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samedi 27 août 2022

Raison pure ?

Ce blog, de temps à autres, essaie de modéliser le changement qu'a subi notre société. 

Les mots du moment sont "post modernisme" ou "post industriel". La société traditionnelle disparaît, remplacée par celle, "excitante", dit-on en anglais, qu'une "élite" de gens éclairés, ou "Bobo", crée. Dans la tradition anglo-saxonne, ils ont des "mérites" qui justifient une vie de privilégié, et l'obligation morale de charité (l'esprit ONG) : révéler la bonne nouvelle à une humanité intellectuellement déshéritée.  

On trouve les prémices de ce phénomène, notamment, chez Max Weber. La science sait comment diriger rationnellement la société. Outre la "massification" de l'enseignement supérieur, le pouvoir a donc été donné au diplômé "d'élite". 

Le "diplômé", élevé entre soi est une "race" à part. Comme ces peuples qui s'appellent "les hommes", "les purs"... il croit qu'il est le seul être humain. En outre, il a conservé les caractéristiques de l'enfant. Et son imaginaire, formé par ses études, est artificiel. Il se nourrit, comme à l'école, d'idées. Celles de penseurs à la mode. Comme l'écrit Montaigne, il ne pense pas. 

Son saint patron est Gramsci. Celui qui disait que les belles promesses sont l'opium du peuple. 

"Raison pure" ? Un demi-siècle de délire théorique qui vit la tentative de "ceux qui pensent", au pouvoir, d'éliminer "ceux qui font", les dominés. D'où la liquidation de l'industrie, au sens premier du terme. 

(L'enfance de l'ange Bobo, et de Lucifer Trump.)

(La charité : une façon de repayer Dieu des capacités exceptionnelles qu'il nous a données ?)

dimanche 3 juillet 2022

Chanteur totalitaire

Ecoutez un chanteur de musique classique reprendre un chant populaire. De quel droit peut-il ainsi le massacrer ? 

C'est ce que j'ai pensé, il y a quelques temps, en entendant José Van Dam interpréter une chanson de Jean Ferrat. 

L'homme de culture a quelque-chose de totalitaire ? Il n'a pas compris qu'il y a différentes cultures, et qu'aucune ne peut s'arroger le droit de mépriser l'autre, en lui imposant ses règles ?

vendredi 29 avril 2022

Histoire du mythe

Le mythe serait une explication du changement, disait Carbone 14. (France Culture.) 

Le propre de l'homme semble d'avoir besoin d'expliquer. 

L'émission disait que le mythe était partout. Ce qui semble signifier qu'il ne connaît pas d'évolution. Tout est relatif. 

J'en doute. Le mythe initial semble avoir été un stabilisateur de la société. Il lui évite l'absurde. Mais les mythes grecs ont aussi un sens pour nous. Le mythe de Sisyphe, par exemple, est une métaphore de la vie. Et, dernière étape, la science, qui est une forme de mythe, permet l'action. 

vendredi 11 février 2022

Epidémie et culture

L'Angleterre annonce qu'elle va mettre un terme aux "mesures anti covid". Le Danemark serait déjà passé à l'acte. 

Curieuse Europe du Nord. Lorsqu'il s'est agit du risque de thrombose lié à certains vaccins, elle a été la première à user du principe de précaution. Mais, elle est aussi la première à libérer ses citoyens. 

Dans cette gestion de la pandémie, la culture semble avoir eu le dessus. D'un côté, les USA semblent une sorte de chaos, de l'autre, il y a des régimes dirigistes comme la Chine et la France. Et, au milieu, un compromis entre la liberté individuelle et la discipline sociale ? 

dimanche 3 octobre 2021

Marx avait-il raison ?

Marx aurait dit que le capitaliste vendrait la corde pour le pendre. Il y a du vrai là dedans. L'appât du lucre fait faire n'importe quoi. Y compris vendre des armes à des personnages douteux. Pour autant le capitalisme n'a pas disparu. 

Michael Porter a une théorie qui va dans ce sens mais qui paraît mieux étayée. Pour lui la culture d'un pays peut être le facteur limitant de son économie. La société américaine semble produire pauvreté, et inégalité alors que l'économie a besoin de richesse et d'égalité (d'un marché de plus en plus sophistiqué et exigeant). Tout cela, d'ailleurs, peut venir de principes simples : l'honneur de l'Américain est de "s'en sortir seul". Il n'a pas de projet pour la société. 

Cela montre aussi probablement la difficulté du changement : comment faire évoluer des idées si puissamment ancrées dans une culture ? 

Pour autant, la société américaine d'après guerre, dite "d'abondance", fut le triomphe de la technocratie. Et aujourd'hui, j'ai l'impression que la solidarité revient. Peut-être, d'ailleurs, que c'est un effet de l'individualisme ? L'individualiste qui souffre élit Trump, puis Biden, et c'est le retour de Roosevelt ? Rien n'est simple Mr Marx ?

samedi 11 septembre 2021

Solitude du dirigeant

Solitude du dirigeant français. La BPI a publié une étude sur le sujet. D'ailleurs, c'est devenu un lieu commun. Mais cette solitude est-elle bien ce que l'on en dit ? Une discussion m'a amené à me rappeler d'une anecdote curieuse. 

Réunion de comité de direction d'une PME. Je remarque qu'un directeur, homme de confiance du PDG, semble mal à l'aise. Je ne sais pas trop comment je m'y suis pris, mais je lui ai demandé ce qui n'allait pas. Il en est ressorti quelque-chose comme : la nouvelle DRH applique dogmatiquement le code du travail et le personnel est inquiet car il risque de ne pas y avoir assez de monde pour faire face au "coup de feu" annuel de juillet. (Je suis très fier d'avoir compris cela, car je n'étais pas là pour cette question, et je ne connais rien au métier de l'entreprise.) J'interroge le PDG : est-ce grave ? Il me répond : oui. Pensez-vous que je doive intervenir ? me demande-t-il. Moi, surpris : bien sûr ! Plus surprenant : il a réglé la question en deux coups de fil. 

Ce type d'incidents a émaillé ma vie, depuis mon premier stage en entreprise. Mais je n'en ai pas compris la teneur. En effet, j'étais tout content de pouvoir résoudre aussi facilement des questions qui paraissaient aussi critiques. Au fond, je pensais : qu'ils sont ridicules ! Complexe de supériorité. 

Je crois maintenant qu'il y a quelque-chose dans la culture française qui fait que "l'on ne se parle pas". Peut-être que le Français a un respect inné pour la hiérarchie, les conventions sociales, même s'il est syndicaliste ou révolutionnaire, voire anarchiste. Cela mériterait d'être étudié. 

En tout cas, je fais actuellement une étude qui va tout à fait dans ce sens. Je constate que, pour qu'un groupe d'entrepreneurs puisse se constituer, il faut qu'il y ait un intermédiaire qui fasse émerger les sujets dont on n'ose pas parler...

dimanche 29 août 2021

Changement et intellocène

France Musique a "une ligne du parti", ai-je fini par penser en l'écoutant. Il faut faire aimer la musique contemporaine. Or, le peuple lui résiste. Solution : mélanger classique et contemporain. 

Cela semble avoir toutes les caractéristiques de la conduite du changement telle que comprise par la culture (au sens anthropologique) du peuple des intellectuels. 

Ce qui est premier est une idée. Cette idée n'est pas du ressort du débat, mais plutôt d'un phénomène qui ressemble à la mode. (Probablement parce que, pour l'intellectuel, il ne peut pas avoir débat puisqu'il n'y a que des vérités et des mensonges.) Ensuite, il y a établissement d'un "consensus". L'idée gagne une minorité dominante, qui impose le silence, par une forme d'intimidation (cf. la cancel culture), au reste de la communauté intellectuelle. Implicitement, il est supposé que si les intellectuels parlent d'une seule voie, le peuple adoptera leur opinion. 

mercredi 10 février 2021

Neutralité scientifique

Paul Claudel, un temps consul en Chine, expliquait comment il voyait le petit peuple chinois de son temps : pauvre, mais heureux d'un rien, et sympathique. 

Un universitaire apparemment éminent percevait là un stéréotype colonialiste. (Concordance des temps, France Culture, samedi dernier.)

Cela m'a surpris. D'autant que ce que cela me rappelait ce que me disait, avec amertume, un cousin du seul souvenir qu'avait laissé un de ses ancêtres : quand il avait touché sa paie, il allait au bistrot, puis, saoul et les poches vides, se faisait ramener chez lui par son âne. (Dostoievski observe ce même comportement chez ses codétenus, par ailleurs.) 

Je me suis demandé ce que doit être l'attitude d'un éminent universitaire : doit-il donner des leçons de morale, ou observer ? 

Voyager dans le temps

Je lis Proust. Je l'ai découvert tôt dans ma vie. Curieusement, mon sentiment à son endroit ne change pas. Ce qui m'est désagréable depuis le début, c'est ce qu'il dit des femmes. Ça sonne faux. Ce qui s'explique (ce que je ne savais pas il y a 50 ans) par le fait qu'il était homosexuel. Dommage qu'il ait parlé d'homosexualité chez les autres, mais pas chez lui. 

En fait, c'est un gosse de riche irresponsable, qui m'horripile, mais je suis fasciné par ses descriptions. J'ai l'impression de les vivre. 

Le plus curieux est, qu'apparemment, il a voulu démontrer que la vie et l'oeuvre n'ont rien à voir, alors que, chez lui, elles sont inséparables. Et que, bien plus que celle d'Oscar Wilde, sa vie a été une oeuvre d'art. Un tour de force pour un homme qui est resté au lit.

Mais, ce qu'il n'a peut-être, surtout, pas compris, c'est l'influence de la société. Car, on retrouve chez lui les préoccupations de Bergson avec le temps. Mais aussi celles de Tolstoï et de Virginia Woolf, concernant la description de l'instant. Peut-être ce que l'anthropologue Clifford Geertz appelle "thick description". 

A défaut de voyager dans l'espace, voyageons dans le temps ? En notre ère de "globalisation" c'est un bien meilleur moyen de se dépayser ?

dimanche 6 décembre 2020

Walk the talk

Un dirigeant, dont les affaires vont très bien !, me disait qu'il rencontrait des gens qui lui racontent qu'ils ne sont pas heureux dans leur travail et lui expliquent ce qu'ils aimeraient faire. Il leur répond : venez chez moi, ce que vous voulez faire, c'est exactement ce que j'attends de vous ! Personne ne vient. De quoi ont-ils peur ? Alors ? Il espère que l'idée fera son chemin dans leur tête, et qu'ils se souviendront de lui dans quelques années. 

En l'écoutant, j'ai pensé qu'il racontait mon expérience. Le changement amène quelqu'un à faire ce qu'il dit qu'il a toujours fait ! Les Américains ont une expression pour cela : "talk the walk and walk the talk" : "dire ce que l'on fait et faire ce que l'on dit". "Walk the talk" paralyse le Français. C'est une caractéristique nationale, je crois. (Les psychologues appellent ce phénomène : "dissonance cognitive".)

J'ai demandé à un autre chef d'entreprise, qui a changé de "modèle économique" pour cause de coronavirus, comment il avait vécu cette expérience. Il m'a répondu que ç'avait été "violent" ! Le seul mot qu'il trouvait pour décrire ce qu'il avait traversé est : deuil ! Il lui a fallu des mois pour avoir le courage de regarder la situation en face. Je jouais le rôle de sa conscience : désagréable, mais, paradoxalement, stimulant ! Les idées ("géniales" !) qu'il a trouvées sont évidentes. Pourquoi ne les avait-il pas eues plus tôt ? Parce qu'il pensait avoir "hérité" une organisation. Or l'héritage est à la graine ce que le projet d'avenir est au blé !

mercredi 2 décembre 2020

Smart simplicity

Votre analyse, c'est "smart simplicity", me dit-on. Qu'est-ce que "smart simplicity" ? me demandé-je.

Je regarde quelques textes. Smart simplicity c'est le constat de l'étranglement de l'entreprise, peut être de la société, par un imbroglio invraisemblable de règles et contraintes. 

Cela m'a rappelé Le mal américain de Michel Crozier. Le "mal américain" c'est la société d'individus. Car, le seul moyen de contrôler des individus, c'est la loi, la multiplication de lois, l'étouffement sous les lois. Mêmes causes mêmes conséquences ? Nous sommes tous américains ?

Smart simplicity annonce-t-il un retour de balancier ? Si vous considérez, avec les sciences humaines, que l'homme est membre d'une société, et que celle-ci a déjà des lois (la culture des anthropologues), implicites, tout change. Car, il suffit d'utiliser ces lois. Mais cela exige de les connaître.  

(Comparaison USA, Japon.)

dimanche 29 novembre 2020

Le mythe a la peau dur

On peut suivre le mythe à la trace, et reconstituer, grâce à lui, comme avec l'ADN, le cheminement de l'homme dans sa conquête de la Terre. (Emission.)

Que signifie un mythe ? Est-ce une traduction en mots d'une autre forme de réalité ? Un enseignement qui se transmet de génération en génération ? Le mythe a-t-il disparu ? Ou les mythes anciens ont-ils pris des formes nouvelles ? Ou, encore, vivons-nous en un temps de grande créativité mythique, de mythes à courtes durées de vie ?...

dimanche 8 novembre 2020

Chaos américain

Les élections américaines sont-elles risibles ? Ou, simplement, américaines ?

Les observateurs avaient annoncé, depuis plusieurs mois, ce qui se passe. 

Surtout : nous sommes abreuvés de films américains. Ce qu'ils racontent c'est Trump contre Biden ! Comment peut-on être surpris ? L'Américain, le vrai, n'abandonne jamais. Il est stimulé par l'adversité. La vérité, la loi, cela ne compte pas. Elles sont faites par les forts. Parce que ceux qui ont le dernier mot sont les justes. 

Ce blog cite une anecdote racontée par un correspondant de la BBC. Tempête de neige à New York, les lignes électriques lâchent. Personne ne s'en émeut. Le correspondant peste : pays de sauvages ! Ses voisins dégagent la neige pour aller prendre un pot en ville.

(Un Russe, qui participait à l'émission Affaires étrangères de France Culture, disait que certains de ses concitoyens trouvaient que c'était beau une démocratie.)

vendredi 4 septembre 2020

Comment la société apprend-elle ?

Pourquoi la société perd-elle la mémoire ? me suis-je demandé. Comment retient-elle ? est la question du jour.

Il semble qu'une grosse partie du phénomène s'explique par ce que l'anthropologie appelle des "artefacts". Il ne faut pas entendre par là seulement des tessons de poterie, ou des biens matériels, ou même des livres de philosophie. Il y a aussi des "rites". C'est la manifestation concrète d'une culture. Dans une entreprise, c'est la façon de résoudre des problèmes (par exemple en organisant une réunion), ou d'accueillir les nouveaux... Pour la nation, c'est le code de la route, les rencontres du G7, etc.

Tout cela est notre héritage collectif. Il nous guide. Mais il nous guide curieusement, comme je le disais dans mon précédent billet. Car, ce n'est pas l'esprit de l'inventeur des artefacts qui nous est communiqué : nous devons interpréter ce qui nous entoure. Et c'est ainsi que l'on se casse la tête pour saisir la pensée de Hegel ou de Platon, ou encore pour interpréter Bach, dont on perd peut-être l'essentiel. Et c'est pour cela que "populisme" est employé aujourd'hui dans un sens qui n'est pas celui du Robert, et que les mots changent de sens.

On peut, aussi, refuser l'héritage. Souvent, on juge, sommairement, la "modernité" préférable aux techniques du passé. L'entrepôt de Carrefour à la cathédrale gothique. Cela peut venir de la difficulté à comprendre le passé, justement, et son potentiel de modernité.

Plus curieux. La génération d'avant guerre s'est battue pour l'éducation pour tous comme libération de l'homme, et progrès de l'humanité. Or, la génération 68, qui a profité de l'éducation pour tous, a brandi Marx, pour prouver que l'école était un asservissement, et l'élève un prolétaire. De même, la célébrité vient généralement après la mort, alors que l'on ne peut plus interroger l'auteur sur son oeuvre. Tout se passe comme si la société voulait couper nos actes de leurs intentions. Le contre-sens, comme artefact ?

Faudrait-il concevoir une société "fool proof", qui résiste aux écervelés ?

mardi 11 août 2020

Ce sont les conditions qui font le changement

Un scientifique me disait qu'il n'arrivait pas à comprendre pourquoi le peuple ne parvenait pas à comprendre l'urgence de réagir au "changement climatique". Il s'était tourné vers les neurosciences pour éclairer la question.

Pour ma part, j'ai constaté que tout le monde voyait midi à sa porte. Si notre scientifique vivait dans les conditions d'un Gilet jaune, il penserait comme un Gilet jaune (et inversement).

C'est aussi une découverte de l'anthropologie : les hommes sont, fondamentalement, identiques, ce sont les conditions qui les changent. (A very short introduction.)

C'est d'ailleurs un des résultats les plus contre-intuitifs des sciences du changement : pour changer un homme, il n'est pas, du tout, efficace d'agir directement sur lui. Il est mieux de changer les conditions dans lesquelles il se trouve. Solution au développement durable ?

jeudi 14 mai 2020

Sex and repression

Malinowski, un des pères de l’ethnologie moderne, s’attaque à la psychanalyse.

Il a vécu, lors de ses missions d'étude, dans une société qui croit que le père d’un enfant est un oncle maternel. Ici, ce que Freud a observé s’applique au père culturel, non au père génétique.

Les maladies qu’analyse la psychanalyse seraient-elles le résultat du conflit entre l’instinct de l’individu et les règles de la société, sa culture ?

En tout cas, la psychanalyse ne sera pas une science tant qu’elle refusera de se pencher sur les travaux d’autres disciplines scientifiques.

Un livre agréable qui parle de vie et de souvenirs, plus que de froide théorie.

vendredi 17 avril 2020

Nos pensées sont elles des virus ?

L'anthropologie observe que les valeurs de notre milieu nous constituent.

Les microorganismes que portaient les conquérants des Amériques ont éliminé les populations autochtones de ces contrées. Pourrait-il en être de même de nos idées quand elles entrent dans des milieux qui ne leur étaient pas familiers ?

Les révolutionnaires étaient des "bourgeois" qui combattaient l'aristocratie. Et si, au contraire, ils avaient fait son jeu ? Comme dans Le guépard : changer pour ne pas changer ?

mercredi 8 avril 2020

Anthropologie et coronavirus

Kurt Lewin disait que pour comprendre quelque-chose, il faut vouloir le changer. Le virus lui donne raison. Son attaque nous révèle ce que nous ne voyons pas.

Et pour commencer à quel point les idées qui ont eu cours ces cinquante dernières années étaient fausses. Elles reposaient sur une hypothèse : la réalité, ce sont nos idées qui la créent ! Une opinion partagée à la fois par les machos à poigne, du genre de Poutine et Trump, les économistes, la gauche qui "interdit d'interdire".

Que l'homme suive sa raison ! Or, que voit-on ? Les riches, dans un mouvement digne de la débâcle de 40, rejoignent en masse leurs maisons de campagne. "Surmortalité du 93"... Dans les magasins, les "distances de sécurité" ne sont pas respectées... Et pourtant, il y a des héros. La profession médicale, en premier lieu. Et pourtant qu'elle était malheureuse jusque-là !

Qu'est-ce que cela signifie ? Notre raison est pilotée par notre intérêt à court terme. Mais pas notre comportement, qui est celui du troupeau ! C'est ce que dit l'anthropologie depuis qu'elle est anthropologie ! Les groupes humains sont gouvernés par des "règles" implicites (collectivement appelées "culture").

Nous redécouvrons l'anthropologie ! La première des victimes des théories dites de la "liberté négative" (interdit d'interdire) a été la science. Scott Fitzgerald parlait de "décennie perdue", notre amnésie, elle, dure depuis 50 ans.

mercredi 18 mars 2020

Le changement par la culture

J'ai lu il y a quelques années que Honda, ne parvenant pas à faire réussir un modèle, avait fait entrer la nouvelle génération dans son bureau d'étude. Ce qu'il avait perdu en compétences, il l'avait gagné en compréhension du marché. Le nouveau modèle avait été un succès.

Quand on regarde les titres du Monde, on constate qu'il est écrit par et pour le Bobo du Quartier latin. Pas étonnant que son lectorat soit une espèce en voie d'extinction ?

Et s'il y avait là une façon originale de concevoir l'art de la stratégie d'entreprise : constituer la culture, la composition sociologique, de celle-ci en fonction du marché que l'on vise ? La stratégie par le recrutement ?

samedi 14 mars 2020

Féminicide

Promenade. Une voiture s'arrête à côté de moi. Au milieu d'un croisement. Le conducteur qui la suit s'emporte. La conductrice de la première voiture est excédée, mais ne bouge pas.

Féminicide : fait social, dirait Durkheim ? Notre culture (culture, au sens anthropologique) fait que les femmes se comportent d'une façon et les hommes d'une autre ? Et l'évolution de la société amène ses comportements à entrer en conflit ?

Le divorce est attribué à ce type de phénomène.

Et c'est ce qui explique ce que signifie "conduite du changement", lorsqu'il s'applique à l'homme ? Elle consiste à faire que l'évolution sociale n'entre pas en conflit avec notre culture ?
- Au paradis les policiers sont anglais, les garagistes sont allemands, les cuisiniers sont français, les amants sont italiens et tout est organisé par les Suisses. 
- En enfer les policiers sont allemands, les garagistes sont français, les cuisiniers sont anglais, les amants sont suisses et tout est organisé par les Italiens. (La Dépêche du Midi.)