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mercredi 9 septembre 2020

Informer pour ne rien dire

« Stupide » contre « lâche » : le ton monte aux Etats-Unis entre Donald Trump et Joe Biden
Le tempétueux dirigeant républicain a convoqué lundi une conférence de presse surprise, alors que l’Amérique est à vif, moins de deux mois du scrutin du 3 novembre.
Voilà ce qu'écrivait Le Monde, hier, en première nouvelle. Vous êtes surpris ? L'insulte et le coup bas sont les rites électoraux américains, et même anglais. Les foucades de M.Trump sont sa marque de fabrique, quasiment depuis sa naissance. (Et il a passé sa vie à écrire sur lui-même !)

Une information ?

Le Monde ? La presse ? Encéphalogramme plat ?

dimanche 19 janvier 2020

Qu'est-ce qu'une fake news ?

Le Monde réagit : ce n'est pas vrai que l'Australie aurait connu des incendies pires que ceux d'aujourd'hui. C'est une fake news. Certes. Mais pourquoi Le Monde réagit-il ? Parce qu'il est un "activiste de la cause climatique" et ce type de "fausse" information (oui, les feux ont été plus étendus, mais les dégâts comptent moins) nuit à sa cause ?

Lorsqu'on lit attentivement l'article, on voit, d'ailleurs, que "selon les experts" (lesquels ?) le réchauffement climatique ne "cause" pas, il "aggrave". Ce qui est extrêmement différent. D'autant que l'on peut se demander de "combien" il "aggrave". Beaucoup ou presque rien ? A ce sujet, j'ai aussi lu que les zones entretenues par les aborigènes n'avaient pas pris feu, et que l'on ferait bien de s'en inspirer...

Le climat est, réchauffement ou non, soumis à des sautes d'humeur. Je ne suis pas sûr que la certitude, surtout quant à une cause, soit le propre du scientifique. Cela amène à se demander : pourquoi parle-t-on autant de ces incendies ? Pourquoi ces photographies émouvantes de koalas et de kangourous ? Et si, pour notre bien, certaines personnes utilisaient des événements qui frappent les esprits pour nous convaincre de leurs thèses ? Et si c'était cela la cause des fake news, et des contre fake news ? Celui qui vit de fake news... ?

Et si, au lieu de jouer les activistes, Le Monde se préoccupait de rigueur intellectuelle ? Cela n'augmenterait-il pas ses ventes ?

(Hervé Kabla, rappelle que ce procédé est un rien criminel : parler exclusivement de réchauffement climatique fait oublier des gestes qui pourraient sauver des vies, et la nature.)

dimanche 3 novembre 2019

Désinformation

Pour venger l'incendie de Notre Dame, un retraité tente de mettre le feu à une mosquée...

Le Monde dénonce l'extrême droite. Le Monde affirme, je me demande s'il ne devrait pas s'interroger :

Comment se fait-il que l'on puisse croire de tels bobards ? Et les croire suffisamment pour bousiller sa vie en se transformant en criminel ? Comment se fait-il, justement, qu'une grande partie de la population ne lise plus les journaux, mais préfère écouter des rumeurs stupides ?

mercredi 23 octobre 2019

Petit Monde

Dans mon enfance, mon père lisait religieusement Le Monde. Je me souviens qu'il en découpait souvent des articles. Puis il ne l'a plus acheté.

Je suis abonné à ses titres, mais ils ne me donnent pas envie de lire ses articles. Pourquoi ? D'abord parce qu'ils ne m'apprennent rien. Ce sont les nouvelles d'hier. Ensuite, parce qu'ils me semblent écrits pour un "microcosme", les quelques quartiers parisiens dont sont issus ses journalistes. Ce qui intéresse ce petit monde ne me concerne pas.

Le Monde de mon père devait occuper une fonction sociale, globale, universelle : une sorte de laboratoire d'idées.

mardi 11 juin 2019

Les changements du Monde

Je me souviens d'un temps où mon père découpait les articles du Monde. Puis il ne l'a plus acheté.

Aujourd'hui, je reçois les titres du Monde. Aucun intérêt. Le Monde me fait penser à un France Culture qui voudrait ressembler à Europe 1.

Je pense qu'un autre positionnement est possible, et rémunérateur. Celui qu'avait le journal après guerre.

dimanche 10 juin 2012

Un président normal est-il un homme normal ?

Depuis quelques-temps Le Monde s’inquiète de la « normalité » de M.Hollande. Effectivement, elle ne paraît pas du tout normale, mais un contrecoup de la présidence Sarkozy.

Tous les deux semblent vouloir être aimés, l’un pour sa magnificence, l’autre pour son dépouillement de missionnaire. L’un veut être un surhomme, l’autre un homme ordinaire. Et nous que voulons-nous ? Un président normal. Quelqu’un qui tienne un rôle de président. Il sera jugé sur ses résultats, et pas sur sa personnalité. Elle n'intéresse que les historiens.

Compléments :

vendredi 11 mai 2012

Monsieur Sarkozy devient sympathique

M.Hollande avait annoncé le changement. Il en aurait effectivement réussi un, à effet immédiat. Le Monde annonce : La sortie réussie de Nicolas Sarkozy
Le président de la République qui avait raté son entrée, a réussi sa sortie comme aucun de ses prédécesseurs, réussissant brusquement à se rendre aimable et à la hauteur de la fonction.
« il est encore plus grand mort que vivant » ? Aucune perfidie ne sera épargnée au pauvre M.Sarkozy ?

dimanche 11 septembre 2011

Sarkozy gagnant ?

Les chances de réélection de M.Sarkozy, sujet d’intérêt international :

lundi 1 août 2011

Le Monde et le Syndicat du livre

« Louis Dreyfus président du Groupe Le Monde, compare le nombre de personnels au Temps, un quotidien suisse, qui emploie 24 ouvriers d’impression, contre 110 ouvriers d’impression pour Le Figaro et 260 pour Le Monde. Les journaux français coûtent en moyenne 40% de plus à imprimer qu’ailleurs en Europe. » Il semblerait que M.Niel veuille affronter le Syndicat du livre. S’il gagne, la presse française pourrait renaître. (The revolution at Le Monde)

Un syndicat doit-il défendre les avantages acquis ou aider ses membres à évoluer de façon à ne pas avoir à affronter ce genre de conflit ?

lundi 14 mars 2011

Censure et journalisme

Dans une conversation avec une journaliste du Figaro, il  y a quelques mois. J’ai abordé, par hasard, la question de l’élimination des qualifications intermédiaires par les systèmes d’information. Brutalement, j’ai eu l’impression de sentir le soufre. J’ai argué qu’il n’y avait là rien de révolutionnaire, que toute la presse anglo-saxonne en débattait, et que The Economist, par exemple, n’avait rien d’un journal trotskyste… Heureusement, un de ses amis, qui vit aux USA et qui se trouvait être arrivé entre temps, a confirmé mes dires. En tout cas une telle nouvelle ne pourrait jamais être imprimée par le Figaro.

J’ai eu le même type d’aventure avec Le Monde. Avant que les suicides de France Télécom aient les conséquences qu’on leur connaît, j’avais fait remarquer à une autre journaliste que les techniques qui semblaient y avoir été utilisées ressemblaient à celles des cabinets de conseil en stratégie anglo-saxons. (Elles ont fait l’objet de nombreuses publications.) Et que ces techniques ayant pour conséquence la dislocation du lien social – cause de la résistance au changement, c’était un facteur favorable au suicide de gens fragiles. J’ai vite compris que celui qui écrirait ce type de choses se retrouverait au fond de la Seine avec du béton aux pieds. J’ai prudemment remballé mes idées subversives.

Je trouve plusieurs paradoxes fascinants dans ces observations. 1) Ne s’attendrait-on pas à ce que les journalistes lisent les journaux étrangers ? 2) pourquoi ai-je eu l’impression d’être dangereux, alors que je ne faisais que citer des sources anciennes que n’importe qui peut vérifier ?

En fait, je crois que le problème est général. Nous jugeons en fonction d’un ensemble d’idées reçues qui définissent ce qui est bien ou pas. Nous ne pensons pas. Et la presse ne fait que diffuser ces idées reçues. C’est une forme de censure.

Mais elle n’interdit pas le changement. Elle impose simplement qu’il soit exprimé d’une façon qui ne heurte pas ce qu’Edgar Schein a appelé les « valeurs officielles ». D’ailleurs, il existe dans la société des personnes dont le rôle est d’être écoutées. Un leader d’opinion patenté (cf. l’ami de la première journaliste) fait évoluer les idées reçues. 

jeudi 2 septembre 2010

Emploi français

Un article du Monde dit la même chose de l’emploi en France qu’aux USA (voir billet précédent). D’un côté de riches qualifiés employés par des multinationales, de l’autre des chômeurs sans qualité. Il faut comprendre les multinationales : notre marché est « saturé », et nous ne sommes pas « compétitifs ». Fatalité donc.

Comme aux USA, ce raisonnement est une prédiction auto-réalisatrice. C’est parce que les grandes entreprises ont cherché moins cher ailleurs, qu’elles ont exporté leurs compétences clés, et qu’elles ont appauvri le marché national par le chômage. Et qu’il n’a pas été jugé bon de développer les talents locaux. D’ailleurs nos ingénieurs sont devenus des employés de banque

Comme BP, si nos multinationales sont aussi remarquablement rentables, c'est parce qu'elles ont essoré leur petit personnel et économisé sur la recherche. Elles ont hypothéqué leur durabilité. Les bénéfices exceptionnels du CAC40 sont une très mauvaise nouvelle. 

vendredi 9 juillet 2010

Monde des bonnes nouvelles

Enfin. Réaction à l’humeur massacrante de la presse, qui ne se réjouit que de ce qui condamne notre raison de vivre, et pourrit notre existence.

Une artiste a eu l’idée de créer un exemplaire du monde qui ne contienne que de bonnes nouvelles. Pour cela elle a dû travailler pendant 3 mois. 1% du Monde est optimiste ?

dimanche 13 juin 2010

La presse ressuscitée ?

La presse étrangère semblerait renaître. Elle aurait sévèrement réduit ses coûts. Surtout elle se serait concentrée sur le type d’information qu’elle est la seule à fournir, laissant le reste à Internet ou à des fournisseurs de gros (les agences de presse).

L’incapacité du Monde à faire cet exercice pourrait expliquer ses interminables difficultés. 

dimanche 18 avril 2010

Démocratie européenne

Le Monde semble confirmer ce que j’avais cru discerner : le parlement européen paraît tenir le rôle que l’on attend d’un parlement dans une démocratie :
Ce qui compte, c'est le nouvel équilibre institutionnel qui s'installe à Bruxelles. Aux côtés de la Commission et du Conseil, le Parlement s'affirme chaque jour davantage. Il codécide avec le Conseil sur un nombre de sujets sans cesse plus nombreux.
Peut-être finira-t-on par appliquer le modèle européen au gouvernement de la France ?

vendredi 23 octobre 2009

Google out (2)

Une nouvelle fois Blogspot ne fonctionnait pas ce matin.

Ce n’est qu’un blog, rien d’important, me direz-vous. Pas tout à fait. Google prétend être un champion du « cloud computing » : voudriez-vous confier les données importantes de votre société à une entreprise qui a un tel sens de la qualité de service ?

D’ailleurs, peut-on confier quoi que ce soit d’important à une organisation qui a pour seul intérêt le bénéfice de l’actionnaire ? Je me posais cette question il y a peu lorsque je me suis rendu compte que les liens que j’avais faits avec des articles du Monde ne fonctionnaient plus. Normal, après tout, c’était du contenu gratuit. Oui, mais peut-on établir la moindre relation de confiance avec une entreprise qui donne et qui reprend sans crier gare ?

Serait-il temps de réfléchir à ce qui peut être confié au marché, et à ce qui ne doit absolument pas l’être ?

Compléments :

  • En fait, ce sont les avocats du libéralisme économique qui sont les plus efficaces fossoyeurs de la confiance que l'on peut lui faire : ne disent-ils pas que son fonctionnement naturel est la destruction créatrice ? L'entreprise pouvant disparaître du jour au lendemain, on ne peut se reposer sur elle pour rien de réellement important.

samedi 12 septembre 2009

Suicides, France Télécom, Le Monde, Werther

Un article du Monde interloque ses commentateurs. Le journal a demandé aux employés de France Télécom de parler de leurs conditions de travail. Deux types de témoignages : 1) conditions de travail abjectes, 2) l’entreprise est un paradis.

L’abjection des conditions de travail est relative

Ce ne sont pas les mêmes personnes qui parlent. D’un côté on a des employés, de l’autre, notamment, un cadre supérieur et des prestataires de service, qui aimeraient bien être fonctionnaires et salariés de FT.

J’enseigne (à temps partiel) à Dauphine. Mes collègues trouvent les conditions de travail effroyables, les élèves insupportables, l’administration soviétique, leurs collègues hostiles. Moi ? Je suis heureux dans ce monde, qui m’aime bien. Il m’est presque inconcevable que l’on puisse gagner sa vie aussi agréablement et en travaillant si peu. Exemple identique. Une parente qui est enseignante dans le secondaire (à mi-temps) et, depuis toujours, se lamente sur son sort, est surprise du bonheur d’un collègue, ancien ingénieur chimiste.

Ce qui explique l’opposition des témoignages, c’est qu’il y a d’une part des gens adaptés à la société libérale, qui ont compris qu’ils ne pouvaient compter que sur eux, et que la fin justifiait les moyens, et de l’autre des gens qui ne le sont pas.

M. Chérèque a vu juste : ce qui est en cause, c’est l’identité des employés de FT.

Le changement ne doit jamais porter sur l’homme

Le changement, s’il touche l’homme, peut le détruire. L’homme a énormément de mal à se transformer. Si le grand changement qu’est la crise de l’adolescence est terrible, plus nous vieillissons plus le changement est douloureux, car l’homme « s’automatise » : ses réflexes deviennent rapides et efficaces, mais peu malléables.

C’est pour cette raison que le changement ne doit jamais porter sur l’homme, mais sur les règles qui guident la société (les évolutions du code de la route ne nous demandent pas d'apprendre un nouveau type de conduite).

Le suicide est contagieux : l’effet Werther

Plus on parle des suicides chez France Télécom, plus ils se précipitent, deviennent spectaculaires (on se suicide à la sortie d’une réunion), et plus on en parle. Ce phénomène est l’effet Werther, du Werther de Goethe, qui a déclenché une épidémie de suicides. On a observé qu’un suicide frappant avait pour résultat :

  1. une augmentation significative des suicides, par imitation ;
  2. une augmentation significative « d’accidents », qui sont des suicides déguisés (par exemple parce que le suicide n’est pas culturellement acceptable par la personne).

Plus le suicide fait l'objet de publicité plus il est contagieux.

Le suicide est socialement rationnel

Je n’aimerais pas être le patron de FT, ou même son DRH. De plus en plus, leur nom est associé dans nos esprits à suicide, conditions de travail dégradantes... Commencent-ils à sentir le regard réprobateur de la société, de leurs camarades d’études ou de corps, qui les évitent... ? Vont-ils devenir des pestiférés ? Le suicide est un terrible moyen de pression sur la société, d’autant plus que les suicides de FT utilisent les médias comme « caisse de résonnance ».

Ce qu’il y a d’étrange c’est que des hommes puissent se donner la mort, en se coordonnant, par esprit de vengeance, pour faire respecter ce qu’ils croient la justice ; et que cette tactique est efficace ; et que ces sacrifices profitent à l’humanité. L’irrationalité de l’homme va jusqu’à se tuer pour faire le bien collectif.

Le nom du changement chez FT : individualisme

Bizarrement, c'est cette étrangeté qui permet de comprendre la nature du changement de FT, et de ses conséquences : en quelque sorte, il part du principe que tout ce qui précède est impossible.

FT est un exemple de la transformation libérale qu’a subie la société ces dernières décennies. Cette transformation fait l'hypothèse que l’homme ressemble à ce que la théorie économique néoclassique modélise : il est « rationnel », il optimise en permanence et de manière optimale son intérêt (surtout financier), ou « utilité ». Cet homme est un asocial.

Cet homme n’est pas loin d’exister dans les entreprises américaines, de plus en plus dans les multinationales occidentales, dans l’intérim, le service… C’est lui qui est sujet à l’aléa moral lors des crises, et qui prend alors ses jambes à son cou, créant ainsi la crise.

Ce qui se joue chez France Télécom, c’est une application sans ménagement de ce modèle. Ces suicides sont le baroud d’honneur de la solidarité sociale.

Compléments :

  • L’effet Werther est une découverte du psychologue David Phillips (voir le livre de Robert Cialdini : Influence : science and practice). Par ailleurs l'idée du suicide serait suscitée par l'exemple de quelqu'un à qui l'on peut s'identifier ; si bien que les vagues de suicides tendent à n'affecter que des gens qui, par certaines caractéristiques, se ressemblent.
  • De ce fait, Robert Cialdini dénonce les journaux et leur amour du sensationnel. Dans le cas FT, je m'interroge. Et si ces suicides étaient la manifestation d'un manque de communication dirigeants / employés ? (La déliquescence des syndicats est-elle en cause ?) Et si la violence du moyen était fonction de la difficulté de communication ?...
  • Ce que disent les psychologues de la capacité de l’homme au changement en fonction de son âge : L’homme est naturellement résistant au changement.

vendredi 4 septembre 2009

Kindle

J’ai un instant envisagé d’acheter le Kindle d’Amazon (livre électronique), mais outre qu’il n’est disponible qu’en version anglaise, il ne paraît pas s’intéresser aux livres techniques qui m'occupent. J’attendrai donc. Les intérêts (égoïstes) que j’y trouvais :

  1. Léger, à l’air de se lire facilement (bien mieux que l’écran d’ordinateur, qui m’épuise). Peut-être annoté (mes lectures sont des décryptages). Possibilité de stocker 1500 livres, plus que je ne pourrais jamais en lire.
  2. Lit le PDF, or il y a beaucoup de textes intéressants et gratuits, que je ne sais pas lire sans les imprimer, ce que je ne fais pas parce que ça consomme trop de papier.
  3. Lit pas mal de journaux (The Economist, Le Monde) : ça m’éviterait de gaspiller autant de papier (et je m’abonnerais à plus de titres que je ne le fais aujourd’hui).
  4. Astucieux : le téléchargement utilise le réseau GSM (inclus dans le prix des livres).
  5. Par ailleurs, pourrait faire baisser le prix des ouvrages.
Je pense que les imprimeurs, et les libraires, ont des raisons d'être inquiets. Par contre la diffusion de l'écrit pourrait y gagner.