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samedi 30 novembre 2013

L’avenir préoccupant de l’industrie aéronautique ?

Marché de fous ? Voici la question que je me suis posée en écoutant un spécialiste de l’aéronautique parler de ce secteur. Les compagnies aériennes sont en piteux état. Elles forcent Airbus et Boeing à une sorte de guerre fratricide. Monde cyclique. Pendant les phases montantes, des surcapacités se créent (ce qui semble le cas aujourd’hui : 20.000 avions commandés pour 27.000 en fonctionnement - hors transport régional). Puis c’est la crise. Même en période faste, le constructeur vend à perte. Comment survivre alors ?, par la subvention publique ? (En France, constructeurs et sous-traitants emploieraient 300.000 otages, que le gouvernement cherche à protéger.)

Apparemment peu de savoir-faire chez Airbus et Boeing. Métier de commerciaux et de main d’œuvre, curieusement artisanal. Il fait penser à l’industrie automobile de la fin du 19ème. La « valeur ajoutée » serait dans des activités de niche (documentation ? conseil ?...) et chez des équipementiers tels que Safran ou Zodiac.

Cela m’a rappelé ce que disait Dennis Meadows. Le capitalisme n’est que bulles spéculatives. Il se régule par la crise. (Jusqu’à ce qu’une bulle liquide l’espèce humaine. Ce que Dennis Meadows croit imminent.)

(Complément. Chaque constructeur aurait son boulet. Boeing a voulu devenir un commerçant / assembleur, et ne sait plus très bien fabriquer ses avions. Airbus serait plombé par le coût de mise au point de l'A380, dont le marché n'apparaît pas. Un gros avantage de Boeing sur Airbus, outre l'amitié de l'armée américaine, serait son antériorité, et une énorme base installée.)

samedi 27 juillet 2013

Surpopulation = problème du monde ?

Un commentaire pose la question suivante : "je pense que tous les problèmes actuels de la planète viennent du fait de la surpopulation..." C'est un des thèmes qu'a rencontrés ce blog. Tentative de synthèse :
  • La thèse de la surpopulation, malthusienne, revient régulièrement. En particulier aujourd'hui. J'ai cité Les limites à la croissance, mais aussi les travaux de MM.Ray et Séverino. La croissance démographique semble un des moteurs du capitalisme. Un moteur qui pousse au crime.
  • Mais, est-ce vraiment la taille de la population qui est intenable, ou sa façon de se comporter ? MM. Braungart et McDonough montrent que notre développement produit des déchets toxiques. C'est ce qui ne va pas. Mais on pourrait faire autrement. Des travaux plus classiques expliquent aussi, que sans toucher à notre confort, nous pourrions consommer colossalement moins.
  • Dennis Meadows a attiré mon attention sur le concept de résilience. J'en suis arrivé à penser que la résilience est la capacité d'un système à se transformer avec le changement, même s'il est imprévu, à en profiter. La résilience ce n'est pas encaisser sans dommages.  La résilience doit être construite. Un système qui a cette capacité est peut être "apprenant", pour utiliser un terme en faveur dans les années 90.
Comment construire une organisation apprenante ? Une piste ?
Je crois que si, à la naissance de son enfant, une mère pouvait demander à sa marraine la fée de le doter du don le plus utile, celui-ci devrait être la curiosité. (Eleanor Roosevelt, citée par Jean-Jacques Auffret).

samedi 20 avril 2013

Il n'y a plus d'effet de serre

Comment nous sauver de l'effet de serre ? Un marché des droits à émettre du CO2 ! disent The Economist et beaucoup de personnes éminentes. Or, l'Europe vient de tuer le sien. Et il était un modèle pour le reste du monde ! Qu'est-ce que ceci signifie ? Plusieurs possibilités :
  • Dennis Meadows pense que l'humanité ne peut vivre que dans une forme de spéculation. Elle ne peut prévenir. Cette fois-ci, elle ne devrait pas pouvoir guérir non plus.
  • Lorsque l'humanité souffre, il n'est pas possible de lui demander de faire des choses intelligentes. Si l'on veut faire approuver des mesures qui agissent sur l'effet de serre, il faut commencer par réduire la souffrance collective.
  • Le marché ne peut, peut-être, pas être vertueux. Quoi qu'en dise The Economist. Et si les grands problèmes de l'espèce ne pouvaient être réglés que par une action collective dirigiste ? Et si le lobby patronal qui a apparemment contribué à torpiller ce marché s'était tiré dans les pieds ? 

dimanche 10 mars 2013

Et si nous étions des virus ?

Donella Meadows dans le billet précédent s’étonne que nous soyons aussi peu systémiques. Nous faisons tout le contraire de ce qu’il faudrait. Nous nous autodétruisons comme à plaisir.

J’en suis récemment arrivé à une théorie qu’elle ne semble pas avoir prévu.

La vie est une lutte de tous les instants entre le système et le non système, par exemple le virus. C’est le second qui fait évoluer le premier, qui le force à l’innovation, à se renouveler. Il en est d’ailleurs de même dans les écosystèmes naturels : un incendie amène le système à se transformer. La réelle résilience n’est pas une capacité à se relever d’un choc, mais à se réinventer.

Et si notre période était non systémique, parce que, justement elle est ascendant virus ? 

samedi 9 mars 2013

Thinking in Systems de Donella Meadows

Nous pensons mal et cela pourrait nous coûter cher : MEADOWS, Donnela H., Thinking in systems, Chelsea Green, 2008. Une introduction à la dynamique des systèmes.

Qu’est-ce qu’un système ? Des « éléments », « interconnectés », le tout tendant à réaliser un « objectif ». La « structure » qui constitue le système ne lui permet que certains types de « comportements ». Exemple ? Le thermostat.

Le monde est fait de systèmes, alors que nous croyons à la ligne droite. Du coup nous nous enfonçons dans des cercles vicieux. Un des plus remarquables est peut-être celui du PIB, « en résumé, il mesure tout sauf ce qui rend la vie digne d’être vécue ». Quand au libre échange, il est naturellement instable et conduit au monopole. Et notre enfer est pavé par notre génie. Pas assez de poissons pour des pêcheurs ? Le progrès leur permet de mieux nettoyer les fonds. Résultat : le poisson ne se renouvelle plus. Parmi beaucoup d'exemples.

Il y a même des typologies de pièges. Echantillon de mes préférés :
  • « Le transfert de charge ». Plus l’on s’occupe de vous plus vous vous laissez aller. Mal français et de son Etat tuteur ? Plus on vous soulage d’un symptôme plus sa cause vous prend sous sa coupe. 
  • La « dérive vers la médiocrité ». C’est peut-être ce qui arrive au monde. On ne voit que ce qui se dégrade, « des attentes de moins en moins élevées, moins d’efforts, moins de performance ».
A vrai dire, l’on y met du nôtre. Par exemple, nous recherchons la stabilité alors, qu’au contraire, il faut de la diversité. En effet, plus le système est complexe, plus il est résilient, plus il est durable. La particularité des systèmes est qu’ils ont des points faibles, sur lesquels agir. Intuitivement, nous savons où ils sont. Mais, curieusement, nous faisons le contraire de ce qu’il faudrait.

Message du livre ? Il faut changer radicalement d’attitude à la vie. On ne peut faire évoluer un système si l’on ne le prend pas dans son intégralité. Or, nous sommes devenus petits, médiocres, myopes et mesquins. En un mot : anti-systémiques. Nous devons prendre une vue aussi large que possible, qui embrasse le très long terme, le large espace, toutes les disciplines, la rationalité et l’intuition. Qui remette tout en cause. Qui aime la complexité, et l’incertitude. Et surtout redevenir exigeants, rechercher la perfection, et retrouver une moralité sourcilleuse.

samedi 4 août 2012

Limites à la croissance : le rapport du Club de Rome


Limits to Growth (MEADOWS, Donella, RANDERS, Jorgen, MEADOWS, Dennis, Chelsea Green, 2004) est une mise à jour, 30 ans après, de l’étude, commandée par le Club de Rome au MIT, qui a affirmé que l’humanité allait rapidement à sa perte, si elle continuait sur la même pente.

De quoi s’agit-il ? C’est un modèle mathématique, paramétrable, de l’évolution d’un certain nombre de grandeurs : population, espérance de vie, production de biens, pollution, ressources naturelles… En jouant sur ses paramètres, on en tire des scénarios d’avenir. Il ne donne donc pas une prévision, mais fournit un moyen d’aide à la décision.

Dans ces conditions pourquoi a-t-il fait autant de bruit ? Parce que, 40 ans après, l’évolution du monde ressemble à ce que prévoyait son premier scénario ; or, celui-ci se termine en « effondrement ». Baisse brutale de la population mondiale, de son espérance de vie, de la production de nourriture, etc.
Car notre modèle de développement a un vice : la croissance. Plus exactement notre obsession de produire toujours plus de biens matériels. Elle nous pose des problèmes de plus en plus difficiles à résoudre : pollution, empoisonnement, disparition des ressources naturelles… Pire : cette croissance est exponentielle : la centrifugeuse va de plus en plus vite. La résolution de ces questions coûte tellement cher à l’humanité qu’elle n’a plus les moyens de s’occuper de ce qui est essentiel pour elle : ce qui fait de l’homme un homme (santé, éducation, épanouissement…). D’où chômage, pauvreté, déséquilibres physiologiques… auxquels nous cherchons une solution dans toujours plus de croissance !
On a beau introduire les hypothèses les plus favorables dans le modèle du MIT, on ne fait que reculer pour mieux sauter. D’ailleurs, il serait peut-être mieux de sauter tôt que tard : par exemple, un scénario qui prévoit un surcroît de réserves de ressources naturelles se termine en crise environnementale. Tout est lié : quand on bouche un trou, cela fuit ailleurs.
L’économie de marché apparaît comme un système extraordinairement efficace d’essorage systématique des ressources naturelles et des pauvres au profit des riches. Ainsi la famille africaine consommait, en moyenne, 20% de moins en 1997 qu’en 1972. Autre exemple : l’élevage du poisson. Du fait de la destruction des populations de poissons, par ailleurs nourriture de beaucoup de pauvres, 30% de ce que consomme l’humanité vient d’élevages (une catastrophe écologique en eux-mêmes) ; du fait de son prix, ce poisson va chez le riche. « La technologie et les marchés servent généralement les segments les plus puissants de la population ».
Depuis des années nous consommons beaucoup plus que ce que la terre est capable de renouveler. (À noter qu’à l’époque du livre, seulement 8% de la population mondiale possédait une voiture.) Autrement dit nous accumulons une sorte de dette écologique, qui croit exponentiellement et que nous n’avons plus les moyens de payer, puisque pour cela il faudrait les ressources de plusieurs planètes. Comme ces personnages de bande dessinée, nous courrons au dessus du vide.
Nous nous dirigeons donc vers des moments difficiles. Et la terre et l’humanité, s’ils en réchappent, ne seront plus comme avant. Quoi qu’il arrive, le message central du livre est, me semble-t-il, que nous devons transformer nos aspirations et notre vision du monde. Nous devons sortir de l’individualisme, de la concurrence et du court terme. Nous devons comprendre que notre bonheur ne tient pas à toujours plus de colifichets, mais à plus d’humanité, de société. C’est ici que se trouve la solution à la pauvreté, au chômage, et la réponse aux besoins premiers de l’homme.

Comme dans le modèle de Maslow, l’humanité doit passer de la croissance au développement, c'est-à-dire à l’épanouissement, à « l’autoréalisation ». 

samedi 21 juillet 2012

La résilience : une solution élégante ou terriblement efficace?

Il va falloir s'y faire la résilience va devenir notre sujet récurrent.
 Dennis MEADOWS, chercheur et auteur du rapport sur la croissance, sorti en 1972, à la demande du Club de Rome, nous dit qu'il y a 40 ans, il était encore temps d'agir pour infléchir les tendances catastrophiques, annoncées par ses prévisions pour 2030.
Malheureusement 2030 était si loin et ce n'était que des prévisions construites sur un modèle inconnu par des chercheurs et pour un groupe d'influence...

40 ans plus tard les prévisions ont été confirmées. Notre modèle est bien destructeur.

Et aujourd'hui, MEADOWS semble dire qu'il n'est plus temps de réfléchir à "comment changer notre trajectoire", car l'humanité est trop complexe et "la nature" s'en chargera.
Pour autant l'heure n'est pas à la résignation, mais toujours à la construction propspective.
Paradoxal!
Certes!
Il s'agit en réalité de se préparer à construire sur de nouvelles bases, un peu comme après une guerre mondiale destructrice...A la différence près que nous avons en mains les indicateurs qui mènent à la "guerre" et la capacité à l'anticiper pour l'absorber et prévoir sa sortie.
C'est la qu'intervient donc la résilience.
Comme un matériau qui se déforme sous la contrainte pour se reformer ensuite une fois la contrainte disparue ou comme une parcelle de prairie ou de forêt se régénère après un incendie - d'autant mieux que sa biodiversité était grande -

Finalement c'est du DARWINISME amélioré :
L'espèce qui survit n'est pas la plus intelligente mais celle qui sait le mieux s'adapter aux changements. oui, mais ici, c'est aussi l'espèce intelligente qui saura prévoir ce changement pour s'y adapter au mieux.

Bonne réflexion!




samedi 23 juin 2012

Drame mondial : la politique du court terme ?

Dennis Meadows (suite) se lamente de ce que nos gouvernants ne voient pas plus loin que leur élection. Pour contenter les foules, ils amassent des dettes, que nos enfants devront payer. La pire de toute est la destruction des ressources qui étaient nécessaires à la survie de l’espèce.

Oui. Mais, si je m’intéresse à notre pays, les dettes de la France ne viennent pas de la République. Elles sont quasiment consubstantielles à notre nation. Nos rois, qui, eux, avaient une dynastie à maintenir, étaient des paniers percés. À tel point qu’ils devaient vivre d’expédients, et brûler du Templier de temps en temps. Jusqu’à Louis XVI, qui, moins habile que les autres, a payé de sa tête leurs impérities.

Et si notre problème venait de l’organisation même de notre société ? Elle est hiérarchique. Le Roi Soleil ou l’Homme Normal sont supposés être omniscients. Or, la théorie des réseaux montre que ce mode d’organisation est impropre à traiter un afflux d’information. Pour résister, elle doit, justement, devenir un réseau, c'est-à-dire répartir le traitement de l’information sur ses composants, pour en décharger sa tête.

Et, en plus, un réseau est résilient : il tient bien les chocs.

Compléments :

vendredi 22 juin 2012

Notre avenir : une crise continue ?

Je découvre une thèse extrêmement surprenante. La production de pétrole serait limitée pour des raisons économiques, non pas par la disponibilité de ressources. En effet, un curieux mécanisme fait qu’il n’est jamais rentable d’exploiter certains gisements. Et ce phénomène nous condamnerait à une série de crises sans fin.
La recherche suggère que lorsque les prix du pétrole atteignent un niveau suffisamment haut (estimé par Steven Balogh à 85$ le baril en dollar 2009), le prix élevé du pétrole commence à faire basculer l’économie dans la récession, la récession contre le mouvement de hausse, le prix du pétrole baisse. Avec le temps, ce prix augmente de nouveau, jusqu’à ce que la hausse mène une fois de plus à la récession. Ce cycle de hauts et bas conduit à une oscillation des prix du pétrole, qui ne les fait jamais augmenter suffisamment pour accroitre réellement la production. Cette impossibilité d’atteindre des prix suffisants fait aussi que l’énergie renouvelable ne devient jamais concurrentielle.
Étrangement, ce simple mécanisme serait suffisant pour fournir une explication alternative aux crises actuelles. Les lois du marché font que l'économie n'aura jamais assez d'énergie pour ses besoins ?

Compléments :  
  • À approfondir : Getting Started | Our Finite World (Merci à Dennis Meadows de m’avoir fait découvrir les travaux de Gail Tverberg, qui méritent d’être regardés de près.)

Peut-on stopper la croissance ?

Dennis Meadows (suite de la série qui lui est consacrée) a voulu arrêter la croissance pour éviter le chaos. C’est inattendu de la part d’un spécialiste de la systémique.

Bien sûr, l’idée phare de la systémique c’est : « le problème c’est la solution ». Dans ce cas, le problème semblait la croissance, il fallait arrêter de croitre. Mais comment peut-on s’opposer à ce sur quoi repose toute notre société ?

Alors, il en est arrivé à une seconde idée de la systémique : détruire le système vicié en le laissant aller au bout de sa logique suicidaire. Oui, mais là c’est non assistance à personne en danger.

Mais pourquoi ne pas utiliser le judo ? Faire de la croissance une bonne chose ? Or, qu’a-t-elle de dangereux ? Le fait qu’elle est fondée sur le gaspillage, et sur le bien matériel.

Mais il est tout à fait concevable d’imaginer une société sevrée du matérialisme et qui consomme des services, de l’immatériel ! Comme le dit Dennis Meadows, notre société doit maintenant passer du quantitatif au qualitatif, au développement de son être, non plus de sa taille. Eh bien, pourquoi ne pas encourager la production des biens immatériels qui favorisent cet épanouissement ? Et en plus ce serait bon pour la France, qui est le champion mondial de la culture !

Compléments :
  • Sur la systémique : Changement de deuxième ordre.
  • De manière intéressante, le modèle de développement social que semble utiliser D.Meadows est la pyramide de Maslow : la réalisation de l'individu (le fait qu'il devient ce qu'il doit être) a pour condition nécessaire la satisfaction de ses besoins physiques. 



jeudi 21 juin 2012

Enquête sur la fin du monde, et sur Dennis Meadows

J’ai pris contact avec Dennis Meadows (homme charmant !), un des auteurs de Limits to growth, afin d'approfondir sa pensée. Du coup, son éditeur m’a transmis tout ce que la presse a dit de lui lorsqu’il est passé en France en mai, à l’occasion de la sortie de la 3ème édition de la version française de son livre.

Conclusion ? La croissance n’est pas soutenable. Comme nous ne sommes pas capables de la contenir, elle s’arrêtera toute seule, lors d’un méga crash. (En fait, il aurait fallu bloquer le PIB à son niveau de 75.) Bref, il va falloir construire une société capable d’encaisser les chocs. C’est la résilience.

Il identifie six moyens de construire cette résilience : 1) stocks / réserves, 2) solidarité et réseaux, 3) redondances, 4) réduction de notre consommation à satisfaction équivalent, 5) protections, 6) veille.

Piste intéressante : le monde doit passer de la croissance quantitative, au « développement », qui est une croissance qualitative. Métaphore : l’enfant grandit, puis l’homme s’épanouit, « il se développe intellectuellement, culturellement ». La société doit faire de même.

Compléments :

dimanche 17 juin 2012

Zone euro contre nature ?

Arrêtons l’acharnement thérapeutique. Mettons un terme aux souffrances de la zone euro. Achevons-là, dit Dennis Meadows.  Beaucoup d’Américains pensent comme lui : aucune union monétaire n’a jamais tenu.

Mais un pays n'est-il pas une union monétaire ? L’Inde, la Chine, les USA sont comparables à l’Europe et ne sont pas menacés de chaos. Par contre, la Belgique, si.

Tout ceci a une raison : la confiance. Les Américains ont confiance les uns aux autres, ce qui fait qu’un État peut en subventionner massivement un autre, sans que ça ne pose de question à personne. Il en est de même en France : qui voudrait de la Corse ou de la Corrèze si la France était une union comptable ?

Toute notre crise ne tient qu’à cela : confiance. La confiance commence par un acte de foi. Mais un acte de foi qui n’est pas totalement irresponsable. Il est basé sur un raisonnement, inconscient, à long terme : peut-être aurons-nous besoin d’eux un jour ? Peut-être cela vaut-il la peine que nous les aidions aujourd’hui ? C’est le raisonnement dont sont faites les familles. Mais la confiance, cela se maintient aussi. Par la force de la pression sociale. Il est extrêmement difficile de jouer les parasites lorsque l’on appartient à une équipe…

Bref, ce qui se joue a peut-être deux faces : 
  • ai-je envie d’un monde où j’aimerais les Grecs ou les Allemands comme j’aime les Corses ou les Corréziens ? 
  • Quel type de lien social dois-je installer pour m’assurer qu’on n’abuse pas de ma confiance ?
Compléments :

lundi 11 juin 2012

L’humanité a dépassé le point de non retour

Dennis Meadows a modélisé l’avenir de l’humanité, il y a 40 ans, pour le Club de Rome. L’étude s’est vendue à 10m d’exemplaires.

Résultat : si rien n’était fait nous devions connaître l’apocalypse en 2030. La population mondiale n’aurait plus les moyens de se maintenir intégralement en vie. 40 ans après, ces prévisions n’ont pas été remises en cause.

Qu’en pense-t-il aujourd’hui ?

La situation était réversible dans les années 70. Il aurait fallu sevrer la société de son matérialisme. Un acte important aurait été de remplacer les indicateurs économiques (PIB) par des indicateurs de développement humain.

Aujourd’hui nous consommons150% de ce que nous apporte la nature. En fait, le capitalisme n’est qu’une succession de bulles spéculatives que l’espèce humaine est incapable de prévoir. Celle-ci sera de la même nature que les autres, mais infiniment plus destructrice.

Que faire ? Il étudie la « résilience » : la capacité du tissu social à survivre à d’énormes chocs, sans perdre ses fonctions vitales. Pas très encourageant.

Compléments :