samedi 11 novembre 2017
Clémenceau
Ce qui a caractérisé Clémenceau, c'est quelque-chose de quasi unique pour un politique. Un courage extraordinaire. Pendant la Commune, il est entre les Communards et les Versaillais, au milieu des combats. Et il sauve bien des gens de la mort. Dont Bienvenüe, l'homme du métro. Le guerre de 70 amène les Radicaux au pouvoir. Il ne lâche sur rien. C'est un duelliste redouté. Il fait tomber les gouvernements. Puis, lorsqu'il arrive au ministère de l'intérieur, il devient "le tigre". Il se révèle homme d'ordre. Il met un frein à la criminalité galopante. Mais, surtout, il arrête les grèves. Ce qui lui vaut la haine des socialistes. Paradoxalement, alors que Jaurès est pacifiste, il encourage la révolte, lorsqu'il s'agit d'usines. En 17, Clémenceau est appelé pour reprendre en main les affaires de la nation. Il met de l'ordre dans un haut commandement pitoyable. On le voit beaucoup dans les tranchées. Pourtant il est déjà bien vieux. Et plutôt que de chercher une victoire par KO, il signe tôt un armistice. Il veut mettre un terme à la boucherie. Finalement, il est victime d'un coup bas politique, qui l'amène, dégoûté, à prendre sa retraite. Alors, il écrit un ouvrage sur les merveilles du progrès, et de la vie.
La fin d'une époque ?
S'il était libertaire, il mettait l'intérêt collectif avant tout. Et, avec lui, ce n'était pas la marge (riche ou pauvre), la minorité, qui comptait. Son idéal c'est le peuple. Homme des Lumières, il veut sa liberté. Et celle-ci est une liberté de pensée. Les chaînes dont il faut la libérer, à l'époque féodale comme aujourd'hui, ce sont celles d'une morale qui condamne l'individu avant même qu'il soit né, pour le mettre au service des pouvoirs héréditaires. Cela s'appelle pêché originel, hier, ou repentance pour cause de colonialisme, aujourd'hui. (Sachant que, à nouveau exceptionnel, il fut anticolonialiste.) Parler de Clémenceau, c'est enterrer 68.
(Biographie.)
dimanche 22 avril 2018
Clémenceau Macron ?
J'entendais l'autre jour des journalistes débattre de son dernier débat avec des journalistes. Ils disaient, d'une certaine façon, que M.Macron, paradoxalement, en revenait aux principes de la démocratie. Car la 5ème République n'a rien de démocratique. Ce qui est compatible avec mon hypothèse Clémenceau : Clémenceau fut le champion de la démocratie parlementaire, l'homme dont les discours à la Chambre renversaient les gouvernements.
Et si, après M.Trump, M.Macron faisait advenir le rêve du démocrate militant, que celui-ci a été incapable de réaliser lorsqu'il était au pouvoir ?
(L'émission de France Culture dont il est question plus haut avait retrouvé un étrange enregistrement de la préparation d'une interview de G.Pompidou par J.M.Cavada. Ce dernier, non seulement expliquait ce qu'il allait demander, mais ne savait plus que faire pour ne pas froisser le président...)
vendredi 9 août 2013
Clémenceau
Le moyen ? « Le salut passait à ses yeux par la ville, l’instruction, les études » : « Ouvrir l’enfant aux sensations de vérité, de bonté, à la pitié des êtres, aux sentiments de compassion humaine, d’où jaillit le noble élan de secours. » « Délivrer l’homme de l’ignorance, l’affranchir du despotisme religieux, politique, économique et l’ayant affranchi, régler par la seule justice la liberté de son initiative, seconder par tous les moyens possibles le magnifique essor de ses facultés, accroître l’homme en un mot, en l’élevant toujours plus haut. » Le service militaire est « le prolongement de l’école ».
samedi 13 janvier 2018
Clémenceau
Pour qu'une société fonctionne correctement, il faut discuter de tout, sans quoi des raisonnements fautifs peuvent s'amplifier en mouvements de foule dévastateurs. Mais comment y parvenir sans en arriver aux mains, comme Clémenceau ? Si l'on savait répondre à cette question, le gouvernement n'aurait pas à écrire de lois sur les "fake news".
(Le lieutenant Colombo, ou Edgar Schein et son "humble inquiry" ont peut-être une partie de la solution. Mais il n'est pas simple de les imiter.)
(Clémenceau de référence.)
dimanche 4 février 2018
Clémenceau
Jaurès est quasiment l'opposé de Clémenceau. Et pourtant leurs idées semblent très proches, notamment en termes d'éducation (qui doit libérer l'homme). Jaurès, c'est le pacifiste, qui meurt en martyr. Il est non marxiste. Et pourtant, il encourage les actions violentes des ouvriers. C'était aussi un grand bourgeois, le rejeton d'une famille d'amiraux...
mercredi 4 février 2015
Tous libertaires ?
- L’attitude à l’homme. Suis-je humaniste ? C’est-à-dire, suis-je convaincu que les hommes sont égaux, parce qu’ils partagent une même essence (l’Humanité), ou qu’il y a des inférieurs et des supérieurs, des élus et des damnés ?
- L’attitude à la société. La vois-je comme une force d’oppression, qu’il faut détruire, ou comme une mère qui doit donner à l’individu ce dont il a besoin pour exprimer son potentiel ?
HOMME
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Egal
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Inégal
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SOCIETE
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Destructeur
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Foucault et le Postmodernisme
Néolibéraux
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Les milliardaires du numérique
Les oligarques.
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Formateur
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Elisée Reclus et les anarchistes français
Camus, Clémenceau et les Radicaux
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Le protestantisme
luthérien
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- Est-elle première, supérieure à l’homme, ou, au contraire,
- est-ce un outil que l’Homme doit utiliser pour servir ses intérêts ?
vendredi 9 août 2013
Double France ?
- D'un côté, il y a une sorte de France individualiste et batailleuse. Ses ancêtres (culturels à défaut d'être génétiques) sont gaulois. C'est la France de Clémenceau. Peut-être aussi de De Gaulle.
- A côté d'elle se trouve la France de la lutte des classes. Faite de possédants et de leur main d'oeuvre. Héritage de la révolution industrielle ? Du féodalisme ? Le socialisme ayant pris la place de l'église pour conserver la masse dans sa condition ? (Le Marxisme ne reprend-il pas le message catholique : le bonheur est dans un autre monde ? En faisant croire à l'Éden communiste, n'enlève-t-il pas à l'homme le désir d’améliorer son sort ici-bas ? Et l’action violente, à laquelle il pousse parfois, n'est-elle pas contre-productive ?)
samedi 24 septembre 2016
Qui est M.Hollande ?
mercredi 27 août 2014
Valls II, Sarkozy II, The Economist I, recomposition de la politique française ?
(A noter que le chaos n'est pas certain : la France a la capacité de s'unir, derrière des valeurs communes.)
dimanche 15 décembre 2013
Qui suis-je ?
jeudi 19 avril 2018
M.Macron et la dispute
- Le "framing". C'est ce qu'a tenté Mme Le Pen. Il s'agit d'induire une réponse par la formulation de la question. Mme Le Pen a violemment attaqué M.Macron. Elle s'attendait à ce qu'il devienne agressif, et qu'il perde la face. Il a désamorcé l'attaque, en lui disant "pourquoi tant de haine ?". Son procédé s'est retourné contre elle. Peu de gens seraient capables de cette manoeuvre.
- Le bien et le mal. Nous sommes si sûrs d'avoir raison que la contradiction est impossible. Du coup, nous perdons nos moyens lorsque l'on ne nous tient pas le discours attendu. Comme Condorcet, nous devenons des "moutons enragés". Ce qui nous amène au point suivant :
- La politesse. Nous sommes formés pour éviter le conflit. D'une part, cela nous amène à avaler des couleuvres. D'autre part, celui qui perd son sang froid perd la face. Mais la politesse n'excuse pas tout :
- La paresse intellectuelle. Le psychologue Robert Cialdini dit que la seule chose que l'homme optimise, c'est son cerveau. Il l'utilise le moins possible. Nous ne sommes pas formés à décortiquer en temps réel la parole d'un interlocuteur. Retour au premier point, et sensibilité à la manipulation.
- La force de M.Macron ? M.Macron est peut-être l'idéal de Socrate et des existentialistes : un homme qui a trouvé ce à quoi il croit. Comme Clémenceau, il a peut-être des principes chevillés au corps, et ces principes résistent à l'examen. Parmi eux se trouve, qui sait ?, celui selon lequel l'autre peut être convaincu par le raisonnement.
- Indestructible Macron ? Clémenceau, ne l'était pas. Par exemple, il lui est arrivé, dans un discours brillant, de faire sauter son propre gouvernement. (Mais c'était peut-être un acte manqué : il était épuisé par sa tâche.)
- Comment devenir Macron ? Entraînement ? "Accouchement" à la grecque, façon Socrate ? Il faut se confronter au bain glacé de la contradiction, pour parvenir à ce qui est stable en soi ?
mardi 30 juillet 2019
Compromis n'est pas français
Son incapacité au compromis n'a-t-elle pas tué la 3ème République ? Elle se voulait une vraie démocratie représentative. Le débat des représentants du peuple décidait de tout. Or ces débats produisaient une instabilité chronique. Deux types d'hommes semblent y jouer un rôle fatal. D'une part ce que l'on appelle toujours des "politiques", c'est à dire des jouisseurs qui exploitent les turpitudes de la nation. De l'autre des "purs", comme Clémenceau avant qu'il devienne ministre, prêts à tout faire sauter pour une virgule mal placée.
L'Allemand pense que l'Allemand est quelqu'un de bien. En conséquence, il ne peut avoir totalement tort. Serait-ce cela la recette du compromis... et de la démocratie ?
samedi 5 février 2022
Premier 12000
Douze millième billet de ce blog. Comme à chaque millier, je m'interroge sur l'art de bloguer.
Dans ce domaine, je dois être une sorte de dernier des Mohicans, qui blogue dans le désert. Le blog a été une mode comme les réseaux sociaux, les objets connectés, l'intelligence artificielle et bien d'autres.
Je me souviens, en ces temps héroïques, d'avoir rencontré une journaliste que je terrifiais. J'imagine qu'on avait imposé à elle et à ses collègues de tenir un blog. Or, elle produisait, dans la douleur, un billet par semaine, alors que j'en écris plusieurs par jour. Et que je n'y consacre que quelques heures le samedi, en revenant du marché. Comment cela pouvait-il se faire ? Elle, héritière des Clémenceau et des Zola, de tous ces gens qui ont fait la gloire du journalisme français, et moi, petit rien du tout ?
Peut-être est-ce comme cela que se font les révolutions ? Il y a le créateur, qui avait le talent, et l'héritier, qui a la position. Et l'héritier défend ses privilèges, en écrasant le talent ? Jusqu'à ce que cela ne soit plus possible ?
jeudi 1 septembre 2016
Les forces du chaos
mardi 9 juillet 2019
Instabilité française
La 3ème république a probablement été construite sur le modèle des démocraties antiques. Or, ces démocraties n'étaient pas stables. Les décisions étaient prises sur des coups de tête d'une foule enflammée par un orateur. C'est ce qui semble être arrivé à la 3ème république. Le discours de Clémenceau, que l'on prend d'ordinaire pour un homme à poigne, a fait sauter moult gouvernements, y compris un des siens !
Et si ce qui manquait à l'assemblée nationale était un procédé de décision collectif efficace ? Et hop, on passe à la 6ème république ?
(Exemple de technique efficace ?)
lundi 2 novembre 2020
Identité de la France
Il y eut le temps de "l'affiche rouge", où l'on venait en France pour se faire tuer pour ses idées, il y eut un temps où ce fut une "land of opportunity", et maintenant, on y vient pour tuer ses habitants.
Si l'on nous en veut, c'est peut-être parce que, sans qu'on le sache, nous avons une identité propre. Quelque-chose qui choque. Quelle pourrait-elle être ? Le fameux "universalisme", dont mes amis étrangers me parlent souvent, avec un sourire condescendant ? Mais qui sait encore de quoi il s'agit ? Et si c'était quelque-chose d'enseveli dans notre inconscient collectif, qui nous dirige sans que nous le sachions ?
(Clémenceau et la France : c’est un « grand peuple, celui qui avait allumé pour le monde entier la torche de la liberté. » « La France, autrefois soldat de Dieu, aujourd’hui soldat de la liberté, toujours soldat de l’idéal. »)
samedi 18 février 2017
Qui est Emmanuel Macron ?
mardi 14 décembre 2021
Tolérance
La France a la particularité d'être un pays où l'on se hait. (Suite du billet publié à la même heure, hier.)
Cela est très probablement culturel. Notre enseignement, en particulier, nous serine qu'il existe à tout problème une bonne solution, et qu'elle est unique. On dit que c'est un héritage du catholicisme.
Comment remédier au mal ? C'est la tolérance, probablement. Henri IV.
Comment la réaliser ? Probablement par la complexité. Le monde est complexe, il n'y a pas une seule bonne solution. Pour autant, on n'est pas démunis. On peut trouver une voie dans laquelle on a envie d'aller, à condition de mettre à contribution le talent de la société, "l'intelligence collective".
Au fond, la tolérance est ce que n'a pas su réussir la troisième République, en particulier Clémenceau et Jaurès. Certes on s'y affrontait, on y parlait brillamment, mais pour abattre l'autre. Cela a débouché sur un régime faible et instable, qui s'est fait balayer par les Nazis.
Or, il n'y a pas de tolérance, s'il n'y a pas admiration de l'adversaire, justement pour son art et sa pugnacité. Deux militaires s'entre-tuant sont peut être plus tolérants que deux Français modernes.
mercredi 23 juin 2021
Le socialisme est-il un colonialisme ?
Michel Rocard aurait cherché à faire la lumière sur la culpabilité du gouvernement français au Rwanda. Cela révélerait une ancienne ligne de fracture du PS entre colonialistes et anticolonialistes. (Article de Telos.)
Voilà qui est surprenant. On imagine mal un socialiste colonialiste. Il est vrai que la colonisation a été une idée de gauche. Clémenceau était bien isolé quand il s'y est opposé. Ensuite, pendant la guerre d'Algérie, c'était la gauche qui était au pouvoir. Et que F.Hollande ait envoyé des troupes au Mali m'a beaucoup étonné, en son temps. Mais tout de même.
Y aurait-il dans certains courants de gauche un mythe nationaliste ? Ou, une forme de doctrine de la compassion ?... Extrêmement mystérieux.