dimanche 10 mars 2013

Internet sera-t-il chinois ?

Des bénéfices du dirigisme ? La Chine apporte des transformations critiques à sa partie d'Internet. Ce dont est incapable le reste du monde. Cela pourrait donner à ses entreprises un avantage décisif sur leurs concurrentes...

Et si nous étions des virus ?

Donella Meadows dans le billet précédent s’étonne que nous soyons aussi peu systémiques. Nous faisons tout le contraire de ce qu’il faudrait. Nous nous autodétruisons comme à plaisir.

J’en suis récemment arrivé à une théorie qu’elle ne semble pas avoir prévu.

La vie est une lutte de tous les instants entre le système et le non système, par exemple le virus. C’est le second qui fait évoluer le premier, qui le force à l’innovation, à se renouveler. Il en est d’ailleurs de même dans les écosystèmes naturels : un incendie amène le système à se transformer. La réelle résilience n’est pas une capacité à se relever d’un choc, mais à se réinventer.

Et si notre période était non systémique, parce que, justement elle est ascendant virus ? 

samedi 9 mars 2013

Thinking in Systems de Donella Meadows

Nous pensons mal et cela pourrait nous coûter cher : MEADOWS, Donnela H., Thinking in systems, Chelsea Green, 2008. Une introduction à la dynamique des systèmes.

Qu’est-ce qu’un système ? Des « éléments », « interconnectés », le tout tendant à réaliser un « objectif ». La « structure » qui constitue le système ne lui permet que certains types de « comportements ». Exemple ? Le thermostat.

Le monde est fait de systèmes, alors que nous croyons à la ligne droite. Du coup nous nous enfonçons dans des cercles vicieux. Un des plus remarquables est peut-être celui du PIB, « en résumé, il mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue ». Quand au libre échange, il est naturellement instable et conduit au monopole. Et notre enfer est pavé par notre génie. Pas assez de poissons pour des pêcheurs ? Le progrès leur permet de mieux nettoyer les fonds. Résultat : le poisson ne se renouvelle plus. Parmi beaucoup d'exemples.

Il y a même des typologies de pièges. Echantillon de mes préférés :
  • « Le transfert de charge ». Plus l’on s’occupe de vous plus vous vous laissez aller. Mal français et de son Etat tuteur ? Plus on vous soulage d’un symptôme plus sa cause vous prend sous sa coupe. 
  • La « dérive vers la médiocrité ». C’est peut-être ce qui arrive au monde. On ne voit que ce qui se dégrade, « des attentes de moins en moins élevées, moins d’efforts, moins de performance ».
A vrai dire, l’on y met du nôtre. Par exemple, nous recherchons la stabilité alors, qu’au contraire, il faut de la diversité. En effet, plus le système est complexe, plus il est résilient, plus il est durable. La particularité des systèmes est qu’ils ont des points faibles, sur lesquels agir. Intuitivement, nous savons où ils sont. Mais, curieusement, nous faisons le contraire de ce qu’il faudrait.

Message du livre ? Il faut changer radicalement d’attitude à la vie. On ne peut faire évoluer un système si l’on ne le prend pas dans son intégralité. Or, nous sommes devenus petits, médiocres, myopes et mesquins. En un mot : anti-systémiques. Nous devons prendre une vue aussi large que possible, qui embrasse le très long terme, le large espace, toutes les disciplines, la rationalité et l’intuition. Qui remette tout en cause. Qui aime la complexité, et l’incertitude. Et surtout redevenir exigeants, rechercher la perfection, et retrouver une moralité sourcilleuse.

vendredi 8 mars 2013

Ayn Rand

Ce blog m’a fait découvrir Ayn Rand. Et je viens de lire sa biographie. HELLER, Anne C. Ayn Rand and the world she made, Doubleday, 2009.


Une vie une œuvre
1905, Ayn Rand naît en Russie dans un milieu juif aisé. Son père fait prospérer la pharmacie de la famille de son épouse, qui, elle, est surtout préoccupée de pénétrer la plus haute société pétersbourgeoise. La révolution russe change tout. Déprimé par l’injustice du nouveau régime, le père arrête de travailler. De manière inattendue, sa femme se révèle pleine de ressources. Elle nourrit la famille en traduisant en russe des romans prolétariens étrangers.  Ayn Rand va à l’université. Le nouveau régime n’a pas que des désavantages.
Très tôt, elle a décidé de partir aux USA. La solidarité de sa famille étendue lui permet de s’y installer. En dépit d’un anglais approximatif, elle travaille comme scénariste pour Hollywood. Après quelques années un peu incertaines, pendant lesquelles elle est dépannée par sa famille américaine, et celle de son mari, un de ses livres, The Fountainhead, connaît un énorme succès. Ce qui sera aussi le cas du suivant, Atlas shrugged, qu’il lui faudra 13 ans pour écrire. Elle devient l’objet d’un culte. Elle est entourée de cercles concentriques de disciples. Monde totalitaire. Aucune contradiction n’est permise. Ceux qui lui déplaisent sont purgés. Mais, ce n’est pas le succès qu’elle attendait.

Ses idées
Ayn Rand pensait être le plus grand philosophe vivant, voire le seul philosophe ayant jamais vécu. Son œuvre est faite de romans. Ses deux principaux parlent, respectivement, d’un architecte et d’un ingénieur. Elle prône « l’égoïsme » au sens « ego » du terme. L’être exceptionnel doit suivre le diktat de sa raison. Même ses émotions sont rationnelles. Son ennemi est « l’altruisme », i.e. l’idée que l’être de talent doit faire profiter de son génie la société, qui n’en a pas (Marx). Le surhomme contre la masse.

Ses suiveurs
Elle croyait que les humains exceptionnels se retrouveraient dans son œuvre. Ce ne fût pas le cas. Ses admirateurs venaient des professions scientifiques ou techniques (ingénieurs, médecins…). Et elle était entourée d’un groupe de jeunes juifs qui semblaient rechercher chez une seconde mère un remède à leur immaturité. L’un d’entre eux, qui joue un rôle décisif dans la diffusion de son message, change même son nom en Branden, « ben Rand », fils de Rand !

Les recettes de l’individualisme
Anecdote. Assez âgée, elle découvre que sa sœur préférée est en vie. Elle la fait venir d’Union soviétique. Mais voilà que cette sœur aime mieux l’URSS que les USA (au moins en URSS, on peut rêver de liberté !) ; qu’elle hait ses livres, mais recherche ceux de Soljenitsyne ; et que, lorsqu’elles étaient enfants, elle la considérait comme une tortionnaire ! Ayn Rand était incapable de comprendre l’autre. Toute son œuvre a consisté à rationaliser ce vers quoi la poussait son intérêt. Par exemple elle désirait prendre comme amant le jeune Nathaniel Branden, qui avait 25 ans de moins qu’elle. Elle a démontré à la femme de celui-ci, et à son mari, qu’il était logique qu’ils la laissent faire à son gré.
C’est, d’ailleurs, peut être, « l’altruisme » qui est la raison de son succès. Non seulement, elle a oublié de repayer leur dû à ceux qui l’ont aidée à venir et à survivre en Amérique, mais ce sont les faibles qui ont acheté ses livres. Quant à son mari, qu’elle avait choisi pour son physique, elle en a fait un homme objet alcoolique.
Comment naissent les individualistes ? me suis-je demandé. Peut-être en deux temps. Il faut d’abord l’amour d’une famille convaincue du génie de son enfant, et qui l’encouragera tant qu’elle le pourra. Puis survient le rejet de l’édifice social, lorsque les caprices de ce génie sont contrariés. D’ailleurs, étrangement, parmi les « injustices » dont elle se plaignait, le snobisme de sa mère et une histoire de jouets ont un rôle plus important que la révolution soviétique !
L’individualiste serait-il un agent du changement ? Il cherche à faire la société à son image. Et il est indestructible. Tous les revers ne sont que des injustices qui le renforcent dans sa mission. 

jeudi 7 mars 2013

Logique de l'appui russe à la Syrie

Pourquoi les Russes appuient-ils Assad ? Souvenir de l'URSS ou intérêts économiques. Voici ce que j'avais entendu jusque-là. France Culture, ce matin, avait un autre avis : la Russie se sent proche des chrétiens orthodoxes syriens et a peur que l'émergence d'une forme de fondamentalisme islamique ne gagne ses propres populations.

La vie ne serait-elle pas plus simple si l'on expliquait clairement les raisons de ses actes ?

Avenir de l'euro : Allemagne et désert européen ?

Et si l’euro avait fait la fortune de l’Allemagne ? Il y a plusieurs raisons pour le penser.
  1. La valeur de l’euro reflétant les difficultés du sud de l’Europe, l’Allemagne profite d’une monnaie sous-évaluée.
  2. Les entreprises des pays du sud (dont la France) ayant une stratégie prix plutôt que valeur (allemande), jouaient sur la faiblesse de leur monnaie pour assurer leur compétitivité. Ce n’est plus possible. De ce fait, l’Allemagne a probablement étendu son marché vers le bas de gamme.
  3. L’Allemagne est parvenue à réduire les salaires de ses employés. Ce qui n’a pas été le cas des pays du sud dont, curieusement, les courbes salariales se ressemblent (voir graphe de cet article). Paresseux européens du sud ou perfide Allemagne ?
  4. En outre l'euro a créé une sorte de bulle spéculative en Europe du sud, qui a profité à l'économie allemande. 
Du coup, je me demande si je n’ai pas trouvé une raison économique pour que l’Europe devienne une nation. En effet, on nous dit que ce qui empêche un tel changement est que le riche n’a pas intérêt à nourrir le pauvre. Eh bien, je soupçonne que c’est faux. Voici mon raisonnement.

Avec l’euro, l’entreprise du pays riche a accès à une main d’œuvre moins chère que la sienne, et tue ses concurrents des pays pauvres (voir raisonnement ci-dessus). Cela créerait un chômage insoutenable, si elle n'avait pas aussi intérêt à pousser son gouvernement à les sponsoriser. Car elle a beaucoup plus à y gagner qu’à y perdre. En effet, le prélèvement est réparti sur la nation. Autrement dit, elle n’en paie qu’une fraction. D’ailleurs ses concitoyens sont heureux d’être plus riches que les pauvres. Les seuls perdants sont les entrepreneurs (PME) des pays pauvres. Mais leur poids politique est négligeable. J’ai l’impression que ce mécanisme est en jeu au sein même des nations.

Si mon raisonnement est juste, cela devrait conduire à une désertification de l’Europe au profit de l’Allemagne. Curieusement, c’était un scénario envisagé par certains penseurs américains de la seconde guerre. A l’époque l’Amérique se demandait comment elle façonnerait l’Europe, de façon à ce qu’elle ne se batte plus. Pour Kennan, notamment, l’Europe continentale était l’espace vital de l’Allemagne. Son champ d’action naturel. L’Allemagne la pacifierait par le travail. Bien vu ?

Thatcher and sons

Le livre qui m’a fait sombrer dans la dépression. La description, par le menu, du plus grand de tous les changements ratés. JENKINS, Simon, Thatcher and sons, Penguin, 2007.

Deux révolutions
Mme Thatcher a gouverné contre son parti et contre une majorité de ses concitoyens. Son règne est marqué par trois victoires. Contre les Argentins aux Malouines, contre le syndicat des mineurs en Angleterre, et contre l’Europe. La première, qui va assurer une survie politique compromise, est due à son incompétence. Ayant terrorisé son cabinet, il n’a pas eu le courage de lui dire ce qui se tramait en Argentine, et comment le prévenir.
Curieusement, elle est hésitante et politique, au sens traditionnel du terme. Le radicalisme des réformes thatchériennes est le fait de ses ministres des finances et de l’éducation, et de ses successeurs. En premier lieu Blair et Brown.
Margaret Thatcher rêve d’une sorte de « dictature de la bourgeoisie ». Elle n’aime ni la haute société, ni les pauvres. Elle veut rendre aux classes moyennes leur dû. Pour cela, elle rompt le « consensus » d’après guerre, l’Etat protégeant la société des aléas du capitalisme.
Le thatchérisme produit « deux révolutions ». D’abord une privatisation massive de l’économie, à prix bradés. Ensuite, paradoxalement, une centralisation sans précédent (y compris en France) de l’Etat. En effet, comme dans le modèle léniniste, pour détruire un ennemi qui s’étend à mesure qu’on le réforme (socialisme, syndicats, universités, démocratie locale…) il faut un pouvoir d’exception. En outre, l’Etat découvre qu’il doit contrôler les monopoles privatisés (par exemple le rail), puisque le marché ne peut pas le faire.

Le totalitarisme du tableau de bord
D’où deux effets léninistes. En premier, une colossale perte d’efficacité de l’Etat. « La centralisation thatchérienne n’a réduit le coût d’aucun programme (pas même du logement). Dans ce dernier quart de siècle, les dépenses publiques n’ont pas seulement cru, en termes réels, elles ont doublé ». Elle vient de ce que le ministère des finances veut tout contrôler. Ce qui est démesurément coûteux (il emploie des nuées de consultants !), et ridiculement inefficace. Surtout, il veut quantifier pour allouer au mieux ses subsides. Jusqu'à la moindre dépense locale. Inconcevable même chez nous ! Le mouvement de libération de l’individu est devenu un flicage totalitaire.

Croisade
Pourquoi n’a-t-on pas réalisé toute l’inefficacité de ces changements ? Parce que le Thatchérisme est un combat. Ses forces du mal sont le service public et la démocratie. Il pense, comme Hayek, que l’avènement de la culture des affaires fera le bonheur collectif. Car elle est honnête. « (Gordon Brown) a mis sa confiance dans le capitalisme comme outil de redistribution sociale, alors que ses prédécesseurs avaient mis la leur dans le service public. » Le changement était un acte de foi. Une nouvelle culture aurait des bénéfices immenses. Pourquoi compter, dans ces conditions ? C’était le pari de Pascal.
Ou de Lénine ? La réforme succède à la réforme. Thatcher et Blair en veulent toujours plus. Aujourd'hui, ils regrettent de ne pas être allés assez loin : c’est pour cela que ça n’a pas marché.

La gabegie
Les cabinets de conseil et les « quangos » sont partout. « Les dépenses en conseil du gouvernement travailliste ont été estimées à 70md£ entre 1997 et 2006 (…) La profession elle-même a estimé que quelques 40% de sa production étaient à destination du secteur public. » Les quangos sont des organismes confiés à des ressortissants du secteur privé. Ils répartissent les fonds publics à usage public, sans contrôle démocratique. On y gagne beaucoup d’argent.
L’administration dépense aussi des fortunes en ordinateurs et en avocats. Souvent pour des projets qui avortent. Les entreprises privées sont comme chez elles dans les ministères. Elles détachent des pans entiers de la fonction publique. Inexplicablement, le nombre de fonctionnaires n’arrête pas de croître.

Thatcher, Major, Blair, Brown… et Sarkozy
Ce que révèle le livre aussi est à quel point Thatcher, Major, Blair, Brown et Sarkozy sont faits du même bois. Fascination pour les riches, haine de l’establishment, aucune culture, mais aussi, et c’est plus surprenant, aucune vision. Ils sont excellents dans les situations de crise. C’est elles qui les gouvernent. Ce sont surtout de vilains petits canards. Thatcher doit sa carrière à ce qu’elle était une femme, et à quelques hasards heureux. Blair à ce que les travaillistes ont besoin d’un renouveau, et qu’il est différent de ses collègues.

L’Europe de Thatcher et maintenant
Lire ce livre permet d'expliquer qui nous est arrivé : nous avons appliqué aveuglément la méthode Thatcher, partout. Certes, mais n’a-t-elle pas réussi en Angleterre ? C’est ce que pense Simon Jenkins. Mais pas moi. Il dit que le Thatchérisme a créé un « nanny state », un Etat nounou. L’Anglais en est devenu totalement dépendant. Je crois qu’il a fait bien plus que cela. Il a infantilisé l’entreprise. Voici ce que disait The Economist, récemment : « Entre 1997 et 2007, la Grande Bretagne a connu un boom, en grande partie dans le secteur public et la construction. Des nouveaux emplois ont été créés par l’Etat, et des cabinets de conseil sont apparus pour répondre aux appels d’offres publics. Le capital et l’emploi ont été aspirés par le boom de la construction. Une grosse partie du boom britannique était lié à l’économie domestique ». Et si le Thatchérisme avait été une bulle spéculative ?

mercredi 6 mars 2013

Chavez et le consensus de Washington

J'entendais dire ce matin que l'élection d'Hugo Chavez avait été l'effet du consensus de Washington. Lorsque le mur de Berlin est tombé, les Américains ont pensé que l'histoire était finie, que le capitalisme avait gagné. Il ne restait plus qu'à l'installer proprement partout. Une série de crises s'en est suivie. La nôtre étant la dernière en date.

En conséquence, les gouvernements libéraux sont tombés les uns derrière les autres. En Amérique du sud, Hugo Chavez n'a fait qu'amorcer le mouvement.

Rejet du capitalisme ? Dans One hundred years of socialism, Donald Sassoon dit que le socialisme a rendu acceptable le capitalisme. Le capitalisme survit grâce à des oscillations gauche - droite ? Le capitalisme, ce sont ces oscillations ? Il en était peut-être de même de M.Chavez. Il était à la fois dictateur et démocrate. Carotte et bâton. Apparente contradiction qui lui a assuré un long pouvoir ?

Vilain petit canard

Pourquoi ne pouvais-je pas supporter l’histoire du Vilain petit canard, dans mon enfance ? Après tout, ne finit-elle pas bien ?

J’en suis arrivé à penser que ce que je ne supporte pas, c’est la haine. Particulièrement au sein d'une famille. C’est un sentiment que j’associe à l’individualisme. L’individualiste n’aime réellement que lui-même. Il n’y a que lui qui existe. Pour le reste, aimer signifie « aimer consommer », comme on aime le poulet, ou « faire le bien », faire de l’autre un pantin.

Le contraire de la haine, l’amour, n’est pas une solution. Aimer quelqu’un qui vous hait est une pathologie. L’antidote à la haine est probablement le respect et la différence. Chaque homme est infiniment complexe et unique, c’est pour cela qu’il est respectable. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas s’en méfier. En particulier s’il est plein de haine. Mais, si vous parvenez à inspirer le respect au haineux, il perdra peut-être un peu de sa haine. Il deviendra un peu moins individualiste.

mardi 5 mars 2013

L'éducation française forme des résistants

Une Américaine s’émerveillait de nos enfants. Alors qu’ils sont impossibles aux USA, en France, ils obéissent. Son explication : chez elle, l’enfant est roi, chez nous, ce sont les parents qui le sont.

Effectivement, notre éducation, nationale ou parentale, vise à la conformité. Cela a un effet inattendu chez l’enfant. Le refus de l’arbitraire et de l’enseignement. Mais aussi une propension naturelle à résister à la tyrannie. Le Français courbe la tête tout en sachant qu’il a raison. Il attend son heure. Il montrera un jour ce qu’il sait faire. Lorsqu’il aura le pouvoir. Lorsqu’il sera enseignant, dirigeant ou parent.

N’ayant pas été de petits rois nous ne croirons jamais pouvoir façonner le monde. Il n’est qu’arbitraire. C’est pour cela que nous ne nous intéressons pas à ses affaires, contrairement à l’Anglo-saxon. Perte de temps. En revanche, nous pensons que nous pourrons tirer profit de ses dysfonctionnements. Ne sommes-nous pas capables d’exploits quand cela nous chante ? Entre les mains d'un Anglo-saxon ou d'un Germain, ce complexe de supériorité, et l’aveuglement qui va avec, nous est fatal.