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mercredi 19 janvier 2022

Société résiliente

Qu'est-ce qu'une société résiliente ? 

Internet a été à l'origine de la mode de la théorie des réseaux. Celle-ci a une réponse à cette question. Un réseau résilient répartit la charge de traitement de l'information entre ses noeuds. Son équivalent social est donc le contraire de l'organisation d'une armée, d'une multinationale ou de la République française. 

Mes recherches m'ont fait aller au delà de ce modèle. Le "milieu" a un rôle critique dans la stimulation de l'individu. Ce milieu est, en quelque sorte, l'écosystème immédiat du dit individu. Pour un renard, c'est la forêt dans laquelle il vit. Pour Apple, c'est la Silicon Valley. Dans ce modèle, le réseau n'est pas homogène, comme la nature, il présente des paysages différents.

Comment concilier ces deux modèles ? La théorie des réseaux fait l'hypothèse implicite d'un réseau représentable sur une feuille de papier, par des traits entre points. Elle ne prend en compte qu'un type de lien entre individus. Dans la réalité, nous appartenons à de multiples réseaux. Nous avons de multiples "milieux". Il est même possible que le "milieu" puisse être défini en fonction de l'individu : c'est un milieu sans milieu. Chacun est au milieu, ne serait-ce que parce qu'il se déplace. 

Comme le dit la phénoménologie : méfions nous de la science, elle prétend voir objectivement la réalité, alors qu'elle repose sur des hypothèses culturelles implicites ? 

vendredi 25 décembre 2020

Economie résiliente

Le coronavirus nous pose une question : que serait une économie résiliente ? 

Ce blog cite le réseau de fournisseurs de Toyota. Maillé et autonome, et résilient. 

Pourquoi ne pas rêver la même chose pour la France ? Plus que des PME, en réseau. Avantage supplémentaire, la PME peut exporter, mais ne délocalise pas. Et pourquoi une fédération de PME ne pourrait-elle pas réussir, par exemple, là où le management d'Alcatel a, lamentablement, échoué ? Refaire notre retard sur Huawei ? Le génie de centaines de PME ne pourrait-il pas venir à bout du Parti Communiste chinois ?

Mais les PME se méfient les unes des autres, me direz-vous. Certes, mais l'open source prouve, depuis longtemps, qu'il est possible de faire coopérer des fous furieux, et qu'il en résulte un travail d'une qualité sans équivalent. Tout est une question de méthode, numérique dans ce cas. 

Et pour lancer tout cela ? On parle de "leader jardinier". Henri Bouquin disait : "le contrôle de gestion, c'est organiser l'autonomie". Qu'est-ce que cela signifie ? 

  • Il faut trouver l'objectif collectif qui va motiver ceux dont le succès a besoin. (Par exemple : une 10G, 100 fois meilleure que la 5G.)
  • Fixer les grandes règles du plan de marche, et du travailler ensemble. C'est l'autonomie, selon Henri Bouquin.
  • De plus, il faut des indicateurs qui signalent les difficultés. Elles ne sont que les étapes nécessaires de la création. Afin de déclencher un processus de résolution du problème. 
  • D'où un "leader jardinier", "contrôleur de gestion", qui a la légitimité de déclencher des crises. 
(Un article à méditer ?)

dimanche 10 mai 2020

La résilience des réseaux : Six Degrees de Duncan Watts

En cette période où l'on s'intéresse à la résilience, faut-il relire les études faites sur les réseaux ?

Le triomphe d’Internet a été l’occasion de nombreuses recherches sur les réseaux sociaux. Ce livre montre comment des modélisations simples donnent une idée de mécanismes complexes. Par exemple comment l’homme communique, et arrive naturellement à se retrouver dans un monde surpeuplé.

On y voit aussi apparaître les propriétés fascinantes des systèmes : plus un réseau de communication souffre, plus il tend à multiplier les courts-circuits, et plus il devient résistant ; son point faible, ce qui lui permet de se transformer, se réduit alors à une maille bien cachée.

Un exemple frappant : la résilience du réseau de sous-traitants de Toyota.

Mais faut-il prendre le modèle pour la réalité ? L’auteur semble ignorer que l’homme peut se mouvoir, communiquer, et qu’il n’y a pas que le lien qui compte, mais aussi les nœuds du réseau (les individus). Un livre facile et intéressant.

L’auteur, qui ne devait pas avoir beaucoup plus de trente ans, y décrit sa marche irrésistible vers la gloire.

lundi 6 avril 2020

La percolation du virus ?

Et si l'épidémie en cours résultait d'un phénomène de percolation ? Un article que j'ai cité il y a quelques années dit qu’un réseau hyper connecté a des comportements étranges. Il peut transformer un acte quelconque en une crise massive. A l’époque de la publication de l’article on pensait à Internet et au fait qu’il est au coeur d’un empilage de réseaux (par exemple le réseau électrique), et donc que s’il devenait hyperconnecté, il pourrait s’ensuivre de grands désagréments ailleurs. Mais notre société n’est-elle pas aussi « hyperconnectée » ?

Quelque chose se passe en Chine, pour des raisons que l’on ne connaît pas l’événement est dissimulé, et, hop, on a une crise mondiale peut-être pire que celle de 29. (Bien sûr, à l’époque, il n’y avait pas les filets sociaux que nous avons.)

vendredi 2 mars 2018

Avenir de la société

"La réaction d’une organisation hiérarchique à une complexification de son environnement a fait l’objet de simulations informatiques (voir Six Degrees: The Science of a Connected Age, de Duncan J. Watts) : l’organisation se transforme en un réseau, dont les nœuds gagnent en autonomie (le sommet de la hiérarchie étant incapable de traiter seul l’information qui arrive à l’organisation). Ce réseau devient remarquablement résistant à l’aléa (donc au Changement), et développe des mécanismes, dissimulés, qui permettent de le transformer « sans effort »". Voilà ce que j'écris dans un de mes livres.

Je me suis demandé si ce n'est pas ce qui serait en train d'arriver à la société. Après une phase technocratique d'après guerre, ne se recombinerait-elle pas par la base ? L'homme, engrenage, n'apprendrait-il pas l'autonomie ? Un nouveau type de lien social apparaîtrait-il ?

dimanche 19 juillet 2015

La science émergente des réseaux

Une science des réseaux émergerait-elle ? Sa raison d'être serait qu'Internet présenterait un risque systémique...

Internet sous-tend de plus en plus d'autres réseaux, par exemple les réseaux électriques. Ils jouent un rôle grandissant dans le fonctionnement de l'humanité. Or, les scientifiques semblent découvrir qu'ils ont des comportements inattendus. Ils pourraient subir des "transitions de phase" qui les rendraient hyperconnectés. Alors ils pourraient s'effondrer comme un seul homme. Et ce pas forcément par malveillance.

Ai-je compris l'article dont je tire ces considérations ?... Je retiens deux idées :
  1. Conformément à ce que dit la théorie de la complexité, c'est le comportement local qui fait les caractéristiques globales du système : si l'on change les règles d'interconnexion, le réseau ne se développe pas anarchiquement, mais de manière homogène. Par ailleurs, il connaîtra l'hyperconnexion d'un seul coup. ("percolation explosive"). J'imagine qu'ainsi on peut contrôler son développement, et l'arrêter à temps. 
  2. Le mieux serait l'ennemi du bien. Il faut tolérer des légers dysfonctionnements, une non optimisation du réseau, de façon à éviter qu'il devienne hyperconnecté et fragile. 
Voilà qui peut avoir beaucoup d'applications. Exemples :
  • Militaire : le jeu est probablement d'éviter que les réseaux de son camp ne soient hyperconnectés, et, au contraire, pousser le réseau adverse à l'hyperconnexion. 
  • Médical : prévenir les épidémies. 
  • Changement. Il semble qu'il y ait ici une façon de mener un changement social. Il retisserait un réseau, plutôt qu'il n'utiliserait ses caractéristiques existantes pour le faire évoluer.
(à creuser.)

dimanche 14 octobre 2012

Les rentiers bloquent la croissance


The Economist a décidé que les inégalités sont allées trop loin. Elles sont stériles : rentes et reproduction des élites. Pire. Les forts détournent les flux financiers de leur destination légitime. Plus de croissance possible. Que faire ? Attaquer rentes et monopoles ; orienter les dépenses gouvernementales vers les pauvres et les jeunes ; pour alimenter l’Etat, rediriger les impôts vers ce auquel on ne peut échapper (succession, propriété), et supprimer les avantages pour riches (déductions, sous-imposition des gains du capital). Les Chaebols coréens sont peut-être un exemple de tels monopoles qui confisquent les ressources productives de leur pays. Ses prochains gouvernants pourraient vouloir leur faire la peau. Le FMI trouve aussi que la rigueur est contre-productive. 1% de rigueur pourrait coûter jusqu’à 1,7% de croissance. Il faut être « plus lent, plus juste, et plus malin ». En particulier tirer parti des faibles taux des emprunts d’Etat, augmenter les impôts plutôt que réduire les dépenses, aider à trouver un emploi plutôt que subventionner les chômeurs… Ce retournement serait-il dû au calvaire grec ? Il commence à inspirer la compassion : efforts méritoires, finalement. Bien que désespérés à long terme. L’Europe va-t-elle venir à son secours ?
Des idées pour la croissance ? Les grandes villes. « L’innovation de nos jours demande une foule de plus en plus grande d’experts, si possible travaillant dans le même garage. » L’Europe en manque, parce qu’elle n’a pas su abattre ses frontières. Autre idée : les réseaux. Le principe néolibéral de l’individu omniscient paraît enterré. On parle maintenant « d’effet réseau ». Les gouvernements devraient s’en préoccuper. En particulier parce que s’il y a des poches de chômage, c’est probablement qu’elles sont « en dehors des bons réseaux ». (Serait-ce le cas de Pôle emploi ?) A ce sujet, pourquoi le néolibéralisme a-t-il émergé ? Il a été porté par les think-tanks, les journalistes, les politiciens, et l’humeur contestataire des années 70, court-circuitant la science et l’université.
Renouvellements politiques du moment. La stratégie de B.Obama ? Montrer que les idées de son concurrent sont encore plus ringardes que les siennes. Quant à l’Iran, il serait touché par une inflation galopante. Cela va-t-il être fatal à M. Rafsanjani ? Les réformistes pourraient-ils revenir en grâce ?
Curieuse armée allemande, pour finir. On y a l’obligation de désobéir et de clamer ses opinions. Ce qui m’a rappelé une remarque d’une amie allemande : le premier souci de l’école allemande est d’apprendre l’esprit critique. Aurait-elle des choses à nous apprendre ?

jeudi 10 mai 2012

De l’influence de la société sur nos comportements

Une société organisée comme un « réseau en grappe », ou chaque personne a de multiples liens avec d’autres personnes semble être le dispositif le plus efficace pour transformer les comportements individuels. L’individu est soumis à des influences multiples. Plus curieux, de cette façon on éviterait le phénomène du téléphone arabe : les comportements désirables pourraient être transmis à une vaste population sans déformation.


Est-ce nous qui changeons d’avis, ou est-ce la société qui décide pour nous ? 

jeudi 5 janvier 2012

Ce qu'Internet a changé


Henri Kaufman a raison, Internet a tout changé 
Après cette rapide présentation, entrons dans le vif du sujet. Pour ce qui me concerne, j'ai choisi de parler du changement qu'introduisent les nouvelles technologies de l'information, et plus particulièrement Internet.

Cette expression de "nouvelles technologies de l'information et de la communication" - NTIC, c'est encore mieux, ça fait branché - me fait doucement rigoler. Qu'y a-t-il de nouveau dans des technologies dont les bases remontent aux années 70? Parle-t-on encore de nouveauté pour le TGV (1981), le téléphone mobile (1997) ou l'euro (2001)? Parle-ton de nouveauté à des jeunes (la génération Y) dont les premiers moments dans la vie ont été peut-être transmis, par photo numérique interposée, dans le corps d'un email? Non, bien entendu. Alors pourquoi cette terminologie perdure-t-elle?