Affichage des articles dont le libellé est épidémie sociale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est épidémie sociale. Afficher tous les articles

jeudi 22 septembre 2022

La corruption du rock

Pour se libérer du régime cubain, les rockers cubains s'injectaient le VIH. Voilà ce que j'ai entendu dans une ancienne émission de Radiolab, diffusée par la BBC. 

Lorsque l'URSS a sombré, Fidel Castro, a dit "le socialisme ou la mort". Des jeunes l'ont pris au mot. Ils écoutaient la musique de la lointaine Californie. Ils voulaient, eux-aussi, être des rockers. Ils ont trouvé la parade aux pressions du régime. Une fois infectés, on les envoyait dans des centres de soin, qui se trouvaient être de petits paradis. Et personne n'osait les toucher. Seulement, ils étaient de Cubain teints dans la masse. Ils croyaient qu'ils avaient la meilleure médecine du monde, et qu'elle guérirait le Sida. Ils ont regretté, amèrement, leur erreur. 

Ce qui est remarquable, dans cette histoire, est la puissance destructrice de la musique anglo-saxonne. Elle semble avoir trouvé un écho partout dans le monde. Elle a été une arme de destruction massive dans une lutte des générations, qui a produit une "table rase" culturelle. 

Voilà un type d'épidémie sociale qui semble sans précédent, et qui mériterait une étude. 


mardi 3 février 2015

Immunité du troupeau

Le troupeau nous protège. Pas besoin d'être vacciné. Si suffisamment de gens autour de vous le sont, vous ne risquez rien, ou pas grand chose. Les Américains l'ont compris. Ils ne se vaccinent plus. Du coup, le troupeau ne les protège plus. Et la rougeole revient en force ! Une histoire de The Economist. (Les enfants très jeunes et les vieillards très vieux ne pouvant pas être vaccinés, la rougeole pourrait tuer.)

L'immunité du troupeau est aussi vraie des idées. Nous sommes protégés des idées désagréables par nos proches. Nous ne pensons que comme eux. C'est pourquoi il est aussi difficile de faire changer l'opinion d'une population. Et pourquoi la démocratie ne laisse pas grande chance au candidat inconnu. 

mardi 13 mars 2012

The Artist contre Intouchables

The Artist a reçu tous les prix, Intouchables a été porté par le bouche à oreille. Le premier, en dépit de deux lancements, n’en est pas à trois millions de spectateurs, le second dépasse les dix-neuf millions.

Faut-il voir dans cet écart une forme de « lutte des classes » ? The Artist c’est le choix d’une élite intellectuelle qui utilise les institutions pour nous dicter notre comportement ? Intouchables, c’est celui du reste de la population, qui se répand par le téléphone arabe (au sens printemps du terme) ?

mardi 19 octobre 2010

Drôle de grève

La Tribune titre « drôle de grève ». Curieux, c’était le titre d’un de mes billets. Serais-je lu par la Tribune ?

J’en doute. Ce titre illustre plutôt le fait que nous subissons l’influence de la société, qui fait que nous pensons la même chose au même moment ; que les découvertes scientifiques sont faites en simultané ; que les mamans trouvent indépendamment le même nom, original, pour leurs enfants ; que les travaux des philosophes paraissent évidents à leurs contemporains alors qu'ils ne parlent qu'aux élites intellectuelles des siècles suivants… 

jeudi 20 mai 2010

Amis et épidémies

On aurait trouvé un moyen de repérer l’arrivée d’une épidémie :
  • Les personnes qui ont beaucoup d’amis sont les premières à attraper une nouvelle maladie. Comment constituer le groupe à surveiller ? Prendre un échantillon de personnes, au hasard, leur demander quels sont leurs amis, et chercher parmi ceux-ci ceux qui ont le plus d’amis. (Infectious personalities.)
Question : en est-il de même des épidémies sociales, par exemple des modes ?

samedi 9 janvier 2010

OMS

Un expert allemand critique l’OMS (France Culture ce matin). L’OMS serait constitué de spécialistes sur lesquels personne n’aurait de prise, et que l’on soupçonne d’être manipulés par les laboratoires pharmaceutiques. Ils auraient déclenché la pandémie (médiatique) de grippe A. Réponse de l’OMS ? Les gouvernements sont compétents.

Ce qui m’a frappé dans cette déclaration n’est pas tant cette théorie qu’un double parallèle :

  1. L’OMS, comme les banques centrales, fonctionnerait sans contrôle démocratique. Avons-nous vécu une époque où la démocratie était vue comme dangereuse ?
  2. L’argument (prêté ?) à l’OMS serait le même que celui employé par Goldman Sachs pour justifier qu’il pariait contre les produits qu’il vendait à ses clients : ils savaient ce qu’ils faisaient. C’est étrange. D’une part ces organismes nous disent qu’ils sont plus compétents que nous, et que nous devons suivre leurs recommandations sans réfléchir ; d’autre part quand il nous arrive malheur, ils nous expliquent que notre responsabilité dégage la leur…

mercredi 4 novembre 2009

Grippe médiatique

Je me disais : curieuse grippe, virus d’un nouveau type, qui sait mieux faire parler de lui qu’aliter la population. D’ailleurs, il ne supporte pas le silence : à peine se fait-il sur son compte qu’on nous annonce une recrudescence de la contagion. Denis Duclos semble penser que cette grippe serait, effectivement, un révélateur de la nature profonde de notre société.

Notre société présenterait des caractéristiques structurelles favorables aux épidémies réelles et médiatiques :

  • Elle est globale, elle empile les hommes, et les pauvres en particulier, dans les villes, sa doctrine du « laisser faire » la prédispose peu à la prévention, bref elle fournit les conditions idéales pour que le « creuset asiatique », zone où cohabitent hommes, volailles et porcs, diffuse au monde les nouvelles souches de grippe qui s’y combinent sans cesse. Or, la peur fait vendre, des journaux aussi bien que des médicaments.
  • Elle serait parcourue d’un « désir mortifère qui travaille aujourd’hui tout sujet de cette société mondiale oppressante et dangereuse, incertaine et désorientée ». C’est cette inquiétude même qui accroîtrait les menaces en nous rendant incapables de nous défendre : « La dérive de nos sociétés vers l’obsession sécuritaire peut (être un risque des plus graves) notamment parce qu’interdisant toute politique de santé raisonnable et concertée ».

Compléments :

  • Des « épidémies sociales » : GLADWELL, Malcolm, The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference, Back Bay Books, 2002.

lundi 21 septembre 2009

Journée du patrimoine

Dimanche, guidé par Victor, Cyprien et Joséphine, j’ai visité le Musée de la marine.

Avant de les retrouver j’entendais un architecte qui expliquait que Malraux avait voulu protéger le patrimoine parce qu’à son époque on trouvait insalubre et malsain le monument ancien : il fallait faire du neuf et du moderne.

Que la France soit dévastée par une idéologie ne tient souvent qu’à un fil, me suis-je dis.

mercredi 13 mai 2009

Le coup de génie de la gratuité

La question du contenu gratuit (dernier billet) me rappelle l’histoire de Jeffrey Skilling, gourou d’ENRON (EICHENWALD, Kurt, Conspiracy of Fools: A True Story, Broadway Books, 2005.) :

Parce qu’il trouvait que, en dépit de son talent, il n’arrivait pas à faire grimper rapidement les revenus d’ENRON, il a eu une idée de génie : le « mark to market », comptabiliser un contrat d’approvisionnement en énergie non chaque année, en fonction de ce qu’il rapporte, mais d’un coup, en inscrivant son chiffre d’affaires total (estimé et actualisé).

C’est comme si Peugeot, à la sortie de sa première 308, avait ajouté aux revenus de l’année le prix des 3 millions de 308 qui seraient vendus, probablement.

L’idée de Skilling a été jugée recevable par les autorités compétentes. Cependant, elle avait un effet pervers : si elle gonflait ses résultats (un contrat dure une vingtaine d’années), elle forçait ENRON, l’année suivante, à repartir de zéro. Ce qui n’est jamais une bonne idée quand la bourse est habituée à une croissance continue. C’était un stimulant efficace à l’adoption d’une comptabilité créative.

Je me demande si, lors de la Bulle Internet, une personne n’a pas eu un trait de génie qui ressemble à celui de Skilling : et si le contenu était gratuit ? Et s’il fallait faire du volume d’abord, et si le chiffre d’affaires arrivait ensuite ? Pour la première fois une entreprise s’était affranchie du marché. Son argent allait venir des financiers, plus faciles à convaincre que le client (qui était enchanté de ne pas avoir à payer). L’idée a dû sembler élégante aux faiseurs d’opinion, et l’épidémie sociale démarrait.

Une partie de la population semble posséder la capacité de manipuler les règles sociales. Elle sait amener le reste de l’humanité à lui donner son argent. C’est d’ailleurs le mécanisme que Galbraith voit derrière le crash de 29, et que l’on retrouve aujourd’hui.

Qui sont ces gens ? Des shootés de l’enrichissement accéléré en mal de cause honnête ? L’équivalent de militaires, qui feraient un coup d’état faute de guerre où pratiquer leur métier ? Que faut-il faire pour prévenir le danger qu’ils nous font courir ? Revoir les ambitions que notre société donne à ses membres ? Faire que les contrôles de leurs actes soient le fait de la société et non d’une caste d’amis ?

lundi 6 octobre 2008

Réforme du Français

Pierre Assouline (dans son blog : la République des livres, Du dur doute du dico, 3 Octobre 2008) constate que le Petit Robert propose 2 orthographes pour 6000 mots. Le Français serait-il en train de changer ? Je n’avais pas envisagé qu’il le fasse dans ce sens. Exercice de conduite du changement : comment rationaliser l’orthographe française ?

Je suis très en faveur d’une réforme. J’utilise beaucoup « rationnel » et tout ce qui va avec. Et je ne sais jamais comment les écrire : rationalité, rationnel, irrationnel, irrationalité, raisonnement, raisonnable, déraisonnable… pourquoi autant de variations de « n ». Le Français est probablement une langue phonétique, mais sa prononciation s’est éloignée de l’écrit. Monsieur ne rime plus avec beurre.

Michel Rocard avait tenté de rationaliser l’orthographe. Mais il a échoué. J’imagine qu’il a dû rencontrer une forte résistance au changement. Au moment de la réforme, Bernard Pivot avait cité une remarque de Jean Drucker (alors patron de M6), me semble-t-il, qui disait que si l’on enlevait son ph à éléphant, on attaquait son imaginaire (ma mémoire est approximative). Voilà pourquoi la résistance au changement est aussi efficace : elle a des racines profondes.

Alors, comment réformer ?
  • La solution du Petit Robert : plus d’orthographe. Chacun a la sienne. Plus de résistance.
  • Faire revenir notre langue à ses origines : la prononcer comme elle est écrite. Pour cela on pourrait déclencher une « épidémie sociale », en utilisant des leaders d’opinion qui contamineraient la société. Les rappeurs par exemple. Cela ne leur plairait-il pas de parler comme Louis XIV ? Je suis sûr qu’ils recevraient l’appui de l’Académie française, le retour au passé étant probablement le seul changement qu'elle puisse accepter.
Compléments :

dimanche 17 août 2008

Réussir son blog

« Those who can do, those who can’t teach » disent les anglo-saxons. La phrase s’applique au consultant. Et à moi, que le fondateur d’un cabinet de conseil qualifiait de « consultant né ».
Je vais donc vous expliquer comment réussir un blog :

  1. But du blog : construire une communauté. La communauté va « s’auto entretenir », plus exactement s’auto-développer. D’où intérêt du blog : son public s'étend sans efforts. D’où question à celui qui veut lancer un blog : qu’est-ce qui définit sa communauté ? Qu’a-t-elle en « commun » ? Quel thème fédérateur ?
  2. Indicateur de succès, preuve du blog qui réussit : le commentaire et surtout le commentaire qui répond au commentaire. D’où une façon de définir l’objectif du blog, qui en dit long sur son contenu : susciter des commentaires.
  3. Comment lancer un blog. Une communauté se démarre par des leaders d’opinion, qui vont convaincre leurs relations de suivre leur exemple, d’où « épidémie sociale », croissance exponentielle de la fréquentation. Pour les attirer il y a le référencement : sites de référencement ; faire des commentaires intelligents sur des sites à gros trafic, ce qui attire la personne intéressée par le commentaire vers le site de l’auteur, etc. Mais il y a parfois plus malin. Le phénomène d’auto-développement permet une grosse économie de moyens. Il suffit de trouver une petite communauté susceptible de grossir. Dans le cas d’une entreprise, parler du blog à ses clients / prospects / amis… Il y a de bonnes chances qu'il y ait là quelques leaders d’opinion. (Ceci sous entend que le thème du blog stimule leur créativité.)
  4. Contrainte : un flux de « posts » (notes) régulier. Il faut qu’il soit alimenté mécaniquement et sans effort (procédure) : 0) un responsable qui s’assure que le processus fonctionne ; 1) règles qui définissent le format du post ; 2) sources de messages (dirigeants, employés, clients, contributeurs externes…) et rubriques ; 3) rites qui garantissent le volume nécessaire (X écrit un post par semaine) ; 4) comité de lecture et, surtout, correction orthographique.
  5. Contrainte : doit rapporter à la société. Sous-contrainte : doit être cohérent avec son image de marque. (Gestion de marque : référence.) D’où question : que doit apporter ce blog à l’entreprise ? On peut y répondre en définissant la cible du blog, son état actuel vis-à-vis de la société, où on veut l’amener (connaître, aimer, préférer, acheter), comment le blog peut y contribuer (message).
  6. Respecter les usages. Le ton est essentiel. Lire des blogs pour s’imprégner de l’esprit blog.
    Les blogs « interpellent », parlent à la première personne, affirment les compétences uniques de l’auteur (référence), ils sont généralement amusants et se renouvellent régulièrement (au moins tous les jours).
Références :
  • Ma recherche bibliographique n’a pas donné grand-chose. Ouvrages identifiés, mais pas lus : la version anglaise de la collection « pour les nuls » : Buzz Marketing With Blogs For Dummies par Susannah Gardner, Blogging For Dummies par Susannah Gardner, Shane Birley, et Thomas Wanhoff ; Naked Conversations: How Blogs Are Changing the Way Businesses Talk With Customers par Robert Scoble et Shel Israel ; Ultimate Blogs: Masterworks from the Wild Web par Sarah Boxer.
  • Du Corporate Blogging : Blog buster
  • Comment se déclenchent les « épidémies sociales » : GLADWELL, Malcolm, The Tipping Point: How Little Things Can Make a Big Difference, Back Bay Books, 2002.