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dimanche 4 janvier 2015

Ubérisation de la société ou l’homme à la coupe

Epoque fantastique. La mode est à Uber. Le capital risque finance des Uber pour tout. Les services humains (mais pas uniquement) sont achetables en fractionné. Le secret de ce modèle est de contourner la législation et les coûts inhérents au salariat. Et d'exploiter les chômeurs, étudiants ou autres, qui sont prêts à tout. Et elles profitent d’un personnel déjà formé. Tout cela n’a rien d’un avantage concurrentiel durable. En tout cas, si elles durent un peu, il n’y aura plus de droit social, et nous devrons tous nous transformer en micro entreprises, et prendre à notre compte les charges de formation permanente, de marketing, d’assurance, de retraite… Les entreprises du numérique ont découvert que leurs produits pouvaient créer des habitudes. Elles ont maintenant des « designers de comportement ». « Il est de plus en plus facile de manipuler les esprits. » Les milliardaires du numérique sont à l’image des milliardaires du début du siècle précédent, les « robber barons ». Leur caractéristique commune est d’avoir émergé après « deux des périodes les plus égalitaires de l’histoire américaine » et d’avoir « contribué à la création d’une Amérique très différente, divisée en classes et obsédée par l’argent » ; d’avoir exploité les défaillances du marché pour ériger des monopoles ; d’être pris de la folie des grandeurs ; et de croire qu’ils peuvent « résoudre les problèmes de l’humanité ».

Nouvelles de la crise. En Grèce, le risque principal est qu’un gouvernement ne puisse pas se former. L’Espagne se prépare à de nouvelles élections. « L’éruption de Podemos, qui appelle la droite espagnole « l’ennemi » mais méprise l’ensemble de la classe politique, donne le ton d’une nouvelle ère d’affrontement, et a changé le jeu ». En Angleterre, les dettes augmentent et l’immobilier est spéculatif. Et de grandes entreprises font faillite. Les conservateurs ont-ils raison de dire que l’économie nationale est réparée ? Les pays affectés par Ebola semblent se tirer d’affaire. Mais « les gouvernements ont renforcé leur emprise et montrent des inclinations autoritaires rarement vues chez ces trois jeunes démocraties. » Une fois de plus, « ce qui a nuit au monde a profité à l’Amérique. » L’économie américaine se porte à nouveau bien. Ce qui prend à contre-pied les hommes politiques des deux camps ! Il est possible que Sony n’ait pas été piraté par des Coréens mécontents. En tout cas, l’incident « pourrait enfin encourager le Congrès à faciliter le partage d’informations sur les menaces Internet entre entreprises et gouvernement ». Le marché des actions devrait connaître des hauts et des bas. A moins d’une crise aux USA ou d’un durcissement de la politique monétaire.

Les biotechnologies arrivent au secours de l'industrie pharmaceutique. Leurs médicaments coûtent très chers et il est difficile d’en faire des « génériques ». Les systèmes d’assurance santé risquent de passer un mauvais moment. L’Arabie Saoudite veut se diversifier dans l’industrie, en attirant de très grandes entreprises mondiales. The Economist ne croit pas à ses chances.
  
Une réglementation environnementale bien conçue serait favorable aux entreprises performantes et défavorable aux autres. On essaie de transformer l’openspace cloisonné. Il dégagerait du formaldéhyde cancérigène et placerait l’homme dans des conditions de travail qui réduiraient considérablement sa productivité.

L’histoire de l’industrie du Coton ou les démons du capitalisme ? Pionnière de la globalisation, de l’innovation et de la révolution industrielle, « capitalisme guerrier » où tous les coups sont permis : protectionnisme, colonialisme, expropriation, esclavage… 

dimanche 16 novembre 2014

Le monde résisterait-il à la globalisation ?

Cette semaine The Economist se penche sur le Pacifique. Pourquoi n’a-t-il pas remplacé l’Atlantique dans les échanges mondiaux ? Peut-être, manque de valeurs communes. Européens et Américains sont d’accord sur l’essentiel. C’est la méfiance qui domine les relations entre la Chine, ses voisins et l’Amérique. A tel point qu’il est difficile de savoir s’ils cherchent la coopération ou s’ils se livrent une guerre larvée. Exemple. Chine et USA viennent de signer un accord concernant l’effet de serre. Mais la Chine ne s’est engagée à rien, et les Républicains comptent bien vider les engagements de M.Obama de leur contenu. Chine (en mer de Chine) et Russie (en Ukraine) se comportent de la même façon : actions indétectables par les démocraties occidentales. Quand on réalise que ces actions ont un sens, il est trop tard. Fait accompli.

Globalisation et résistance au changement
Le capitalisme a mauvaise presse. C’est la faute des banquiers. Mais aussi : « Pays riche après pays riche, de gouvernements de gauche ou de droite, la plus grande crainte des électeurs est que les revenus des classes moyennes stagnent et que l’emploi à vie est mort. Instinctivement les politiciens mettent la situation au compte des folies de leurs opposants. » Le problème : la globalisation, qui ne fait que s’accélérer, est à l’œuvre. Il ne sert à rien de la nier.
Mais est-elle aussi bien assurée que cela ? Nouvel élément dans la donne mondiale : l’effet du gaz de schiste sur la politique des USA. Auront-ils la motivation nécessaire à continuer à assurer leur rôle de gendarme du monde ? Sans cela quid du commerce mondial ?

Le tourisme social existe-t-il ? Les statistiques montrent qu'il y a deux types d’immigrés : ceux qui profitent du système social, sans y avoir contribué, et ceux qui travaillent et qui apportent plus qu’ils ne coûtent. D’autant qu’ils connaissent moins le chômage que les autochtones. (Peut-on dire qu’ils leur ont pris leur emploi ?)

Dans un vote qui ne compte pas, les Catalans choisissent l’indépendance. Avenir du pays ? Des partis protestataires semblent avoir le vent en poupe. Les politiques en place, corrompus, ne vont pas survivre aux prochaines élections. (Chaos ?) En Italie, M.Renzi semble manœuvrer pour transformer le régime de coalition italien en système à grands partis. Il permettrait les réformes aujourd'hui impossibles. En Europe, par son comportement excessif, M.Cameron s’est coupé de ses alliés traditionnels, l’Allemagne et les pays du nord. Danger : les forces du mal (à « l’accent français ») pourraient gagner l’Europe. Mais la situation n’est pas désespérée. Retour des djihadistes en Europe. Ils ne sont pas dangereux. Ils ont été détruits par leur expérience. Il faut les aider à se réinsérer. Le risque vient de ceux qui ne sont pas partis. L’économie africaine est abattue par Ebola. La maladie est circonscrite à quelques pays. Mais, pour nous (pour ceux qui font l'économie mondiale ?), l’Afrique est un bloc. 

Attention ! Nouvelle vague de fusions acquisitions. Cette fois-ci le danger ne vient pas de ce que les entreprises suivent une mode, mais de « valorisations (qui) atteignent petit à petit des niveaux qui donnent le vertige ».

La France, bon élève de la globalisation ? Elle possède 7 des 25 meilleurs jeunes économistes mondiaux, M.Tirole a reçu le prix Nobel, M.Picketty est une star. A l’étranger, Sodexho et Atos sont des leaders du marché de la gestion des ex services publics (prisons et services sociaux). Un marché sur lequel il y a beaucoup de coups à prendre. Le téléphone mobile permet aux pauvres des pays pauvres d’avoir accès aux services financiers.

De l'intérêt économique des bonnes actions
Aux USA, les châtiments corporels sont permis à la maison et à l’école (quasiment une exception mondiale). La science constaterait que « leur donner la fessée rend vos enfants idiots ».  

Pour une fois, ce compte-rendu se termine bien. Il y aurait une solution à la question des SDF. Leur donner un logement. Et, surprenant, c’est rentable. Car le SDF coûte très cher en soins d’urgence.

(PS. Je découvre qu'un journaliste de The Economist a la même interprétation que moi de ce que dit son journal.)

mardi 21 octobre 2014

Eliminer Ebola, leçon nigérienne

Comment le Nigeria s'y est-il pris pour se débarrasser d'Ebola ? Très rapide identification des contaminés et de ceux qu'ils ont rencontrés (898 contacts pour deux personnes !), isolement. Apparemment, cela n'est pas allé totalement de soi, il a souvent fallu faire preuve de "persuasion". Et le fait que le peuple ait confiance en l'Etat a été probablement un facteur de succès important.

Que peut-on en déduire ?
  • Que ces techniques ne peuvent pas être utilisées là où l'épidémie est installée. 
  • Qu'un Etat en bon état de fonctionnement réagit vite et bien à une épidémie, parce que ses institutions sont bien conçues, parce que leurs membres font preuve d'initiative judicieuse et d'autonomie, et parce que la population lui fait confiance. Selon ces critères d'évaluation, les USA seraient inférieurs au Nigéria, me semble dire l'article. 
(Utile rappel de l'utilité de l'Etat, à une époque où l'on dit qu'il est porteur du mal et que l'entreprise à elle seule fait le bonheur public ?)

dimanche 19 octobre 2014

Déflation et politique du pire

Risque de politique du pire. Cela pourrait être le message de la semaine. L’Allemagne est bloquée, bloque l’Europe et le monde. Mme Merkel en est en grande partie responsable. Elle a développé une technique redoutable pour conserver indéfiniment le pouvoir. Elle dit aux Allemands ce qu’ils ont envie d’entendre. En leur faisant croire que cela vient d’elle. Or, les Allemands ne veulent pas bouger. C’est pour cela qu’ils désirent imposer des réformes au reste de l’Europe. Idem aux USA. Les Républicains vont prendre le pouvoir aux prochaines élections et réduire M.Obama à l’impuissance. Il y aurait de quoi s’entendre, mais ce n’est pas dans l’intérêt des extrémistes de chaque bord. D’autant qu’il est possible de réutiliser les techniques mises au point par le subtil B.Obama pour démolir ce qu’il a construit. Idem en Angleterre. Il serait simple de satisfaire les aspirations, modestes, de la population. Elles n’ont rien à voir avec les thèses de Ukip. Partout en Europe, c’est la même chose. « Les populistes ne vont pas prendre le pouvoir (…) Cela laisse le gouvernement entre les mains des partis traditionnels (…) Puisque la zone euro poursuit une intégration de plus en plus étroite pour survivre, cela signifie demander aux électeurs de faire confiance à des institutions qu’ils en sont venus à mépriser. »

La déflation saisit le monde. « La crainte des investisseurs semble être que le monde développé glisse dans la spirale de la déflation (…) La récente faiblesse de l’euro et du yen pourrait être un signe que ces régions exportent la déflation au reste du monde, leurs exportateurs baissant leurs prix pour prendre des parts de marché ». Parmi les conséquences : prix du pétrole en baisse accélérée. Economie mondiale faible donc demande faible et offre en hausse, de tous côtés. Au Japon, les réformes économiques dont on attendait tant de bien plongeraient le pays dans la récession.

Ailleurs, autres crises ordinaires. Les Serbes basculent dans l’autoritarisme. Mais ils organisent des défilés d’homosexuels pour donner le change à l’UE. Renversement d’alliances en Turquie. Le gouvernement lâcherait les Kurdes, devenus alliés des USA, et se rabibocherait avec les généraux, et jouerait les comparses de l’Etat Islamique. Ce dernier réinvente l’esclavage. Le pouvoir syrien est faible. Mais il ne veut pas abandonner, même pour une solution qui lui sauverait la face. Résultat : chaos probable.

L’Irlande élimine une mesure qui permettait aux entreprises (étrangères) de ne pas payer d’impôts. Mais la compense par une contre-mesure. En Inde, M.Modi voudrait rendre fiable son administration avant, éventuellement ?, de libéraliser son économie. (Ce qui me semble sage.)

Ebola. Croissance exponentielle du nombre de victimes. Il devrait atteindre 10.000 par semaine. Compliqué et coûteux (une capacité de traitement de 100.000 lits coûterait de 1 à 2md$ par mois) d’enrayer l’épidémie. D’autant qu’elle attaque en premier les systèmes immunitaires sociaux, c’est-à-dire les personnels médicaux. Il faut des centres de traitement, changer les comportements  des populations et que les vaccins dont on dispose se révèlent efficaces. Puis relever les pays touchés des dévastations subies.

L’électronique européenne relèverait (modestement) la tête « grâce à sa force dans des technologies qui conviennent bien au nouveau monde des objets interconnectés et de consommation ultra basse puissance ». Apple offre un nouveau système de paiement sans contact. Les bénéfices n'en sont pas évidents pour le marché occidental. Mais les normes pourraient être utiles aux pays en développement, où la téléphonie mobile se substitue déjà aux réseaux financiers.

Toutes les prévisions faites au sujet d’Internet étaient fausses. L’univers d’hier n’a rien de différent de celui d’aujourd’hui. « Il y a un monde entre « disruption » et destruction ». Les économistes se sont trompés. Baisser les taux d’intérêt ne stimule pas l’économie ! Ce qui le fait, c’est la perception que les choses vont bien…

jeudi 16 octobre 2014

Ebola et le changement

L'Occident pensait être à l'abri d'Ebola. Ce n'est peut-être pas le cas. La raison pourrait en être une question de changement. 

Il est assez facile de se défendre d'Ebola, si je comprends bien. Il faut se protéger des sécrétions corporelles des personnes contaminées. Ce qui demande un équipement peu coûteux et quelques procédures apparemment simples, mais contraignantes. Ce que révèlent les morts de personnels soignants, c'est que ces procédures ne sont pas parfaitement respectées

Ce qui me ramène à mon expérience du changement. Un changement mal mené produit ce genre de résultats. Il va trop loin, parce qu'il détruit ce qui semble superflu. Or, ce superflu est utile en cas de crise. Il suscite aussi  du stress, et ce souvent à dessein, en pensant que le stress produit la performance. Or, la sérénité du personnel est essentielle pour bien réagir à l'aléa. D'où une question : les réformes de l'Etat occidental ne vont-elles pas trop loin, ou au mauvais endroit ? 

dimanche 3 août 2014

Monde de demain : non démocratique ?

Et s'il fallait se préparer à un monde non démocratique ? Et si, honteuse du spectacle qu’elle a donné à l’époque de son « irrationnelle exubérance »,  la démocratie se repliait sur quelques îlots ? Le reste du monde étant abandonné ? Question que je me suis posée, en lisant The Economist.

Curieusement, c’est Israël qui me fait penser à cela. De plus en plus isolé, ayant perdu son ascendant moral, sous l’influence d’un million d’émigrés russes rêvant d’un Poutine juif et d’une proportion grandissante d’ultra orthodoxes, Israël penche vers l’autoritarisme.

Ailleurs, aussi, surdité, chaos et repli sur soi : 

En Syrie, Assad se partage le pays avec « l’Etat islamique », pour écraser les rebelles modérés. La Libye est un chaos. Si le virus Ebola gagne l’Afrique, c’est parce que le peuple n’a, avec raison, aucune confiance en son gouvernement et en ses conseils.

L’Angleterre est sortie de la crise. Résultat ? L’entreprise a gagné, l’individu perdu. Certes il y a du travail, mais mal payé et peu productif. L’Espagne va, aussi, apparemment mieux. Mais il y a un nombre colossal de chômeurs et « un quart des employés ont encore un contrat temporaire ».
  
Ukraine. Les sanctions occidentales contre la Russie viseraient la prospection pétrolière en Arctique, mais pas le gaz, utile à l’Europe. Ce qui ne fait que renforcer la dépendance de la population et de l’économie vis-à-vis de l’Etat. La Russie se referme sur elle-même ? Comme les USA ? Car, aux USA, les grands projets collectifs, c’est fini. L’Américain se méfie du gouvernement, et de la science (la conquête de la Lune fut « l’acte final de l’histoire d’amour de l’Amérique avec la science »). L’égoïsme peureux a gagné. Reagan mauvais génie des USA ? Sa foi du charbonnier en leur grandeur (« un homme ayant le grand avantage de croire en ses propres interprétations, réécrites, réordonnées, optimistes, du monde »)  aurait-elle empêché une remise en cause nécessaire ?

Les créditeurs de la Russie et de l’Argentine, condamnés par la justice occidentale, tentent de faire saisir leurs possessions étrangères.

Pour éviter à l’Europe la déflation, la BCE devrait créer de la monnaie. Mais cela la forcerait à acheter des dettes d’Etat de pays que l’Allemagne juge peu vertueux.

Chine. La dernière révolution culturelle, anti corruption, fait un grand nettoyage. Ce qui semble visé : un « réseau » « cherchant à amasser tant de pouvoir qu’il menaçait un système de direction collective qui dépend d’un équilibre précaire entre factions et intérêts ».

Les pays d’Amérique latine sont soumis aux hasards de la « loterie des matières premières », qui fait fluctuer leurs prix, et fournit des instants de croissance accélérée à une économie après l’autre.

Alors que depuis 30 ans on nous vente son efficacité, l’entreprise est devenue hyper bureaucratique. Complexité (de 4 à 7 indicateurs de performance à 25 à 40) ; réunions (les managers y passeraient 15% de leur temps - beaucoup n'ayant aucun objectif) ; e-mails (« communications externes » passant de 1.000 en 1970 à 30.000 aujourd’hui). Achetez des entrepôts. Partout dans le monde, le commerce électronique fait leur fortune.

Science. « L’étude a montré que plus un pays est développé, plus est élevé le taux d’augmentation des capacités cognitives des femmes. » Des bactéries utilisent l’urine pour produire de l’électricité.