mardi 6 septembre 2011

Misérabilisme

Diane Arbus aurait montré du monde une image monstrueuse, parce qu’elle y aurait trouvé un écho rassurant à l’inhumanité de son enfance de petite fille riche. Voilà ce que dit une note de lecture d’une biographie. (The torment behind the camera)

Est-ce pour cela que notre élite tend à donner du peuple une image misérabiliste ? Une projection de son désert affectif ? « C’était ses secrets qu’elle montrait, pas les leurs. »

Réformes de l’État

L’État se serait réformé, mais en confondant dégradation de qualité et réduction de coûts. Plusieurs personnes m'ont dit la même chose, la semaine dernière. Leurs arguments :
  • Les toujours ou anciens services publics connaîtraient une dégradation de la qualité de leurs services sur le modèle du précurseur FT. Il arriverait, à la SNCF, à la Poste… des choses impensables il y a quelques décennies.
  • En fait, ces réformes auraient créé des êtres étranges qui n’ont ni les réflexes du privé, ni ceux de l’ex service public. Une sorte de zèle réglementaire tatillon hostile au client.
  • Cela viendrait de ce que les particularités et les statuts historiques de ces organisations sont demeurés (par exemple, il semblerait que les gardiens de musée aient été traditionnellement des invalides de guerre), alors que le sens du devoir et du dévouement au bien public, qui allaient avec, se sont évaporés.
  • C’est le mode de réforme qui serait en cause. Il n’y a pas eu réinvention des processus de travail pour qu’ils fonctionnent avec moins de personnes : on s’est contenté de réduire les effectifs, en espérant que le service rendu ne changerait pas… Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux nous promettrait le chaos. 

lundi 5 septembre 2011

Destruction créatrice

Paul Krugman semble penser que, plus rien ne marchant, il faut prendre à contre le bon sens. Pour forcer les entreprises à dépenser leur argent, et redémarrer l’économie, il faut leur infliger des dommages (Broken Windows, Ozone, and Jobs).

Rôle de la guerre lors de la grande dépression ?

Compléments :

Avenir peu reluisant

Rigueur au moment où il aurait fallu relancer. Comme prévu l’économie mondiale s’enfonce dans un « désastre global » dit Paul Krugman (Meanwhile, in Europe).

Quant à The Economist, il pense que l’on est parti pour une interminable récession à la japonaise (The lowdown). 

Probiotiques

L’homme serait une sorte d’écosystème, dont chaque composant (à commencer par sa flore intestinale) compte dans l’équilibre du tout. Et pour le fonctionnement du cerveau. Voilà ce que disent de plus en plus de scientifiques.

Mais alors, l’usage massif des antibiotiques ne serait-il pas une erreur ? Ne serait-ce pas une explication de bien des maux que nous subissons ? Nous détruisons la vie d’organismes qui nous étaient nécessaires ? (Gut instinct)

Notre vision du monde serait-elle sur le point de basculer ? La croyance en un individu, indépendant de tout, dominant le monde de sa raison, va-t-elle être remise en cause ? (Ce que l'on appelle aussi le libéralisme.)

Subtilités de la politique

J’écoutais la Rumeur du Monde de France culture samedi dernier. Ce que j’en ai retenu :
  • La politique de Nicolas Sarkozy est un désastre, tout ce qu’il a fait a échoué. Très mauvais à la veille d’une élection. Mais en jouant sur la « règle d’or », que le PS ne peut que refuser, alors que la population est pour, il a retourné la situation.
  • En fait, la perception du désastre aurait pu être évitée, s’il l’avait mis au compte de la crise. Christine Lagarde en aurait été incapable, pour une raison qui n’a pas été expliquée.
  • François Hollande éviterait ces écueils en ne disant rien. De ce fait, il laisse entendre que ses apparences rassurantes (en outre, il est entouré des seuls ministrables socialistes) sont ce qu'il est réellement. 
  • L’exercice serait arbitré par les agences de notation.
La politique a des raisons que la raison ne comprend pas… C'est surtout l'art de jouer avec le feu.

Compléments :
  • Sur les agences de notation : si les adversaires laissent entendre qu’ils font passer leur intérêt avant celui de la nation, ce qui est le jeu normal de la politique, la France subira la même sanction que les USA. Mais l’effet pourrait être beaucoup plus désastreux : elle ne pourra plus abonder au Fonds de solidarité européen. Possible crise, mondiale ?, majeure.  (Euro-obligations.)

dimanche 4 septembre 2011

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.

Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Expropriation des mineurs ?

Le développement chinois fait la fortune des compagnies minières, qui réalisent des profits colossaux. Certains États pourraient être tentés de leur en prendre un peu… (Geology or geography?)

On a fait brûler des Templiers pour moi que ça ? Les bénéfices que les sociétés acceptent sont-ils limités par quelque règle culturelle inconsciente ? 

La culture est première

L’homme est le fruit de la culture dit l'ethnologue Marshall Sahlins dans un livre que je vais bientôt commenter.

Son argument : l’Homo sapiens est beaucoup plus récent que la culture humaine.

Cette hypothèse, qui serait particulière à l'Occident, a une conséquence curieuse.

Dans la pensé néoconservatrice, l’homme s’est fait seul, on lui doit son succès. Le pauvre est un parasite, qui vole le riche. 

Si la culture (la société) est première, nous ne sommes rien sans elle. Et la richesse vient d'un excès de position dominante... 

samedi 3 septembre 2011

Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)

En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.