samedi 25 janvier 2014
Maurice Godelier et Lévi-Strauss
dimanche 1 juillet 2012
La sélection naturelle est-elle sociale ?
vendredi 22 juin 2012
Une société sans mal peut elle exister ?
J’en doute. Une société post chaos serait probablement un monde à la Mad Max. L'idée du mal y aurait un net avantage concurrentiel, d’autant plus que ce qui bloque la croissance aurait été éliminé, la planète ayant été vidée d’une partie de sa population. Comme le dit The Economist, les crises renforcent le capitalisme.
Elinor Ostrom a mieux à proposer :
Elinor Ostrom s’est intéressée à la gestion d’un « bien commun » par une population. Elle s’est rendu compte que quelques règles permettaient de la réaliser (voir compléments). Dans notre cas, le « bien commun » est peut-être « Gaia », l’écosystème planétaire condition de la prospérité de l’espèce.
Bien sûr, mettre en place un tel système est un changement (au sens de ce blog) extrêmement complexe. La crise de la zone euro n’est certainement qu’une aimable plaisanterie en comparaison. Mais, au moins, nous avons une lueur au bout de notre tunnel.
Compléments :
- Lecture obligatoire : Governing the commons.
- Autrement dit le bug de fonctionnement de l’espèce humaine est de croire que la mort doit suivre la naissance, alors qu’une espèce peut-être éternelle et se réincarner continument. (L’éternité me semble un peu longue, disons plutôt quelques milliers d’années.)
- Quant à notre avenir il pourrait réaliser les rêves de Rousseau et de Lévi-Strauss : une communauté en équilibre avec son écosystème. Mais une communauté mondiale, non pas une tribu.
- Quand au mal, il ne faut pas l’attaquer, ou le déplorer, mais l’ignorer. Il a fait son temps.
lundi 18 octobre 2010
L’homme est nécessaire à la nature ?
dimanche 17 janvier 2010
Raison ou pas
Mes réflexions sur Claude Lévi-Strauss me ramènent à une idée qui m’est venue en lisant Gregory Bateson, et qui m’est revenue avec Heidegger : n’est-il pas idiot d’utiliser la raison pour montrer qu’elle est malfaisante ? C’est idiot, mais ça ne ridiculise pas leur travail :
- Penser que la raison est nuisible n’est pas plus défendable que croire que l’homme n’est que raison. Il y a des choses qui le dirigent et qu’il ne comprend pas (les lois de la société). Mais s’il se laisse diriger en renonçant à comprendre, il se fera manipuler.
- De même utiliser la raison pour l’amener à ses limites me semble n’avoir rien de contradictoire, cela montre, justement, qu’un monde de raison est utopique.
Compléments :
samedi 7 novembre 2009
Claude Lévi-Strauss
Je pensais ne rien dire sur Claude Lévi-Strauss n’ayant qu’une vision partielle de son œuvre. Quand même, deux souvenirs de quelques phrases d’une émission que France Culture lui consacrait :
Il semblait obsédé par la disparition des cultures. Le structuralisme aurait eu pour objet de comprendre comment les cultures parvenaient, malgré tout, à se maintenir.
Il n’aurait pas aimé l’art moderne pour cette raison : destruction du métier et de la tradition par l’individualisme débridé.
Compléments :
- Sur l’art moderne, il semble avoir eu raison : L’art moderne expliqué.
- Lévi-Strauss et Rousseau : La Dentellière (compléments).
- Mon intérêt pour le sujet vient de ce que la conduite du changement c’est utiliser les « structures » d’une société (des règles qui guident notre comportement collectif, et qui la maintiennent telle que, tout en lui permettant d’évoluer).
jeudi 20 août 2009
La Dentellière
Curieusement ce film me rappelle mon commentaire de Welcome :
Une fois de plus, on y voit la rencontre d’un intello, vain et plein de préjugés de caste, et d’un être fruste dont la vie est passion, mais qui ne sait pas l’exprimer, d’où mépris du premier.
J’en viens à m’interroger sur la récurrence de ce thème dans la culture française et dans sa formalisation par Rousseau, qui montre que toute la sophistication de notre époque n’a pour résultat que de faire de nous des intellos ou des bobos, c'est-à-dire de corrompre « l’état de nature », qui est naturellement le nôtre.
Compléments :
- L’ethnologue américain Clifford Geertz croit d’ailleurs que l’œuvre de Claude Lévi-Strauss était inspirée par l’idéologie de l’état de nature rousseauiste et que La pensée sauvage en était l’expression. (Geertz, Clifford, The Interpretation of Cultures, Basic Books, 2000.)
samedi 16 mai 2009
Contrôle culturel
La crise a posé la question du contrôle des organismes financiers. Mais pourquoi s’arrêter à leur cas particulier. Peut-on laisser quoi que ce soit sans contrôle ? Mais qu’est-ce qu’un contrôle efficace ?
Les travaux de Galbraith sur la crash de 29, qui ressemble comme un frère au nôtre, me fait dire que contrairement à ce qu’on nous affirme, le contrôle a été déficient aux USA, non parce que les contrôleurs étaient incompétents car mal payés, mais parce que son élite partageait, et partage toujours, les mêmes idées.
D’ailleurs qu’arriverait-il à un monde globalisé et uniformisé, si sa classe dirigeante était prise du d'une crise de folie ? Comme le pensait Lévi-Strauss (Race et histoire), il faut peut-être s’inquiéter de l’appauvrissement de notre diversité culturelle.
Par conséquent, le contrôle demande une surveillance par des gens qui ne partagent pas les mêmes valeurs que ceux qu’ils contrôlent.
À ce sujet, si l’idée anglo-saxonne de faire payer le contrôleur par le contrôlé (cf. les auditeurs et les cabinets de notation) est dangereuse ce n’est pas tant parce qu’elle corrompt le contrôleur, que parce qu’elle amène le contrôlé à choisir un gendarme qui lui ressemble, comme il le fait quand elle recrute un collaborateur.
Une seconde idée, que suscite chez moi les blogs d’économistes américains (ou « Attrape moi si tu peux »), est qu’il est tout de même bien pratique que des criminels repentis nous expliquent ce que font leurs anciens collègues. Comment autrement contrôler des activités hyper spécialisées ?
Je conçois donc, provisoirement ?, un homme comme étant fait de deux couches :
- l’une, qui est plus ou moins commune à l’humanité, lui permet de jouer son rôle de citoyen : c’est grâce à elle qu’il peut juger de ce qui se passe autour de lui, sans se laisser abuser.
- L’autre lui est propre, ou propre à sa communauté : elle lui montre ce qu’il y a de bizarre, voire de dangereux, dans le comportement de ses pairs.
dimanche 5 octobre 2008
Portrait du philosophe français
- Je crois avoir compris que la philosophie est vue comme une sorte de socle qui forme la pensée et permet d’aborder d’autres disciplines. L’équivalent des mathématiques pour les ingénieurs. Raymond Aron, Émile Durkheim et Claude Lévi-Strauss, par exemple, étaient des philosophes.
- Le travail du philosophe semble être un travail de raisonnement solitaire. Il part de textes et en fait des développements subtils. Un peu comme un mudicien de Jazz. Ces développements suivent sûrement des règles précises : l’amateur sait les apprécier. Mais ces règles ne sont pas celles de la science, qui veut que tout raisonnement tienne compte d’autres résultats scientifiques, et que toute prédiction puisse être testée.
Exemple : Traité de l’efficacité de François Jullien. Il donne une vision de la Chine caricaturale et partiale, qui ne correspond pas à ce qu’on peut en voir par ailleurs. Quant à La civilisation chinoise de Marcel Granet, qui semble demeurer un fondement de l’école sinologique française, un de ces critiques étrangers la traitait de « poésie ». Marcel Granet aurait rejeté tout autre moyen d’étude de la civilisation chinoise que les textes anciens (en particulier l’archéologie). - En regardant un texte d’introduction à Kant, j’en suis arrivé à la conclusion que ce n’était pas un texte d’introduction. En effet, on y développe une interprétation de l’œuvre de Kant qui n’est pas compréhensible sans études préalables. En fait, l’enseignement de la philosophie doit venir de la parole du maître. Une parole complexe, sans concession, que seuls quelques élus arrivent à pénétrer (ou à répéter ?). Je m’interroge. Est-ce que la philosophie telle qu’elle est enseignée en France est un savoir ? Ou est-ce un moyen de sélection ? Le moyen d’entrer dans un monde à part, celui de l’intellectuel ? Un monde qui, comme celui de la chevalerie, a des règles extrêmement complexes, qui n’ont qu’une relation lointaine avec son objectif apparent (la guerre pour la chevalerie) ? D’ailleurs, le philosophe n’a-t-il pas un langage propre ? Un langage précieux et recherché (il adore le « dès lors »), mais qui ne correspond à rien de ce qui a fait la gloire de la littérature française.
Pourra-t-il s’adapter au monde moderne, et nous faire profiter de ses traditions, ou disparaîtra-t-il comme les Incas, les indiens d’Amérique, la noblesse d’Ancien régime et la chevalerie ? Dans le changement qui lui est nécessaire, a-t-il besoin d’un « donneur d’aide » ?
Compléments :
- GRANET, Marcel, La civilisation chinoise, Albin Michel, 1994 (première édition 1928).
- JULLIEN, François, Traité de l’efficacité, Le Livre de Poche, 1996.
- BILLETER, Jean-François, Contre François Jullien, Alia, 2006.
- LACROIX, Jean, Kant et le Kantisme, Que Sais-je ?, 1966.
- Sur les règles de la chevalerie, qui semblait considérer la bataille comme une partie d’échecs (dont la règle est de tuer le roi adverse) : DUBY, Georges, Le Dimanche de Bouvines, 27 juillet 1214, Gallimard 1985.
- TOCQUEVILLE (de), Alexis, De la démocratie en Amérique, Flammarion, 1999.
- La technique du paradoxe : Démocratie américaine.
- Sur le rôle du donneur d’aide dans le changement : Tigre tamoul.