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lundi 11 mars 2019

Enfants et divorce

Un divorce près de chez moi. Constatant que les enfants vivent mal le divorce de leurs parents, j'ai décidé d'enquêter. Qu'ont fait ceux dont les enfants s'en sont bien tirés ? Premier billet sur deux.

Premier contact. Première constatation frappante. Le divorce, c'est violent, à un point que je n'imaginais pas. Sans aller chercher très loin, j'ai immédiatement trouvé des divorces qui s'étaient fait alors que les enfants avaient quelques mois, voire n'étaient pas nés ! Je ne m'y attendais pas. Mais, c'est normal, à la réflexion. C'est lorsque l'on est plein de vigueur que l'on est sensible au nouvel amour. Tout de même, cela donne envie de créer un mouvement pour les droits de l'enfant. Et pourtant, les parents en question sont des amis. Des gens estimables, selon moi. Le divorce est une pathologie sociale, aurait sûrement dit Durkheim. D'ailleurs, le divorçant est souvent divorcé. Le divorce n'est pas une question de genre. Un partout, le gamin au milieu ? Car, de l'avis même des parents, le divorce est un traumatisme pour les enfants, il laisse de premiers souvenirs marquants. Et, on ne peut pas y faire grand chose. Les parents sont emportés par les événements. On ne peut que guérir, pas prévenir.

Carla Bruni parlait de son enfance, à France Culture (A voix nue). Elle a peu vu ses parents, mais ils ont créé pour leurs enfants un univers protégé, ce dont elle les remerciait. Ce qui a fait qu'elle n'a pas perçu, qu'en fait, ils menaient des vies séparées. Et qu'elle n'avait pas le même père que sa soeur. C'était ainsi qu'opérait la noblesse d'antan.

Mais tout le monde n'a pas la chance d'avoir des parents nobles, et riches. Prochain billet : divorcé et parent.

jeudi 23 août 2018

Droit de l'enfant ?

Charles Juliet disait qu'il avait été abandonné par sa mère à un mois. (Le temps des écrivains, France Culture, le 10 août dernier.) Il lui avait fallu une vie pour s'en remettre, et pourtant il a bénéficié d'une famille d'adoption aimante. Quid de l'adoption, justement ? me suis-je demandé. Et des pratiques des nobles, qui faisaient élever leurs enfants par des nourrisses ? Un traumatisme initial peut-il déterminer une vie, ou est-il noyé dans une multitude d'autres faits, qui finissent par lui donner le sens inverse de celui que notre raison simpliste lui prête ? Et être séparé de sa mère est-il un traumatisme ?...

Je me suis alors souvenu de Boris Cyrulnik. Il semble aller dans le sens de Charles Juliet. Effectivement, un choc initial n'est pas fatal. L'homme a plein de branches auxquelles se rattraper, ensuite. Mais cela laisse une fragilité, "congénitale".

Sur ce, j'ai entendu Maurice Godelier, discutant de Claude Levi-Strauss, recommander que les psychologues s'intéressent à l'anthropologie. En effet, les structures sociales, en particulier celles qui concernent les enfants, ne sont pas sans conséquences sur l'homme. Lui aussi semblait approuver Charles Juliet. Notre société aurait-elle une faiblesse du côté des droits de l'enfant ?

lundi 28 mai 2018

Droit de l'enfant

La constitution irlandaise affirmait que le droit de l'enfant était égal à celui de sa mère, disait-on récemment lorsque les Irlandais ont décidé d'étendre le droit à l'avortement. Implicitement, cela signifiait que, maintenant, le droit est fonction de l'âge.

J'entendais aussi, chez des amis, qu'un fils de trois ans devait voir un psychanalyste. La raison en est la dispute de ses parents. Et, probablement, le fait qu'ils ont une idée arrêtée de ce que doit être son bonheur. Une idée dans laquelle il n'y a de la place que pour un seul parent. Et aucune question sur le besoin réel de l'enfant.

Et si, à défaut de lui reconnaître des droits, l'on s'interrogeait sur ce qu'il lui faut pour se développer correctement ?

vendredi 5 septembre 2014

Du rôle des parents

Mes lectures systémiques me font me pencher à nouveau sur la question de l'éducation des enfants... 

En gros, il y a très peu de chances que les enfants n'aiment pas leurs parents. Mais il suffit de vouloir que vos enfants vous aiment pour obtenir le contraire. Enantiodromie. 

Mécanisme simple : privation de liberté. En cherchant à commander à l'individu son comportement on l'empêche de se développer. C'est l'équivalent d'un meurtre. Non sur le physique de l'individu, mais sur sa personnalité, sur son identité. Logique que, s'il y survit, il ne porte pas dans son cœur l'auteur du méfait. 

Le véritable amour parental est désintéressé. Il prend le risque d'avoir couvé un coucou. Mais c'est le seul moyen d'être aimé. Car, l'affection n'est-elle pas le seul sentiment que l'on puisse avoir face à quelqu'un qui vous a fait du bien sans y avoir aucun intérêt ? Et qui ne demande rien en échange ?

jeudi 7 novembre 2013

Quand vouloir s'oppose à pouvoir

"Qui veut peut" dit M.Sarkozy. Il a bien tort. Un des enseignements que j'ai retirés de ma cohabitation avec le changement est que l'on obtient rarement ce que l'on veut d'un groupe d'hommes. Surtout lorsque cela paraît dans l'ordre des choses.

Exemple : la relation parent enfant. Il paraît logique que l'enfant garde des liens de confiance avec ses parents. Or, il suffit que ceux-ci le veuillent un peu trop pour que le contraire se produise. Pourquoi ? Parce qu'en voulant s'attacher leur enfant, les parents écrabouillent son libre arbitre. Et cela, ce n'est pas permis. De deux chose l'une. Soit il va réagir brutalement. Soit il va sortir handicapé de l'exercice, et ne va pas en être reconnaissant à ses parents. Qu'aurait-il fallu faire ? Prendre le risque de ne pas être aimé. Autrement dit laisser à l'enfant la possibilité d'exprimer sa volonté, de découvrir que ses parents ne lui ont pas été uniquement imposés par la nature, mais qu'ils ont aussi des qualités qui les rendent aimables. Ou encore, ne pas le considérer comme une chose.

Les mêmes causes produisent les mêmes effets dans la société. Il suffit qu'un dirigeant veuille faire preuve d'une autorité qui semble aller de soi pour qu'il soit l'objet d'une fronde. Nos gouvernants, pas seulement M.Sarkozy, en font l'expérience tous les jours. Diriger, c'est respecter l'autre.
la dysfonction apparaît comme la résistance du facteur humain à un comportement qu’on essaie d’obtenir mécaniquement. (Michel Crozier)

mardi 14 mai 2013

Enfants et manifestations

J’entendais un commentateur de la radio s’émouvoir du grand nombre d’enfants dans les manifestations. C’est vrai, me suis-je dit. Beaucoup de manifestations tournent mal. N’y a-t-il pas un risque pour les enfants ? Et que se passerait-il s’il y avait une panique de stade de foot ? D’ailleurs, même sans cela, je trouve l’atmosphère d’une manifestation peu rassurante. J’ai rencontré plusieurs fois des CRS qui barraient la route de ma promenade. Ils étaient korrects, mais inquiétants, avec leur harnachement noir et leur air méfiant.

Pourquoi faire participer des enfants, en dépit de tout ceci ? Les imprégner des rites de la démocratie ? Le psychologue Robert Cialdini, le spécialiste de l’influence, a mieux à proposer. L’homme est cohérent dans ses actes. Par conséquent, il ne peut que trouver bien ce pour quoi il a souffert. C’est pour cela que les bizutages et autres rites d’intégration sont, à dessein, des traumatismes. Selon cette interprétation, les parents de jeunes manifestants pourraient chercher à programmer leurs enfants. Ce qui ne serait pas très démocratique. 

vendredi 26 avril 2013

L’enfant et les sortilèges

J’entends un passage de L’enfant et les sortilèges. L’enfant est présenté comme un petit monstre. Son instinct le pousse au mal. D’ailleurs, il est contraint aux travaux forcés. (Il doit « faire une page », vraisemblablement sans qu’on lui ait expliqué pour quelle raison.) Et mis au thé sans sucre et au pain sec.

68 comme réaction ? Après n’avoir eu que des devoirs, l’homme n’a plus voulu que des droits ?

mardi 5 mars 2013

L'éducation française forme des résistants

Une Américaine s’émerveillait de nos enfants. Alors qu’ils sont impossibles aux USA, en France, ils obéissent. Son explication : chez elle, l’enfant est roi, chez nous, ce sont les parents qui le sont.

Effectivement, notre éducation, nationale ou parentale, vise à la conformité. Cela a un effet inattendu chez l’enfant. Le refus de l’arbitraire et de l’enseignement. Mais aussi une propension naturelle à résister à la tyrannie. Le Français courbe la tête tout en sachant qu’il a raison. Il attend son heure. Il montrera un jour ce qu’il sait faire. Lorsqu’il aura le pouvoir. Lorsqu’il sera enseignant, dirigeant ou parent.

N’ayant pas été de petits rois nous ne croirons jamais pouvoir façonner le monde. Il n’est qu’arbitraire. C’est pour cela que nous ne nous intéressons pas à ses affaires, contrairement à l’Anglo-saxon. Perte de temps. En revanche, nous pensons que nous pourrons tirer profit de ses dysfonctionnements. Ne sommes-nous pas capables d’exploits quand cela nous chante ? Entre les mains d'un Anglo-saxon ou d'un Germain, ce complexe de supériorité, et l’aveuglement qui va avec, nous est fatal. 

vendredi 1 juin 2012

Pourquoi l’homme est-il irrationnel ?

Jadis, il était interdit de dire que l’homme était irrationnel, cela n’allait-il pas à l’encontre des théories néo libérales, qui veulent que le marché soit parfait, car constitué d'acteurs isolés et omniscients ? La crise peut-être ? les preuves scientifiques de notre irrationalité innée s’empilent. On essaie maintenant de lui trouver une explication.

La dernière en date considère qu’elle s’explique par le fait que l’homme est un être social. En société, ce qui compte n’est pas d’avoir raison, mais de convaincre. Ce serait la société, dans son ensemble, qui aurait pour but d’extraire par le débat le vrai du faux. Et c’est cet art du débat qui nous rendrait exceptionnellement créatifs, en groupe !

Mieux, grâce au langage, nous sommes au contact de gens inconnus. Il nous a fallu inventer des mécanismes encore plus efficaces d’évaluation de la vérité… cercle vertueux.

Finalement, enseignement qui interpellera ceux qui ont des enfants : il est meilleur pour l’enfant, y compris pour sa performance individuelle, de travailler en groupe que seul. « Les systèmes éducatifs sont encore trop orientés vers le développement de connaissances individuelles et le raisonnement analytique – ce qui, comme les montre la recherche, peut nous encourager à justifier nos biais et à renforcer nos préjugés. »

Non seulement le modèle néo-libéral est menacé, mais aussi celui de l’Éducation nationale !

Compléments :
  • La sélection naturelle a-t-elle dit son dernier mot ? Aujourd’hui, un individu peut avoir le sort de la planète entre les mains. Il est dans notre intérêt qu’il n’ait pas que la volonté de convaincre, mais aussi le sens des responsabilités, et la conscience de ses défauts. 

vendredi 18 mai 2012

Moonrise Kingdom

Film de Wes Anderson, 2012.

Les films de Wes Anderson sont tous très particuliers. Tout y est décalé. D’ordinaire on tend à faire des enfants des adultes en réduction. Là, ce sont les adultes qui se comportent comme des enfants. (Peut être que les bons adultes ont gardé un coeur d'enfant ?) Et l’enfant est avant tout quelqu’un qui prend tout au sérieux.

On pourrait croire à une farce poétique, et pourtant, curieusement, ces films peuvent être tristes. Peut-être que ce que nous prenons pour les petits malheurs de l’enfance sont les vrais drames de l’existence ?

jeudi 17 mai 2012

Donner à ses enfants confiance en eux

Apparemment la confiance en soi s’acquière (principalement ?) dans la prime enfance, au contact de ses parents.

Pour avoir un enfant bien dans sa peau : un regard admiratif (il se juge avec vos yeux) ; « temps = attention = amour » ; « applaudissez votre bébé et ses réussites » ; choisissez des mots qui lui donnent une bonne image de lui-même. Le détail complet : Simple ways to build your baby's positive self-esteem | Psychology Today

Lien avec le billet précédent ? 

vendredi 30 décembre 2011

Le bébé ne s’entend pas ?

L’enfant et l’adulte entendent leur voix, ce qui leur permet d’en corriger les erreurs.

Ce ne serait pas le cas du bébé, qui aurait uniquement recours pour la mise au point de sa prononciation à son environnement. Toddlers Don't Monitor Their Own Speech: Scientific American Podcast

Appui aux thèses de Wittgenstein : la société construit la façon que nous avons d’interagir avec le monde ?

Ou, comme chez Maslow, l’homme est construit par la société, mais parvient à s’en affranchir et à penser par lui-même ?

jeudi 20 octobre 2011

Télévision et apprentissage

Une exposition d’enfants de moins de deux ans à la télévision pendant plus de deux heures par jour serait associée à des difficultés de maîtrise du langage. (Au passage, on apprend que 39% des foyers américains laissent la télévision allumée du matin au soir.)

« Laissez les s’ennuyer un peu (…) c’est comme cela qu’ils apprennent à s’amuser et qu’ils font des découvertes, et c’est ainsi qu’ils peuvent penser librement ». (Vacuum Tube: Kids under 2 Should Not Watch Television: Scientific American)

La télévision plonge l’homme dans la passivité et l’empêche de se livrer aux tâches qui auraient cultivé son intellect ? La télévision, activité d'éteinte ?

mercredi 31 août 2011

Crise d’adolescence

Que sait-on des crises d’adolescence ? Je suis allé me renseigner dans un manuel de psychologie pour débutants. (MALIM, Tony, BIRCH, Ann, Introductory Psychology, Macmillan, 1998.)
  • Ces crises ne sont pas universelles disent certains psychologues qui reprochent à leurs collègues d’avoir tiré des généralités de cas exceptionnels. Mais j’imagine qu’elles doivent être suffisamment marquantes pour que l’on en parle autant…
  • Il semblerait qu’à l’adolescence se joue la création d’un sens du moi, de l’identité individuelle. Ce qui se passerait par étapes. D’abord, pas d’engagement, puis une adhésion hésitante aux valeurs des autres, une crise d’identité, et finalement le choix de valeurs propres (Macia). L’individu ayant réussi sa mue doit avoir une l’impression de cohérence dans l’espace et le temps, et avec la perception de lui qu’ont les autres (Erikson). Parallèlement, il y aurait, aussi par phase, développement du sens moral (Kohlberg). Tout ceci pourrait être lié à la complexité de notre société, Margaret Mead n’ayant rien observé de tel dans les Samoa.
Pour ma part, je me demande s’il n’y a pas une sorte d’acquisition de conscience au moment de l’adolescence.

Auparavant l’enfant est « irresponsable » au sens où il semble faire n’importe quoi. En fait, il apprend par essais et erreurs, un peu comme une mouche contre un carreau. Et la « punition » fait partie de l’apprentissage, mais elle ne l’affecte pas (sans quoi l’apprentissage serait insupportable). Je soupçonne qu’arrivé à l’adolescence, cette phase d’apprentissage irresponsable s’achève. L’individu doit devenir autonome, il doit se donner un but et il n’a plus le droit d’entrer en collision avec la société. Et ce au moment même où il devient capable de souffrir.

L’exercice doit être d’autant plus difficile que les objectifs que son milieu lui fixe sont complexes, ou contradictoires, et qu’il manque de références dont il puisse s’inspirer. 

jeudi 18 août 2011

Choix de l’enfant unique et implications

Avoir un enfant à la fois est l’expression ultime de la qualité. Il entraîne un énorme investissement parental dans la progéniture puisque si vous la perdez, vous avez tout perdu. Souvent, aussi, il implique l’appartenance à un groupe social, au sein duquel des services peuvent être échangés, de façon de répartir la charge de la paternité. De manière plus hypothétique, il pourrait même signifier un certain degré d’intelligence.
Une réflexion sur les plésiosaures. A loving mother