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jeudi 8 février 2018

Palestinien

Il ne fait pas bon être palestinien. La plupart des régimes de la région sont des alliés plus ou moins objectifs d'Israël. Et les Palestiniens, eux-mêmes, sont désunis. Que peuvent-ils espérer ?

L'individualisme est un attrape couillon. Une personne tient son pouvoir de la société, des réseaux qu'il y possède.

(Il y a une tradition anglaise, cependant, qui peut être adaptée à cette situation. Ce que l'on a appelé "Peterloo". Une foule pacifique manifeste, avec hommes, femmes et enfants. Les forces de l'ordre prennent peur. Grand massacre. L'opinion s'en offusque... Mais le Palestinien n'est pas un Anglais.)

dimanche 27 avril 2014

Péril vieux ?

« le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait doubler d’ici 25 ans ». Conséquences du vieillissement mondial ? « un ensemble de forces réduisant l’investissement et augmentant l’épargne, sans action politique les contrebalançant, fait que l’impact du vieillissement (conduit à un monde) de croissance faible (…), un trop plein d’épargne et de très bas taux d’intérêt. Ce sera un monde dans lequel le vieillissement renforce les changements de répartition de revenus que les nouvelles technologies ont provoqués : les vieux qualifiés gagnent beaucoup, les peu qualifiés de tous âges vivent difficilement. Les non qualifiés et les sans emplois s’en tirent particulièrement mal, ne parvenant jamais à acquérir les compétences qui leur permettraient de devenir de vieux travailleurs productifs ».

Mme Merkel crée un salaire minimum, réduit l’âge de la retraite, encadre les loyers. The Economist regrette M.Schröder. Et M.Blair. Certes, il n’avait pas fait que du bien. Et, il a gagné 60m£ en collaborant avec des régimes peu reluisants ou à qui il avait accordé des faveurs lorsqu’il gouvernait. Mais, en ce temps, la politique anglaise avait une autre mine. A l’Est de l’Europe, les communautés russophones sont autant de pions dans le jeu de M.Poutine. Mais les populations locales voient avant tout leur intérêt matériel. Italie. La Ndrangheta aurait-elle une direction invisible ? Corruption à Bruxelles ? « Les normes éthiques concernant le lobbying sont souvent moins rigoureuses à Bruxelles qu’à Washington. » Les factions palestiniennes pourraient s’unir. Pour une fois elles y ont un réel intérêt. Et The Economist croit à leur succès. Au Yemen, « à chaque fois qu’un drone tue des civils Al Qaeda devient plus fort (…) mais la dernière vague d’attaques laisse penser que cette politique va continuer de plus belle. »

USA. Il devient trop coûteux d’exécuter les condamnés à mort. Les beaux jours de la peine capitale seraient finis. Et on redécouvre James Madison. « La solution de Madison était une république vaste et diverse, dans laquelle les partis et les intérêts se contrebalancent, réduisant le risque qu’une minorité s’unisse pour se liguer contre les autres. »

En Thaïlande, « on est au-delà de la logique et de la raison, c’est devenu une question de foi ». Le pays sombre dans le chaos ? A moins que la famille gouvernante actuelle ne laisse la place à quelqu’un d’autre de son camp. Grève massive en Chine. L’ouvrier sachant son avenir menacé par des pays à bas coûts veut une retraite. Quant aux très riches et aux cadres supérieurs ils sont tentés de passer à l’Ouest. Ils gagnent beaucoup d’argent, ont un travail passionnant, mais leurs conditions de vie sont détestables. La monnaie chinoise peut-elle devenir monnaie de réserve ? Non, car il est dans l’intérêt du pays de contrôler son cours.

L’économie du partage croît et affronte la justice. Comme d’habitude avec Internet, elle attaque à la marge les entreprises en place. C’est suffisant pour menacer leur survie. Mais aussi, elle court-circuite les taxes, les assurances et autres règles que s’est donnée la société.

La dernière mode chez les laboratoires pharmaceutiques est de s’échanger des unités. Pour pouvoir se spécialiser. M.Gentskow est un économiste spécialiste des médias. Il a découvert, en particulier, que « le web (…) siphonne des revenus de là où l’attention du lecteur est durable, et les fait croître, là où elle ne l’est pas » et « si plus de journaux avaient fait payer leur contenu en ligne (…) les ventes de papier et leurs revenus seraient plus élevés. »

La réglementation MiFID1 avait pour but d'accroître la concurrence sur les marchés financiers européens. Elle a eu des conséquences imprévues : perte de contrôle d’une partie des échanges. MiFID2 veut les empêcher. « Les conséquences risquent d’être aussi radicales et imprévisibles que celles de son prédécesseur. » Quant aux entreprises américaines : « Une vague d’acquisitions est un signal classique de la fin d’un cycle haussier, un signe que l’ingénierie financière a pris la place d’une croissance des affaires saine. » 

L’avenir de la centrale nucléaire serait en mer. On y trouve toute l’eau dont elle a besoin. (Et il n’y a pas de voisins ?)

dimanche 13 avril 2014

Du bienfait de l'incertitude et du risque

Comment éliminer les crises financières ? Tout est une question de risque. Quand les organismes financiers se croient à l’abri des risques (soutien de l’Etat), ils deviennent irresponsables. Il en résulte une crise… il faut « réintroduire le risque dans le secteur privé ».

En tout cas, si le risque est bon pour la santé, les pauvres devraient se réjouir :

Le retour de Dickens ? Il y a de plus en plus de travailleurs indépendants. « l’économie pourrait avoir créé un grand réservoir de travailleurs, ressemblant aux « spinsters » du début de l’Angleterre du 19ème siècle, des femmes seules qui étaient payées à la pièce pour tisser du textile chez elles, ou aux dockers qui se massaient aux portes de ports dans l’espoir d’être pris pour une journée de travail. Cela signifierait une économie dans laquelle les salaires sont maintenus bas de manière permanente, et les profits demeurent élevés. » Art de la politique aux USA. Les milliardaires utilisent leur argent pour faire tomber les politiciens adverses ; on est élu de père en fille, histoire de capital de marque. Bouleversement en France. M.Drahi, simple polytechnicien, parvient à défaire les projets de l’establishment. Les entreprises ressortent les vieilles marques. Probablement parce que nous n’avons plus confiance dans les marques actuelles. Technologie de l’information, grave problème de sécurité. « Cet épisode est un nouveau rappel des problèmes de sécurité auxquels les entreprises doivent faire face à mesure que de plus en plus d’activités économiques se font en ligne. »

Europe. Les juristes allemands grippent le mécanisme européen. « Le juridisme germanique est le signe d’un désagrément profond : les gouvernements veulent les avantages de la monnaie unique mais pas le partage de risques et les transferts d’une fédération (…) pour fonctionner correctement une union monétaire a besoin d’une forme d’union fiscale. » Pourtant, des économistes semblent penser que l’entrée dans l’Europe aurait été extrêmement rentable. En particulier pour l’Irlande, le Danemark, l’Angleterre et le Portugal. Mais pas pour la Grèce. Les Grecs peuvent de nouveau emprunter sur les marchés financiers. Mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. France et Italie, même stratégie : pas de stratégie ? Sortir de la rationalité financière pour prendre de vitesse leurs blocages internes (leurs Etats dans l’Etat) et externes (rigueur européenne) ?

La Russie organise des troubles en Ukraine, pour convaincre l’Occident qu’une fédération ukrainienne serait un moindre mal. La tâche des Ukrainiens est compliquée. Ils doivent à la fois résister aux provocations et faire avec un gouvernement d’oligarques, contre lesquels ils se sont soulevés… Curieusement, l’Angleterre serait plus sensible que l’Ukraine aux menaces russes. Cambridge University Press censure un ouvrage critique du régime de M.Poutine. En Afghanistan, les élections ont été plus calmes que prévu. « Les Afghans ordinaires ont envoyé un message : à leurs politiciens, que la stabilité nationale est plus importante que les intérêts particuliers ; au reste du monde, que leur pays mérite d’être aidé ; au Talibans, que leur prétention à représenter l’Afghanistan est sans fondement. »

Chine. Les ONG se développent, avec la complicité de l’Etat chinois. « Un curieux pacte, non formulé,  s’est fait : chaque parti accepte le compromis comme un moyen de progresser vers son objectif, à court terme, tout en espérant que l’avenir jouera en sa faveur. » Les Chinois prêtent aux pays d’Amérique latine, en échange de l’accès à leurs ressources naturelles. (Création d’une relation de dépendance ?)

Ciment. Dangote, énorme groupe nigérien. Il résulte de la volonté du gouvernement nigérien, de « subtituer » un producteur local aux importations étrangères. Holcim et Lafarge fusionnent. Ils seraient complémentaires. Holcim, marketing ; Lafarge, technologie. Ils voudraient faire du ciment comme un service, i.e. du ciment sur mesure, pour des usages spécifiques. (Fumeux ? Dirigeants en panne de stratégie ?)

Les négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens sont mortes. Raison ? « Actuellement, Israël est fort et le mouvement palestinien faible. » Sur le long terme cette faiblesse n’est peut-être pas dans l’intérêt israélien : un Etat mixte sera dominé démographiquement par les Arabes. Le gouvernement sud-africain est massivement corrompu.

Les centrales nucléaires pourraient fonctionner au thorium. Cela aurait des tas d’avantages. En particulier qu’il est difficile de le transformer en bombe. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne nous a pas intéressé. On aurait trouvé un moyen de stimuler la régénération de certains organes (de souris). 

lundi 19 août 2013

The Economist contre Internet

Qu'arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l'entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »

Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israël modifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.

L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.

Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

lundi 26 novembre 2012

Vieux démons occidentaux, guerre en Palestine et espoir au Mexique

The Economist voit le conflit Israélo-palestinien sous un angle inhabituel. La politique belliciste de M. Netanyahou a réussi. Israël se porte mieux, et ne reçoit quasiment plus de missiles. Le pouvoir de nuisance de l’Iran baisse depuis les troubles en Syrie. Parce que le Hamas a pris le côté de l’opposition syrienne, et que le chemin vers le Hezbollah est coupé. Et les nouvelles démocraties arabes sont trop préoccupées par leurs problèmes pour aider la Palestine. Mais, le Hamas pourrait avoir le temps pour lui, d’autant qu’il sera difficile, pour Israël, de maintenir une enclave palestinienne privée de droits au sein d’une région devenue démocratique. Bon moment pour un changement ?

Le Mexique aussi se transforme. Les Chinois devenant chers, les industries qui veulent alimenter les USA s’installent chez lui. D’où croissance forte, arrêt de l’émigration. Mais aussi baisse du taux de fécondité (au dessous de celui des USA, dans dix ans). Malheureusement, le parti gouvernemental serait corrompu.
La faille de la démocratie américaine est l’argent. Beaucoup de fonctions y étant électives, et se faire élire demandant beaucoup d’argent, ceux qui en ont, ont le pouvoir de faire la pluie et le beau temps. A mon avis, c’est surtout préoccupant en ce qui concerne la justice. Quant à l'élection présidentielle, les deux partis s’équilibrent. (Bien qu'ils doivent tout de même se plier aux désirs des gros donateurs.)

Europe de l'Ouest. La Catalogne va-t-elle quitter l’Espagne. Pour l’éviter, le pays pourrait devenir plus ou moins fédéral. Mais je n’ai pas compris en quoi cela résoudrait les problèmes économiques de l’ensemble. En Italie, le résultat des prochaines élections est imprévisible, mais M.Monti devrait continuer à la gouverner. L’avenir de l’UMP est tout aussi brouillé. (Victoire de Sarkozy ? ce dont je doute.) Les Allemands sont aux prises avec leurs néonazis, et l’Angleterre voit son salut dans le Commonwealth. Les crises ressuscitent les vieux démons ?

Changement dans l’industrie. La production des pays riches augmente. Et la composition de l’emploi se transforme. Il glisserait de l’usine aux services liés à l’industrie, et à la fabrication de machines. Chez HP, tout va mal, sauf le logiciel. Et ses acquisitions semblent malheureuses. « Au troisième trimestre, HP a réduit de 8md$ la valeur d’EDS, un vendeur d’équipements et de services acheté en 2008 pour 13,9md$, plus 1,2md$ pour Compaq, un fabricant de PC. » Quant à Autonomy, le chiffre serait de 8,8md$ (sur 10,3md$). Pour la voiture et l’avion, le temps du sans pilote arrive à grands pas. La technologie qui le permet servira, pour commencer, à aider les pilotes humains.

Théories économiques. Pendant longtemps on nous a enjoints de ne penser qu’aux intérêts de l’actionnaire. Aujourd’hui, on dit que c’est dangereux. Mais, curieusement, The Economist nous demande de continuer sur la même voie, les alternatives ne conduisant à rien de mesurable… De manière plus profonde, peut-être, le journal pense que ce n’est l’indicateur, en lui-même, qui est en faute, mais la façon dont les dirigeants l’ont employé. « Le problème n’est pas que les investisseurs sont des idiots, mais que les dirigeants le croient. »
Un résultat mesuré sur eBay : en moyenne, il rapporte plus de ne pas masquer les défauts d’un produit que de faire le contraire… Et, pour une raison inconnue, fixer un salaire minimum serait bon pour l’économie et pour l’emploi, et réduirait les inégalités salariales. C’est contrintuitif.  Et c’est tout ce que j’ai retenu de The Economist, cette semaine. 

dimanche 11 novembre 2012

Super Obama et autres histoires


The Economist constate la victoire d’Obama. Sa stratégie électorale fut à l’image de son intellect, redoutable. Il a visé des « niches », des groupes ayant des intérêts particuliers (par exemple les homosexuels), et se les ait attachés en leur donnant ce qu’ils attendaient. De même, il a convaincu l’opinion des défauts qu’il attribuait à son opposant. The Economist lui conseille maintenant de trouver un accord avec ses adversaires pour rétablir les finances américaines. C’est une autre paire de manche. 
Il ne fait pas bon être pauvre aux USA, dit un autre article. (Raisons culturelles : pauvreté = crime ?)

La Chine change d’équipe de direction. Le pays ne semble pas dirigé par un homme, mais par un groupe, avec de multiples ramifications vers des centres de pouvoir extérieurs. Apparemment, les nouveaux seraient les protégés des anciens, ce qui sous-entendrait un même cap.

Sur le front grec, rien de nouveau. Le pays ne pourra jamais payer ses dettes. Un défaut doit être organisé.

Les Américains pourraient échanger les Palestiniens contre les Iraniens, i.e. pression sur l’Iran contre  négociation Israël / Palestine.

Le pirate somalien n’aurait plus le vent en poupe. La navigation dans ses parages se serait organisée et armée. Et il ne veut pas risquer sa vie.

En ce qui concerne Internet, la presse aurait enfin trouvé une formule efficace : le portail payant. Fin du modèle du contenu gratuit, payé par la publicité, et des illusions de la bulle Internet ? Mais pas fin des bulles. Il y aurait peut-être bien une spéculation sur la dette d’entreprise, rien d’autre ne rapportant quoi que ce soit. Attention à l’éclatement (assureurs…). Facteurs d'éclatement ? Crise ou reprise ! Autre souvenir de bulle, les agences de notation seraient attaquées par la justice. Elles expliquent qu’elles n’ont fait qu’exprimer une opinion. On leur répond qu’elles étaient payées pour que cette opinion soit sérieuse.

Pourquoi vote-t-on alors que cela ne nous rapporte rien ? Peut-être parce que le coût du vote est inférieur à ce qu’il en coûterait de s’interroger sur son utilité. (Pour ma part, je soupçonne que l’on est programmé par la société pour voter, de même que l’on pratique moult autres rites sociaux qui ne nous rapportent rien.)
Et si l’altruisme, une caractéristique de l’espèce humaine, venait de notre propension à la guerre, une autre de nos caractéristiques ? Nous y aurions pris l’habitude de nous sacrifier pour le groupe… 

mardi 3 janvier 2012

Changement en Palestine.

Les Palestiniens vont-ils s’unir et se rapprocher de l’Égypte ?

La tentative de reconnaissance par l’ONU faite par le Fatah a résulté en une forme de sanctions économiques, qui poussent le Fatah à se rapprocher du Hamas, qui, lui, est prospère. Le Hamas s’éloignerait de l’Iran et de ses alliés pour rejoindre les Frères musulmans égyptiens. (Rivals who may need each other)

Vers un Moyen-Orient soudé par un Islam (relativement) modéré mais ferme dans ses principes ?

Compléments :

jeudi 10 novembre 2011

Méconnaissance géographique

On pose des questions sur la bande de Gaza à des étudiants en géographie. On obtient de bien curieuses bêtises. (CULTURE GÉNÉRALE – « La bande à Gaza ? Un groupe d’extrémistes palestiniens » | Big Browser)

J’ai l’impression qu’ils savent du sujet ce qu’une oreille distraite retient de flashs d’information entendus en bruit de fond.

Dans ces conditions, comment se faire une opinion sur le conflit Israël-Palestine ?…

Compléments :
  • Défaite en rase campagne de l’Éducation nationale ? Elle ne fait plus son travail qui est de nous armer pour penser ? (La République des instituteurs)

lundi 17 octobre 2011

Échanges Israël Palestine

Les Israéliens et les Palestiniens décident d’échanger des prisonniers. Pourquoi maintenant ? (An extraordinary exchange rate)
  • Parce que la direction palestinienne pourrait aller de Syrie en Égypte, et que l’Égypte aurait demandé une forme de concession, en échange du déménagement.
  • Pour affaiblir le Fatah, qui a demandé à l’ONU de reconnaître un État palestinien.
  • Pour faire oublier au peuple israélien son mécontentement. 

lundi 26 septembre 2011

État palestinien

Je me demande s’il n’y a pas un temps pour tout.

Un temps pour la construction d’Israël et sa stratégie du « mur de fer », et un temps pour reconnaître les aspirations de ses voisins. Et pour établir une relation pacifique avec eux.

Compléments :

mercredi 30 mars 2011

Courroie de transmission syrienne

Si le régime syrien disparaissait cela couperait la chaîne de transmission de l’influence iranienne vers le Hezbollah et le Hamas.

Nouvel exemple d’interdépendance entre régimes autoritaires de la région (cette fois-ci, le courant chiite). 

lundi 28 mars 2011

Moyen-Orient et démocratie

En fait, je me demande si au Moyen-Orient les régimes autoritaires ne se donnent pas la main.

Par exemple, il y existe une grande quantité de pays où des Sunnites dominent des Chiites (cf. Arabie Saoudite). Ce qui permet à l’Iran d’être le Robin des bois de ces derniers.

L’installation de la démocratie peut donc avoir un effet domino : elle élimine la légitimité des autoritaires qui servaient de contrepoids aux opprimés.

Quelque chose de ce type pourrait se jouer en Palestine. Le Hamas serait menacé par un mouvement démocratique. Du coup, il a bombardé Israël, qui a immédiatement répliqué. Les protestataires se sont rangés du côté de la patrie en danger… (Not immune)

dimanche 20 février 2011

Israël menacé

Israël encerclé ? Menacé par la démocratisation des régimes arabes ? Surtout, les Européens et les Démocrates américains (y compris juifs) lui seraient peu favorables. Il ne resterait de ferme que l’appui des conservateurs américains. (Encircled by enemies again?)

Israël serait-il victime d’une forme de fondamentalisme qui s’entendrait mal avec les démocraties et les libéraux ?

En tout cas, l’article conclut :
Certains médiateurs pensent qu’un environnement moins amical, à la fois dans la région et à l’étranger, est le seul moyen de pousser Israël à donner aux Palestiniens un État digne de ce nom.

mercredi 16 février 2011

Amérique et Moyen-Orient

Le lien israélo-américain n’aurait pas pour raison l’intérêt. L’émergence d’un pouvoir populaire au Moyen-Orient (favorable à la cause palestinienne) pourrait faire payer cher cette amitié à l’Amérique. (A marriage of inconvenience.)

dimanche 2 janvier 2011

Guerre au Moyen-Orient ?

Israël et ses opposants désireraient « une deuxième manche décisive ».
  • Les Palestiniens seraient bien mieux armés que lors de la première et pourraient infliger de très sérieux dommages à la population israélienne.
  • Les extrémistes de chaque bord seraient trop forts pour qu’une guerre puisse être évitée sans intervention pacificatrice extérieure.

samedi 16 octobre 2010

Obama et Israël

B.Obama serait parti pour essuyer un nouveau revers. Les discussions entre Israéliens et Palestiniens sont mal engagées. La raison en serait qu’il ne se donne pas les moyens de ses ambitions.

Je me demande s’il n’en est pas de même en Afghanistan. N’a-t-il pas déclaré que l’Amérique allait bientôt s’en dégager ? C’est peut-être une façon de stimuler ses forces, de les pousser à se transcender (c’est un « stretch goal » dans le jargon des sciences du management), mais c’est aussi un moyen de stimuler leur adversaire…

Ce qui m’a rappelé la thèse d'un livre selon laquelle les Américains étaient de « reluctant crusaders » : ils se laissaient emporter par de nobles idéaux, dont, justement, ils ne se donnaient pas les moyens. 

jeudi 28 janvier 2010

De l’importance d’être Sarkozy

À tort ou à raison, j’ai l’impression que B.Obama pense l’opposition républicaine trop stupide pour s’accorder avec elle. Et, c’est vrai que l’argumentation de celle-ci est affligeante, haïssable. Mais est-ce sa faute ?

Je me demande, si, comme tout parti d’opposition, les Républicains ne cherchent pas, par essai / erreur, ce qui peut déséquilibrer le gouvernement. Ce qu’il tente d’abord est le plus classique, souvent le plus bas (la moralité du président, les peurs les plus grossières de la population, les valeurs fondamentales de l’opposition). En France, le PS n’a pas trouvé la faille de la majorité, ses succès ne sont que de courte durée. Aux USA, les tactiques simplistes ont tout de suite marché. Les Républicains s’y sont donc tenus.

L'échec de sa politique palestinienne me conforte dans cette idée. Le plan de B.Obama a été immédiatement mis KO par Israël. Je ne suis pas sûr que les Israéliens s’attendaient à un succès aussi facile.

Tout cela me fait croire que B.Obama a un colossal point faible : il n’est pas N.Sarkozy, une « bête politique ».

samedi 1 août 2009

Obama dos au mur

« Les quelques prochaines semaines pourraient déterminer le destin de la présidence de Barack Obama » (Crunch time) :

B.Obama a voulu gérer la nation et le monde sans se salir les mains, en se contentant d’orientations vagues et bien pensantes. Mais ça ne marche pas, tous les projets qu’il a lancés menacent d’être des désastres, qui n’améliorent rien mais enfoncent la nation dans le déficit. S’il n’entre pas dans la mêlée, s’il ne mouille pas le maillot, le pire est à craindre. « Il doit descendre de son nuage et se mettre à montrer la voie ». Voilà ce que dit The Economist.

Mais, il n’y a pas que du mauvais : s’il a entre les mains le sort du monde, c’est que les problèmes de ce dernier ne sont pas aussi insolubles que l’on aurait pu le penser.

  1. Ainsi, à mon grand soulagement, The Economist se redécouvre une veine démocratique et explique à M.Obama comment amener Républicains et Démocrates à s’accorder sur un système de santé qui assure tout le monde (objectif du président) sans ruiner le pays (un souci qui n’est pas que républicain).
  2. Plus surprenant, il semblerait que la question israélo-palestinienne ne soit pas désespérée. À quelques ajustements près, susceptibles d’être réglés par une négociation intelligente, les deux camps (ou 3, si l'on tient compte de la division Hamas/Fatah) sont d’accord sur des principes qui puissent fonder un arrangement durable. Ce dont ils ont besoin, c’est d’un catalyseur, d’un négociateur déterminé.

M.Obama n’a pas arrêté de nous parler du changement. Ça tombe bien, le monde est dans une situation favorable au changement, il ne lui faut qu’un « leader du changement » compétent, et M.Obama est dans une situation idéale pour occuper cette position.

Compléments :

  • Une remarque brillante sur ce qui fait croire que le Moyen-Orient est dans une impasse : « En ce moment, les politiciens des deux côtés se définissent par l’extrémisme de leurs opposants les plus déraisonnables ».
  • Ce que j’entends par leader du changement : Mesurer la capacité au changement d’une entreprise.
  • Ce blog est d’accord avec The Economist (pour une fois !) : Obama : charme éventé ? B.Obama doit enfin comprendre que s’il veut qu’un changement réussisse, il doit le contrôler (Contrôlez le changement !).

dimanche 18 janvier 2009

Paix en Palestine

J'arrive en fin d'un débat de RFI. Un invité explique qu'il y a peu de chances de paix entre Israéliens et Palestiniens. Une majorité d'Israéliens ne croit qu'en la seule vertu de la force ; un grand nombre d'Arabes pensent que le temps et la démographie jouent pour eux et qu'ils chasseront Israël de Palestine. 

Dans ces conditions la paix ne peut être que provisoire. Comment la rendre durable ? 2 idées :
  • Paix des braves, comme en Irlande : les belligérants s'épuisent et finissent par se rendre compte qu'ils ne peuvent pas venir à bout de l'autre, peut-être à s'estimer. En tout cas à se respecter.  
  • Les opposants trouvent un projet commun, et comprennent que l'autre leur est utile, leur apporte quelque chose qu'ils ne peuvent obtenir seuls. 

Ces mécanismes semblent inhérents à la constitution de groupes humains : Le respect ou la mort ?

vendredi 2 janvier 2009

Israël et la Palestine

Hervé Kabla, qui est en Israël, est perplexe quand aux raisons de l’offensive de l’armée israélienne en cours.

J’avais entendu qu’elle s’expliquait ainsi : l’on s’approchait d’élections et le parti politique qui ne serait pas favorable à la guerre les perdrait certainement. Je m’étais fait quelques vagues réflexions sur les complexités du fonctionnement d’une démocratie.

Hervé estime 1) qu’il n’y a rien de nouveau dans les tirs de roquettes sur Israël, l'explication de l'offensive ; 2) que le parti travailliste, au pouvoir, n’a rien à gagner de cette guerre, puisqu’elle mécontentera son électorat arabe. En outre, l’offensive est à la fois bien préparée (Israël s’est assurée de l’appui de l’Egypte), sans l’être : l’armée israélienne menace d’une attaque au sol, mais ne semble pas avoir le type de troupe nécessaire à ce genre d’opérations. En attendant, elle mobilise ses réservistes.

Difficile de dire quoi que ce soit d’intelligent sur ce conflit…

  1. Il n’y a pas de guerre des civilisations comme pensait pouvoir l’affirmer le très dangereux Huntington (Mort d’Huntington). Les cultures s’adaptent les unes aux autres. Si on leur en laisse le temps, elles copient ce qui semble réussir ailleurs. Je ne vois pas de raison pour qu’il n’y ait pas de paix au proche orient.
  2. Mon intuition me faisait regarder avec suspicion Israël. Peut-on, avec raison, utiliser massivement la force contre un ennemi sous équipé ? Cela ne fait-il pas une victime de cet ennemi ? Dans la dernière guerre du Liban, Israël n’a-t-il pas cru, comme l’Amérique de la deuxième guerre d’Irak, que l’on pouvait imposer son modèle du monde par la force ? La population palestinienne ne vit-elle pas dans des conditions effroyables, d’où sa colère ? Je me demande si je ne me suis pas trompé, une fois de plus. Je suis passé à côté de l'essentiel. Eu égard aux règles de notre monde, beaucoup de choses sont compréhensibles, mais une est inadmissible : qu’une culture veuille la mort d’une autre. Je ne pense pas que ce soit le cas d’Israël vis-à-vis de ses voisins. Qu’en est-il de quelques élites dirigeantes palestiniennes et iraniennes ? Tant qu’elles n’auront pas changé d’avis, il sera difficile de faire porter tous les torts aux représailles israéliennes, et d’arriver à une paix. Lorsque l’on veut la mort de quelqu’un, on peut s’attendre à ce qu’il essaie de vous tuer. Ça ne choquait pas nos ancêtres les barbares.
  3. Il y a un moyen de mettre de l’ordre dans la perplexité d’Hervé Kabla : expliquer l’offensive israélienne comme un bluff. Mais, alors, la menace déterminée de l’usage de la force peut-elle produire un changement d’opinion ? Peut-elle amener les protagonistes à émettre des exigences qui ne soient pas inacceptables par l’autre parti ? Le monde palestinien est-il suffisamment constitué pour que qui que ce soit puisse s’engager pour lui, sans être trahi par telle ou telle faction ? D’ailleurs peut-il y avoir changement de cap sans un intermédiaire qui recueille ce que les uns et les autres ne peuvent pas se dire ? L’Amérique ne pouvant pas jouer ce rôle à court terme, Israël compterait-il sur une Europe qui n’a jamais fait ses preuves dans ce type de situations ?... En tout cas, j’espère que c’est le bon moment pour une médiation…