un enjeu économique majeur ?

La Tribune.fr d’hier :
Selon une étude d'impact, la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement devrait nécessiter 440 milliards d'euros d'investissements sur la période 2009-2020 et concerner 535.000 emplois.
En rapprochant cette déclaration de précédents billets (Les énergies renouvelables à la rescousse ?), je me demande si les « clean tech » ne sont pas en train de devenir un enjeu économique majeur sur lequel pourrait se jouer la prospérité d’une nation.
Le gouvernement allemand a pris les devants dans ce domaine. Le Renewable Energy Sources Act Progress Report 2007 (juillet 2007) du Ministère de l’environnement, conservation de la nature et sécurité nucléaire fait remonter son action à 1991. Parmi les bénéfices mesurés :
In economic terms, the Renewable Energy Sources Act has had a number of positive outcomes: in the last 10 years, Germany has become the world market leader in the wind energy sector and is on track to assume this position in the photovoltaics and biomass power plant sectors as well. More than € 9 billion was invested in renewable energy installations in Germany in 2006. In all, around 214,000 people were employed in the renewables sector in 2006 – some 50,000 more than in 2004. Around 124,000 of these jobs were created as a result of the Renewable Energy Sources Act. With a strong domestic market, companies have been able to steadily expand their rate of exports: more than 70 % of the wind power plants produced in Germany were exported. Thus as a result of the Act, Germany has taken on a leading role in plant and mechanical engineering in this major future-oriented international market.
The Economist a beau dire que les gouvernements ont tort d’intervenir, l’exemple français du nucléaire montre l’efficacité de leur intervention (que l’on soit d’accord ou non sur l’utilité du résultat obtenu).

D’où question. L’entrepreneur américain est prêt à sauter sur toute opportunité d’affaires, si on lui donne les moyens de la financer. Que le pays soit, ou non, une terre brulée ne compte pas : il saura trouver les moyens dont il a besoin, là où ils sont. L’Allemagne a une longue tradition de protectionnisme intelligent. Mais la France ? Traditionnellement, c’est l’État et ses organes opérationnels qui ont conçu et mis en œuvre ses stratégies. Il ne semble pas qu’ils puissent ou désirent encore le faire. Qui peut prendre leur relais parmi leurs anciens assistés ?

lundi 10 novembre 2008

Changement : leçons chinoises ?

Comparaison entre Yi Jing et ce que j’écris sur le changement.

Je suis d’accord avec le point de départ du Yi Jing : l’avenir n’est pas prévisible, par contre, il est possible, généralement au moins, de prendre de « bonnes décisions ». Et la science approuve mon point de vue, en dehors de l’économie et des sciences du management, qui croient encore majoritairement au Père Noël.

Il me semble, mais je suis loin d’en être sûr, que le processus de réflexion auquel invite la pratique du Yi Jing, ressemble à la process consultation d’Edgar Schein. Mais cette recherche se fait seul, sans « process consultant ».

Un possible point de désaccord avec Confucius. J’ai l’impression que le changement dont il est question chez lui est un art de glisse. Il ne touche pas à l’édifice social. Pour moi, « conduire le changement », c’est modifier l’organisation de la société, en changer les règles. Pour cela, on retrouve quelques idées fondamentales du Livre du Changement. Le changement est à « effet de levier ». En prenant l’organisation « sous le bon angle », le changement est immédiat.

La notion de Yin et de Yang permettent de reformuler une de mes conclusions principales. Pour réaliser le changement il faut à la fois utiliser des techniques Yin et Yang. L’Occident a poussé très loin le Yang, le passage en force. Sa science, qui est une approximation du monde, lui a apporté un aperçu jamais possédé jusque là de ce que la nature pouvait cacher. Une fois un objectif en vue, il y va tout droit. Ça a été longtemps de peu de conséquences. Aujourd’hui il rencontre des résistances ou la vengeance de ce qu’il a écrasé. L’Occident doit découvrir le Yin, dont le champion est probablement plus le Japon que la Chine.

Compléments :
  • Yi Jing : Le discours de la Tortue.
  • Le discours de la Tortue note que l’Occident demande à ses devins de lui dire l’avenir alors que la Chine demande plutôt quelle conduite adopter. La croyance dans un avenir prévisible est peut-être plus solidement ancrée dans nos gènes que je ne le pensais.
  • Pourquoi l’avenir n’est pas prévisible : Théorie de la complexité.
  • L’économie n’est pas une science.
  • La combinaison Yin/Yang autrement formulée : Voyage à Tokyo.
  • SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.

Appaloosa

Besoin de détente ? Je recommande Appaloosa.
  • Un Western traité sous un angle inattendu. 4 grands acteurs à contre emploi (Ed Harris, Viggo Mortensen, Renée Zellweger et Jeremy Irons). Et vraiment très bien. Un énorme humour. Bon moment.
  • Voilà ce dont on a besoin en période de crise. Se changer les idées devrait être prescrit par le médecin.
Film sur une autre période où l’on a eu besoin d'une telle prescription : Le dernier métro de François Truffaut.

Le discours de la Tortue

Le discours de la Tortue est l’histoire du Yi Jing (aussi appelé Yi King), le Livre des changements. Cette histoire est intimement mêlée à celle de la Chine et de sa culture. Un moyen unique de les découvrir de l’intérieur.

JAVARY, Cyrille, Le discours de la Tortue, Albin Michel, 2003. Cadeau de Dominique Delmas. Merci beaucoup.

Le changement comme certitude

Pour le Chinois, il n’y a qu’une certitude : le changement : rien n’est stable, chaque situation porte les germes de sa transformation. L’univers est une sorte de grand fleuve d’énergie, avec ses embranchements. Certaines branches sont des culs de sac, d’autres des torrents. C’est ce potentiel d’évolution que l’homme (Taoïsme) et la société (Confucianisme) doivent exploiter au mieux. Contrairement à l’Occidental qui pense que l’avenir est prévisible et qu’une fois cet avenir connu, il existe une « seule bonne solution » pour y parvenir (à coups de machette), le Chinois sait que l’avenir est imprévisible mais que pour chaque situation (chaque embranchement), il existe une issue plus favorable que les autres, le dao (souvent traduit par « la voie »). Le Yi Jing est un guide d’aide à la décision. En fait, c’est un cours de morale.
Rechercher l’efficacité harmonieuse entre l’action individuelle, la situation où elle s’applique et le moment où elle s’insère était considéré par Confucius comme l’acte moral par excellence.
Histoire du Yi Jing

Origine du Yi Jing. Exposées au feu des carapaces de tortues se craquellent. Ces craquelures sont interprétées comme des recommandations. Naissance des caractères chinois. Les tortues sont victimes de leur succès. Elles disparaissent. Comme les ingénieurs à qui on interdit les tests atomiques, les Chinois se tournent vers la simulation. Ils ont conservé d’énormes archives de carapaces commentées. Le temps est cyclique pensent-ils, comme les saisons. Il suffit de retrouver l’archive qui correspond à l’instant présent. Puis ils découvrent un moyen de coder ces indications, en 64 hexagrammes. Plus besoin de bibliothèques. C’est le Yi Jing.

Un hexagramme c’est 6 lignes, chacune pouvant prendre deux valeurs : Yin ou Yang.

Tout caractère chinois a une multitude de sens. Il en est de même pour Yin et Yang. Le plus important est peut-être que le Yin doit devenir Yang, et inversement. Ensuite le Yang est plutôt un signe de force, d’énergie, de dynamisme, alors que le Yin serait du côté de l’intelligence, de la subtilité, de la réflexion, de l’exploitation habile des événements (le Judo est l’art du Yin)… L’homme est plutôt Yang, et la femme Yin. L’hexagramme décrit une situation type :
Chacune étant à la fois description et gestion d’une organisation énergétique particulière, analyse diagnostique et réponse stratégique pour une configuration déterminée.
L’hexagramme s’obtient sans intervention divine. Par une procédure aléatoire, qui, pour les Chinois, est un calcul rigoureux de mise en coïncidence entre Yi Jing et situation de l’individu.
Des commentaires et des techniques permettent de guider l’interprétation de la situation et la prise de décision. De ce que je crois en comprendre, ils sont aussi clairs que les jugements de la Pythie. Je soupçonne que l’efficacité (éventuelle) du processus vient de ce qu’il force l’homme à s’interroger sur la situation dans laquelle il est, et lui indique ce qui est arrivé à d’autres en pareil cas. À partir de là, il trouve ce qui correspond le mieux à sa nature.

Le Yi Jing est arrivé à maturité il y a un peu plus de deux mille ans. Ensuite, l’attention des savants s’est tournée vers le classement des hexagrammes. Ça ne semblait pas avoir grand intérêt, puisque l’ordre n’entre pas dans leur usage. Mais ils semblent s’y être acharnés.

L’idéogramme

Le discours de la Tortue est aussi un cours sur l’idéogramme chinois. À ses origines, c’est une image. Il se stylise. Il se charge de sens par association d’idées. Il se complexifie par combinaison d’idéogrammes, associations d’idées d’associations d’idées. Une vie semble insuffisante pour analyser un seul signe.

Culture chinoise

Le discours sur la Tortue est peut-être surtout une réflexion sur l’évolution de la Chine. Sur l’interprétation de sa culture. Comme chez Jean-François Billeter, on n’y voit rien d’impénétrable. Les Chinois sont un peuple pragmatique, pour qui « le résultat prévaut toujours sur la preuve et l’efficacité pratique surpasse toujours l’argumentation théorique ». Il se débat avec plus ou moins de bonheur face à la nature, et à la complexité de l’existence. Peut-être parce qu’elle convenait mieux à sa situation, il a adopté un type de stratégie que l’on pourrait appeler Yin, par comparaison au Yang occidental.
Le vrai souverain se préoccupe de tous mais ne contraint personne, il aide les situations à se réaliser selon les lignes de force qu’elles recèlent, en créant par sa seule présence importante et immobile le courant porteur qui permet à chacun de se réaliser au niveau où il se trouve et de devenir ainsi (…) « fondamentalement favorisant ».
Dans cette culture, l’individu compte relativement peu, par rapport au groupe, à l’harmonie sociale, garantie par l’empereur. Ses responsabilités sont diluées. Ses souffrances n’émeuvent pas. Peut-être, surtout, parce que le système est favorable aux forts, aux dirigeants. D’où le succès du Bouddhisme individualiste auprès des populations les plus mal loties.

Histoire chinoise

Cyrille Javary parle de civilisation fossile. Depuis un millénaire, invasions et occupations étrangères alternent avec périodes de repli sur soi (Ming). La Chine ne se disloque pas comme l’a fait l’empire romain, mais elle titube, elle est KO debout. Elle n’arrive pas à se ressaisir, à se réinventer. Au contraire, les derniers avatars du Yi Jing montrent plutôt qu’elle cherche à s’enfermer dans un monde qui se nourrit de lui-même. Une culture peut-elle devenir un cercle vicieux ?

Jusque là, je pensais que l’ascension de Mao correspondait à la naissance d’une nouvelle dynastie. Serait-ce plus que cela ? Le retour de Qin Shi Huang Di (qui règne de 221 à 206) ? Cet empereur est peut-être celui qui a le plus marqué l’histoire chinoise. À lui tout seul il semble une dynastie. Il a unifié la Chine. Il a rationnalisé son fonctionnement. Une rationalisation systématique qui ressemble beaucoup à celle qu’a subie la France révolutionnaire. Il a aussi fixé la graphie du Chinois moderne, une manœuvre dont l’objet était de réécrire sa littérature, de n’en garder que les traités pratiques, et de la débarrasser de son idéologie passée. Il voulait faire disparaître livres et intellectuels. On lui en veut encore aujourd’hui. Mao, qui lui aussi a réformé le Chinois, semble avoir voulu faire de même : liquider un héritage culturel, et ses porteurs (les intellectuels). Ils rendaient la Chine désespérément incapable de relever la tête. La dynastie des Han, la plus admirée des dynasties chinoises, a succédé à Qin Shi Huang Di. En sera-t-il de même avec Mao ?
Un thème important pour Cyrille Javary, pour finir. La sorte de Moyen âge dans lequel est plongée la Chine depuis 10 siècles s’est accompagnée de la domination du Yin par le Yang. Période noire pour la femme.

Compléments :
  • Autres réflexions sur Le discours de la Tortue : Nous sommes tous des hypocrites !, Chinois : copieur et fier de l’être.
  • BILLETER, Jean-François, Contre François Jullien, Alia, 2006.
  • BILLETER, Jean-François, Chine trois fois muette : Suivi de Essai sur l'histoire chinoise, d'après Spinoza, Alia, 2006.
  • Pour Jean-François Billeter, le Confucianisme s’explique, plutôt que par une tournure d’esprit particulière au Chinois, par les intérêts au statu-quo de ses empereurs : ne bousculons pas l’harmonie sociale qu’ils garantissent. (D’où le danger de l’innovation. Elle n’est pas totalement éliminée, mais toujours protègée du nom d’un ancêtre révéré.)

dimanche 9 novembre 2008

C’est dur d’être sauvé par des cons ou la finance internationale relève la tête

En lisant The Economist et en écoutant quelques économistes français influents, je me demande s’ils ne nous disent pas les choses suivantes. 1) Les outils financiers qui ont causé la crise actuelle n’étaient pas aussi inefficaces que cela 2) ils ont permis une prospérité sans précédent 3) l’État, qui a pris en main l’économie, est sacrément inefficace. Stupide.

Les hauts fonctionnaires de Vichy, qui avaient été épargnés par l’épuration et réinstallés dans leurs fonctions, devaient penser de même. La crise à peine oubliée, les vieux démons reviennent au galop.

Ces gens étant membres de notre élite dirigeante, la crise passée, ils reprendront les commandes de l’économie. Il est possible que les idées suivantes puissent les aider dans leurs futures fonctions :
  • La prospérité n’est rien par rapport aux dégâts d’une crise. L’énorme majorité de la population et des entreprises s’accommoderait certainement de beaucoup moins, pour peu qu’on lui épargne l’anxiété d’événements aléatoires qui brutalisent, et menacent, sa vie.
  • L’État est effectivement inefficace. Parce qu’il est bureaucratique et pas aussi vif qu’une population d’entrepreneurs. Mais il n’a pas demandé à intervenir. Son rôle est de réguler pas de faire. Depuis des décennies il avait organisé sa sortie quasi complète de l’économie. L’Europe ne parle que de marché unique et de concurrence. Les anciens « services publics » sont privatisés (l’hôpital, la Poste, les télécommunications, l’énergie, les chemins de fer…).
  • Nos brillants économistes n’ont pas fait grand-chose pour dénoncer les excès qui menaient à la crise. Que vont-ils faire à l’avenir pour nous les éviter ? S’ils apportaient une réponse convaincante à cette question, peut-être hâterait-elle le désengagement de l’État ?
Compléments :
  • Un exemple de réhabilitation de l’innovation financière : Sauvons les swaps.
  • Les maladresses de l'Etat dans la gestion du système bancaire anglais : Reshaping the landscape. The Economist de cette semaine.
  • Les économistes, qui n’ont en aucun cas étaient désignés comme coupables, ont pourtant une sacrée responsabilité dans les désastres de ces dernières décennies : Doutes sur le plan de relance américain, Consensus de Washington. Délicate situation pour nous donner des conseils…

Des effets délétères de la télévision

Dominique Delmas :
(…) L'autre écueil, ce sont les valeurs véhiculées en particulier par la télévision. Valeurs vides de sens, futiles, inutiles ou mêmes dangereuses lorsqu'elles font croire que fortune et gloire peuvent arriver sur toi sans travail et que cela te rendra forcément heureux... (commentaire d'un billet de Minter Dial traitant de l’éducation des enfants.)
Cette opinion m’a frappé parce que je l’ai rencontrée ailleurs. Chez un patron de centre d’appels. Il me disait que ses équipes avaient été élevées par la télévision : matérialistes en diable, et persuadées que le succès était dans « l’originalité » (conte de fée version Disneyland). Son travail : les ramener à la réalité. Remarques :
  • La télévision véhicule une certaine culture américaine, à des encablures de la nôtre : le bonheur est dans l’accumulation de biens matériels. Elle formate les hommes pour qu’ils soient des consommateurs. Elle fait aussi passer de très bons sentiments, de nobles valeurs américaines. Peut-être donne-t-elle une fausse idée de la difficulté de la vie ?
  • Jean-Claude Larréché s'émerveillait des idées du génial patron de la compagnie aérienne Virgin. Il avait compris ce qui gâchait le voyage de ses passagers : des gamins braillards. Admirable solution : la télévision. La dissolution de la cellule sociale crée des enfants mal élevés (au sens premier du terme). Seul moyen de les calmer : la télévision, l’opium du peuple. La culture qu’elle véhicule est devenue celle du peuple.
  • Voulez-vous que vos enfants soient élevés par la télévision ? Si cette solution est insatisfaisante, recréez autour d’eux un petit peu de tissu social, de chaleur humaine ?

Les énergies renouvelables à la rescousse ?

Il semble se confirmer (Amérique renouvelable) que les Américains envisagent sérieusement de jouer le redémarrage du pays sur les énergies renouvelables. Une politique qui prendrait les allures d’un effort de guerre. Une solution élégante à tous les problèmes que se pose la planète ?

The Economist (Green, easy, and wrong) s’inquiète de la manière dont Barak Obama va procéder. Fidèle à son idéologie, ce journal s’oppose à une solution protectionniste qui viserait à stimuler l’innovation artificiellement. C’est au marché d’agir. Ce qui demande de corriger ses faiblesses actuelles, en allouant aux entreprises le coût de leur pollution.
Contre exemple : l’Allemagne. Elle a subventionné l'industrie du solaire, alors que le pays est peu ensoleillé. Ridicule.

Certes, mais si l’Allemagne, ce faisant, a amené son tissu industriel à une masse critique, et que le besoin de panneaux solaires (par exemple) se développe dans le monde, l’industrie allemande aura une avance que ses concurrents ne pourront pas rattraper.
Le protectionnisme n’a pas que des défauts. Les industries semblent ressembler aux hommes : elles ont besoin d’être protégées dans leur enfance. Sinon, elles sont balayées par des plus forts, qui n’ont pas leur potentiel.

Cependant, il n’est pas possible de développer n’importe quoi. Il faut un terreau propice (par exemple une compétence prometteuse dans les technologies utiles au solaire), et surtout une motivation favorable. La subvention n’est utile qu’à l’entrepreneur : il s’en sert pour développer ses affaires, non pour un enrichissement immédiat. Il l’utilise de manière offensive, pas défensive – le défaut du Français.

Sur le protectionnisme : OMC et Responsabilité de la Presse.

samedi 8 novembre 2008

Sauvons les swaps

Les Credit Default Swaps sont une des innovations financières qui font trembler la planète. Il y en avait pour un peu plus de 60.000 milliards $ dans la nature en 2007.

The Economist (Giving credit where it is due) s’inquiète de leur avenir : ces produits d’assurance, bien utilisés, sont bons pour l’économie. Il ne faudrait pas s’en débarrasser purement et simplement. D’ailleurs, on commence maintenant à savoir les maîtriser. D’ailleurs, les options, autres coupables de crash (de 87), ne posent plus de difficultés.

On retrouve dans tous ces scénarios de crise (voir aussi celle de 97 et celle de 29), une innovation financière. Le mécanisme suivant semble à l’œuvre :

Le financier est à l’affut de tout ce qui peut le faire décoller du réel. Et quand il l’a trouvé, il en fait profiter ses amis, businessmen, gouvernants et régulateurs. Ils jugent l’innovation fort bénéfique. Pourquoi en limiter l’effet ? Survient la crise. Illumination. L’innovation était dangereuse. Dorénavant on sait la maîtriser.

Cette innovation n’est pas fondamentalement mauvaise, mais elle est utilisée avant d’avoir été testée. C’est un peu comme si les laboratoires pharmaceutiques nous faisaient avaler leurs médicaments sans autorisation de mise sur le marché. Une fois de plus, je pense que les produits financiers (et les innovations scientifiques d’une manière générale) doivent être traités comme un virus : il faut développer des vaccins avant de les lâcher dans la nature.

Sur ces sujets :