Les taxes de production sont un type d'impôt qui pèse sur l'industrie, beaucoup plus lourdement en France qu'ailleurs. Leur montant est supérieur à celui de l'impôt sur le revenu.
Dans les faits, consciemment ou non, l'Etat affaiblit certains secteurs pour en nourrir d'autres. Actuellement, il semble être extrêmement généreux avec les start up. Et s'il avait tort ? Et s'il détruisait des compétences nécessaires à l'économie, en créant au passage du chômage, pour alimenter une bulle spéculative ? En fait, la question n'est pas là. La question est le choix politique. Les choix qu'effectue un gouvernement peuvent être modélisés relativement simplement. Ce sont ces choix qui doivent être débattus lors d'une élection. C'est cela la politique.
Soit les politiques ne savent pas ce qu'ils font, soit ils le masquent pour avoir les mains libres.
vendredi 5 avril 2019
L'étranger est-il un barbare ?
J'ai toujours vécu avec beaucoup d'étrangers (type cadre à haut potentiel). Ce qui me frappe est à quel point ils sont critiques vis-à-vis de la France. Mais aussi à quel point ils exploitent tout ce qu'ils dénoncent, et à quel point ils ne respectent pas les règles les plus élémentaires (pour nous) du vivre ensemble.
En Allemagne, quand vous ne traversez pas au feu rouge, vous êtes rappelé à l'ordre. En France, il ne semble pas qu'il y ait de mécanisme de défense des lois sociales. Peut-être que nous pensons cela inutile : nous regardons l'étranger comme un barbare ? (Ce qui est une idée chinoise : l'être humain est celui qui connaît les règles de la société.)
En Allemagne, quand vous ne traversez pas au feu rouge, vous êtes rappelé à l'ordre. En France, il ne semble pas qu'il y ait de mécanisme de défense des lois sociales. Peut-être que nous pensons cela inutile : nous regardons l'étranger comme un barbare ? (Ce qui est une idée chinoise : l'être humain est celui qui connaît les règles de la société.)
jeudi 4 avril 2019
La France : des libertaires unis par un projet commun ?
Y a-t-il une "culture" française, que l'immigré, par exemple, refuserait ? Les candidats à la dite "culture" n'ont rien de folichon.
J'ai eu à m'interroger sur la "culture" d'un club que j'anime, et j'ai été surpris de mes découvertes. Certes, nous nous ressemblons, notamment par nos valeurs. Mais pas par des choses qui nous rapprocheraient. J'ai fini par dire que nous étions "un groupe de libertaires unis par des projets communs".
Je me demande s'il n'en est pas de même pour la France. L'événement fondateur pour notre culture a été la Révolution. La Révolution a été un projet de transformation du monde. Depuis, la France semble passer de phases de "réaction", où elle se replie sur soi, à des phases d'innovation, où elle est poussée en avant. Cela a encore été le cas après guerre, avec le "progrès". Ce n'est ni le sang, ni le sol qui font sa culture, c'est le changement ?
(Mais un type de changement relativement désintéressé ?)
J'ai eu à m'interroger sur la "culture" d'un club que j'anime, et j'ai été surpris de mes découvertes. Certes, nous nous ressemblons, notamment par nos valeurs. Mais pas par des choses qui nous rapprocheraient. J'ai fini par dire que nous étions "un groupe de libertaires unis par des projets communs".
Je me demande s'il n'en est pas de même pour la France. L'événement fondateur pour notre culture a été la Révolution. La Révolution a été un projet de transformation du monde. Depuis, la France semble passer de phases de "réaction", où elle se replie sur soi, à des phases d'innovation, où elle est poussée en avant. Cela a encore été le cas après guerre, avec le "progrès". Ce n'est ni le sang, ni le sol qui font sa culture, c'est le changement ?
(Mais un type de changement relativement désintéressé ?)
On achève bien les intellectuels ?
Ce qui se disait après guerre revient à la mode. Qu'il se soit agi de philosophes comme Camus ou Arendt, du pragmatisme ou de la théorie de la complexité / systémique (la science de l'époque), il y avait accord pour penser que ce qui suscitait les catastrophes de l'histoire était l'intellectuel. La personne qui croit qu'elle trouve la vérité absolue dans sa tête. Or, l'intellectuel a maintenant tous les pouvoirs. Avec les bons diplômes, on devient PDG ou président de la république en sortant de l'école.
Faut-il se débarrasser des intellectuels? Non. D'abord parce que l'intellectuel ne tient pas à ses idées. Il en change sans arrêt. Il n'y a pas encore longtemps, tous les intellectuels étaient marxistes. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et, d'ailleurs, pourquoi ont-ils changé d'idée ? Influencés par la masse ? Ensuite, être un intellectuel est une pathologie, semblent dire les neurosciences. La partie du cerveau liée à la raison domine. N'ayant pas de conviction, ou ayant des convictions restées à l'état infantile, l'intellectuel est incapable de décider. C'est pourquoi il est amoureux des idées. Idées des autres. Il est mal fini, donc. Ce qui ne signifie pas qu'il ne peut pas être achevé.
Faut-il se débarrasser des intellectuels? Non. D'abord parce que l'intellectuel ne tient pas à ses idées. Il en change sans arrêt. Il n'y a pas encore longtemps, tous les intellectuels étaient marxistes. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et, d'ailleurs, pourquoi ont-ils changé d'idée ? Influencés par la masse ? Ensuite, être un intellectuel est une pathologie, semblent dire les neurosciences. La partie du cerveau liée à la raison domine. N'ayant pas de conviction, ou ayant des convictions restées à l'état infantile, l'intellectuel est incapable de décider. C'est pourquoi il est amoureux des idées. Idées des autres. Il est mal fini, donc. Ce qui ne signifie pas qu'il ne peut pas être achevé.
mercredi 3 avril 2019
M.Macron à Paris
La mairie de Paris pourrait-elle échoir aux amis de M.Macron ? C'est ce que l'on dit.
Le camp Macron est convaincu que la ville est macroniste. Est-ce vrai ? M.Macron doit séduire le Bobo de droite (trader), mais pas le Bobo de gauche (universitaire ou fonctionnaire). Et il y a une importante minorité anti-Hidalgo, façon 16ème, qui ne doit pas se reconnaître dans les valeurs "avancées" de M.Macron.
Reste que M.Macron pourrait réitérer le coup de la présidentielle. (Voilà ce qui éclaircirait un mystère : pourquoi est-ce que LREM présente autant de candidats maires.) Il y a certainement une volonté de "dégagisme" à Paris, et un disciple de M.Macron serait la seule solution crédible. Seulement, y en a-t-il un qui soit compétent et expérimenté ? Un débat entre ce candidat et Mme Hidalgo finirait-il comme celui du second tour de la présidentielle ? Même en France, il y a des limites au règlement de comptes ?
Le camp Macron est convaincu que la ville est macroniste. Est-ce vrai ? M.Macron doit séduire le Bobo de droite (trader), mais pas le Bobo de gauche (universitaire ou fonctionnaire). Et il y a une importante minorité anti-Hidalgo, façon 16ème, qui ne doit pas se reconnaître dans les valeurs "avancées" de M.Macron.
Reste que M.Macron pourrait réitérer le coup de la présidentielle. (Voilà ce qui éclaircirait un mystère : pourquoi est-ce que LREM présente autant de candidats maires.) Il y a certainement une volonté de "dégagisme" à Paris, et un disciple de M.Macron serait la seule solution crédible. Seulement, y en a-t-il un qui soit compétent et expérimenté ? Un débat entre ce candidat et Mme Hidalgo finirait-il comme celui du second tour de la présidentielle ? Même en France, il y a des limites au règlement de comptes ?
Economie politique : faut-il la réinventer ?
J'ai été frappé par le fait que Friedrich List, le théoricien du protectionnisme, avait appelé son livre "système national d'économie politique". Qui parle encore "d'économie politique" ?
Pour nous l'économie, c'est le marché. C'est l'offre et la demande qui s'équilibrent. Mais c'est aussi l'arme de la désertification : c'est à coup de calculs économiques que l'on démontre que pour faire des économies, les écoles et les hôpitaux doivent aller là où il y a déjà des écoles et des hôpitaux. D'où spéculation immobilière. D'où gens exclus des zones d'emplois. D'où chômage. D'où diminution de la capacité de production de la société, d'où besoin d'économies...
L'économie politique me semble un calcul économique a posteriori. L'économie politique étudie les facteurs de production. Et ces facteurs sont des talents collectifs qui mettent des années à apparaître. (Le GAFA est le résultat de toute l'histoire des USA, en particulier de l'histoire de ses formidables efforts de guerre.) Ce n'est qu'une fois qu'ils existent que le marché peut en faire quelque-chose, et que l'on se rend compte que l'on est riche.
J.K. Galbraith disait que la science économique était une rationalisation des intérêts de ceux qui possédaient le pouvoir...
Pour nous l'économie, c'est le marché. C'est l'offre et la demande qui s'équilibrent. Mais c'est aussi l'arme de la désertification : c'est à coup de calculs économiques que l'on démontre que pour faire des économies, les écoles et les hôpitaux doivent aller là où il y a déjà des écoles et des hôpitaux. D'où spéculation immobilière. D'où gens exclus des zones d'emplois. D'où chômage. D'où diminution de la capacité de production de la société, d'où besoin d'économies...
L'économie politique me semble un calcul économique a posteriori. L'économie politique étudie les facteurs de production. Et ces facteurs sont des talents collectifs qui mettent des années à apparaître. (Le GAFA est le résultat de toute l'histoire des USA, en particulier de l'histoire de ses formidables efforts de guerre.) Ce n'est qu'une fois qu'ils existent que le marché peut en faire quelque-chose, et que l'on se rend compte que l'on est riche.
J.K. Galbraith disait que la science économique était une rationalisation des intérêts de ceux qui possédaient le pouvoir...
mardi 2 avril 2019
Serge Tchuruk
Huawei fait penser à Serge Tchuruk, le dirigeant d'Alcatel. Serge Tchuruk est probablement l'exemple même de ce que provoque la technocratie française lorsqu'elle dirige une entreprise. Dans un secteur qui a produit Apple, Foxconn, et Huawei. Alcatel est allé, de manière extraordinairement déterminée, exactement à contre-courant, jusqu'au naufrage. Idéal-type du cercle vicieux systémique.
Le plus intéressant, ici, est la question de la responsabilité. Imaginons que vous ayez été un des employés d'Alcatel victimes de cette stratégie. Vous auriez peut-être vécu des moments difficiles, mais vous auriez votre conscience pour vous. Et, surtout, si vous êtes parvenu à retrouver une situation, vous avez le sentiment d'avoir vécu une aventure. Vous êtes fier de vous. Mais, qu'il doit être désagréable de vivre, à perpétuité, dans la peau du capitaine qui est allé droit sur l'iceberg !
Le plus intéressant, ici, est la question de la responsabilité. Imaginons que vous ayez été un des employés d'Alcatel victimes de cette stratégie. Vous auriez peut-être vécu des moments difficiles, mais vous auriez votre conscience pour vous. Et, surtout, si vous êtes parvenu à retrouver une situation, vous avez le sentiment d'avoir vécu une aventure. Vous êtes fier de vous. Mais, qu'il doit être désagréable de vivre, à perpétuité, dans la peau du capitaine qui est allé droit sur l'iceberg !
L'éducation nationale ou la réforme technocratique
Manifestations contre la réforme du lycée. Un des sujets de mécontentement toucherait l'enseignement des mathématiques. Quelqu'un quelque part aurait décidé que l'avenir exigeait d'un petit nombre d'élus un niveau de mathématiques sans précédent. "Donc", certains élèves vont recevoir une formation exceptionnelle, et les autres plus de formation du tout... A cela s'ajoute le fait qu'il n'y aurait pas les moyens d'appliquer les textes du gouvernement.
Où l'on voit les invariants de la réforme en France :
(D'après Europe 1. Au fait, où va se recruter la petite élite mathématique ?)
Où l'on voit les invariants de la réforme en France :
- Une réforme qui est passée en douce, sans discussion. ("Ils" ne comprendraient pas ? "Ils" résisteraient au changement ?)
- On en demande toujours plus, en en donnant toujours moins.
(D'après Europe 1. Au fait, où va se recruter la petite élite mathématique ?)
lundi 1 avril 2019
Haine de soi du Français
Alain Finkielkraut semble dire que la France se hait. Il me semble que c'est une erreur. Cela revient à confondre les idées de ceux qui dirigent le pays avec celles du reste de la population.
Après guerre, il nous est venu à l'esprit que la nation devait être dirigée par des gens éduqués, plutôt que par des gens sachant en diriger d'autres. Or, la culture des gens éduqués était une "contre culture". En conséquence de quoi, ceux qui nous dirigent sont contre nous.
Mais les choses peuvent changer. Il suffit de remettre les intellectuels à leur place. Ils seront d'ailleurs certainement plus heureux dans un rôle de critique que dans celui de responsables.
(Une contre culture n'est pas une culture. Une contre culture n'a d'existence que tant que la culture à laquelle elle s'oppose existe. Une contre culture est peut-être la culture de l'adolescent qui s'oppose à ses parents, d'ailleurs. Et si l'intellectuel était simplement un enfant attardé ?
La genèse du Bobo.)
Après guerre, il nous est venu à l'esprit que la nation devait être dirigée par des gens éduqués, plutôt que par des gens sachant en diriger d'autres. Or, la culture des gens éduqués était une "contre culture". En conséquence de quoi, ceux qui nous dirigent sont contre nous.
Mais les choses peuvent changer. Il suffit de remettre les intellectuels à leur place. Ils seront d'ailleurs certainement plus heureux dans un rôle de critique que dans celui de responsables.
(Une contre culture n'est pas une culture. Une contre culture n'a d'existence que tant que la culture à laquelle elle s'oppose existe. Une contre culture est peut-être la culture de l'adolescent qui s'oppose à ses parents, d'ailleurs. Et si l'intellectuel était simplement un enfant attardé ?
La genèse du Bobo.)
L'humanisme commence par le rire
On en appelle à un "nouvel humanisme". Comment passer à l'action ?
Rabelais dit : "le rire est le propre de l'homme". On rit de moins en moins. 68 semble avoir déclenché une contre-révolution puritaine. Or, le rire, c'est la manifestation du bonheur. Rire renforce le système immunitaire. Mais c'est surtout le signal que notre esprit s'égare, selon Bergson : nous confondons l'artificiel et le réel. Course vers le néant.
Rabelais dit : "le rire est le propre de l'homme". On rit de moins en moins. 68 semble avoir déclenché une contre-révolution puritaine. Or, le rire, c'est la manifestation du bonheur. Rire renforce le système immunitaire. Mais c'est surtout le signal que notre esprit s'égare, selon Bergson : nous confondons l'artificiel et le réel. Course vers le néant.
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