jeudi 31 janvier 2013

Pourquoi l’Anglais ne veut plus de l’Europe ?

Il paraît que l’Angleterre fait de la contrepublicité. Elle se décrit comme moche et pauvre. Histoire de décourager le potentiel immigré. D'après France Culture ce matin.

Anecdote qui révèle les raisons de la haine de l’Europe ? Ce qu’elle lui reproche c’est le libre échange, dont elle est l’artisan ?

C’est un peu ce que disait Michel Barnier. Si l’Europe ne fonctionne pas comme une zone de libre échange, c’est parce que Mme Thatcher n’a pas voulu payer pour aplanir les différences entre pays.

Le libre échange, à sens unique ?

Le problème avec les fonds d’investissement

Depuis près de vingt ans, je suis environné de gens qui pestent contre les fonds d’investissement. Ils leurs reprochent d’investir en troupeau, selon des modes qui n’ont aucune rationalité économique. Curieusement, ils pensent encore plus de mal des business angels, confits dans des certitudes d’un autre âge. (Attention à ne pas prononcer le mot « banque », vous ne les reverriez plus.)

En y réfléchissant, j’en suis arrivé à me dire que le problème de notre système financier est qu’il n’est pas fait de ce que les théories du marketing appellent « early adopters ». Eric Harlé était l’exception qui confirmait la règle.

C’est pour cela que je conseille aux entrepreneurs de rechercher de l’argent auprès de personnes susceptibles de comprendre ce qu’ils font. Et il y a maintenant beaucoup de salariés riches. 

mercredi 30 janvier 2013

L’Européen tondu par ses gouvernants ?

Lundi matin France Culture parlait de l’Europe. J’en ai retenu qu’en 2004 10 pays y étaient arrivés d’un coup. 100m de personnes en plus. Ce qui a fait tomber le PIB par habitant de l'UE de 11%. Et entrer parmi nous la corruption, et la guerre. Grâce à Chypre nous sommes en conflit avec la Turquie.

Ce qui intéressait ces pays était l’OTAN, l’autre nom de l’Amérique. L’UE était un « tiroir caisse ». Un dû. Comme le montre la Hongrie, qui respecte bien peu des valeurs fondatrices de l’Europe, tout en encaissant 2% de son PIB en aides européennes. Les Anglais ont gagné. Ils ont fait de l’Europe une zone de libre échange.

Curieusement nos gouvernants nous ont déclaré que « rien n’allait changer ». Si bien que tout ceci s’est déroulé sans le moindre débat démocratique.

Bref, nous nous sommes fait tondre. Qu’est-ce qui a pu pousser nos dirigeants à accepter un tel marché de dupes, me suis-je demandé ? Y avaient-ils un avantage ?

Je n’ai pas trouvé de solution. Quelques pistes seulement. L’entrée dans l’euro des pays de l’est a permis une fameuse bulle spéculative, qui a failli mettre notre système bancaire à genoux. Elle a dû enrichir pas mal de monde, et faire quelques carrières. Il y a eu aussi pas mal de délocalisations. Elles ont permis des améliorations de rentabilité, sans gains de productivité, sans fatigue. Pas besoin de délocaliser, d’ailleurs, pour comprimer nos salaires. La menace suffisait. Finalement, l’Europe de l’est est traditionnellement l’espace vital allemand. 

Wikipédia ou les limites de l’individualisme ?

Wikipédia, c’est la vie, mais pas l’œuvre. On y développe avec un luxe inouï les anecdotes de la vie d’une personne, la plus insignifiante soit elle, mais il est quasi impossible d’avoir la moindre confiance en ce qui est dit sur une œuvre.

Wikipedia est un travail d’individus. En conséquence, ils parlent d’individus ?

Alors qu’une encyclopédie est un projet social, qui parle d’œuvre, i.e. de contribution de l’individu à la société ?  Et qui paie des spécialistes pour cela ?

mardi 29 janvier 2013

Angleterre, Europe, Jihadisme...

Quoi de neuf dans The Economist ?

En dehors des règlements de compte de Barack Obama, dont je parle ailleurs, on y voit David Cameron annoncer un referendum à son peuple sur l’appartenance de son pays à l’Europe. C’est pour 2017. Entre temps, il se fait fort d’obtenir des concessions des autres Européens. Apparemment, il aurait tort de se priver, l’Allemagne et la France n’auraient rien à lui refuser. L’Angleterre subit un curieux phénomène. On y travaille de plus en plus, mais on y produit de moins en moins. Parce que le système bancaire ne laisse pas faire les faillites, et n’a donc pas de cash pour les secteurs qui se développent ? Préoccupant ? Serait-ce pour cela que son gouvernement parle autant d’Europe, alors qu’elle ne préoccuperait pas outre mesure les indigènes ?

On parle aussi du jihadisme en Afrique. Il aurait « saisi des doléances légitimes nourries par la pauvreté, la discrimination, et la mauvaise gestion de gouvernements corrompus ». Qu’arriverait-il s’il parvenait à « contrôler les ressources d’un pays entier » ? Un message en direction des USA, qui ne veulent plus entendre parler d’autre part que chez eux ?

Partout, le monde semble partir à gauche. En Israël, d’abord. Mais peut-être aussi en Allemagne. Les prochaines élections pourraient poser plus de difficultés à la chancelière que prévu. Ce qui devrait lui rendre difficile la réforme de l’Europe. Toujours est-il que le système bancaire européen va subir un contrôle allemand. Ce ne serait pas une bonne idée. Les bulles sont locales, et demandent une gestion locale. Quant aux 50 ans franco-allemands ? Vieux couple.

Sinon ? The Economist pense (comme ce blog), que l’avenir d’Apple est derrière lui. Il est maintenant incapable de bouleverser de nouveaux marchés. Dans un univers devenu concurrentiel, il ne fait pas le poids face à Samsung. Il en serait de même du « leader global » que veut former l’Insead. Donner ce titre à une personne lui tournerait la tête. « Si le leadership a une sauce secrète, c’est peut-être l’humilité. Un patron humble comprend qu’il y a des choses qu’il ne connaît pas. Il n’écoute pas seulement les autres grands pontes de Davos, mais aussi le type de gens qui n’est pas invité, ses clients, par exemple. » Décidément le monde bascule à gauche… (Et The Economist rejoint curieusement ce qu’un de mes commentaires disait de polytechnique.)

On a trouvé le moyen de stocker de l’information dans l’ADN. Toute l’information du monde tiendrait dans un camion. Mais le procédé est coûteux, et ne permet pas une lecture / écriture rapide. Approprié pour le stockage à long terme. 

lundi 28 janvier 2013

La concurrence ne crée pas l’innovation

Une étude (américaine) semble montrer que seule la start up est innovante. Une fois l’entreprise arrivée en bourse, elle achète son innovation en absorbant des start up.

Il y a quelque chose de culturel là dedans : les entreprises allemandes semblent, par exemple, avoir institutionnalisé l’innovation. Cela paraît surtout une nouvelle contradiction de l’idée libérale selon laquelle la concurrence suscite l’innovation. L’innovation a certainement d’autres moteurs. En particulier celui de se faire une place au soleil pour l'entrepreneur américain, ou de dominer le monde, pour son concurrent allemand ? 

dimanche 27 janvier 2013

La vengeance d’Obama

Après Ben Laden, et avant Netanyahou ?, c’est au tour des Républicains. Barack Obama est parti pour détruire ceux qui l’ont trahi.

Comment va-t-il s’y prendre ? En force. Les Républicains représentent le Blanc conservateur, une race en déclin. Barack Obama a construit une coalition d’intérêts, des homosexuels, aux immigrés, en passant par les femmes libérées. Il a le nombre pour lui. Il a pris les Républicains, et leur refus de coopérer, à leur propre jeu. Et il va leur rentrer dans le gosier la stupidité de leurs sophismes. En particulier celui qui veut que le riche crée la richesse. Que la société lui doive tout.

Au passage, il montre, ce dont on doutait à une époque, qu’il a des convictions.

Coming out d’un Barack Obama tueur? Pas certain. Il utilise, peut-être, le tit for tat (dent pour dent), la meilleure façon de se faire des amis, selon Robert Axelrod. Ainsi, il a commencé par être sympathique. Les Républicains ont été abjects. Il leur répond avec leurs arguments. S’il suit le schéma de Robert Axelrod, il devrait redevenir sympathique dès que les Républicains commencent à l’être.

Ce qu’il y a de curieux chez lui, c’est à quel point il aura ridiculisé ses adversaires. John McCain affirmait qu’il ne pouvait être un chef de guerre. Or, Obama est probablement le tacticien le plus doué, le plus froid et le plus implacable, qu’ait jamais compté l’armée américaine. Mieux. C’est lui contre tous. Et il y a de bonnes chances qu’il leur fasse boire un bouillon. Eh oui, il donne raison aux dogmes républicains ! L’individu peut avoir le dessus sur une société ! Pire des vengeances : montrer à ses adversaires qu’ils sont indignes de leurs propres idéaux ?

Mali : guerre système D ?

Apparemment, les Américains semblent dire que l’arrivée de l’Armée française au Mali était mal organisée.

Nouvelle manifestation de notre système D national ? On intervient dans l’urgence, et ensuite on improvise. Ça ne rate pas toujours. Et ça a l'avantage d'être rapide. Effet de surprise assuré. D’ailleurs, en ce qui concerne l’expérience de notre armée, elle se compte probablement en millénaire. Ce qui importe avant tout, il me semble, c’est sa motivation. 

Relancer l’économie en sortant du capitalisme

Les derniers numéros de The Economist donnent une intrigante image du capitalisme. On y voit exploser le tissu social (cf. le bidonville du Kenya). Du coup, l’homme n’ayant plus d’ami (plus de famille non plus), tout devient privé et payant. On y voit aussi que notre avenir est technologique, et que très peu d’hommes auront les compétences nécessaires à trouver un travail. L’entreprise n’a plus besoin d’hommes !

La France, globalement, est dans une mauvaise passe. Elle dépense plus qu’elle ne gagne. Et elle paie des chômeurs qui ne peuvent que s’accroître. Le capitalisme semble chercher à lui rendre le coût de la solidarité sociale si élevé qu’il lui deviendra insupportable. Le capitalisme transforme la société en individus isolés.

Pour redresser la barre, il faut probablement faire comme les Russes lors de leur grande crise récente : reconstruire une économie informelle, à base de solidarité sociale. Mais comment se transformer ainsi, lorsque l’on a été encouragé à profiter du système ? 

samedi 26 janvier 2013

Le meilleur dirigeant du monde

L’Insead classe les dirigeants mondiaux selon leur performance au long cours. En tête : Steve Jobs. Dans les Français bien classés : Philippe Varin (maintenant dirigeant de PSA).

 C’est étrange. Philippe Varin n’inspire pas, actuellement, une admiration illimitée. Et lorsque j’étais à l’Insead, Steve Jobs était vu comme un raté. On donnait d’ailleurs en exemple son successeur (maintenant oublié). Cette étude est-elle bien scientifique ? Ne masque-t-elle pas une hypothèse qui pourrait être fausse ? à savoir que le dirigeant est seul responsable de la performance de son entreprise ? Qu’il est tout, et que nous, et le reste de l’univers, ne sommes rien ?