mardi 3 août 2010

Sarkozy et l’immigration

Et si ses déclarations concernant les immigrés naturalisés mais mal intégrés n’étaient pas que simple politique ? Influencé par les idées de Michel Onfray sur Freud, j’en viens à les appliquer à N.Sarkozy :

Son père est un immigré de première génération qui aimerait que ses enfants se souviennent de leur passé hongrois (cf. présentation de ses mémoires), donc pas intégré du tout. Son grand-père maternel est originaire de Salonique. Sa femme est arrivée en France parce que, selon un film de sa sœur, leur père trouvait l’Italie peu sûre pour les milliardaires. Et elle a été naturalisée après leur mariage. Et lui-même n’a-t-il pas déclaré sa passion à George Bush et à l’Amérique, en début de mandat ? L’Amérique ne serait-elle pas un pays plus favorable à ses valeurs que le nôtre ? Aspirations refoulées à l’émigration ?

Politique comme rationalisation (?) d'un amour / haine pour l’immigré ? En particulier vis-à-vis de son père ?

Ceci n’a rien de scientifique, mais c’est curieux tout de même.

Compléments :

Origines du ressentiment de l’Allemagne pour la France

Pourquoi l’Allemagne nous en a-t-elle tant voulu et a-t-elle insisté pour nous faire trois guerres, qui l’ont dévastée ?

Parce que lorsqu’elle était faible, et la France forte, au XVII et XVIIIème siècles, c’était notre territoire d’exercice : « l’Allemagne devient le champ de bataille de la grandeur française. » Nos troupes la saccageaient en long, en large et en travers lors de guerres interminables qui lui firent perdre la moitié de sa population (guerre de Trente Ans), que c’est là que Louvois a expérimenté son innovation de la « terre brûlée », que les rois de France en extrayaient des territoires à l’image de ce que firent en Chine les puissances européennes.

Curieusement, « La France devient l’ennemi héréditaire de l’Allemagne », alors que de notre côté, nous n’avons pas de sentiment particulier à son endroit.

Enseignement pour tous les bienpensants ? Ce qui contente leur conscience fait le malheur d’autrui et leur vaut des ennemis mortels ?

(Suite de ma lecture d’Histoire de l’Allemagne de Joseph Rovan.)

La campagne à la ville

Une émission entendue hier sur RFI. Les insectes se réfugient dans les villes. C’est seulement là qu’ils peuvent vivre en paix, sans insecticide. À la campagne ils sont bombardés de pesticides, et leur situation est encore plus difficile dans les jardins : pesticide en masse + pelouse et thuyas qui forment une sorte d'environnement antiseptique hostile à la vie.

Peut-être est-il temps de repenser notre industrialisation de la nature ? 

Les hommes qui voulurent être rois

Je perçois l’élite anglo-saxonne comme les héros de la nouvelle de Kipling, L’homme qui voulait être roi : elle a cru pouvoir dominer le monde comme jadis l’Anglais dominait des peuples inférieurs (son prolétariat et ses colonies).

Le Consensus de Washington, la nouvelle économie, Jeffrey Skilling et Enron… c’était cette élite, fort brave d’ailleurs, à la conquête du monde. Car, contrairement à notre idéologie française qui croit à des principes universels, scientifiques, celle de l’Anglo-saxon lui dit que « qui veut, peut ». Qu’il est un élu dont la fin justifie les moyens. Contrairement à nous il n’est pas victorieux parce que juste, mais juste parce que victorieux. Il doit façonner le monde à l’image de ses rêves, de boutiquier.

Aujourd’hui la désillusion doit être grande. Cette élite doit voir avec inquiétude, comme Hayek après la seconde guerre mondiale, s'approcher de sa belle liberté l'ombre hideuse de la société de médiocres qu’elle n’a pu asservir .

Compléments :
  • HAYEK (von) Friedrich A., The Road to Serfdom, University of Chicago Press, 1994.

lundi 2 août 2010

Capital investissement en folie ?

Les fonds de capital investissement s’achètent leurs participations les uns les autres (Picard Surgelés en est à son troisième fonds). Les prix dépassent les records de 2007 ! Or, contrairement à cette époque, les fonds n’ont plus d’accès à la dette et doivent donc payer cash.

Irrationalité des marchés ? Non : les fonds ont levé énormément d’argent, et s’ils ne le dépensent pas, ils devront le rendre

Les économistes appelleraient probablement ce problème, celui de « l’agence » : le gestionnaire du fonds fait passer ses intérêts avant ceux de ses investisseurs. En tout cas, ceci est bon pour les intermédiaires financiers et pour tout ceux qui ont une entreprise à vendre.

Compléments :

Libéralisme

En réfléchissant à ce blog, je découvre que l’on y trouve deux définitions de « libéralisme », au moins dans son acception initiale :
  • Celle de Rousseau, pour qui la liberté de l’homme ne s’obtient que par une « égalité de puissance » : aucun homme ne doit pouvoir en asservir un autre. Avec regret d’un paradis perdu.
  • Celle de Mill, qui pense que la société doit, avant tout, créer des hommes de caractère. C’est de l’affrontement de leurs idées que surgira le progrès et le bien.
Il est possible qu’il faille mélanger les deux : la société doit développer des individus vigoureux, faire fructifier leurs talents, mais veiller à ce qu’ils ne puissent pas souffrir d’une insuffisance de « pouvoir ». (Ce à quoi Mill était sensible : cependant, il avait surtout peur que l’individu d’exception ne soit écrabouillé par la masse.)

dimanche 1 août 2010

Homme providentiel

Quel est le poids de l’homme providentiel dans la marche de l’histoire ? Je me pose cette question à l’occasion de la Réforme allemande (ma lecture du billet précédent).

Luther était peut-être exceptionnel, mais il était un homme de son temps. Et ses idées plaisaient beaucoup aux puissants à qui elles donnaient les biens de l’Église. D’ailleurs elles prônaient le respect de l’ordre et de la hiérarchie. Par contre, les dits puissants n’ont pas toléré des variantes de gauche, égalitaires, de la pensée de Luther, telles celle de Müntzer.

La Réforme suscite des révoltes de petits nobles et de paysans qui accélèrent le grand changement social en cours. Il voit l’Allemagne se fédérer en principautés unifiées, qui asservissent les dits nobles et paysans, et tiennent à distance un empereur faible.

Je doute de plus en plus de l’homme providentiel, les sociétés ont des cours dont il est bien difficile de les faire dévier. 

Intolérance

Lorsque nous parlons des guerres de religion et de la révocation de l’édit de Nantes, il est habituel de déplorer la stupidité de la France, son aveuglement.

Or, en lisant Histoire de l’Allemagne de Joseph Rovan, je découvre qu’il en était partout de même, « puisque tolérer l’erreur est un crime envers Dieu ». Et il faudra à l’Allemagne la boucherie de la guerre de Trente ans pour comprendre qu’elle ne peut pas uniformiser ses croyances qu’elle doit être une fédération d’unités homogènes.

Vivrions-nous à une époque ignorante et révisionniste ?

Michel Onfray et Freud

J’entends des bribes de la démolition de Freud par Michel Onfray, sur France Culture. Vu le manque d’exhaustivité de mon écoute, mon opinion ne peut être que partiale :
  • Je partage au moins son idée que Freud a abusé du terme « scientifique ». Comme Marx, Taylor et les économistes modernes, il a probablement appelé sa pensée « scientifique » pour des raisons de marketing. Mais ses « diagnostics » m’ont toujours paru risibles, d’autant plus qu’ils se prêtent à la prédiction auto-réalisatrice. Michel Onfray va plus loin et présente Freud en malade, pathologiquement pervers, qui fait une science de sa maladie.
  • Je pense aussi comme lui que Freud a été le fruit de son temps : il a surfé sur la vague de la libération sexuelle qu’a générée, en réaction, la rigueur victorienne.
  • Michel Onfray dit que la psychanalyse permet de comprendre Freud et personne d’autre. Il est certain que nous voyons tous midi à notre porte. Mais cette porte peut aussi être celle de beaucoup de gens. Et c’est pourquoi nous avons eu quelques penseurs dont les découvertes ont eu une portée universelle. Le rôle de la société est aussi de faire le tri entre ce qui marche et ce qui ne marche pas dans les travaux d’une personne, de même qu’elle a éliminé l’alchimie de l’œuvre de Newton (qui d’ailleurs était probablement une sorte d’autiste).
Et c’est peut-être là où Michel Onfray s’égare. Il affirme que l’homme est un animal comme les autres, que l’éthologie est utile à son étude. C’est faux. L’homme est un animal politique, il a la capacité de créer des sociétés, et ces sociétés, en retour, lui permettent de se spécialiser, par exemple de consacrer sa vie à la philosophie.

Complément :
  • Michel Onfray croit que l'homme a longtemps pu penser trouver dans ses idées la vérité, parce qu'il se croyait d'essence divine. Plus de Dieu, plus de certitude. L'introspection de Freud est un délire. Mais il n'y a pas besoin d'être Dieu pour approcher de la vérité (ou de quelque chose qui en fait office) : il suffit de regarder autour de soi et d'essayer d'en tirer des enseignements. D'ailleurs, l'homme appartenant à la société, il est bien placé pour comprendre les troubles de ses semblables. 

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Mes derniers thèmes de réflexion :

Évolution de la France
La zone euro survit
Transformation mondiale
L’Amérique face à ses contradictions ?
Changement en Angleterre
Changement en Chine
  • La Chine semble vouloir protéger et enrichir son peuple, mais le changement ne se fait pas comme dans les livres d’économie mais par une transformation sociale compliquée (Japonais en Chine, Chine et Yuan).
Changement au Japon
Internet nous transforme
Deux livres
  • La société contre l’homme : la particularité de l’homme c’est d’être une machine à créer en groupe, mais sa créature, la société, le malmène.
  • La société féodale. Les grands pays européens avaient déjà le caractère que nous leurs connaissons il y a un millénaire.