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lundi 22 novembre 2021

Long comme un jour sans Internet

Coupure d'Internet. Que l'on est peu de choses ! Car, comme beaucoup, je suis à 100% en télétravail. Et mon métier, c'est, pour beaucoup, d'animer des réunions... 

Et pas d'être humain à qui confier ses malheurs. Les opérateurs ne sont plus que des robots. Après un parcours compliqué, qui amène les dits robots à tester ma ligne, ils décident qu'elle a un problème, et qu'ils vont dépêcher un réparateur. La ligne sera réparée au plus tard dans trois jours. 

Un fil est cassé ou débranché, me dit cette personne (qu'il est bon d'entendre une voie humaine !). L'équipement qui l'abrite est, de toute manière, en mauvais état. Cela pourrait venir de la fameuse concurrence entre opérateurs, dont on nous a tant chanté les bénéfices, chacun ne prenant pas beaucoup de soin des branchements des autres. Mais aussi de ce que les opérateurs ayant parié sur la fibre ne s'occupent plus de l'ADSL. 

Faudrait-il que je cède à leur chantage ? Même pas. Le maire de ma ville vient de leur expédier une lettre en se plaignant de ce que, pour des raisons identiques à celles qui touchent mon ADSL, ces lignes subissent sans cesse des coupures.  

Voilà mes malheurs. Quand j'entends qu'il y a des gens qui ont le courage de risquer leur vie dans les forêts polonaises gelées, je me dis que j'appartiens à une race dégénérée...

jeudi 8 août 2019

La 5G : dilemme du prisonnier ?

L'Occident est fichu. La Chine a pris un avantage décisif dans la technologie 5G. Or, la 5G, c'est l'avenir. Voici ce que l'on entend. Qu'en est-il vraiment ?

Le Financial Times disait que la 5G est un casse-tête pour le gouvernement occidental. En effet, il envisageait de mettre aux enchères les fréquences qui lui sont utiles, un moyen de réduire ses dettes. Mais les Chinois ont donné ces bandes de fréquences à leurs opérateurs. Si l'avenir s'y joue, nous devrions faire de même...

Qu'est-ce qu'apporte la 5G ? Beaucoup plus de débit, au particulier. Pour l'entreprise, c'est la promesse de l'objet connecté. Pour la ville, celle de la "ville intelligente". Mais cela a aussi des inconvénients. Il faudra, pour les opérateurs et pour les utilisateurs, de nouveaux équipements, apparemment chers. Tout le monde devra-t-il changer son téléphone, même sans usage de la 5G ? Et la 5G "porte moins loin". Ce qui signifie plus d'antennes, et peut-être plus de zones blanches. Et si la 5G faisait beaucoup de perdants ? De gilets jaunes ?...

Surtout, y a-t-il un marché ? Est-ce vital de pouvoir télécharger instantanément des films sur son téléphone mobile ? Ressentez-vous un besoin irrépressible pour une "ville intelligente", ou pour que votre réfrigérateur pilote vos trajets en fonction de ses besoins ? Et les questions de cybersécurité ? Quand tout est connecté, tout peut s'effondrer comme un seul homme. Et, aussi, quel en est le coût ? Ces technologies absorbent une énergie folle, et toujours plus d'énergie. Et il faut toujours plus de batteries, non recyclables... Elles sont anti développement durable.

Depuis 30 ans, j'entends que "le débit va créer l'usage". Le passage d'une G à l'autre est toute la stratégie des opérateurs de télécommunication. Ils y trouvent l'espoir : un jour ça marchera, et nous serons riches. D'ailleurs, si on ne le fait pas, nos concurrents, ou les Chinois, le feront. Dilemme du prisonnier ? Serait-il temps que l'on retrouve nos esprits, et que l'on mette un terme à cette course en avant ?

mardi 2 avril 2019

Serge Tchuruk

Huawei fait penser à Serge Tchuruk, le dirigeant d'Alcatel. Serge Tchuruk est probablement l'exemple même de ce que provoque la technocratie française lorsqu'elle dirige une entreprise. Dans un secteur qui a produit Apple, Foxconn, et Huawei. Alcatel est allé, de manière extraordinairement déterminée, exactement à contre-courant, jusqu'au naufrage. Idéal-type du cercle vicieux systémique.

Le plus intéressant, ici, est la question de la responsabilité. Imaginons que vous ayez été un des employés d'Alcatel victimes de cette stratégie. Vous auriez peut-être vécu des moments difficiles, mais vous auriez votre conscience pour vous. Et, surtout, si vous êtes parvenu à retrouver une situation, vous avez le sentiment d'avoir vécu une aventure. Vous êtes fier de vous. Mais, qu'il doit être désagréable de vivre, à perpétuité, dans la peau du capitaine qui est allé droit sur l'iceberg !

samedi 30 mars 2019

Le cas de conscience Huawei

En Angleterre, les organismes compétents estiment que le matériel Huawei "pose de sérieux problèmes de sécurité" (Financial Times). Etrangement, la France ne semble pas concernée par ces questions. (Phénomène "nuage de Tchernobyl" ?)

Imaginons que le risque existe, comment le gérer ? Alcatel ayant disparu, il ne reste plus d'offre française. Favoriser un champion européen ? Ou aider à l'émergence de PME locales capables de fournir une partie du matériel nécessaire ? Est-il possible de circonscrire les risques, pour mélanger les offres ?... Ceux qui doivent traiter ces questions, au gouvernement ou ailleurs, ont-ils l'expérience et les compétences pour le faire ?... En tout cas, ils doivent maudire leurs prédécesseurs, qui ont cru que le "laisser faire" produirait le meilleur des mondes.

jeudi 7 février 2019

Méchant Huawei

Faut-il se débarrasser du matériel Huawei ? Risque de piratage chinois. Faut-il faire comme les Américains et les Anglais ? Débat chez France Culture. Un représentant des opérateurs de télécom français (employé par Bouygues) expliquait que le matériel Huawei était meilleur que celui de ses concurrents. Et que s'en priver ferait prendre deux ans de retard à la mise en place de la 5G, et leur coûterait cher, puisque cela exigeait de démonter le matériel Huawei existant. Il en appelait à l'Etat français : qu'attend-il pour promouvoir un champion national ?

C'est surprenant que le sujet ne sorte qu'aujourd'hui. Je lis des articles sur ces risques depuis des années. Et cela fait au moins une décennie que les gens des télécoms que je rencontre m'ont expliqué la politique industrielle chinoise, l'aveuglement européen, et les erreurs stratégiques des équipementiers occidentaux.

En tout cas, voilà qui met l'Europe en face de ses failles. Si les Américains sont parvenus à faire sentir leur pouvoir de nuisance, l'Europe, elle, brille par ses divisions.

dimanche 27 mars 2016

Déréglementation des télécom

Il y a quelques années M.Fillon a fait une expérience. Il a appliqué la doxa libérale : plus de concurrence fait le bien. La pratique a-t-elle validé la théorie ? 

D'ici peu il n'y aura, sans doute, plus qu'Orange, en position dominante, et deux nains de qualité inférieure Free et SFR, qui aura été vraisemblablement vendu à une entreprise étrangère. Quant à l'argent qu'a gagné le consommateur, on ne sait pas où il est allé. En tout cas il ne semble pas avoir fait de miracles en termes de croissance. Et tous nos opérateurs sont maintenant occupés à nous caser du haut débit, de façon à nous prendre d'une main, ce qu'ils nous ont donné de l'autre. Est-ce cela l'innovation ?

lundi 9 novembre 2015

La fibre du haut débit

On me bombarde de propositions d'installation de la fibre. Puis on me sonde pour savoir pourquoi je ne l'ai pas achetée. C'est vrai. Cela paraît idiot : c'est le même prix que l'ADSL, et le débit est meilleur. Mais j'ai peur des travaux. Et je n'ai pas d'usage haut débit. Je ne regarde pas la télé. 

Mais, voilà ce que je n'attendais pas. Un proche s'est trouvé en panne le lendemain de l'installation. Plus de lien avec Internet. Il doit maintenant se débattre avec un service client kafkaïen...

(Autre nouvelle surprenante : on lui aurait dit que, si la fibre occupe une telle place dans la stratégie des opérateurs, cela viendrait de la nécessité de soulager un réseau ADSL saturé. Donc pas, comme je le pensais, de la volonté de disposer du débit pour vendre des produits qui en ont besoin. A moins que l'un soit lié à l'autre : on a parié sur la fibre, on n'a pas investi sur l'ADSL ?...)

vendredi 10 avril 2015

Orange pas pressé

Suite de mes démêlés avec Orange. Ma messagerie professionnelle ne parvient plus à envoyer de mails. Je tente à nouveau d'appeler le SAV d'Orange. J'abandonne après une demi-heure d'attente. Pour Orange, le client ne compte pas. Je pense être objectif en disant ceci. 

Dès que j'ai un peu de temps, je vais envisager de changer de fournisseur. Je pourrais dores et déjà m'en passer et n'utiliser que mon abonnement téléphonique (qui, d'ailleurs, ne marche pas très bien).

Orange est probablement caractéristique des changements que doit subir notre pays. Originellement, ça a été un service public qui a mené honnêtement une mission de service publique : nous équiper de téléphones. Puis il s'est transformé en un monopole qui a exploité une rente. Cela aurait-il pu être évité par le législateur ? Ou ne peut-on que compter sur la destruction créatrice ?... 

dimanche 23 novembre 2014

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?

Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.

Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.

« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?

En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïne se répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)

L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?

Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l'exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s'entendre pour rançonner son marché.)

Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.

Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries. 

dimanche 25 mai 2014

L’Inde a besoin d’un as du changement ?

L’Inde élit M.Modi. Un autocrate. Elle a voté pour le développement économique et a éjecté le clientélisme féodal du Parti du Congrès. M.Modi doit transformer l’Inde en usine du monde, alors que le « pays a oublié, purement et simplement, comment travailler ». Et qu’il semble un enchevêtrement invraisemblable. (Changement compliqué ?) En mer de Chine, les pays de la Région semblent impuissants face au bon plaisir du monstre chinois. Coup militaire en Thaïlande. Raison : mettre un terme au blocage actuel ? Ou intervenir avant qu’un prince héritier faible ne prenne le pouvoir ? L’Arabie saoudite investit à la maison.

L’UE parle un anglais corrompu par le français (une façon de faire fuir l’Angleterre ?). Elections européennes. En Italie, lutte entre M.Grillo et M.Renzi et ses réformes. La République Tchèque est anti-européenne. Le PS français semble être le parti de gouvernement dont la situation, eu égard à ces élections, est la plus difficile. L’armée est un élément central de la politique russe. Elle doit lui permettre d’intervenir dans son voisinage, de tenir en respect ses minorités, et de la défendre de la Chine – mission de ses missiles nucléaires. Chine avec laquelle elle tente de s’entendre pour faire pièce aux sanctions de l’Ouest. La Lybie est divisée entre islamistes et anti-islamistes. Devant la chienlit actuelle, le second camp est tenté par un coup. Avec l'assentiment de l’Algérie et de l’Egypte. D’où guerre civile ?

Les entreprises chinoises déposent beaucoup de brevets. Lenovo est le champion du PC. Il pense assurer son développement grâce à l’innovation. Il semble surtout un champion de l’exécution efficace de stratégies industrielles. Aux USA (seulement ?), Télécom et TV fusionnent, pour disposer d’offres globales. Les journaux sont toujours au milieu du gué numérique. Le journaliste doit s’imprégner des nouveaux usages du marché. Big data dans l’agroalimentaire. Les données que possèdent l’industrie lui permettent de dire à l’agriculteur quoi, quand et où planter (« prescription planting »). Mais l’agriculteur se méfie. Il a peur d’être le dindon de la farce. Les banques européennes (Crédit Suisse, bientôt BNP) ont maille à partir avec la justice américaine. Ses jugements semblent marqués par l'incohérence. (Pragmatisme, c'est-à dire, coup par coup ?) Pour faire plaisir à leurs actionnaires, les laboratoires pharmaceutiques ont liquidé leur recherche. Ils doivent maintenant trouver des fournisseurs de nouvelles molécules.  

Pour défendre les ordinateurs des pirates, deux versions d’un même programme ne doivent pas se ressembler. Il suffit pour cela de le demander aux compilateurs. On cherche à produire à simuler le système nerveux d’un ver. 

lundi 19 mai 2014

Télécoms européennes : imminente consolidation massive ?

Hier j'entendais Stéphane Richard, d'Orange. Interview par France Culture. Il estime que la France, dans son ensemble (opérateurs et sous-traitance) a beaucoup plus perdu que gagné dans l'arrivée d'un 4ème opérateur. Surtout, il estime que l'Europe devrait en avoir 3 comme les USA ou la Chine, au lieu de 120... Si une consolidation d'une telle ampleur se fait, qui va survivre ? Les opérateurs des nations les plus protectionnistes, et les plus riches ?...

lundi 10 mars 2014

Bouygues et la téléphonie mobile : résistance au changement ?

Depuis quelques temps, j'entends dire que Bouygues veut acheter SFR. Pour cela il vendrait sa participation dans Alstom, et ses actifs télécoms (Bouygues Télécom ?) à Free, afin d'en faire un vrai opérateur mobile.

Chaises musicales ? C'est le monde du mobile d'avant le gouvernement Sarkozy qui se remet en place ? Défaite du marché ? On pensait qu'un quatrième opérateur créerait une saine concurrence, qui dissiperait la rente de l'oligopole des télécoms et susciterait l'innovation. Ce serait bon pour l'économie. L'économie est toujours aussi mal en point. (Peut-être en fallait-il plus pour la redresser ?) En revanche, les opérateurs ont été incapables d'absorber le changement. Ce nouvel arrangement permettrait de mettre un terme aux hostilités entre eux ?

Et l'offre de Numéricable ? Numéricable est la propriété d'un fonds d'investissement. On peut imaginer que sa stratégie est, comme d'habitude, d'améliorer rapidement son bilan pour pouvoir se revendre. Réduction de coûts et guerre des prix ? Personne, parmi ceux qui nous gouvernent, n'en veulent ?

(Par ailleurs, on avance qu'une concurrence trop violente est incompatible avec les investissements que demande l'évolution de la téléphonie mobile (4G et autres), mais aussi un mouvement de consolidation européenne, pour laquelle il nous faut des champions nationaux... Pourquoi n'y avait-on pas pensé plus tôt ?)

PS. Finalement, Bouygues a perdu. L'industrie de la téléphonie mobile en France n'a pas fini de changer ?
PS2. The Economist envisagerait-il une vente de Bouygues Télécom ? (Ce qui me semble devoir être le destin logique de Numéricâble. Le nombre d'opérateurs français pourrait-il diminuer rapidement ?)

lundi 1 juillet 2013

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

jeudi 30 mai 2013

Crise et culpabilité de l’Etat

Suite de la série la culpabilité de l’Etat. Pendant des années l’Etat a subventionné l’automobile en multipliant jupettes et baladurettes. Cette croissance artificielle a probablement encouragé les constructeurs français à ne pas changer. Pire, peut-être, à désinvestir. (J’ai entendu dire par l’auteur d’un rapport sur la santé de PSA, que la famille Peugeot avait prélevé 6md€ sur la société.) D’où un effet pro-cyclique : le parc étant neuf, le marché n’a pas de raisons d’acheter, et les constructeurs n’ayant pas été soumis à la concurrence n’ont pas eu de raison de maintenir à niveau leur outil de production et leur gamme.

Je me demande aussi, si avoir déréglementé les télécoms en pleine crise n’était pas une erreur. Logiquement cela devrait conduire à des plans de licenciement chez les concurrents de Free. A moins que les économies faites par les consommateurs ne créent de l’emploi ailleurs. Encore faut-il que cet argent ne soit pas économisé, et que cet « ailleurs » soit en France.

Tout le drame de la rigueur est peut-être dans ces exemples. Elle veut nous punir des erreurs que nous avons faites. Or, ces erreurs, aujourd'hui, seraient probablement les solutions à nos problèmes… Ne serait-il pas bon que nos gouvernants sortent d’un mode de prise de décision réflexe, essentiellement inspirée par des modes, et envisagent les conséquences à long terme de leur action, en particulier en prenant en compte leurs conséquences sur l’emploi ? Ne faudrait-il pas aussi qu’ils s’assurent que leurs décisions donnent ce qui était prévu ?

mardi 26 juin 2012

Comment réussir un changement ? évaluer sa complexité

Il y a quelque chose de paradoxal dans notre façon nationale d’envisager le changement. Réussir le changement est probablement ce qu’il y a de plus important pour notre société. (« Le » et pas tel ou tel changement, c’est-à-dire maîtriser le processus générique de changement.) Or, nous nous entêtons à échouer, alors que bien faire ressortit au bon sens.

vendredi 25 mai 2012

Le téléopérateur est admirable

Depuis 6 mois, j’essaie de transférer un contrat téléphonique. Pour savoir si l’affaire est en bonne voie, je contacte le centre d’appels de SFR. Après dix bonnes minutes d’attente, j’arrive chez un téléconseiller. Ce n’est pas le bon. Je suis chez le grand public alors que la machine aurait dû me router vers les professionnels.

C’est alors que j’ai compris que mes interlocuteurs étaient admirables. J’imagine, en effet que, dans ces conditions, on doit avoir envie de les insulter. Or, ils me semblent avoir développé des techniques de judoka, qui leur permettent d’étaler le mécontentement. La sélection naturelle, sans doute.

Illustration aussi des études de marché que je faisais dans ma jeunesse : la cause majeure de résiliation d’un contrat est une méprise. Ma première demande de transfert m’avait été refusée au motif que l’entreprise qui me cédait la ligne n’avait pas donné son accord. Ce qu’elle a nié. Coup de Jarnac de SFR ne voulant pas perdre un client ? Pas du tout, je viens d’apprendre que la dite entreprise n’avait pas payé ses factures téléphoniques – ce dont elle ne m’avait pas informé. Le refus du transfert était une mesure de rétorsion. 

mercredi 11 avril 2012

Instagram : 1 milliard de $ pour 13 employés et pas de chiffre d’affaires

Facebook achète un milliard de $ Instagram, « une start-up de 18 mois d'existence comptant 13 employés et aucun chiffre d'affaires » (Pourquoi Facebook dépense 1 milliard de dollars pour Instagram – La Tribune).

Pourquoi un tel prix ? Signe des temps, Internet est has been, l’avenir c’est le téléphone mobile ? (Instagram Deal Is Billion-Dollar Move Toward Cellphone From PC - NYTimes.com)

Lors de la première bulle Internet, on racontait que l’on vendait des chats à « un million de $ ». Comment avez-vous fait ? Contre deux chatons à 500.000$. 

jeudi 29 mars 2012

iFrustration

Mon iPhone est une source de frustrations.
  • Je m’attendais à ce qu’il suive la logique du web. Il a la sienne. Je me suis adapté.
  • Ses caractères sont trop petits pour mes vieux yeux. Mais je me suis adapté.
  • Son écran est hypersensible. Comment éviter les erreurs de manipulations, lorsque l’on a les bras encombrés, et que l’on se presse vers un rendez-vous ? Il faut apprendre à ne pas toucher l’écran.
  • Et puis, les services qui dépendent d’Internet sont accessibles de manière aléatoire. Problème d’opérateur ? Les mails sont relevés tout aussi aléatoirement, et impossible d’en envoyer un. En outre, le contenu du message n’est pas toujours chargé. Incompatibilité d’humeur entre SFR et Google (je n’ai pas ces problèmes avec Gmail) ? J’apprends à utiliser le Wifi des cafés…
Bref, Steve Jobs n’était pas un homme de perfection, ou il a été trahi par les siens, qui ne se sont pas associés aux opérateurs que méritait Apple… Ce qui revient au même. 

mercredi 14 mars 2012

Accro au smartphone

On craignait que, à cause des réseaux sociaux, la vie privée envahisse le bureau. Le contraire est arrivé : elle est flinguée par le smartphone.

« La seule façon de rompre avec l’habitude du 24/7 est d’agir collectivement plutôt qu’individuellement ». Il faut un accord de respect de la dite vie privée, négocié au niveau de la société (une loi ?). (Slaves to the smartphone)

Une recommandation inattendue venant de The Economist : le marché n’est-il pas supposé tout résoudre de lui-même ?

Compléments :
  • On notera que le shabbat est une solution (partielle) au problème. Construit pour durer?

dimanche 29 janvier 2012

L’art de la relation client : SFR

Ayant pensé me rapprocher d’un de mes partenaires, j’ai accepté son offre de grouper nos lignes téléphoniques. Puis, constatant que le rapprochement n’était pas pratique, je décide de récupérer ma ligne. Je remplis les documents que me donne SFR pour ce faire.

Surprise. Je reçois un SMS m’expliquant que je ne suis pas habilité à reprendre ma ligne. C’est un rien insultant. Puis une lettre me proposant de me rapprocher du titulaire de la dite ligne pour en savoir plus sur la question. Ce que je fais. Il n’a rien reçu, il ne sait rien. Il suppose que SFR doit être terrorisé par Free et prêt à tous les coups pendables pour garder ses clients.

Je trouve remarquable l’attention que SFR a pour ceux qui achètent ses produits. Cela m’a rappelé ce qu’en dit Jean-Claude Larréché : la seule relation client digne de ce nom est celle qui transforme votre client en vendeur de vos produits… (The momentum effect)

En faut-il beaucoup plus pour démontrer la situation de monopole des opérateurs mobiles, et notre essorage ?