dimanche 19 février 2012

Après Merkel, Allègre : cabale contre Sarkozy ?

Le marketing, et la psychologie, affirment que l’on acquiert un peu de l’image de marque de celui avec qui l’on s’associe.

L’appui de Mme Merkel, puis de M.Allègre ne pourrait-il pas être embarrassant pour M.Sarkozy ?

N’y a-t-il plus que les gens en difficulté qui parient sur notre président ? « high risk, high reward », comme disent les Anglo-saxons ?

Compléments :

Disparition du constructeur automobile français ?

L’industrie automobile européenne est en grosse surcapacité (de près de 30%). Ce qui signifie qu’elle a des constructeurs en trop.

Une typologie des dits constructeurs :
  • Une sorte de haut de gamme représenté par les constructeurs allemands, et notamment VW, en fort développement.
  • Un bas de gamme dans une mauvaise passe :
    • Renault et Fiat, qui ont construit un groupe international qui compense leur faiblesse.
    • Opel, dont GM voudrait probablement se débarrasser.
    • PSA, petit, seul.
La question que ceci pose est : restera-t-il un savoir-faire de construction automobile en Europe du sud dans quelques années ?
  1. Les tâches d’assemblage semblent promises à la délocalisation.
  2. Quel sera l’avenir de marques comme Renault ou PSA (s’il parvient à construire un partenariat) au sein de groupes dont ils seront le chaînon le moins reluisant ? Celui d’Opel ?
Compléments :
  • Source : Too many cars, too few buyers. Remarque : une grande partie de la valeur de Renault et PSA vient de leurs participations (Nissan et Dacia pour le premier, Faurecia pour le second) ; Renault seul serait valorisé à – 7md€ (!).
  • Histoire de changement ? Globalisation étant le nom du changement ? Les Allemands ont réussi, PSA a raté et Renault y a perdu son âme ?

La fin du collège unique et la faillite de la raison

J’entends dire que le collège unique va disparaître. Curieux, cela se passe sans débat. Question de bon sens ? diraient MM.Wauquiez et Guéant ?

Pourtant, le collège unique est au centre des fameuses valeurs dont parle tant M.Sarkozy.

La forme de libéralisme qui est à l’origine de la France moderne repose sur un principe central. L’homme doué de raison sera un homme moral. Il pourra être laissé libre, puisqu’il saura ce qu’il est bien de faire. Par conséquent, il n’y a rien de plus important que de former la raison humaine.

Mais ce noble projet a un gros défaut : s’il tente de faire de nous des gens de pensée, il nous coupe systématiquement de l’action. D’autant plus que, depuis qu’elle est obsédée de rentabilité à court terme, l’entreprise ne veut plus nous former.

Avant de réformer quoi que ce soit, il serait donc judicieux de se demander ce que l’on veut faire, et d’essayer de comprendre les causes de la situation actuelle. Malheureusement, nos gouvernants ne semblent avoir appris ni à penser, ni à agir. Décidément l’Éducation nationale est une faillite.

Compléments :

L’économie française est-elle plus résistante qu’on ne le croit ?

Depuis pas mal de temps, je suis surpris d’entendre les gens qui m’entourent dire que leurs affaires ne se sont jamais aussi bien portées, mais que ça ne va pas durer.

J’en suis arrivé à me demander s’il n’y avait pas deux France : une qui va bien, et l’autre non.
  1. Il me semble que les affaires des multinationales sont plutôt fastes. Les pays émergents, l’Allemagne et les USA sont porteurs et compensent la méforme d’autres nations. (Les malheurs de PSA viendraient de ce que son marché de petites voitures est beaucoup en Europe du sud.) Du coup, tout ce qui est lié à ces sociétés profite de leur santé.
  2. Je soupçonne que les entreprises qui n’y ont pas accès (et leurs personnels) doivent souffrir : marché déprimé et difficulté à trouver des financements.
Mais ceci n’a rien de scientifique. 

samedi 18 février 2012

Nicolas Sarkozy aurait-il bien géré la France ?

La situation économique du pays est-elle relativement moins mauvaise que celle de nos partenaires ? Je vois passer plusieurs articles qui semblent le dire. (Par exemple : French Politics: France Clings to Growth)

Il est vrai qu’il y a une forme de consensus sur la nécessité des réformes lancées par M.Sarkozy (probablement à gauche et à droite), mais aussi sur le fait qu’il fut effroyablement brouillon dans leur mise en œuvre.

Mes livres affirment qu’aucun changement n’est définitivement raté, que l’important est de le lancer. Serait-ce le cas ici ? Le plus dur aurait-il été fait ? Suffirait-il maintenant de le faire marcher ?

Compléments :

L’entreprise suisse nettoie l’espace

Une société suisse a pour raison sociale le nettoyage des débris de satellites. (Short Sharp Science: Swiss 'janitor' satellite to sweep up space junk)

Nouvelle manifestation des avantages économiques que procurent les caractéristiques culturelles d’une nation ?

Au moins indirectement. Que j’aie écrit ce billet montre que jouer sur des stéréotypes permet d’amplifier, à faible coût, un message. 

Il est bon pour l’économie que les vieux travaillent

Il y aurait corrélation entre (faible) taux d’emploi des vieux et des jeunes. Le départ du vieux ne crée pas une place pour le jeune, mais affaiblit l’économie qui n’a plus les moyens de payer les jeunes. (Keep on trucking)

Est-ce pour autant qu’augmenter l’âge de la retraite est une panacée ?

Je n’en suis pas sûr. Tout l'art du changement est dans sa mise en oeuvre, pas dans de grandes mesures tonitruantes. L’entreprise, qui élimine les vieux (les « séniors » de plus de 45 ans) et n’est guère intéressée par les jeunes, doit aussi être aidée à réformer ses usages. Sans quoi nous aurons des classes de chômeurs à vie. 

vendredi 17 février 2012

Médias sociaux contre démocratie ?

La possible amitié entre Facebook et Nicolas Sarkozy pose une curieuse question : la démocratie est-elle compatible avec les médias sociaux ?

Aux USA, il est courant que les entreprises prennent parti pour le candidat qui sert leurs intérêts. Mais que se passerait-il si Facebook ou Google choisissaient un candidat ?

Le modèle économique des médias sociaux est l’utilisation de données personnelles pour favoriser la vente des produits de leurs entreprises clientes, ou, plus généralement, les intérêts financiers du propriétaire du média social. Les moyens pour ce faire ne sont pas directs, comme la prise de position d’un journal, mais essentiellement subliminaux.

Par exemple, pourquoi Google ne biaiserait-il pas le fonctionnement de ses algorithmes de recherche pour faire sortir en priorité ce qui est favorable à l’un ou embarrassant pour un autre ? 

Explosif Iran ?

Il n’y a pas que la situation intérieure de la Syrie qui soit compliquée. Il faut probablement lire les actes de l’Iran non comme l’expression d’une ligne directrice mais comme celle d’une forme de chaos. Leur motivation serait au moins autant interne qu’externe. Et ce d’autant plus qu’une élection se prépare.

Par exemple, alors que l’on dit qu’Israël attend une amélioration de la météo pour attaquer l’Iran, une telle attaque, qui souderait la population, serait peut-être favorable aux intérêts de l’Ayatollah Khamenei…

Par ailleurs, l’Iran se serait lancé dans une série d’attentats contre les intérêts israéliens dans le monde. Ce serait en représailles des assassinats par Israël de spécialistes iraniens du nucléaire.

Compléments :

Comment changer la société ?

Je lis The Economist depuis longtemps. Ce journal a la particularité d’encourager tout ce qui est favorable à l’économie et au libre échange. C’est ainsi qu’il y a quelques temps, il s’offusquait que M.Sarkozy ait dû faire ouvrir des magasins de luxe, pour que Mme Obama puisse faire des emplettes un dimanche.

Mais, le dimanche, dans notre tradition, jadis catholique, est le sabbat juif, un jour de repos, et surtout de recueillement. Comme Adam Smith, The Economist veut-il faire de nous des machines de production ?

En tout cas, The Economist a compris que tant que nous serons soucieux de rendre notre économie compétitive, nous construirions le Métropolis de ses rêves. The Economist ne parle pas à notre raison, il livre une guerre d’influence et d’idées.

Comment changer notre avenir ? Nier le pouvoir de l'économie et vouloir créer un paradis national est impossible : elle dirige le monde. Il n’y aura de changement que s’il y a accord international pour adopter de nouvelles règles. C’est probablement l’enjeu qui se cache derrière le développement durable, et la responsabilité sociétale de l’entreprise, et de l’individu.