dimanche 31 mars 2019

La crise est nécessaire à l'homme ?

La crise est le propre de l'évolution, dit Nassim Taleb. C'est aussi ce que l'on peut déduire de la théorie de la complexité : par exemple, le "big bang" a produit l'ordre dont nous sommes sortis.

Or, il y a quelque-chose de plus curieux. Si l'on examine les travaux sur le développement durable, on peut se demander si l'homme n'a pas compris ce phénomène, et s'il ne s'est pas mis à déclencher des crises, pour provoquer des changements. (D'ailleurs, la littérature du management de ces dernières décennies incitait ses lecteurs à réformer par la crise.) Plus curieux : les pacifistes et les combattants du développement durable ont, eux aussi, un comportement qui cherche la crise.

(Mais, à trop jouer avec le feu, ne risque-t-on pas de se brûler ?)

Lyft : dernière chance de s'enrichir ?

L'entrée en bourse de Lyft, plate-forme de réservation de taxis, a été un succès. Si bien que beaucoup d'autres sociétés, dont Uber, vont suivre sont exemple. Or, "ses pertes, depuis 2016, s'élèvent à 2,3md$" dit le Financial Times. Et il en est de même pour les autres "licornes".

Cela m'a rappelé une conversation avec "trader", peu avant la crise de 2008. Je lui avais demandé s'il ne voyait pas arriver les crises. Il m'avait raconté, qu'au contraire, c'était des moments de grande excitation. Il ne fallait pas être le dernier à recevoir la "patate chaude". Et si c'était le cas actuellement ? Et si les investisseurs voyaient poindre la fin d'une phase spéculative, et voulaient profiter de la dernière occasion de gagner beaucoup en peu de temps ?

(Que signifie "licorne" ? Une corne : les pertes, pas de revenus ? Un animal de légende, pour économie irréelle ?)

samedi 30 mars 2019

Le cas de conscience Huawei

En Angleterre, les organismes compétents estiment que le matériel Huawei "pose de sérieux problèmes de sécurité" (Financial Times). Etrangement, la France ne semble pas concernée par ces questions. (Phénomène "nuage de Tchernobyl" ?)

Imaginons que le risque existe, comment le gérer ? Alcatel ayant disparu, il ne reste plus d'offre française. Favoriser un champion européen ? Ou aider à l'émergence de PME locales capables de fournir une partie du matériel nécessaire ? Est-il possible de circonscrire les risques, pour mélanger les offres ?... Ceux qui doivent traiter ces questions, au gouvernement ou ailleurs, ont-ils l'expérience et les compétences pour le faire ?... En tout cas, ils doivent maudire leurs prédécesseurs, qui ont cru que le "laisser faire" produirait le meilleur des mondes.

Crime, innovation (et châtiment ?)

Durkheim fait du crime la contrepartie de l'innovation. Quant une société a pour valeur l'innovation, une partie est en bien, et l'autre en mal.

Ce qui explique peut être pourquoi les puissants ne sont jamais punis. En effet, ils innovent. Et pour que la justice puisse se prononcer, il faut qu'elle ait eu le temps de comprendre vers où allait porter l'innovation.

Certains sont au dessus des lois, prix de notre désir d'innovation ?

vendredi 29 mars 2019

Faut-il admirer Tesla ?

Dans certains milieux, Elon Musk est un mythe. En réinventant la fusée et la voiture, il a montré comment les forces du marché apportaient l'innovation. Mais qu'en est-il, en fait ? J'entendais un consultant qui a publié un livre sur Tesla dire qu'il fabrique aux USA, et conçoit et produit lui-même son équipement (les tableaux de bord, les sièges...).

Ce que peu de constructeurs font. Surprenant pour un nouvel entrant. Ce qui m'a rappelé ce que m'a dit un ancien styliste de Peugeot. Il y a quelques jours, il a essayé une Tesla. Il a été surpris d'y trouver un équipement étonnamment vieillot. Il ne s'attendait pas à trouver cela dans une voiture de luxe.

Lorsque je vois les concepts cars que sort Porsche, par exemple, des voitures que l'on croirait dessinées par Steve Jobs, je me demande si Tesla peut tenir longtemps face à des constructeurs pour qui l'esthétique, l'innovation technologique et la maîtrise des coûts sont une seconde nature. Et dont l'histoire est faite de réinventions radicales.

Paradoxe Levinas

Emmanuel Levinas répète que l'humanisme, c'est aller vers "l'autre homme". Or, il a un style extrêmement difficile à décrypter. Les mots les plus importants de son vocabulaire n'existent pas dans le dictionnaire, ou ne sont pas employés conformément à leur définition usuelle. Qu'a-t-il fait pour aller "vers l'autre homme" ? En quoi a-t-il assumé sa responsabilité vis-à-vis de nous ?

Cela illustre peut-être qu'il existe deux mondes. Il y a le monde de la pensée et le monde de l'action. Chacun suit sa logique, et on pense rarement à les mettre en conformité.

(Le décryptage participe à la séduction de Lévinas, en fait. Traduire une langue mystérieuse est un plaisir en soi. Et l'effort pour ce faire réduit les capacités de l'esprit critique.)

jeudi 28 mars 2019

L'art et l'idée

Dans L'homme révolté, Albert Camus dit que le concept abstrait, la production de l'intellectuel, menace la société d'anéantissement. Il pense au révolutionnaire. Mais cela ne s'applique-t-il pas aussi à l'art ?

Une décoratrice me disait qu'il n'y avait plus rien de beau, ou même de durable. Je me demande si l'art n'a pas été saisi par l'abstraction de l'intellectuel, par l'artificiel. De moyen, la technique, et l'invention de nouvelles techniques, est devenue une fin. Jusqu'à l'absurde.

Que faire ? Repartir de la réalité, dit Camus. Culture "pop" ? Pas brillant. Lestée par les concepts du marché ? Décidément, on n'arrive pas à s'en sortir ?

Humanisme et technocratie

On réclame un "nouvel humanisme". De quoi parle-t-on ?

L'humanisme, c'est placer l'homme au coeur des préoccupations de la société. N'y était-il donc pas ? 68 ne fut-il pas l'avénement d'un individualisme ? Alors, peut-être, société de consommation ? Matérialisme ? Non : artificiel.

Nous ne sommes pas une démocratie, mais une technocratie. La technocratie, c'est le règne du diplômé. Le diplômé ne connaît rien de la vie. Son esprit s'est constitué dans un univers abstrait. Comme il est aux commandes des Etats, des entreprises et des banques, il leur applique ses utopies. Et il en résulte une succession de crises. Le contraire de l'humanisme, c'est le nihilisme. C'est l'amour du néant. C'est l'aliénation de l'esprit humain par l'abstraction.

(Le phénomène de la bureaucratie a été étudié par Robert Merton. Il avait appelé son mal "displacement of goals". Le bureaucrate ne comprend pas la mission de la bureaucratie. Il la remplace par quelque chose qu'il a inventé.)

mercredi 27 mars 2019

Et si la PME était l'avenir de la France ?

Et si "start up" nation était une spéculation de plus ? Et si le succès était dans la PME ?

Imaginez un moment que la PME croisse. La croissance nationale repart, les dettes fondent. Surtout, elle recrute des gens normaux (pas des autistes artificiels), près de chez elle, donc en province. Elle vide les gilets jaunes de leurs ronds-points et les islamistes de leur djihad. Et elle met pôle emploi au chômage. Mieux encore, en recréant des richesses un peu partout, elle donne aux économistes une raison d'y implanter des écoles et des hôpitaux. C'est le réaménagement du territoire par l'économie.

La PME française a un potentiel de croissance. Car, la PME française "subit". Au jeu de la valeur, elle est perdante. Il suffirait d'un traitement existentialiste pour qu'elle fasse son coming out de grande puissance, et qu'elle prospère, et nous avec...

Les mémoires de Mme Obama : succès sans précédent

Le Financial Times déclare que les mémoires de Mme Obama s'annoncent comme un succès sans précédent. Un autre article explique qu'un éditeur a payé M et Mme Obama 65m$ pour les dits mémoires.

Désormais, faire de la politique de gauche rapporte monstrueusement. Quant au citoyen, il ne semble pas y trouver son compte. C'est peut-être pour cela qu'il élit des milliardaires.