mardi 3 mai 2011

Manager son manager (suite)

On me parle d’un directeur d’une grande école : c’est un gestionnaire, il ne comprend rien aux projets pédagogiques de ses enseignants. Désespérant.

Certes. Mais l’école va mal, pour des raisons financières. N’y a-t-il pas une logique à la nomination d’un gestionnaire à sa tête ? Et le génie pédagogique, qui lui préexistait, n’a-t-il pas fait la preuve de ses limites ? Cas général, me semble-t-il :

Nous ne voyons que les faiblesses de nos contemporains. Or, elles ne sont pas rédhibitoires, elles sont le revers de la compétence qui était recherchée pour le poste occupé. Je crois que notre rôle social n’est pas de prendre excuse de ces faiblesses pour justifier notre immobilisme, mais de chercher comment nos forces permettent d’y remédier.

Compléments :

lundi 2 mai 2011

Histoire du déficit américain

L’unité de déficit américain est maintenant le millier de milliard.

Un grand coupable de cette situation semble être George Bush. Quant il est arrivé au pouvoir l’État connaissait un surplus. Il a décidé de le rendre au peuple par des réductions d’impôts. Mais il s’est aussi engagé dans de grandes dépenses (à commencer par deux guerres). Lorsque la crise est survenue, le trou était sans fond. D’autant qu’il n’avait pas non plus pensé que les baby boomers partiraient à la retraite.

Question : et si le système électoral américain avait fonctionné correctement, et si M.Bush n’avait pas été élu ? 

Chômage structurel aux USA

Les USA sont aux prises avec un très fort chômage structurel, de type européen. Il toucherait particulièrement les faibles et intermédiaires qualifications, les hommes et les noirs.

Parmi les raisons : éducation en recul et des entreprises très innovantes, mais qui ne conservent que les travaux à valeur ajoutée sur le territoire national et sous-traitent le reste à l’étranger. (Still full of ideas, but not making jobs)

Comment y remédier ? Intervention de l’État : subventionner les emplois à basse qualification, former les sous-qualifiés, fournir des emplois publics, éviter d’emprisonner à tour de bras. (Decline of the working man)

Le marché ne serait-il pas capable de produire le plein emploi ? Aurait-il besoin de la main visible de l’État pour ce faire ?

Compléments :
  • Non seulement les USA n’investissent plus pour aider leur population à trouver un emploi mais leur infrastructure de transport est dans un état pitoyable : embouteillages monstres, trains (ultra lents) et avions en retard (Life in the slow lane). Le pays aurait-il vécu à crédit pendant les dernières décennies ? 

Atomisation des partis politiques

« Sans une idéologie forte, les grands partis politiques ont peu de chances de se maintenir ». Les partis politiques européens pourraient se fragmenter, l’électeur se comportant dorénavant comme un consommateur exigeant plutôt que comme le fanatique crédule du passé. (The shrinking big tents)

Progrès démocratique ? Au lieu de devoir choisir entre la peste et le choléra, comme aujourd’hui, il pourrait devenir possible de constituer son gouvernement à partir d’une coalition idéale de nuances ? 

Alice n’habite plus ici

Film de Martin Scorsese, 1974.

Femme forte et gamin à grande gueule. M’a fait penser à Gloria.

Une fois de plus un film qui montre que la vie est précaire aux USA, et qu’il vaut mieux y être équipé d’un optimisme indestructible. 

dimanche 1 mai 2011

Changement en Syrie

Le gouvernement syrien massacre ses manifestants. S’il devenait démocratique, pourtant, l’effet serait bénéfique pour l’ensemble de ses voisins. Mais il n’est pas possible à l’Occident d’intervenir en Syrie comme en Libye, dont la situation géographique était favorable, et qui n’a pas d’amis. Un rôle pour la Turquie et pour l’Égypte ? (Not so easy)

Le capitalisme défile sur les Champs Élysées

The Economist observe que les Champs Élysées sont une galerie à la gloire de la globalisation. La France est un pays contradictoire : elle est ennemie du capitalisme, et pourtant elle consomme toutes les cochonneries qu’il produit.

Cela fait longtemps que je me fais cette remarque. Les Champs ont acquis l’esthétique du mafieux enrichi. Il suffit de jeter un coup d’œil à la boutique Louis Vuitton et au Fouquet’s pour s’en convaincre. 

Parader sur les Champs est le triomphe qu’offre l’argent à ceux qui n’ont pas eu d’éducation ? C’est l’Amérique. 

Les riches ne créent pas de richesse (suite)

Des statistiques portant sur la France semblent donner le même résultat que celles qui concernent les USA, mais de manière moins marquée. De 2004 à 2008 :
  • Les 90% les moins riches se sont légèrement appauvris.
  • Les 9% suivants sont restés stables.
  • Le dernier % s’est enrichi (la part des revenus du 0,1% le plus fortuné est passé de 1,72% des revenus totaux à 2,03%)
Il ne semble donc pas que l’enrichissement des riches bénéficie à l’ensemble de la population comme l’ont dit beaucoup de théoriciens. Est-il plus facile de s’enrichir au détriment de la société que par création économique ? La société serait-elle plus créative que l’individu laissé à ses appétits ?...

Compléments :
  • Aux USA, les 400 plus gros imposés paieraient, en moyenne, moins de 17% de leurs revenus en impôts, et auraient reçu plus de 10% des gains en capital des 10 dernières années... (D'après Paul Krugman.)

Un million clé en main

Film de Henry C. Potter, 1948.

Une famille veut s’éloigner des conditions de vie étouffantes de New York. Elle construit une maison à la campagne. Le cauchemar commence. Les pigeons se font escroquer par les natifs, se ruinent, et le père de famille, qui a découvert entre temps qu’il devait se lever à 5h pour prendre le train, perd son emploi. Heureusement, leur bonne noire a le trait de génie qui manquait à ce dernier et qui les sauve in extrémis du naufrage.

Vision à la fois effrayante et curieusement actuelle de l’Amérique, qui s’est ruinée pour s’acheter la maison de ses rêves. 

samedi 30 avril 2011

Thèmes du mois