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lundi 16 juin 2014

Obama et l'Irak : c'est ma faute, qu'ils se débrouillent ?

Les sectes islamistes les plus arriérées s'emparent de l'Irak. Toute la région est menacée de s'effondrer dans le chaos. Et si M.Obama était responsable ? se demande The Economist. En effet, n'est-ce pas lui qui a décidé d'une évacuation accélérée du pays ? Bien sûr, il n'est pas possible de discuter de la question. Car, sans M.Bush, on n'en serait pas là. Les Républicains n'ont pas intérêt à parler d'une culpabilité qui est la leur. Et les Américains n'ont plus envie de payer les erreurs de leurs présidents. C'est maintenant aux Irakiens de le faire. Demain aux Afghans. (Au passage, The Economist salue l'extraordinaire cynisme de M.Obama.)

Ce qu'il y a de curieux dans l'affaire irakienne, c'est qu'elle semble révélatrice d'un phénomène général. La "démocratie" n'a pas amené à la tête du pays ce qu'il avait de meilleur, mais a donné le pouvoir à des intérêts particuliers. C'est leur arbitraire qui a jeté le peuple dans les bras des extrémistes. Il semblerait que, partout où l'Occident intervient, c'est le même phénomène qui se produit. Afghanistan, Mali, jadis Viet Nam. 

Que va-t-il arriver ? Aussi bien en Syrie qu'en Irak, personne ne semble pouvoir gagner ou perdre. Dès qu'un camp menace de prendre le dessus, ceux qui sont derrière ses opposants interviennent pour l'arrêter. En outre, le statu quo arrange beaucoup de monde. Les Kurdes, par exemple, qui ont créé un Etat semi autonome, non officiel. Peut-être aussi les Israéliens, lâchés, comme tout le monde, par M.Obama. Donc, le chaos devrait se maintenir. 

Quelles conséquences pour nous ? Limitées ? Quelques actes terroristes spectaculaires, peut-être. Peut-être aussi un prix de l'énergie élevé, pour certains. Mais pas pour les USA, protégées par leur gaz de schiste. Ce qui explique leur désintérêt ? 

dimanche 15 juin 2014

Chaos, principe du capitalisme de marché ?

Irak. L’intervention américaine a donné l’Irak à des intérêts particuliers. D’où révolte du peuple. D’où terreau pour Al Qaeda. Europe. Mme Merkel a besoin de l’Angleterre pour faire pièce à la France et bâtir une Europe libérale. L’irresponsabilité de M.Cameron ne lui facilite pas la tâche. Alors, elle temporise. Avec le temps, on peut faire avaler n’importe quoi aux uns et aux autres. D’ailleurs, tout va bien en Allemagne. Le marché européen redevient porteur, la baisse de l’euro favorise les exportations, le marché domestique consomme. Le capitalisme de marché a vaincu l’Italie ? Mediobanca avait des participations dans les très grandes entreprises. Mission de reconstruction donnée en 46. Aujourd’hui, elle se retire. C’est le marché financier qui la remplace. Il en est de même dans la PME. Là, c’est un capitalisme familial qui disparaît. Ukraine. Le peuple veut nettoyer la corruption oligarchique. Mais les mêmes sont à la tête du pays. Les USA désertent Israël. Reste l’Europe. Mais l’Europe est un chaos confus. Aux USA, les Républicains vont reprendre le pouvoir. Cependant, le peuple s’en méfie. La faute à Bush. Il a fait l’envers de ce qu’il avait promis.

Le régulateur américain mène une croisade contre le financement par les banques internationales des ennemis des USA. Pour cela, il va au-delà de l’esprit des lois et inflige des peines terrifiantes. Résultat : les banques, par prudence, ne font plus d’affaires avec les pays qui auraient le plus besoin de leurs services. Le petit investisseur est bien meilleur que le grand analyste. Et cela parce qu’il a moins de pression à la conformité. Innovation chez les fonds d’investissement. Plutôt que d’acheter des entreprises, ils les reconstruisent de zéro. Les vieilles industries innovent. La destruction créatrice ne les liquide pas (cf. montres, stylos, voiliers, vêtements traditionnels, livres…). Elle en fait des niches hyper rentables et innovantes. Destruction créatrice de HP ? HP cherche de nouvelles idées pour renouveler des affaires qui vont mal. Pour l’instant, la seule certitude, c’est que 50.000 personnes ont été licenciées. Bataille de la batterie. Par l’effet d’échelle on veut abaisser massivement son coût. Destruction créatrice de l’automobile. Cependant, une grosse partie de ce coût est de la matière…

Football. La nature d’une société influe sur le succès du penalty. L’anxiété de l’échec est insoutenable pour l’individualiste. 

mercredi 22 mai 2013

Comment sortir du chaos syrien ?

Un ami libanais commente mon dernier billet sur la Syrie :
Quant à la Syrie, n’oublie pas que la Syrie est le théâtre des conflits des autres – je pense aux conflits suivants : conflit Russie-USA, conflit Sunnite – Chiite, conflit régional entre Iran, Egypte-Arabie-saoudite & Turquie pour le contrôle de cette région, conflit économique dans cette région avec une nouvelle apparition de champs de gaz dans le large du Liban, conflit avec Israël, etc.
Un article ajoute à cela qu’il faut aussi envisager les conséquences du conflit. La minorité sunnite irakienne a été gagnée par la fièvre syrienne : l’Irak est aussi menacé de chaos.

Comment éviter que le Moyen-Orient ne devienne un champ de bataille ? Le même article semble penser que son problème vient de la solution qu’il a adoptée : le conflit. Et si, au lieu de jouer à dent pour dent, on essayait de discuter ? Peut-être que cela sortirait l’Iran, par exemple, d’une spirale de radicalisation ? 

samedi 26 mai 2012

Petit traité de manipulation : le sophisme

Lorsque Tony Blair a été accusé d’avoir manipulé l’opinion britannique pour la précipiter dans la guerre d’Iraq, il a répondu que c’était une guerre juste. Autrement dit la faute était vénielle, car la fin justifiait les moyens.

Le sophisme est une perversion de la rationalité. Il fait passer pour un raisonnement rigoureux ce qui ne l’est pas. Le procédé consiste essentiellement à justifier une conclusion prédéfinie par ce qui semble aller dans son sens, sans prendre en compte ce qui la contredit.

The Economist, ma lecture favorite, donne des exemples de sophismes à longueur de pages. Tout ce qui sert sa cause (le libre échange et la gloire de la Grande Bretagne éternelle) est vu positivement, au contraire de tout ce qui la dessert (la France, la zone euro, la main visible de l’État).

Comme M.Blair, le sophiste pense qu’il a raison, et que la fin, l’instrumentalisation de la raison, justifie les moyens.

Cette croyance s'associe naturellement au protestantisme. En effet, certaines de ses formes estiment que Dieu couronne ses élus de leur vivant, en leur accordant un talent, une vocation. Autrement dit, si vous êtes particulièrement doué pour quelque chose (faire des affaires, être un bon élève…), c’est probablement que vous avez été choisi par Dieu.

M.Blair est catholique. Il n’y a pas besoin d’être protestant pour s’estimer un surhomme. Le sophisme est une pathologie de la confiance en soi !

lundi 2 janvier 2012

Changement en Irak

Les Américains partent, le gouvernement irakien se dispute, les attentats se multiplient et l’Iran cherche à prendre pied dans un pays religieusement ami. (Sovereignty without security) L’Irak va-t-il imploser ?

Pour le moment, j’ai l’impression que Kurdes, Sunnites et Chiites, tendances religieuses et (plus) laïques semblent chercher à évaluer leurs forces respectives. Leurs très puissants voisins doivent aussi se demander quel parti ils peuvent tirer de la situation. Phase d’expérimentation ? Rien ne va plus ?

samedi 29 octobre 2011

Sarkozy à Munich ?

F.Hollande reproche à M.Sarkozy d’avoir conclu un accord en trompe l’œil (sans le mécanisme qui aurait garanti que l’Italie ne puisse pas être attaquée par les marchés), et vendu l’Europe à l’ennemi, la Chine.

Notre président courage aurait-il rejoué Munich ?

Mais, la France est-elle capable d’entendre ce type d’argument ? Visiblement, M.Sarkozy pense que non, et qu’il faut lui parler à la façon « moi Tarzan, toi Jane ».

Surtout, M.Hollande se prépare-t-il à faire coller ses actes à ses paroles ? Comment va-t-il faire entendre raison à la Chine et à l’Allemagne ? Comme M. de Villepin, lors de la guerre d’Irak : la crinière au vent, et en calbute ? 

samedi 26 mars 2011

Jumelles et radio analogique

Discussion un peu ancienne. Thalès aurait reçu de grosses commandes de l’armée américaine pour des jumelles nocturnes et des radios analogiques.

Ses concurrents auraient procédé à des réductions de coûts systématiques en utilisant des technologies de masse. Résultat : leur matériel est bon marché, mais pas adapté aux besoins de l’armée. En particulier les radios numériques ne fonctionnent pas en environnement de guérilla urbaine (Irak). Seul l’analogique est adapté, mais ils ont perdu le savoir-faire nécessaire.

Phénomène unique où systématique ? Pourrait-on découvrir que nous avons avons oublié ce qui nous est essentiel, pour cause de gestion financière myope ?

dimanche 27 février 2011

Irak, 2011

Les difficultés actuelles des régimes autoritaires moyen-orientaux donnent envie de réécrire l’histoire. Que se serait-il passé en Irak si les Américains ne l’avaient pas envahi ?

Saddam Hussein aurait 74 ans, sans une succession solide, selon ce que l’on sait de ses enfants.

Le premier problème des dictatures, c’est la succession du tyran. Ce qui fit la force de la France fut que ses rois eurent des enfants. Leur second problème est qu’un tel régime repose trop lourdement sur les capacités d’une seule personne et emploie insuffisamment celles du reste de la population. C’est intenable dès que la concurrence adopte un modèle qui utilise plus intelligemment la ressource humaine (comme l’a fait l’Angleterre dès le 17ème siècle) ?

mercredi 5 janvier 2011

L’Amérique quitte le Moyen-Orient

Je retiens d’un long article sur le Moyen-Orient, que si les lois de l’économie s’appliquent à la politique américaine, l’engagement de l’Amérique au Moyen-Orient ne devrait pas durer.

En effet, il lui rapporte moins qu’il lui coûte. Le pétrole Irakien ne représente que 10% de son approvisionnement, ce qui va chuter. Pas de quoi couvrir les frais militaires qu’elle a engagés (1100md$ jusqu’ici). Pour le reste la présence américaine profite aux intérêts de ses concurrents (Chine) et nourrit l’anti-américanisme local (une autre forme de protection d’intérêt).

Réflexion personnelle : n’est-ce pas parce que l’Amérique a agi en tuteur de la région que cette dernière se comporte de manière irresponsable ?

Compléments :

samedi 4 septembre 2010

Irak et liberté

Reportage de la BBC (From our own correspondant). Un irakien explique qu’il a perdu sa liberté. Ses opinions pourraient lui coûter la vie (il part d’ailleurs aux USA). Sous Saddam il faisait ce qu’il voulait.

Le régime de Saddam était occidentalisé, son renversement a amené le déchaînement des forces traditionnalistes, muselées jusque-là ? Résultat d’un changement mené par des idéalistes : l’inverse de ce qu’ils en attendaient ?

mercredi 18 août 2010

Quel avenir pour l’Irak ?

L’Irak est dans une situation précaire. Le pays n’est pas gouverné. Sa classe dirigeante, arrivée dans les bagages de l’armée américaine, n’était pas faite pour diriger, mais pour comploter, comme toute opposition en exile. Les voisins du pays (l’Iran, la Turquie, la Syrie, la Jordanie, l’Arabie saoudite et les pays du Golfe) tirent les ficelles du gouvernement.

Bref, anarchie et forte possibilité de prochaine dictature.

Ce qui est curieux dans cette histoire est l’impréparation de ce changement (mais, si on avait cherché à le préparer, l'aurait-on fait ?). Au fond c’est une illustration d’un biais de nos élites occidentales : pour elles les problèmes du monde n’ont que des solutions simples, issues de leur esprit. 

vendredi 23 juillet 2010

Guerre d’Irak

Enquête sur les mensonges du gouvernement anglais concernant la nécessité d’une guerre avec l’Irak. Où l’on apprend que ses services secrets l’avaient averti qu’elle favoriserait les visées de Ben Laden, et que l’Angleterre en serait victime. Il y aurait aussi eu des raisons de croire que les sanctions contre l’Irak fonctionnaient.

Plus curieusement, il semblerait que le gouvernement anglais se soit convaincu de l’honnêteté de ses déclarations par un processus progressif, qui consistait à procéder par une série de petites entorses à la rigueur intellectuelle. 

jeudi 27 mai 2010

Tribus irakiennes

L’avenir de l’Irak semble toujours aussi incertain. Il serait maintenant aux mains des tribus.
  • Ce pourrait être une bonne chose, parce qu’elles sont inter confessionnelles, et pragmatiques.
  • Ce pourrait être l’anarchie (« une sorte de Somalie qui aurait du pétrole ») si aucune force n’est capable de contenir leurs intérêts divergents.
Il semblerait que Saddam Hussein et l’Empire Ottoman aient déjà rencontré cette situation. Curieux comme l'histoire se répète (voir aussi : Dictature en Irak ?).

dimanche 25 avril 2010

Green Zone

Film fort efficace de Paul Greengrass.

On y admire la sophistication de l’armement américain, qui permet d’identifier dans le noir, et d’un hélicoptère, qui est ami ou ennemi.

Scénario vraisemblable ? Est-ce important pour le réalisateur ? Il fait passer un message clair : la guerre d’Irak a été une aventure montée par des apprentis sorciers, menteurs et manipulateurs, en costard cravate et sortis des meilleures écoles.

Le « mauvais » du film ressemble comme un frère aux dirigeants des grandes entreprises, des banques et des fonds d’investissement. Et ses pratiques s’apparentent aux leurs, y compris l’usage de théories fumeuses pour justifier des décisions injustifiables. On se croirait chez Enron ou Goldman Sachs.

Quant au bon, c’est Matt Damon, le « vrai Américain ». Homme du peuple (sous officier), grand professionnel, qui tient dur comme fer aux valeurs américaines et qui, lorsqu’elles sont menacées, bouscule montagnes et hiérarchies pour les faire respecter.

L’Amérique a-t-elle été corrompue par une élite de diplômés à la rigueur intellectuelle et à la morale incertaines ? Sa rédemption passera-t-elle par un retour à ses valeurs éternelles, que porte en lui l’Américain du peuple ? 

jeudi 11 mars 2010

Dictature en Irak ?

La dictature est un scénario d’avenir pour l’Irak :

Plus probable qu’un coup d’état est une prise de pouvoir par des politiciens et des généraux agissant de concert.

Aurait-on fait une guerre et tué autant de gens pour revenir au statu quo ?

No promised land at the end of all this.

lundi 1 mars 2010

Dissuasif Obama

Les dirigeants d’Al Caïda sont poursuivis et éliminés, sans arrière pensée (y compris pour les éventuelles bavures qui accompagnent les exécutions). En Irak et en Afghanistan, la conduite de la guerre s’apparente à de la gestion de projet.

Pour B.Obama les guerres seraient-elles des équations ?

Is Barack Obama tough enough?

mercredi 6 janvier 2010

Renseignement militaire

Le renseignement militaire en Irak fonctionne mal. Selon un haut responsable, il lui faut des ethnologues :

"the vast intelligence apparatus is unable to answer fundamental questions about the environment in which US and allied forces operate and the people they seek to persuade. Ignorant of local economics and landowners, hazy about who the powerbrokers are and how they might be influenced, incurious about the correlations between various development projects and the levels of cooperation among villagers, and disengaged from people in the best position to find answers" (…) He urges them to get out of headquarters, work with soldiers on the ground, talk to people and act more like journalists, as well as historian and librarians. Interestingly he says that 90% of intelligence work these days is what he calls "open source", and quotes a former head of intelligence saying that the job should be more Sherlock Holmes than James Bond.

A damning view of US intelligence in Afghanistan

La guerre, c’est une conduite du changement par d’autres moyens : comprendre la logique de la culture adverse permet de prévoir ses actions et d’en tirer parti.

dimanche 13 décembre 2009

Tony Blair et l’Irak

RFI parlait d’une interview de Tony Blair par la BBC dont il ressortait qu’il pensait qu’il avait eu raison de faire la guerre en Irak, même si les raisons qu’il a données étaient erronées (armes de destruction massive).

Mécanisme intellectuel possible de Blair : 1) mon rôle est de faire ce qui est bien pour le peuple (sous-entendu idiot) ; 2) une fois que je l’ai trouvé, j’utilise les moyens qui me permettent de le convaincre. La fin justifie les moyens.

Faisons maintenant l’hypothèse que le peuple est intelligent, et que l’Angleterre est une démocratie, et que M.Blair représente « l’exécutif », c'est-à-dire l’organe qui doit mettre en œuvre la volonté du peuple, telle qu’exprimée par le « législatif », qu’aurait-il dû faire ?

Modèle trop théorique ? Dans notre démocratie le chef de l’exécutif ressemble à un dirigeant d’entreprise, il a une délégation de pouvoir, même s’il doit rendre des comptes. Alors, pourquoi M.Blair n’a-t-il pas soumis le problème de la guerre d’Irak au peuple ; organisé la réflexion de celui-ci de façon à ce qu’elle soit efficace ; et mis en œuvre la solution qui en résultait ? Peut-être que l'Angleterre aurait trouvé une idée qui aurait permis de réaliser la fin que désirait M.Blair (éliminer une dictature), mais avec un moyen moins sanglant, et moins inefficace (la guerre), et sans tricher avec les règles de la société ?

Compléments :

mercredi 2 décembre 2009

Obama, Afghanistan et discours

Un dirigeant passe souvent des mois à concevoir une stratégie. Quand il y parvient, elle lui devient évidente. Et quand il l’annonce il est tout surpris qu’elle ne le soit pas pour ses collaborateurs. Il ne comprend pas qu’il doit leur faire vivre en accéléré le processus qui lui a permis d’atteindre sa conclusion. Je me demandais si B.Obama, qui a réfléchi pendant fort longtemps à ce qu’il allait faire en Afghanistan, allait tomber dans ce piège. Je suis donc allé lire son discours.

D’ordinaire ce type de discours doit répondre à 3 questions :

  1. Un objectif symbolique en quelques mots, si possible chiffré. L’objectif que se donne B.Obama est d’éliminer la menace terroriste que constitue l’Afghanistan (et non pas d’y installer un régime démocratique). Le retrait de ses troupes commencera en 2011, juste avant les élections.
  2. Un diagnostic qui sonne juste de la situation actuelle (le point de départ). L’Amérique ne s’est pas donné suffisamment de moyens pour combattre les Talibans (quand B.Obama est arrivé, il y avait 32.000 soldats américains contre 160.000 en Irak, au maximum).
  3. Pourquoi va-t-on atteindre l’objectif que l’on s’est donné ? 1) Plus de troupes pour combattre les « insurgés », et protéger « des centres de population clés », ce qui doit « aider à créer les conditions (…) de transfert de responsabilité aux Afghans ». 2) Assistance à des secteurs de l’économie qui « puisse avoir un impact immédiat sur la vie du peuple Afghan ». 3) Collaboration avec le Pakistan, chez qui la rébellion s’est installée.

Le discours semble ensuite vouloir aborder franchement les questions et inquiétudes. En particulier, il explique pourquoi l’Afghanistan ne sera pas le Vietnam, et il chiffre le coût de l’effort militaire. Ce discours paraît aussi vouloir répondre honnêtement aux critiques étrangères : les USA ont joué le premier rôle dans la sécurité mondiale depuis 60 ans, sans jamais chercher à le dominer, ce qui est exceptionnel ; on ne lui en a guère su gré ; il est vrai qu'il a commis quelques erreurs.

Il revient sur la stratégie de B.Obama : avant tout « reconstruire notre force ici », « parce que la nation que je suis le plus intéressé à construire est la nôtre ». Ce qui signifie réduire le prix de son engagement militaire étranger et donc le partager avec des « alliés et partenaires », d’où les efforts diplomatiques de M.Obama (qui sont donc avant tout destinés aux intérêts économiques des Américains).

Il conclut en rappelant que « quand cette guerre a commencé, nous étions unis », et qu'il aimerait que l’Amérique le soit à nouveau.

Qu’en penser ? Discours probablement intelligent, honnête et habile. Mais y a-t-il de quoi susciter l’enthousiasme des foules ? L’union sacrée qu’il appelle de ses vœux ? Le succès afghan est-il garanti ? La démonstration n’est pas très poussée. Peut-être suffit-il à B.Obama d’avoir atteint une conclusion qui le satisfait, il n’a pas besoin de la faire partager ? C'est vrai que, contrairement à mon parallèle avec la conduite du changement en entreprise, il n’a pas à convaincre son peuple pour obtenir ce qu’il veut. Un honnête discours pour quelqu’un qui n’a pas grand-chose à demander ?

jeudi 29 octobre 2009

Blair ou pas Blair

Quels critères de sélection pour le prochain président de l’Europe ? Un article reprend ce qu’on lit ça et là, mais légèrement différemment :

Tout d’abord, le premier titulaire du poste fera jurisprudence. Autant ne pas se tromper. Ensuite, il y a deux choix :

  1. Soit une star internationale, qui fera que la voix de l’Europe sera équivalente à celle de l’Amérique ou de la Chine. Ce qui signifie Tony Blair, faute de combattants.
  2. Soit un obscur, un homme de compromis permanents que demandent les processus emberlificotés et fragiles de l’Europe. (Il existe une autre définition, semble-t-il équivalente, de cette personne : quelqu’un qui ne fasse pas d’ombre aux autres chefs d’états, ce que des médiocres ne peuvent souffrir.)

Tony Blair a beaucoup contre lui. Outre qu’il appartient à un pays hostile à l’Europe, sa nomination à la tête de l’Europe serait vue comme une provocation par nombre d’Anglais (du type de celles qui déclenchent guerres et schismes) ; il a joué les va-t-en guerre d’Irak ; il n’a rien fait pour rattacher l’Angleterre à l’Europe, à un moment où c’aurait été favorable aux Britanniques (leur culture n’est plus aussi admirée aujourd’hui qu’avant crise) ; il ne comprend rien aux mécanismes subtils et compliqués de l’Europe.

Et moi ? Pas d’opinion tranchée. Et je ne suis pas sûr que les arguments dont il est question ici soient aussi indiscutables qu’on le dit.

  • La jurisprudence sera-t-elle définitive ? Leur fondateur compte beaucoup, mais les organisations savent changer.
  • L’Europe doit elle avoir une voix de star ? Notre fougue nous a joué de sales tours ; il est parfois judicieux d’avoir une attitude au monde modeste, qui sache opportunément exploiter les occasions que lui offre l’arrogance de contrées qui se croient des grandes puissances.
Serais-je, moi aussi, en train d’enterrer Blair ? Non, l’avenir est imprévisible, on apprend par essais et erreurs, c’est souvent (toujours ?) en faisant de grandes erreurs que l’on fait de grandes découvertes. Je suis contre la logique de la médiocrité.

Compléments :