dimanche 6 octobre 2013

Vertueuse démocratie italienne, réhabilitation du rond point, et la prochaine crise financière prend des forces

M.Berlusconi a tenté un coup tordu, qui s’est retourné contre lui. (« M.Berlusconi a perdu une partie de son parti et, plus important, son pouvoir de veto sur le gouvernement de M.Letta. ») La démocratie italienne aurait-elle des leçons à donner à une Europe dont la dérive bureaucratique encourage le populisme ? En Grèce, le gouvernement tente de se débarrasser de ses néonazis, en prouvant qu’ils sont criminels (seule façon d’interdire un parti). Pour que Mme Merkel attire les sociodémocrates dans son gouvernement, ce qui n’est pas dans leur intérêt, elle doit leur accorder de grosses concessions. Le petit peuple autrichien est en colère. Il sanctionne les partis de gouvernement. M.Erdogan propose des réformes. Compromis habile, compte-tenu d’une situation compliquée ? En menaçant l’Ukraine, M.Poutine l’aurait poussée vers l’Europe. Suède et Pologne seraient pour son adhésion. France et Espagne contre. C’est l’Allemagne qui décide. En Angleterre, M.Milliband aurait le vent en poupe, pas M.Cameron.

USA. La loi sur la santé de M.Obama fonctionne-t-elle ? L’avenir le dira. Pour le moment c’est un « machin » dont la mise en œuvre est compliquée et dont il est difficile de mesurer les effets. Les Républicains savent qu’ils ont peu de temps pour tuer le projet. Une fois installé, les avantages acquis ont la peau dure. Le budget fédéral est toujours bloqué. Le gouvernement tente de protéger les retraites. Mais une récession est possible. (Et le politicien américain est totalement insensible à l’intérêt général.) Quant au parti républicain il prend de plus en plus l’allure d’un FN aux dimensions continentales. Parti inéligible de défenseurs des intérêts mal compris des petits blancs. En Chine, grande campagne de repentance publique.

Entreprise. Londres développe un écosystème de start up, une Silicon Valley. Pour réussir il lui faudra attirer des compétences, de l’argent, et peut être aussi des entreprises… de l’étranger. L’Allemagne essaie de faire de même. Elle innove mais n’a pas une culture favorable à la start up. En particulier, c’est la grande entreprise, plus que la bourse, qui fournit des fonds. En France, les magasins sont fermés le dimanche, mais pas Internet. En Lybie, il y a de l’argent à gagner pour les aventuriers (turcs, chinois et coréens, en particulier). Le nettoyage par la chimie a son champion : Ecolab. L'espace est de plus en plus une affaire privée. Depuis que les journaux scientifiques font payer les auteurs plutôt que les lecteurs (accès libre), ils publient n'importe quoi, ou presque.

Prochaine crise financière : auspices exceptionnellement favorables ? Une nouvelle vague de fusions-acquisitions se prépare. Phénomène de mode. Pourquoi l’entreprise n’investit-elle pas ? A cause du système de rémunération de son dirigeant. Il le rend myope. Outre, la non durabilité de l’entreprise cela nous menace d’une nouvelle crise de la dette. En effet, les actifs des entreprises seraient évalués au prix du marché, qui est en phase spéculative. « Si les profits ont été exagérés, c’est aussi le cas de la valeur des entreprises. On parle beaucoup de désendettement, mais la baisse du ratio de la dette des organismes non financiers au PIB est à peine visible. En conséquence, le danger du surendettement est sous-estimé. Un effondrement du prix des actifs pourrait provoquer une crise. » Ce qui ne serait pas bon pour les banques françaises et allemandes dont les ratios de solvabilité ne reflèteraient pas la réalité. Et voilà qu’arrivent les Catbonds. Des obligations qui permettent de s’assurer contre les catastrophes naturelles. Innovation financière favorable à la spéculation, et à la prise de risque à la recherche de toujours plus de profits. « Les désastres causés par l’homme peuvent être tout aussi effrayants que ceux causés par la nature. »

Réhabilitation du rond-point. La preuve de l’inefficacité du secteur public ? La multiplication des ronds points ! disent les zélateurs du marché. Faux. Invention anglaise, le rond-point est beaucoup plus économe en temps d’attente, en vies et en frais de maintenance que le feu rouge. Il a certes quelques inconvénients en ce qui concerne les piétons et les cyclistes. Mais on va y remédier. Particularité de la démocratie (anglo-saxonne ?). Elle s’intéresserait à l’avenir, et au changement. Pas au passé. C’est pourquoi elle répéterait les mêmes erreurs. Et l’Angleterre ? « Une petite île capable de battre le monde, enfoncée dans le snobisme et l’esprit de clocher. »

Science. Changement climatique. Ridicules modèles de prévision. Ils ne prévoient pas que le capital puisse être touché. Pas plus que la croissance. Pas plus qu’ils ne voient les impacts systémiques d’une catastrophe. Toujours est-il que l’on aurait surestimé la capacité réfléchissante des particules qui se trouvent dans les nuages. Penser à l’argent rendrait malhonnête. Penser au temps aurait l’effet inverse. Ce qui serait renforcé par une attitude de réflexion.  

Comment mal élever ses enfants

Encourager un comportement permet de le faire devenir une habitude. Mais l'encouragement le plus efficace est irrégulier, et imprévu... En conséquence de quoi, on peut encourager un comportement non désiré sans le faire exprès. Je me suis demandé si cela n'expliquait pas l'état de la France. En effet, nous sommes souvent récompensés pour ne pas appliquer la loi : ne pas le faire a un bénéfice immédiat. S'il y a sanction, elle est tellement brutale qu'elle transforme l'individu en déchet. Idem pour l'enfant qui est soumis à des consignes que l'on ne se donne pas les moyens d'appliquer.

Solution ? Moins exigeant, plus cohérent ?

samedi 5 octobre 2013

Société d’irresponsables ?

Un directeur général quitte une grosse association. Son travail a consisté à la faire entrer dans les temps modernes. Il lui a apporté, notamment, les pratiques de l’entreprise privée. Il a aussi renouvelé ses sources de revenus. Le tout en peu de temps et dans des conditions difficiles. Au moment où il part, il découvre un spectacle curieux. Les membres du conseil d’administration et ses anciens collaborateurs s’emparent de ses projets, et se disputent ses fonctions. Chacun étend ses prérogatives, on recrute, on investit… selon son bon plaisir et sans prendre en compte les contraintes de la réalité, ou même du droit. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les ambitions rencontrent vite celles des autres et se contrarient. Brutalement, on se met à regretter le directeur général. Et s’il n’avait pas été qu’un sadique ? Et si les contraintes qu’il mettait aux projets individuels avaient une raison ? Et si, sans arbitre, il ne pouvait y avoir de jeu ?

En écoutant cette histoire, je me suis demandé si elle n’était pas une métaphore de celle de notre société. On nous a dit (un de mes instituteurs en tête) que nous devions libérer notre génie. Toutes les contraintes étaient scélérates. Nous avons haï les détenteurs du pouvoir. Ah que le monde serait meilleur, si l’on était à leur place. C’est ce qui nous est arrivé. Et aujourd’hui nous sommes effrayés par notre propre irresponsabilité. Mais il n’y a plus personne pour nous protéger de ses conséquences.

Mais aussi, ne peut-on pas reprocher à Charles de Gaulle et à sa génération d’avoir conçu une société d’irresponsables ?

vendredi 4 octobre 2013

Travail du dimanche : et si la France se souvenait qu'elle est laïque ?

Ce blog ouvre ses colonnes à Serge Delwasse et à son art consommé de la systémique... La parole est donc à Serge. Il vous interpelle :

La tentation est grande de mettre un grain de sel décalé dans la controverse de la semaine. Controverse d'autant plus stérile qu'elle oppose deux camps qui sont en réalité le même : celui de la France laïque, pour laquelle le dimanche DOIT être un jour comme les autres, et celui de la France sociale, pour laquelle le repos dominicale est une avancée majeure.

L’auteur se doit tout d’abord de rappeler quelques évidences si évidentes qu’elles passeraient pour des tautologies au yeux d’un observateur serein, s’il en existait un…
  1. Le repos hebdomadaire est une avancée sociale majeure fait par Moïse, au second millénaire avant JC
  2. Le choix du dimanche comme jour de repos coïncide avec l’adoption du christianisme comme religion officielle par Rome
  3. Le repos hebdomadaire est une nouvelle conquête sociale du monde ouvrier en 1906, après quelques décennies d’un 19ème siècle industrieux et anticlérical
  4. Le week end de deux jours généralisé (même pour les écoliers) est une avancée majeure dans l’ensemble du monde, de la seconde partie du 20ème siècle.
Qui dit interdiction de travail le dimanche dit fermeture des magasins. Ceci posé, un certain nombre de dérogations existent, et ont été rajoutées en un millefeuille que je ne me hasarderai pas à essayer de décrire, mais qui est abondamment analysé par les commentateurs :
  1. La sécurité et la santé
  2. Les services publics de transport
  3. L’alimentation
  4. Les week-ends précédant certaines fêtes
  5. Les zones touristiques…
  6. Les zones commerçantes mais pas touristiques… 
A ce stade, il me semble important de résumer :
  • Chaque salarié a un droit à deux jours de repos consécutifs dans une semaine
  • Ces deux jours de repos consécutifs ont pour but de se reposer et de passer du temps avec les siens, il est normal que ce soit de préférence un jour qui serait le même pour tous, choisi par convention, et qui peut s’appeler dimanche
  • Si on peut éviter que cela ait des répercussions sur les usagers et/ou les clients, c’est mieux
  • Si l’on peut encourager une économie vacillante, ce n'est pas mal non plus.
  • Et surtout, si l’on peut trouver un système qui nous fait passer, une fois de plus, pour un pays qui se repaît des combats d’arrière-garde, c’est encore mieux. Le temps de Jonathan Liddell et des Chariots de Feu où celui-ci refusait de courir le dimanche pour ne pas offenser le Seigneur est révolu. La Premier League anglaise de football fait jouer le dimanche et Wimbledon, temple du conservatisme, a successivement envahi les deux dimanche de la quinzaine - celui de la finale, puis le premier.
Maintenant, plaçons-nous du point de vue du salarié, celui à qui l’on veut interdire de travailler pour préserver ses avantages acquis. Sait-on qu’il y a un certain nombre de gens qui :
  • Sont mariés avec des boulangers – ou des boulangères, dont la boulangerie ferme le mardi, et préfèrent donc être de repos le mardi ?
  • N’ont pas d’enfant à l’école, et préfèrent partir en week-end quand il n’y a personne ?
  • Sont juifs et préfèrent ne pas travailler les vendredi et samedi ?
  • Sont musulmans et aimeraient aller à la mosquée le jeudi soir et le vendredi ?
  • Ne sont rien et aimeraient simplement gagner un peu plus ?
  • …
Ce qui est manifeste, c’est que, la loi posant le principe du dimanche comme jour de repos, elle offre un biais chrétien. La loi de 1905, dite de séparation des Eglises et de l’Etat  est pourtant claire : « La République […] garantit le libre exercice des cultes (art 1) [et…] ne reconnaît […] aucun culte (art. 2) … », je suggère au gouvernement, au nom de la laïcité, de déférer l’ensemble des lois prohibant le travail du dimanche devant le Conseil Constitutionnel. Une QPC habilement suscitée devrait faire l’affaire. Les Sages n’auront d’autre choix que de reconnaître que le Dimanche est le jour du Seigneur chrétien et que l’interdiction d'ouverture le dimanche viole la laïcité de la République. Ainsi, la banalisation du travail du dimanche serait imposée aux syndicats, au nom d’un principe républicain pour lequel ils se sont battus. Ouf, la grève générale est évitée ! 

Chaque entreprise choisirait ainsi ses deux jours de fermeture en fonction de son marché, de ses contraintes, ou, tout simplement du mode de vie de son dirigeant. C’est si simple… Mais c’est ici que cela devient compliqué, le diable se logeant comme d’habitude dans les détails. Comment concilier cette liberté nouvelle avec le souhait bien légitime pour le plus grand nombre de ne pas changer son rythme de vie ? il suffirait de faire un subtil distingo entre la notion d’horaires de travail – qui, rappelons-le, sont du ressort du chef d’entreprise – et de jours de travail. Les jours de repos deviendraient un élément essentiel du contrat de travail. Les nouveaux contrats comprendraient deux jours de repos obligatoire – qui n’existent pas aujourd’hui, aussi surprenant que cela puisse paraître, en droit du travail – et seraient librement négociés entre le salarié et son employeur. Une fois le contrat signé, ce dernier ne pourrait pas, s’il ne l’a pas prévu, modifier les jours de repos. 

L'étape suivante serait de supprimer un certain nombre de jours fériés (ascension, pentecôte, assomption, toussaint) en les intégrant au couple congés/RTT et nous aurons, grâce à la laïcité, un pays dont les magasins sont ouverts quand les clients souhaitent faire leurs courses…

Chasse à l'intrapreneur

Et si j'avais sous-estimé "l'intrapreneur"? Je n'avais pas pensé qu'il était important qu'une entreprise ait un "moteur à innovation". Et que son ingrédient était "l'intrapreneur".

La seconde idée que j'ai eue en lisant cet article, est que climat actuel de l'entreprise avec ses licenciements massifs et son automatisation par ERP me semble totalement hostile à ce type de talent (d'ailleurs difficile à repérer). Pas étonnant que "70% des entrepreneurs qui réussissent ont trouvé l'idée de leur projet lorsqu'ils travaillaient chez un précédent employeur".

jeudi 3 octobre 2013

Jean-Jacques Auffret : réussir l’équilibre entre performance et bien être

Jean-Jacques Auffret va occuper le créneau des billets du jeudi, 10h.
Jean-Jacques Auffret ? Un ingénieur ascendant mathématiques qui a eu une révélation. Une entreprise ne peut pas être exclusivement fondée sur la technologie. Pour qu’elle donne le plein de son efficacité, l’homme doit s’y sentir bien. C’est pour l’aider que Jean-Jacques enquête. Il nous parlera dans 3 prochains billets de quelques outils et pratiques qu’il a trouvés, là où sa curiosité et ses expériences l’ont mené. Une interview pour commencer.

Qui es-tu et d'où viens-tu ? Je suis un ingénieur qui a passé sa carrière en entreprise, au sein du milieu high-tech. Plutôt curieux de tempérament, j'ai exercé de nombreuses fonctions et occupé des postes variés au long de ce parcours. L'évolution de ma carrière m'a conduit à m'éloigner progressivement de ma formation initiale de mathématiques pour m'intéresser toujours davantage au facteur humain, jusqu'à devenir coach certifié aujourd'hui.

Coming out inattendu ! Quelle en fut la raison ? Deux choses. La première est l'extraordinaire impact qu'ont eu les technologies de l'information et leur évolution sur notre façon de travailler et d'interagir depuis une petite trentaine d'année. La seconde est, par contraste, le peu d'évolution qui a accompagné en parallèle le volet humain des choses, notre "logiciel individuel et social", en quelque sorte. La rencontre d'un "quoi/comment" en évolution rapide et d'un "qui" beaucoup plus statique crée des zones de turbulence qui expliquent à mon sens une partie des challenges auxquels on fait face dans le monde du travail aujourd'hui.

Question cruciale ! As-tu une solution ? En réalisant que "travailler" aujourd'hui signifie non seulement résoudre des problèmes et produire de la valeur, comme autrefois, mais qu'en plus s'y ajoute l'obligation permanente de "travailler sur son travail". Cela signifie optimiser en permanence un équilibre entre performance et bien-être, équilibre sans cesse bousculé par des évolutions de toutes sortes, mais nécessaire à la fois pour l'entreprise et pour le salarié afin que chacun des deux partenaires trouve son compte dans cette course d'endurance qu'est une carrière. Notre principal outil de travail, c'est nous-mêmes, et nul autre que nous-mêmes ne peut l'entretenir et le développer à notre place.

Oui, mais comment faire, en pratique ? En pratique, force est de constater que la plupart des travailleurs aujourd'hui sont des travailleurs intellectuels, au sens basique, où l'objet de leur travail est essentiellement de l'information, immatérielle. Mais ils ont tout intérêt à s'inspirer de leurs ancêtres paysans et travailleurs manuels dans leur approche au travail. Que faisaient ces derniers ? Ils choisissaient avec soin ou inventaient les outils les plus adaptés à leur tâche et à leur personne, puis accumulaient par l'expérience une grande maîtrise de ceux-ci au service de leur productivité. Enfin, ils organisaient la transmission de ces savoir-faire dans un cadre social: famille, corporation, apprentissage, plus tard l'école... C'est ce qui m'a poussé à créer dans mon entreprise, à l'aide du réseau social interne, une plate-forme de partage et d'échanges autour des bonnes pratiques de travail, afin que la roue du travail intellectuel n'ait pas à être réinventée tous les jours dans des domaines comme la gestion des emails, l'organisation du temps, des priorités, les  négociations, la réflexion... toutes choses essentielles au travail moderne, mais qu'on n'apprend finalement ni à l'école, ni dans l'entreprise elle-même.

Le blog du changement t’ouvre ses colonnes. Que veux-tu y publier ? Je me propose donc de publier dans ce blog quelques posts sur des outils de ce type. Cela me paraît pertinent dans un blog consacré au changement des organisations, car il me semble que même si un tel changement collectif ne peut se résumer au seul changement des individus qui le composent, ce dernier en est cependant à la fois l'origine et l'aboutissement.

Les mérites de l'Occident

Il est de bon ton d'accuser l'Occident de tous les maux. Je me demande s'il n'a pas deux qualités, essentielles:
  • Hannah Arendt parle "d'objectivité". Il me semble que, des Chinois au Pygmées, la caractéristique de l'homme a été de faire passer l'équilibre de la société devant ce que lui dit l'observation "objective". Les Chinois, en particulier, ont bridé leur science. C'est peut-être un moyen de vivre agréablement. Mais cela prépare mal à affronter les changements que semble nous demander la nature. 
  • Un concept qui a l'air de remonter au Stoïcien veut que tous les hommes aient une essence commune, leur "humanité". Il me semble que les autres peuples estiment qu'eux seuls sont des "hommes". Et que les "barbares" ne valent pas grand chose. Cette "ontologie" occidentale pourrait être utile à un moment où les peuples fusionnent. 

mercredi 2 octobre 2013

Le plateau de Saclay, plus fort que MIT

Saclay's town hall
Je découvre tardivement le grand projet du précédent gouvernement. Il s’agit apparemment de rassembler les universités et les grandes écoles sur le plateau de Saclay. Cela me frappe comme paradoxal. J’ai toujours associé les campus anglo-saxons à une forme de bonheur de vivre. Par contraste, le plateau de Saclay est un des endroits les plus inhospitaliers que je connaisse.

Pourquoi ce projet ? Pas clair. Apparemment pour faire comme les Américains, ou plus exactement comme les Chinois, qui font comme les Américains. Pense-t-on qu’il suffise de mettre des gens ensemble pour que cela produise un miracle ? Sans rien faire de plus ? Et en quoi les pays à grosses universités sont-ils plus performants ou plus heureux… que les autres ? Leurs grosses universités font peut-être des choses que l’on ne trouve pas ailleurs, mais pour le reste ? (Et si c’était au détriment du reste, justement ? Club med pour privilégiés, comme Oxbridge et Ivy league ?...)

En tout cas, voici qui est bien français : le prince crée un champion national, par décret. Un prince qui se voulait ultralibéral et qui n’était pas à une contradiction près. Exemple de rigueur intellectuelle pour la future élite de l’Essone Institute of Technology ?

Comment savoir si une idée n'a pas d'avenir ?

Intéressante question. Comment savoir si une nouvelle idée n'a pas d'avenir et qu'il faut passer à autre chose ? (L'article.)
  1. Rien de bon n'en est sorti ;
  2. Pas d'autres idées ne sont venues enrichir la première ;
  3. Elle laisse froid vos proches et ceux qu'elle devrait intéresser.

mardi 1 octobre 2013

Non aux trente douloureuses

Le problème du monde, c’est le diktat du court terme. Retrouver une vision à long terme permet de résoudre nos problèmes présents. Voici un livre systémique. 

Avec des idées très surprenantes. Par exemple celle d’un « Etat stratège » qui prendrait la place de notre « Etat instituteur ». Ce stratège serait léger et chinois. Il se serait débarrassé de tout ce qu'il fait mal. Et il ferait émerger un projet collectif et chercherait surtout à amplifier les forces qui lui sont favorables. Vraisemblablement, il jouerait de l’investissement, poste déclinant du budget de l’Etat. Auparavant, il faudrait attaquer les démons du moment. J’aperçois outre la dette, « reprendre le contrôle de la finance » (et de l’Etat), la mondialisation, et l’Europe qui prend tous les coups tordus des Américains et des Chinois sans pouvoir les rendre.

Augustin de Romanet répond même à une de mes obsessions : la tendance du haut fonctionnaire à bloquer tous les contre-pouvoirs pour pouvoir décider seul. Il a donné à la Caisse des dépôts, qu’il dirigeait, une commission de surveillance. Elle lui « a permis de faire avancer la Caisse des Dépôts et Consignations de façon beaucoup plus audacieuse ».

La question qui me paraît la plus préoccupante est la création monétaire qui a suivi le démantèlement des accords de Bretton Woods en 1971. La masse monétaire a été multipliée par 7. (Logiquement cela devrait se terminer en inflation massive.) Comment « remettre la monnaie au service des échanges » ne me semble pas totalement clair. En tout cas, il y a peut être un moyen de s’entendre avec les fonds souverains. Ils ont une vision à long terme. Et à long terme tous les intérêts arrivent à s’entendre.