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mardi 20 septembre 2022

Renier le passé

Un jeune homme disait : regardez comme j'ai changé. Hier, je parcourrais le monde en colon et en avion, aujourd'hui, je suis une pasionaria de la bicyclette. (Linkedin)

Ailleurs on dévisse les statues des anciens, parce qu'ils ont mal pensé, ou mal agi. Faut-il renier son passé, au nom du présent ? 

Ou reconnaître qu'il n'y a ni bien, ni mal absolus, mais un monde en évolution ? Un monde qui se construit en avançant, et donc qui peut s'égarer si l'on ne s'interroge pas sérieusement à chaque pas qu'il fait ?

Le début de la responsabilité ?

jeudi 15 septembre 2022

Charles III

Ne raconte pas ta vie, elle est pleine de trous, me disait ma mère. (Qui passait la sienne à la raconter.)

Eh bien Charles the third, contrairement à ce qu'un Français attendrait d'un monarque, raconte sa vie. Il est affligé par la perte de sa mère, et considère avec un peu d'inquiétude le changement de vie, et les responsabilités, qu'il va devoir affronter. 

Qui voudrait être à sa place ? Son existence est à rebours de celle que nos gouvernements ont rêvé pour nous : après 73 ans de retraite, il entre dans la vie active. 

Charles, décidément, n'est pas français ? Il réfléchit avant d'agir ? Au temps où on parle tant de RSE, sans savoir ce que cela signifie, une leçon de responsabilité ?

vendredi 22 juillet 2022

Grosse chaleur

Il y a deux décennies, mon travail m'a fait visiter l'Espagne. Un soir j'arrive à Jeres, au sud du pays. A l'entrée de la ville, un panneau indique la température : 42°. 

Paradoxalement, ce que j'ai retenu des 6 semaines que j'ai passées à faire des allers et retours entre la France et l'Espagne n'est pas d'avoir eu chaud en Espagne, alors que je devais porter costume et cravate, et sillonner le pays en voiture, en pleine journée, mais d'avoir eu froid en France. Je me souviens, par exemple, d'un atterrissage à Orly, et d'une température de 12°. 

Ces derniers temps j'écoutais les nouvelles d'Angleterre. La canicule y a battu tous les records : 40,3°. Et Londres a été victime d'incendies spontanés. On parlait aussi de feux dans le sud ouest de la France. Ce qui m'a rappelé d'autres souvenirs : ceux de mon grand père qui avait vu des incendies gigantesques ravager Les landes, après guerre ; et, plus tard, mes vacances dans ces mêmes Landes : les pompiers du haut de miradors y repéraient immédiatement tout comportement suspect. Il n'y avait plus d'incendies. 

Quel est le phénomène qui caractérise le mieux notre temps : le réchauffement climatique, ou l'irresponsabilité collective ? 

samedi 21 août 2021

Il n'y a que l'intention qui compte ?

Abélard aurait été à l'origine de l'idée que l'intention compte seulement, pas l'acte, lisais-je. 

Ce qui m'a fait penser à un cousin qui a été renversé par une conductrice, qui, découvrant qu'elle était entrée dans un sens interdit, avait fait une brutale marche arrière. Evidemment, aucune intention de nuire.

Heureusement que notre justice ne fait de l'absence d'intention qu'une circonstance atténuante ?

Il est vrai qu'il est difficile d'établir les intentions. Mais, peut-être, savoir que l'on peut être condamné sans même avoir l'intention de mal faire, amène l'homme à éviter de suivre ses impulsions ? Nous ne sommes pas supposés ne pas maîtriser nos actes ? Principe de la responsabilité civile ?

dimanche 27 octobre 2019

Ma responsabilité est engagée

La France a deux caractéristiques. D'abord, elle concentre tous les pouvoirs en quelques mains. Ensuite, elle possède un système de sélection particulièrement sévère qui ne retient que le plus intelligent.

Or, tout Français constate que ces gens omnipotents et supérieurement intelligents ne font rien. Qui peut faire changer les choses dans ces conditions ? Et si c'était vous ? Et si c'était votre responsabilité ?

lundi 3 novembre 2014

Virgin Galactic : confions notre vie à l'entreprise ?

Deuxième fusée privée qui explose. Cette-fois ci, il s'agit de celle de Richard Branson, qui voulait l'utiliser dans quelques mois pour transporter dans l'espace des voyageurs. (La première est ici.)

Etrange ? Donc, le projet était loin d'être au point et pourtant on comptait lui donner tout de suite une application commerciale ! Comme l'histoire du gluten, cela pose une question importante. La capacité à assurer la sécurité collective de l'entreprise est-elle suffisante pour qu'on lui confie une part aussi importante de notre vie qu'on le fait aujourd'hui ? Ne serait-il pas grand temps que la main visible de la société se remette à réguler l'entreprise ?

Antares Orb-3 launch failure (201410280009HQ).jpg
Devons-nous confier notre sort à l'entreprise privée ?

samedi 12 juillet 2014

Bretigny et systémique

L'affaire de Bretigny (billet précédent) m'a fait penser à un film que je n'ai pas vu. Je ne suis pas sûr que mon histoire soit correcte, mais c'est l'esprit qui compte ! Un homme condamné à l'immobilité donne des lettres à ses amis. Chacun est un élément d'une chaîne qui fabrique et va lui administrer un poison. Mais personne n'est au courant. Ils vont le tuer, sans être responsables de sa mort. 

Je me demande si ce conte systémique n'est pas à l'image de notre société. Elle a été éclatée, si bien qu'il n'y a plus aucune responsabilité. Vraiment ?

Nous ne sommes pas forcés d'exécuter ce que nous dit la lettre. La législation sur les contrats est claire à ce sujet. Un point essentiel du contrat est "l'intention" de chacun de ceux qui le forment. N'en est-il pas de même dans la vie ? Notre responsabilité première n'est-elle pas de nous demander quelle est "l'intention" (éventuellement inconsciente), qui se cache derrière ce que l'on nous demande ?

L'exécutant est coupable de ne pas avoir voulu être responsable ?

mercredi 30 octobre 2013

Redécouvrons les mérites de la bureaucratie ?

La bureaucratie c’est le mal. Voici ce que répétaient les textes que je devais lire à l’Insead. Et pourquoi je suis surpris de tomber sur un article qui dit le contraire. Et qui vient du blog de Harvard.

Le mal de la bureaucratie, selon ce billet ? La déresponsabilisation. Mais il est facile d’y remédier.
Ce qu’il y a d’étrange, quand on y réfléchit bien, c’est qu’après des décennies de lutte contre la bureaucratie, on a abouti à des entreprises hyper bureaucratiques. Pourquoi ?

Mes parents étaient des fonctionnaires. Le sens de l’appartenance et du devoir était leur caractéristique. Il en était de même pour beaucoup d'employés des entreprises d'après guerre. Car elles étaient toutes plus ou moins paternalistes. La lutte contre la bureaucratie a été une lutte contre ces humbles. Elle a conduit à les dégoûter de leur travail. Si bien qu’on en est arrivé à une organisation faite d’ordinateurs et d’exécutants. Une bureaucratie. 

vendredi 16 novembre 2012

Garder le contrôle de son sort dans un monde incertain

Les troubles psychosociaux causés par l’entreprise sont dus à « l’irresponsabilité », explique un de mes cours. Nous devenons fragiles lorsque nous perdons le contrôle de notre sort, lorsque nous sommes en situation d’irresponsabilité. Oui, mais nous n’avons aucune maîtrise des événements, me dit-on !
J’ai trouvé une réponse qui satisfait mes interlocuteurs. Bizarrement, elle vient d’une méthodologie de conception destratégie que j’utilise depuis une bonne quinzaine d’années. Elle dit ceci :

Quand vous êtes face à un environnement incertain, pensez à trois techniques :
  1. Modifiez l’avenir à votre avantage.
  2. Développez vos capacités d’adaptation.
  3. Acquérez des compétences qui pourraient vous être utiles au cas où. (Stratégie dite de « l’option ».)
En fait, elles sont complémentaires, et doivent être utilisées ensemble. Voilà l’application qu’en font les gens à qui j’en parle :

Modifier l’avenir à son avantage
Ici, il s’agit essentiellement de se faire des amis, si possible puissants. Ou d’utiliser ceux que l’on a, à bon escient. De cette façon, on peut voir arriver beaucoup d’événements bien avant qu’ils ne nous surprennent, s’y préparer, et éventuellement les orienter dans une direction favorable.
Ce n’est pas pour autant que l’avenir sera parfaitement stabilisé, mais il y aura beaucoup de mieux.

Développer ses capacités d’adaptation
Il est curieux à quel point nous sommes contraints. Nous avons très peu de temps pour faire autre chose que ce que nous faisons ordinairement, et nous avons une vision étroite de qui nous sommes. Si vous êtes ligoté par votre train-train, vous ne pouvez que subir, et souffrir.
L’incertitude exige, au contraire, d’avoir du temps libre. Pour pouvoir écouter son environnement, y voir apparaître des signaux annonciateurs de changement ; et pour pouvoir réagir.
Au début d’un changement, j’annonce à mes clients qu’ils doivent dégager 50% de leur temps pour s'occuper d'imprévu. Ce qui les surprend.

Apprendre
La troisième tactique est la plus compliquée à mettre en œuvre. Que doit-on apprendre ?
Il me semble qu’il faut faire comme l’entrepreneur. L’entrepreneur navigue dans le plus complet incertain. Or, il n’a pas de réelle stratégie, il saisit sa chance. Il a « envie » de faire des choses et il les fait. Et à force d’accumuler des savoir-faire il parvient à une masse critique d’où sortent une nouvelle idée, un nouveau marché, et une nouvelle entreprise. En environnement incertain, l’homme doit probablement chercher à s’enrichir en permanence.
Il est bon pour la santé d’être curieux ? Au moins, cela donne un sens à la vie : le chaos devient source d’émerveillement.

vendredi 29 juin 2012

Les médias sociaux peuvent-ils révolutionner ma communication ?


Le cas. Soit un individu. Que peut-il dire sur Internet ? Que doit-il ne pas dire ? Quelles sont les conséquences d’une prise de parole ? Devons-nous avoir une stratégie de publication sur Internet ?...

Au fond, pour bien utiliser Internet, il faut être responsable au sens de la loi française. C'est-à-dire assumer les conséquences de ses actes.

Attention aux traces ! Tout ce que l’on y publie peut être retrouvé par Google. (Facebook fournit un espace, un peu, protégé.) Les risques ? Multiples et subtils : paraître puéril (le pire ?), diffamation involontaire, révéler ses absences à un cambrioleur, etc.

Mais il y a aussi du positif - tout aussi subtil. Internet nous permet de dire du bien de celui dont on en pense le plus : soi. C’est un moyen unique d’expression de son narcissisme. Mais ce narcissisme, s’il est exprimé intelligemment, peut avoir le même effet que la communication d’une entreprise : il fait de nous une marque, « moi 2.0 ». Pour cela, tout tient à la « manière de le dire ». Ce n’est pas tant le fond qui compte, que sa « capacité à se mettre en valeur ». Nous pouvons tous être séduisants !

lundi 18 juin 2012

Dieu et le sens de la vie

Jeudi matin j’entendais un écrivain portugais reprendre l’idée de Dostoïevsky selon laquelle sans Dieu la vie n’a pas de sens. Je n’en suis pas sûr.

Pour moi le besoin de sens est propre à la raison humaine. Sa caractéristique est de mettre tout en lois. De ce fait, elle a besoin, par souci de cohérence, d’une raison supérieure et bienveillante.

Mais ce n’est pas l’unique moyen de lui éviter la folie. En effet, l’homme crée une société rationnelle, à son image. En tenant compte de quelques contraintes, naturelles, il construit, donc, le sens de son existence. D’une certaine façon, elle ne se justifie pas par son passé, mais par son avenir. Il est responsable de son sort. 

lundi 11 juin 2012

Qu’est-ce que l’union bancaire ?

On nous parle d’union bancaire, de quoi s’agit-il ?
un pouvoir central et des moyens de financement nécessaires pour réguler et superviser les banques, recapitaliser celles qui sont fragiles et assurer les dépôts. (Slouching towards a banking union)
Bref, ce qui se met en place, poussivement, semble être une sorte de dispositif d’assurance du système bancaire européen, indépendant des États.

Cependant, je m’interroge : la crise actuelle n’est pas due qu’à des emprunteurs inconscients mais aussi à des prêteurs qui ne l’étaient pas moins. Ce système garantira-t-il que ces derniers fassent preuve d’un peu plus de sens des responsabilités ?


dimanche 10 juin 2012

La crise en Europe : une question de responsabilité ?

Difficile de savoir ce qu’il se passe en Europe, et qui a raison ou tort. Début d’enquête :

Apparemment, le combat de Mme Merkel « porte sur le problème central : est-ce que dette et responsabilité restent liées l’une à l’autre ? » Pour cela, elle désirerait une union fiscale, mais aussi un fédéralisme qui semble sous entendre contrôle du parlement européen, parlement qui devrait représenter le poids respectif des peuples. L’Allemagne voudrait aussi taxer le secteur financier.

Les Anglo-saxons, pour leur part, semblent désirer une solution rapide, « quick and dirty ». La position de la France, et du reste de l’Europe du sud paraît proche de celle des Américains. Curieusement, le gouvernement socialiste aurait un avis identique à celui de M.Sarkozy : pas de fédération, une Europe des nations.

L’Europe du sud semble surtout passive. Elle attend que la crise force la main de Mme Merkel ? Or, l'Allemagne se porte remarquablement bien : son opinion publique est probablement peu sensible à ce qui se passe ailleurs.

Conclusion provisoire ? Mme Merkel semble avoir raison : il ne peut pas y avoir d’union sans un minimum de confiance réciproque, ce qui signifie un comportement responsable. Mais, ce qui est inquiétant, est que les gouvernements européens ne paraissent pas se parler. Ils campent sur leurs positions. S’ils veulent que les peuples soient responsables, ne devraient-ils pas montrer l’exemple ?

Compléments :

mercredi 23 mai 2012

Google : mauvaises associations

J’entendais ce matin la radio dire qu’une nouvelle fois Google serait attaqué en justice. On reproche à son moteur de recherche de faire des associations désobligeantes (le nom des candidats serait spontanément associé à « juif »).

Google répond que ce n’est pas sa faute, puisque l’association est calculée par un algorithme.

Curieux problème. Le fabricant de voiture est-il coupables des accidents provoqués par des chauffards ? Cela pose probablement la question de la responsabilité.

Une tendance dominante de la pensée des affaires, anglo-saxonne, estime que du mal naît le bien, que, pour que l’économie donne son meilleur, l’entreprise doit être irresponsable (i.e. suivre de manière monomaniaque son intérêt), c’est le marché qui fera le ménage.

Par contre, il semble que notre loi repose sur la notion de responsabilité, c’est-à-dire que chacun est supposé être concerné par les conséquences de ses actes.
Le principe général de la responsabilité civile est exposé par l’article 1382 du Code Civil : «Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.» La responsabilité civile vise donc à réparer le dommage causé à la victime. (La responsabilité civile.)
(Une citation qui a été trouvée grâce aux associations de Google!)

vendredi 6 avril 2012

Guerre des générations

L’inattendu du travail de Dominique Delmas sur Konrad Lorenz est la révélation que les années 60 ont été pour certains l’annonce de la fin du monde. Cela paraît étrange, aujourd’hui, qu’une période de paix et de plein emploi, de bonheur tranquille pour beaucoup d’Occidentaux, ait pu susciter une telle angoisse.

Peut-être y a-t-il là une loi de la nature ? Celle appelée par les scientifiques « du jeune et du vieux con » ?

Lorenz dénonçait la génération de la consommation, qui, elle-même, l’accusait d’avoir une guerre mondiale et un génocide sur la conscience. Aujourd’hui, nous condamnons la génération Y, qui nous demandera demain des comptes quant au chômage auquel nous l’avons livrée…

Mais ne sommes nous pas les parents de nos enfants, ne nous doivent-ils pas leurs vices ? Et, à l’envers, ne leur remettons-nous pas les clés du monde, donc, s’ils périssent, n’en seront-ils pas plus responsables que nous ?

Et si la haine intergénérationnelle était un moyen de ne pas assumer ses responsabilités ? Et si nous devions nous préoccuper de faire changer le monde, plutôt que de nous insulter ? Et si nous étions enfin responsables ?

lundi 26 mars 2012

La justice, un caractère inné de l'homme, en danger!

LORENZ a n'a pas fini de me surprendre, je poursuis ma lecture des huit péchés capitaux de notre civilisation (Flammarion éd.1973).
LORENZ y aborde un sujet sensible (voir les articles précédents de Christophe): la dégradation des espèces.

Instinct et société

LORENZ nous dit que tout n'est pas programmé par la phylogenèse et que l'homme est influencé par l'apprentissage et l'éducation ce qui lui évite d'être le jouet irresponsable de ses instincts. Aussi, toute vie sociale ou culturelle suppose que l'homme apprenne à dominer ses instincts.
Mais le pouvoir qu'exercent la raison et le sens des responsabilités n'est pas illimité, il est juste suffisant chez un être normal pour lui permettre de s'insérer dans la communauté socio-culturelle.
L'homme selon LORENZ, reste un être de civilisation et ses impulsions naturelles et leur contrôle conscient, imposé par la société, forment un système unique à l'intérieur duquel ces deux facteurs sont complémentaires.
Une légère dose de plus ou de moins provoque des perturbations plus facilement que ne le pensent la plupart des gens inclinés à croire à la toute puissance de la raison humaine et de l'éducation.
LORENZ nous précise, au passage, qu'il vaut mieux prévenir que guérir, c'est à dire qu'il est beaucoup plus aisé d'éviter l'acquisition d'un trouble que de le soigner.

Dans ce même chapitre, LORENZ évoque un courrier reçu d'un spécialiste du droit comparé , Peter SAND, qui a découvert qu'il existe des grandes similitudes de structures entre différents systèmes juridiques à travers le monde, il donne plusieurs explications :
  • l'existence d'un droit naturel,
  • des échanges entre les cultures (comportements acquis par imitation),
  • une nécessité écologique (adaptation au milieu, à l'infrastructure)
  • des expériences individuelles.
Ce spécialiste du droit, après avoir lu LORENZ lui avoue que ce "travail austère", l'a convaincu que "ce mystérieux sentiment qui permet de discerner le bien et le mal provient essentiellement de comportements innés caractéristiques".
LORENZ conclut que ce sentiment inné de la justice datant de la phylogenèse est destiné à prévenir l'infiltration d'éléments asociaux dans la société.

Autodomestication

Jusque là ces travaux nous montrent combien l'homme a été bien équipé pour faire face à ses responsabilités.
C'est là que LORENZ évoque le risque chez l'homme, des dégâts que cause le phénomène de domestication qu'il a observé chez de nombreuses espèces et par exemple chez les poissons élevés en piscicultures, qui perdent leur dispositions génétiques à s'occuper de leurs petits.
Il remarque que ce sont les mécanismes les plus hautement sophistiqués et donc les plus récents qui se dérèglent le plus facilement, tandis que les instincts universellement partagés, s'accoupler et se nourrir, s'hypertrophient.
LORENZ note que l'amour maternel, le dévouement à la famille et à la société mais également le besoin de s'alimenter ou de se reproduire sont aussi des comportements programmés de l'instinct.
La domestication provoquerait des modifications génétiques et des comportements comme la précocité sexuelle, la jeunesse persistante, l'intolérance au déplaisir, une carence du sentiment de responsabilité qui traduisent une immaturité sociale de l'individu affecté d'un manque de considération pour les autres.
Ces derniers traits sont ceux des petits enfants et pardonnables pour leur âge. En revanche l'homme mûr se caractérise par le travail patient en perspective d'atteindre un but éloigné, la prise de responsabilité et les égards pour autrui.
L'individu infantilisé est irréfléchi, il se dresse contre l'ordre social, et partant contre ses parents tout en souhaitant bien être entretenu par cette même société et ses parents.
Lorsqu'on observe notre société actuelle, avec peut être, le prisme déformant de la presse, on note des inquiétudes grandissantes sur l'hypersexualisation des enfants, l'obésité croissante, l'immaturité nouvelle des collégiens et lycéens en panne d'autonomie dans leurs devoirs, les caractéristiques de la génération Y (tout tout de suite), le terroriste individuel... ne peut on y voir la confirmation des alertes de LORENZ sur le risque de domestication qui menace l'homme?
Et tout comme LORENZ, il faut préciser déjà que "la jeunesse moderne ne souffre nullement d'un manque de sentiment social et moral elle n'est pas aveugle aux vraies valeurs, les jeunes sentent bien que quelque chose est pourri, non seulement au royaume du Danemark mais bien davantage dans beaucoup d'Etats".

Suivons donc l'adage rappelé par LORENZ " prévenir plutôt que guérir". Nous empêcherons que ces petites diodes rouges allumées par LORENZ ne se transforment en un point rouge de sniper embusqué prêt à tuer.
Retrouvons le sens des responsabilités et de l'effort patient en perspective, le respect d'autrui et abandonnons la course à la consommation.
C'est certainement le changement primordial.



vendredi 15 juillet 2011

De l’art de l’irresponsabilité

USA dans l'impasse. Le pays est en faillite si sa limite d'endettement autorisée n'est pas relevée. Les Républicains refusent de le faire à moins d'un programme de réduction des dépenses féroce, sans aucune augmentation d'impôts. Situation critique. Un sénateur républicain a trouvé la solution suivante : le gouvernement pourra augmenter la limite d'endettement sur veto du président. L'endettement aura cru - et le pays sera sauvé, sans que les Républicains en soient responsables. Élégant.

L’art politique ultime semble celui de l’irresponsabilité, et ce n'est pas vrai qu'aux USA. (Debt ceiling: With irresponsibility comes power | The Economist)

Compléments :
  • Comment répondre à une tactique irresponsable ? Mise en œuvre, elle aboutit à une impossibilité. Si l’irresponsable passe à l’acte il est échec et mat. Cependant, l’exemple d’Hitler le montre, il peut alors entraîner le pays dans une spirale de prédiction auto-réalisatrice. (Troisième Reich.) L’expérimentation doit donc être aussi rapidement autodestructrice que possible. 

lundi 18 octobre 2010

Société Générale et recrutement

Un avocat m’explique la stratégie de la Société Générale dans l’Affaire Kerviel : en faisant sauter toute la hiérarchie de J.Kerviel elle a cherché à démontrer qu’elle avait été abusée. Ce qui prouvait son innocence. Comme le disait mon père, « le Français invente le droit ». Eh bien, j’ai inventé le droit en pensant que supprimer tous ces gens était plaider coupable.

Cette histoire m’a aussi rappelé des discussions récentes avec des entrepreneurs. Tous m’ont dit qu’ils devaient leur succès à la chance, et que leur plus grosse peur était un mauvais recrutement ; qu’ils avaient apporté un soin particulier au processus de recherche et d’intégration des nouveaux, qu’ils suivaient personnellement. Pourquoi la Société Générale n’a-t-elle pas paru obsédée, comme eux, par les risques d’un mauvais recrutement, sachant que le dit recrutement manipulait 50md€ ?

Selon mon interlocuteur, une évolution du principe du management en est la cause. Il est devenu financier. Il a oublié le métier de l’entreprise. C’est cette disjonction qui est à l’origine des suicides et, plus généralement, des problèmes de santé au travail et de harcèlement. En effet, elle l’amène à demander ce qui n’est pas possible à ses employés. Il me dit que l’entreprise s’est « déresponsabilisée » au sens où elle prend des décisions dont elle ne comprend pas (et assume encore mois) les conséquences. 

Compléments : 
  • Article 1382 du Code civil. Créé par Loi 1804-02-09 promulguée le 19 février 1804 : 
Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer.