jeudi 8 décembre 2011

Harvard innove

Harvard Business School vient de découvrir que l’homme apprenait par la pratique.

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. En tout cas, sa méthode des cas en est toute chamboulée. (Field of dreams)

Et cela fera plaisir aux élèves que j’ai depuis plus d’une décennie de savoir qu’ils ont été en avance sur Harvard.

Émancipation et injonction paradoxale

Le stress au travail a un lien étroit avec l’injonction paradoxale. Celle-ci consiste à demander l’injuste, sachant qu’il ne peut-être refusé et ce pour des raisons qui ne sont pas totalement conscientes (par exemple par peur de perdre son travail).

Dans une société fondée sur l’individualisme, utiliser cette technique va de soi, puisqu’elle permet d’obtenir un bénéfice immédiat.

Comment s’en tirer ? En n’étant attaché à rien. Plus exactement, ses attachements doivent être conscients.

Curieusement, ce faisant on réalise l’idéal des Lumières : l’émancipation de l’esprit humain. L’homme n’adhère qu’à ce qu’il comprend. Ainsi, il ne peut être manipulé contre sa volonté. 

Le stratège

Film de Bennett Miller, 2011.

Le baseball est encore plus incompréhensible du cricket.

En tout cas c’est une histoire de changement. Je me suis cru dans mon métier.

Comme dans l’entreprise le « changement » est un changement de modèle. Ici, il n’est pas économique, mais de recrutement des joueurs. Et, comme dans l’entreprise, la formule n’est pas suffisante, le succès est dans la mise en œuvre, qui demande le talent d’un « leader ».

On y rencontre aussi la résistance au changement, et ses arguments usuels : ne venez pas nous ennuyer, le baseball est un art et pas une question de science.

Le film est peut-être surtout une métaphore du capitalisme, qui avance par « arbitrage », selon l’expression des financiers, en tirant parti de, et ce faisant en éliminant, ce qui n’est pas optimal. Et en liquidant les vieux crabes qui se protègent derrière des coutumes irrationnelles. (On notera au passage la violence des relations humaines, les licenciements se faisant ad nutum, et les joueurs valsant comme des pions.)

Question : est-ce que l’idéal de l’Américain est le changement, c'est-à-dire d’être à l’origine d’une transformation de la société ? 

mercredi 7 décembre 2011

La Grande école innove

Il semblerait que nos grandes écoles aient décidé de rattraper leurs retards sur les universités anglo-saxonnes. Pour cela, une solution originale : construire des campus.

J’ai entendu parler de deux projets, celui de Polytechnique, et celui de Centrale, son parent pauvre.

Dans les deux cas, on bâtit dans les steppes battues par les vents du sud de la région parisienne, et on regroupe des scientifiques.

Je me demande si les esprits supérieurs qui ont conçu ces projets innovants n’ont pas raté quelque chose du modèle anglo-saxon qu’ils cherchent à imiter.

Le campus anglo-saxon est une ville, où il fait extraordinairement bon vivre pour un intellectuel. Tout y est facile et stimulant (y compris les salaires).

Si la règle du jeu est désormais la concurrence internationale, et si j’étais un élève ou un chercheur brillant, je n’hésiterais pas un moment : j’irais à Boston, à Cambridge ou en Californie, pas dans le désert de Saclay. 

Anglais égoïste ?

Les Anglais seraient beaucoup moins solidaires que dans les années 90. Ils pensent de plus en plus que les chômeurs sont trop payés, et que les pauvres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Conséquence de la crise ? Formatage culturel ?... BBC News - Today - Social attitudes not reflecting 'Big Society'

En  tout cas, cela arrive à un moment où de plus en plus de gens doivent s’endetter à des taux usuraires (jusqu’à 4000%) pour tenir jusqu’au versement de leur salaire. BBC News - R3 insolvency group says millions turn to payday loans

Épigénétique

Un schéma  (Epigenetics Explained [Animation]: Scientific American) explique comment certaines caractéristiques acquises par une personne peuvent être transmises à ses descendants.

L’ADN est associé à des marques épigénétiques « qui peuvent être ajoutées ou retirées en réponse à l’influence de l’environnement ou de l’expérience ». Ces marques peuvent enlever à un gène la capacité de s’exprimer (ou la lui rendre). 

Dropbox (2)

De l’usage de Dropbox après quelques temps de pratique.

En fait, cela synchronise les contenus de plusieurs PC, smart phone… L’intérêt, pour moi, est que mes fichiers sont accessibles hors Internet. En fait, ils sont présents à la fois sur les PC et sur les serveurs de Dropbox (pas uniquement sur ces derniers, comme on aurait pu le croire). Dropbox est avant tout un système de synchronisation de contenus.

Un fichier est modifié « physiquement » sur un terminal et transféré, lorsqu’ils sont connectés, aux autres terminaux  de l’utilisateur. Les fichiers peuvent aussi être modifiés sur le site web de Dropbox.

Autre intérêt : sauvegarde des données. 

mardi 6 décembre 2011

Europe réparée ?

Que faut-il penser des négociations en cours au sommet de l’Europe ?
  • Personne ne semble avoir une opinion très scientifique sur le sujet. Ça semble vaguement rassurant, mais c’est incroyablement compliqué.
  • Cette complexité est-elle voulue ? On a essayé de faire ce que l’on dit ne pas vouloir faire, sans le dire ?
Compléments :
C’est une tragédie, qu’en Europe comme au Japon il y a 20 ans, le lobby bancaire ait pris en otage les gouvernements. Lors de la crise des subprimes il a réussi à éviter toute réforme sérieuse, et à cacher ses pertes. Au démarrage de la crise souveraine, il a convaincu les gouvernements de donner de l’argent aux pays défaillants, dans des conditions effroyables, afin d’éviter une faillite. Quand cette stratégie a échoué, comme prévu, il a négocié l’arrangement PSI qui lui a permis de réduire sérieusement ses pertes, sans pour autant fournir aux pays le moyen d’avoir à nouveau accès aux marchés financiers. Il pousse les eurobligations pour protéger une grosse partie de ses actifs au détriment du contribuable. Maintenant, il menace les gouvernements d’une grève du crédit, en expliquant que la diminution de l’effet de levier bancaire va amener une diminution du crédit. Il est temps que les gouvernements disent qu’ils ne sont pas dupes, et conçoivent des plans de nationalisation, si les banques ne sont pas capables de fonctionner comme des banques.

Le déclin de l’empire russe

La Russie serait un empire en voie de disparition… The collapse of the Soviet Union: Russia’s imperial agony | The Economist

Si c’est le cas, qui va remplir son vide ?

L’Express

Je reçois un exemplaire publicitaire de l’Express.

Première impression : mauvais papier. De la publicité partout. Mais elle gêne peu, parce qu’elle n’attire pas l’attention (elle n’est pas efficace). Et, pourquoi fait-on des journaux aussi gros ?

Pourtant je me suis laissé prendre au jeu. Article après article, parfois en commençant par la fin, j’ai quasiment tout lu en peu de temps. Les textes sont intéressants et bien faits. Profondes analyses ? En tout cas, une façon d’aborder l’actualité que je trouve optimiste et sympathique. Elle a un œil, me semble-t-il, pour le bon côté du monde et de ses interviewés. Ce n’est pas une presse qui cherche la faille, pour détruire « l’ennemi ». Elle tient de l’ethnologie, plutôt que de l’économie.